Espèces et races de Blé
a, Nonnette de Lausanne ; b, d'Automne rouge ; c, Amidonnier noir ; d. de Pologne ; e, Victoria d'automne ; /, Blanc de Flandre ; g, Richelle de Naples ; h, Épeautre blanc barbu ; i. Blé de miracle ; /', Poulard blanc lisse ; k, Carré de Sicile ; /, Épeautre blanc sans barbe ; m, du Chili ; n, Engrain.
f Tige creuse dans toute sa longueur. Épi carré; cassure farineuse du grain .... Triticum Bulgare ou Froment (Blé tendre).
) — -. - i Glumes très longues; grains à cassure cornée T. polonicum (Blé de Pologne) : recherché pour
Grain nu ' lige pleine, V l'industrie des pâtes; États-Unis, Egypte, Algérie.
j au moins '
/ dans le i ^'""i65 / Glumes courtes, très ventrues, cassure semi-farineuse. T. turgidum (Poulard, Pétanielle).
U ' ' ventrues. \ Glumes plus longues, cassure cornée T. durum (Blé dur) ; pays chauds ; Belotourka
en Russie ; Médéa en Algérie.
SÉpillet à tiois fleurs, dont une fertile; épi comprimé; grains sur deux rangs. . . T. monococcum (Engrain) ; vient en mauvais sol.
Toutes i Épi serré comprimé, grain triangulaire T. dicoccum (Amidonnier) : recherché pour la
les fleurs fabrication de l'amidon,
fertiles. ( Êpi à épillets espacés T. Spelta (Épeautre) ; convient aux terres maigres.
Le Seigle est une céréale qui se rapproche du Blé par ses glumes : elles sont aplaties, non ventrues; il y a, comme dans le Blé, un seul épillet inséré sur chaque cran de l'axe. La farine du Seigle contient peu de gluten; elle a une saveur particulière; le pain fabriqué avec elle est grisâtre, gluant, nourrissant, mais un peu laxatif. Le méteil est un mélange de Seigle et de Blé en proportions égales que l'on utilise dans les campagnes pour le pain de ménage.
L'Orge se distingue des deux céréales précédentes, Blé et Seigle, par la présence de trois épillets sur chaque cran de l'axe floral ; les épillets médians sont seuls fertiles; ils sont flanqués, de part et d'autre, d'épillets stériles. On distingue 1 Orge hexastique, à six rangsd'épillets ou Escourgeon, et l'Orge distique, à deux rangs d'épillets ou Paumelle.
Mentionnons enfin le genre Ivraie{Lolium), qui est caractérisé par le fait que les épis sont grêles, ne se recouvrant qu'incomplètement les uns les autres et qu'il n'y a qu'une glume à la base. Une espèce de ce genre est importante, c'est V Ivraie vivace, ou Ray-grass des Anglais, qui est un des types les plus répandus parmi les Graminées utiles au point de vue des pâturages. Un Champignon existe d'une manière normale dans la graine de 1 Ivraie enivrante, espèce annuelle trop commune dans les moissons.
Bambusées. — Les Bambusées se distinguent tout de suite
par la tige ligneuse, qui peut devenir arborescente et atteindre 20 à 30 mètres, et par les feuilles pétiolées. Il y a deux types, suivant que la fleur a six étamines (Bambous, Gigantochloa) ou trois étamines (Phyllostachys, Arondinaires). Dans les Bambous, les étamines sont à filets libres, soudés dans les Gigantochloa. Citons le
Gigantochloa maxima de Java, qui peut atteindre 46 mètres de haut ; il s'élève dans les régions montagneuses et croît avec une étonnante rapidité de 1 2 mètres en trois mois : on sait que ces plantes peuvent s'allonger de 50 centimètres en une nuit ; les jeunes pousses fournissent un légume. Parmi les autres espèces
Cl. F. Kaidcau.
Taillis de Bambous (Guadeloupe).
Épis de Linaigrette.
cl. F. Fahlean.
Mexique.
