PRINCIPALES VARIÉTÉS DE CHAMPIGNONS
Comestibles (C.) ; Vénéneux (V.) ; Mortels (M.).
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Cladonie en cornet, au bord d'un talus.
Èvernie du Prunellier.
Parmélie froncée, sur un rocher.
Les Lichens. Organisation. — Les Lichens sont des Thallophytes poussant soit sur les arbres, et ce sont les rares épiphytes de nos pays froids ou tempérés, soit sur les rochers ou sur la terre. C'est ce dernier cas qui s'observe notamment pour le Lichen des rennes ou Cladonie rangifère, qui s'étend sur d'immenses espaces dans les plaines arctiques. Cette plante se rencontre d'ailleurs dans notre pays, dans les régions sèches ; ce sont de petits arbuscules ramifiés, de consistance ferme, qui craquent sous les pieds lorsqu'on marche dessus. Si l'on vient à examiner la structure de ce Lichen, on y trouve, comme dans tous les autres représentants de ce groupe, des filaments incolores à membrane assez épaisse, que l'on a comparés à des tubes de macaroni à cause de l'épaisseur de la paroi ; en outre, il y a des cellules vertes. La première opinion qui est venue à 1 esprit a été que ces deux sortes de cellules appartenaient à un seul et même être, mais en réalité il s'agissait de deux êtres très différents associés ensemble : un Champignon et une Algue. Grâce à cette association, 1 Algue est abritée contre la dessiccation et contre les autres causes de destruction qui la menacent par l'enchevêtrement du Champignon. Ce dernier bénéficie de la nutrition de l'Algue qui, contenant de la chlorophylle, peut décomposer l'anhydride carbonique de l'atmosphère et fixer le carbone, ce que le Champignon est incapable de faire.
Les Algues qui s'associent à un même genre de Champignon sont fréquemment différentes : dans les diverses espèces de Pannaria, on peut trouver des Scytonèmes, desChroocoques et des Palmellaires; parfois dans une même espèce de Lichen, comme les Lichina, communs sur les rochers maritimes, on peut rencontrer à la fois une Rivulaire et un Glceocapse, ou même, chez d autres espèces, une Algue bleue et une Algue verte; c'est d'ailleurs à ces deux groupes seulement qu'appartiennent les Algues des Lichens. Les Champignons peuvent être soit des Basidiomycètes, soit des Ascomycètes, mais ces derniers sont de beaucoup les plus fréquents, les premiers étant surtout représentés par le genre Cora. L'appareil reproducteur des Ascolichens se compose de cupules ou apothécies, qui peuvent être largement ouvertes en un disque dans lequel on trouve à la fois des asques et des paraphyses, cellules allongées qui, se gonflant par l'humidité, pressent sur les asques; ces dernières cellules éclatent et les spores en sortent. L'appareil reproducteur peut présenter des conceptacles en forme de bouteille renfermant simplement un bouquet d asques à la base. En outre, le Champignon peut former des appareils conidiens, emprisonnés d'ordinaire dans des conceptacles s'ouvrant par un orifice au sommet; ils sont enfoncés dans le thalle et émettent au dehors de fins bâtonnets ou des conidies. On appelle enfin sorédies des frag-
Fig. 154. — Organisation des Lichens.
A, Coupe d'un Lichen : a, Asque ; b, Ascopores ; c, Paraphyses ; d, Tissus entourant l'apothécie ; e, Cellules du Nostoc ; /, Filaments du champignon plongés dans la gelée du Nostoc ; B, Synthèse d'un Lichen : a, Cellules de l'algue ; b, Filaments crampons i c d, Filaments chercheurs des cultures de Bonnier.
ments de thalle, sortes de boutures susceptibles de s'isoler et qui sont formées de cellules vertes d'Algues entourées de filaments incolores (hyphes) du Champignon.