Arum tacheté, en fleurs.
alimentaires, on Alocase à gros rhizome, en serre. peut c;ter le Bam-
bou de Senam qui est consommé par toutes les classes au Japon, le Phyllostachys doré qui est cultivé en Chine, jusqu'au nord de la grande muraille, et au Japon. L'Arondinaire doux est mangé quelquefois au Japon, mais est amer et inférieur ; le Phyllosiachys à grand chaume réussit en Algérie. Les Arondinaires forment de très belles plantes qui sont employées comme les Bambous pour faire des touffes sur les pelouses ou encore pour garnir les jardins d'hiver.
Cypéracées. — L'ordre des Graminidées comprend, en plus des Graminées, les familles suivantes : Cypéracées et Lemnacées (albumen amylacé), Naïadacées (albumen nul), Aroïdées, Typhacées et Pandanées (albumen charnu).
Les Cypéracées sont terrestres, mais aiment cependant les stations marécageuses, et il est même des espèces tout à fait aquatiques comme les Scirpes lacustres. Tandis que dans les Graminées la tige est ronde et la gaine foliaire fendue, ici, la section de la tige est triangulaire et la gaine n'est pas fendue. Le fruit n'est plus un caryopse, comme dans les céréales, mais un akène.
Dans les Carex, les fleurs ont les sexes séparés, d'ordinaire réunis sur un seul pied avec un épi mâle vers le haut et les épis femelles sur les côtés; la fleur femelle présente une utriculequi est
Herbier de Zostère marine (Ile de Bréhat).
une grande bractée bicarénée qui entoure l'ovaire en forme de sac et à la partie supérieure de laquelle sortent deux ou trois stigmates. La fleur mâle a d'ordinaire trois étamines.
Dans les autres Cypéracées, les fleurs sont hermaphrodites. Dans les Souchets (Cyperus), les écailles et les fleurs de l'épi sont sur deux rangs, et leur ensemble a été comparé à une natte. Le Souchet comestible a un rhizome de la grosseur d'une noisette, dont on consomme d'énormes quantités à Madrid (Chuffa). C est avec les tiges du Souchet papyrus, découpées en tranches, que les anciens et particulièrement les Egyptiens fabriquaient le papier célèbre connu sous le nom de papyrus.
Dans les Scirpées, les écailles de l'épi sont en spirale. Parmi ce groupe, on peut citer les Ériophores ou Linaigrettes, qui abondent dans les régions marécageuses, notamment dans les toundras des régions polaires, où leurs épis à aigrettes blanches, dues à la subdivision du calice en une multitude de poils blancs, contribuent à égayer ces plaines un peu tristes. Une autre espèce curieuse est 1 Heleccharis tubéreux ou le Pit'si des Chinois, plante qui ne fleurit jamais, dont les tubercules sont bons à manger et se cultivent dans l'eau comme le Riz.
Lemnacées. — Chez les Lemnacées, l'appareil végétatif est singulièrement réduit par suite de la vie nageante qui les caractérise. Ce sont les Lemna ou Lentilles d'eau qui se développent souvent
si abondamment sur les étangs qu elles forment un tapis vert cachant complètement la surface du liquide. Le thalle est une lame verte ovale se ramifiant dans son plan; il pend à la partie inférieure des racines à courte croissance qui servent de balanciers. Ces racines peuvent même manquer dans la WoUfia(p. 71). L'atrophie du système radiculaire, qui est si complet dans cette famille, est ébauchée dans les Lemna, car la radicule avorte ; la Wolffia est presque une plante à thalle.
Naïadacées. — Les Nàiadacées méritent une mention spéciale, parce qu'elles comprennent les quelques Phanérogames vivant dans les eaux de la mer. On rencontre très abondamment sur certaines côtes des Zostères, qui ont de longuss feuilles vertes rubanées; on les y observe avec les Posidonies, les Cymodoces et les Ruppies maritimes. Les fleurs sont unisexuées et d'ailleurs très réduites.
Un autre type de Naïadacées est plus communément répandu dans les eaux douces courantes ou stagnantes, c est le Polamot, dont les feuilles peuvent être toutes submergées (Potamot
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Anthuriuui de Schcrzcr.
(I. F. Kahlruu.
Spathiphylle.
crispé) ou dont les supérieures (Poiamot nageant) viennent s'étaler à la surface du liquide. Les rieurs des Potamots sont hermaphrodites et présentent quatre étamines qui sont soudées à quatre appendices simulant des sépales ; il y a d'ailleurs quatre carpelles indépendants à un seul ovule chacun. Les Aponogeton sont de jolies plantes dont certaines sont cultivées dans les pièces d'eau des serres; d'autres en plein air.
\JOuvirandra fenestréàe Madagascar est une plante aquatique curieuse dont le limbe est réduit aux nervures qui forment un quadrillage de fenêtre.
Aroïdées. — Les Aro'idées constituent une famille qui a peu de représentants dans la flore des pays froids, car dans nos environs nous ne connaissons guère que Y Arum tacheté ou Gouet, Pied de veau, Manteau de la Vierge, rattaché à ce groupe, mais dans les régions tropicales elles deviennent beaucoup plus importantes et constituent un grand groupe de plantes surtout épiphytes. Le Gouet est une plante terrestre dont la tige est cachée dans le sol, et il se manifeste par la formation de la hampe florale qui est caractéristique dans cette plante; elle présente à sa partie supérieure une grande feuille vert jaunâtre pâle, en cornet, ou spathe; elle contient le spadice, qui est un axe renflé en massue à sa partie terminale, et portant à des étages successifs, à partir du haut, des fleurs mâles, puis des fleurs femelles, ces deux étages étant précédés au-dessus chacun d'un étage de fleurs analogues plus ou moins avortées; les étamines sont nues, le pistil monocarpellé ; le fruit est une baie.
Les Caladium, remarquables par leurs grandes feuilles longuement pétiolées, à limbe délicat en forme de flèche, panaché et brillamment coloré, servent à l'ornement des serres froides. Une autre plante, à feuilles beaucoup plus amples, à pétiole plus vigoureux, à grandes feuilles sagittées, arrondies, élargies, est la Colocase, qui sert à faire pendant l'été, en plein air, des corbeilles du plus bel effet. C'est une plante de l'Inde et surtout de l'Océanie, où on la connaît sous le nom de taro; elle est l'objet d'une culture extrêmement importante dans les sols vaseux et imbibés d'eau et fournit une fécule de premier ordre, qui est la base de l'alimentation des populations océaniennes. L.'Alocase, dont la placentation est basilaire, est très voisin, mais inférieur au point de vue alimentaire. Les Xanthosomes, à feuilles sagittées, sont les plantes à « taro » d'Amérique ; on consomme non seulement les tubercules, mais les feuilles comme les choux : d'où le nom de Chou cara'ihe. Le Sauromaium (plante magique) des Indes et de Java est un superbe Arum dont le spadice, vivement coloré, atteint 0'",60 de longueur.
Les Pistia sont des Aroïdées aquatiques; les Philodendres, les Die0enbachia et les Pothos sont des plantes grimpantes fréquemment cultivées dans les serres. Les Amorphophalles ont d'énormes tubercules de la grosseur d'une tête d homme. \JAmor~ phophalle campanule est consommé en Asie, dans l'Inde, en Malaisie et à Tah'ti; sa chair a une grande âcreté qui disparaît à la cuisson ; Y Amorphophalle de Rivière est utilisé par les Japonais sous forme de vermicelle (chira-také), de galette (konnyakou), de gâteau sec (chiro-ko). On utilise en Afrique des espèces tuberculeuses voisines : ainsi YAnchomanes d/^orme et plusieurs espèces d Hydrosome, Les feuilles des Amorphophalles sont à segments très divisés; elles apparaissent à d'autres moments que la hampe florale.
Ce même caractère se retrouve dans les Dracuntium, dont les feuilles atteignent des dimensions gigantesques ; leur pétiole, qui est tigré et dont la surface rappelle une peau de ssrpent ou de dragon
Vaquois ou Pandanus en Nouvelle-Calédonie.
(et c'est de là que vient leur nom générique), se dresse verticalement dans l'air, à une grande hauteur, plusieurs fois celle d'un homme, et se termine par un limbe découpé de telle façon, qu'on croirait avoir affaire à une tige couverte de feuilles; d autre part, on peut voir sortir de terre, à un autre moment, une hampe florale portant une grande spathe, le tout de I mètre à l'n,50.