Principaux Lichens. — Parmi les Ascolichens, le groupe le plus important est celui des Discomycètes-Lichens ; leur thalle peut être en arbre, ou foliacé ou en croûte. Au premier rang de ceux qui ont des apothécies arrondies et un thalle en petit arbre figurent les Cladonies; leur thalle est au début écailleux et il ne forme que plus tard une partie dressée : c'est ce qui arrive pour les Cladonies pyxidées, à tige s'élargissant en coupe à sa partie supérieure, et ayant parfois plusieurs coupes superposées, et aussi pour la Cladonie rangifère, qui est un arbuscule plus grêle et plus élancé et ramifié qui constitue un pâturage excellent pour les rennes dans les régions polaires ; dans ces deux espèces, d'ailleurs, les apothécies sont convexes et rouges. Les apothécies sont planes, au contraire, dans plusieurs autres groupes qui ont un thalle en arbre dès le début. Ce thalle est cylindrique chez les Roccelles et les Usnées ; aplati, au contraire, chez les Ramalines, Ëvernies, Anaptychia. Les Roccelles fournissent une matière colorante d'un rouge violet, belle mais peu durable, connue sous le nom à'orseille; on rencontre ces plantes notammentà Madagascar. L'L/snee barbue, qui pend aux arbres dans les forêts de Conifères, a de larges apothécies en forme de bouclier. Dans les Ramalines des Frênes, le thalle glauque foncé est en bouquet crépu comme dans les feuilles de Chicorée frisée, les spores sont incolores, bicellulaires, et le disque des apothécies installé sur la couche à cellules vertes, tandis que dans YÊVernie du Prunellier les spores sont unicellulaires et les apothécies sur la moelle; dans VAnaptychie cilié, les spores sont brunes. Le Cétraire d Islande, qui contient un principe amer employé en médecine, a un thalle aplati et des apothécies développées obliquement sur les bords.
Parmi les Discomycètes- Lichens à thalle foliacé, on peut citer d'abord le Peltigère des chiens, à apothécies sur le bord et en général dressées, à thalle attaché au milieu. Dans la Sticte pulmonaire, le mode d'attache du thalle est le même, mais les apothécies y sont en saillie et non au bord. La lame foliacée est attachée au support par toutes sa face inférieure dans les Parmélies et les Physcies, mais les lobes de la périphérie sont larges dans les premiers, étroits dans les seconds.
Parmi les Discomycètes- Lichens en croûte, le Rhizocarpon géographique se détache en jaune sur le fond des rochers et a été comparé à une carte. Enfin, dans les Graphis et les Opegrapha, qui sont également crustacés, les apothécies rappellent des hiéroglyphes.
. F. Failli-
Fégatelle conique, portant des chapeaux femelles,
Cl. F. Faiik-au.
Funaire hygrométrique et ses capsules.
LES MUSCINEES
Organisation. — Dans une Mousse (fig. 155), il y a une tige feuillée présentant à sa base des poils rhizoïdes, sans véritable racine, et se terminant par un filament ou soie, renflé en urne ou capsule à l'extrémité. Cette capsule renferme des spores ; elle s'ouvre par des dents (péristome), de manière à mettre les spores en liberté; ces dernières germent- sur le sol et reproduisent des filaments verts (protonema) , puis la Mousse. Les organes mâles et les organes femelles se trouvent au sommet de la tige feuillée, soit sur le même pied, soit sur deux pieds différents. L'organe mâle ou anthéridie est en massue (fig. 156, C) et produit des anthérozoïdes spirales à deux cils vibratiles; l'organe femelle (B) ou archégone a la forme d une bouteille à long col. L'œuf résultant de la fécondation se forme dans la partie ventrue de l'archégone ; il germe sur place, s'allonge en un filament qui se renfle en urne à l'extrémité et qui produit plus tard les spores; la capsule est couverte par un capuchon appelé coiffe, qui est l'archégone accru, distendu et déchiré.
Les Muscinées comprennent les Mousses, à tige dressée, et les Hépatiques, à tige rampante ou souvent à thalle aplati en lame.
Mousses. — Chez les Mousses (fig. 155), les feuilles sont disposées en général en spirale, sauf chez les Fhsidens, plantes aquatiques où elles sont sur deux rangs. Dans les Polytrics, les dents du péristome sont réunies par une membrane, ou épiphragme, de façon à rappeler une peau de tambour; ce caractère s'allie avec une capsule anguleuse, tandis que dans les Pogonates la capsule est à section arrondie. Dans les Atrics ondulés, qui ont aussi la membrane eri peau de tambour, la coiffe est de côté. D'ordinaire il n'y a pas d épiphragme; alors la capsule est de forme variable, arrondie dans le Bartramie pomiforme, oblongue dans les Hypnes ondulés, mais dressée et à coiffe décote. Si la capsule est allongée, pendante, par suite d'un brusque recourbement de la soie, on a les Bryes et les Mnics : les premiers ont des
Fig. 155. — Mousses.
a, Polytric femelle ; b, mâle : c, Urne
jeune ; d, Urne mûre.— e,Bryum;f, Urne
mûre. — g, Hypnutn ; h, Urne jeune;
i, Urne mûre. — j, Splachnum; k, Urne
jeune: /, Urne mûre.
Fig. 156.
Fructification des Mousses.
A, Sommet d'une tige avec trois archégones a ; B, Archégone grossi montrant l'oosphère o; C, Anthéridie
avec anthérozoïdes a s'échappant.
tiges ramifiées, des feuilles à cellules longues; les seconds, des tiges peu ou pas ramifiées, des feuilles à cellules courtes. Dans la Funaire hygrométrique, qui pousse sur les vieux ronds de charbonnier, la soie est courbée, mais pas brusquement et non à l'extrémité ; de plus la coiffe a l'aspect d'une vessie ovoïde. Dans VEncalypte vulgaire, la soie et l'urne sont dressées, mais la coiffe, en forme de long éteignoir, dépasse beaucoup la capsule. Le péristome a des dents tordues en spirales dans la Barbule spirale; il est dépourvu de dents dans les Gymnostomes. Les touffes de Mousses ont parfois des aspects caractéristiques : elles forment des coussinets denses qui blanchissent par la sécheresse ou sont d un vert glauque dans le Leucobrye glauque, qui pousse à terre; dans la Grimmia en coussinet, qui pousse sur les rochers, les feuilles se terminent par des poils et la soie recourbée s'enfonce dans le coussinet.
Le caractère de décoloration que nous venons de signaler dans les Leucobryes se retrouve à un plus haut degré dans les Sphaignes (Sphagnum), Mousses de marécages qui, par leur décomposition lente dans la partie inférieure, produisent la tourbe des tourbières. Leur décoloration tient, comme dans le Leucobrye, à ce que certaines cellules de leurs feuilles sont perforées et se remplissent d'air par la sécheresse. Ce caractère les fait employer par les horticulteurs pour la culture des Orchidées exotiques.
Hépatiques. — Les Hépatiques (fig. 157 et 158) ont une tige rampante et une capsule qui reste enfermée dans l'archégone. Les unes ont des feuilles, les autres ont un thalle en forme de lame. Dans le premier groupe se placent les Frullanies dilatées, qui forment des plaques vert noirâtre sur les écorces des arbres : les grandes feuilles, sur deux rangs, ont deux lobes inégaux, un grand et un petit, et au-dessous de la tige il y a des écailles foliacées, nommées amphigastres. Les amphigastres peuvent ressembler aux feuilles dans les Lépidozies (sans cils), dans les Trichocolées (ciliés), ou en différer, comme chez les Lophocolées. Dans les Hépatiques à thalle, la capsule est pédicellée; solitaire dans la Pellie épiphylle, dont la capsule est à quatre valves, le thalle large, opaque, sans nervures distinctes. Dans la Marchaniie polymorphe (jig. 158), les organes mâles sont groupés sur des chapeaux arrondis, pédicellés, à dents peu profondes; les chapeaux femelles ont des lobes très profonds; le thalle est divisé superficiellement en petits losanges ayant au milieu un orifice stomatique, mais le stomate n'a pas la même constitution que dans les feuilles des Phanérogames. Ce dernier caractère se retrouve dans la Fegatella conique, mais le chapeau mâle est sans pédoncule et le chapeau femelle est conique.
Fig. 157. — Hépatique (Marchantie).
A, Pied mâle ; B, Pied femelle ; C, Chapeau femelle entier ; D, Coupe longitudinale.
Fig. 158. — Marchantie.
A, Pied mâle ; B, Pied femelle.
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Cl, P. Faideaii.
Buisson de Fougères en Nouvelle-Zélande.
Semis de Fougères de différentes espèces.