Le Monstère délicieux est une espèce de Lierre géant à feuilles découpées et à limbe perforé d'une manière singulière; la spathe est verte, caduque; le spadice est comestible; il comprend, au milieu, des fleurs hermaphrodites, en haut des fleurs mâles, en bas des fleurs femelles. Dans la Richardie africaine ou Zantedeschia, il y a une grande spathe blanche en forme de cornet évasé à sa partie supérieure; on utilise beaucoup cette plante pour la fleur coupée, car elle est très ornementale. La Richardie d' Elliot, semblable, a ses spathes jaunes. Les Calla ont aussi un épi de fleurs hermaphrodites ; plusieurs espèces sont indigènes.
YlAcore odorant est une herbe de marais, originaire de l'Inde, mais naturalisée en Europe. Les plantes surtout importantes de ce dernier groupe sont les Anthurium, qui sont des herbes vivaces à tige ligneuse, en général courte, à feuilles en flèche, à lobes basilaires arrondis, surmontant un long pétiole; ces végétaux sont caractérisés par leurs spathes et leurs spadices qui sont d'ordinaire de couleur très vive, presque toujours rouge vif; la spathe se rabat le plus souvent vers le bas en s'étalant, de manière à laisser bien voir le spadice qui est fortement coloré, en rouge notamment, cylindrique, couvert de fleurs hermaphrodites, toutes fertiles. Ce sont des plantes de serres chaudes qui peuvent servir à l'ornementation des appartements. Les Spathiphylles sont voisins.
Typnacées. — Les Typhacées sont des herbes aquatiques de notre pays, dont les fleurs mâles sont groupées sur des épis distincts, séparés des épis femelles. Dans les Massettes ou Typha, les épis mâles cylindriques sont à l'extrémité de la tige; ils sont jaunes et formés de fleurs à trois sépales et trois étamines; l'épi femelle, qui est au-dessous des précédents, et séparé d'eux par autant de bractées, est également cylindrique et de couleur brune. Chacune des fleurs femelles qui le composent esta trois sépales, et le pistil est à un seul carpelle, avec un seul ovule. Dans les Rubaniers ou Sparganiers, les épis, au lieu d'être cylindriques, sont sphériques.
Pandanées. — Les épis mâles et femelles étaient réunis sur la même plante dans la famille précédente; dans les Vaquois ou Pandanus, ils sont sur des pieds différents. La fleur mâle est formée d'un grand nombre d'étamines à filets grêles; la fleur femelle, d'un grand nombre de carpelles fermés; les fruits sont des drupes. Les Vaquois sont des arbres à tige cylindrique, se ramifiant en fourche à plusieurs reprises à leur sommet; vers le bas, le tronc porte plusieurs étages de racines adventives qui se dirigent vers le sol et qui servent à consolider la plante. On connaît un autre genre de cette famille, les Freycinéties, espèces grimpantes.
Un coin de l'oasis de Biskra (Algérie), avec Dattiers.
LES JONCINEES
L'ordre des Joncinées comprend trois familles : 1° les Triglochinacées, plantes vivant sur le bord des eaux douces ou salées; la graine est sans albumen : tels sont les Triglochins ou Trocarts de nos marais; 2° les Joncacées, herbes terrestres ou des lieux humides, à feuilles plates (Luzules) ou cylindriques (Joncs) ; l'albumen est charnu, le fruit est une capsule; 3° enfin les Palmiers, plantes arborescentes que nous allons étudier en détail, et dont le fruit non capsulaire est le plus souvent charnu.
Utilité des Palmiers. — Les Palmiers constituent une des plus grandes familles du monde végétal tropical, méritant le premier rang par la beauté de leur port et par leurs nombreuses applications. Certaines espèces ont des usages si variés qu'un poème indien qui est consacré au Rondier ou Borassus énumère les huit cents façons dont cette plante peut être utile; les usages du Cocotier sont moins nombreux, car on prétend qu'ils ne dépassent pas le nombre des jours de l'année. La tige fournit, comme de juste, du bois pour la charpente et des objets divers; les feuilles forment des toits; leurs fibres ou les lanières qu'on peut en extraire permettent de fabriquer des chapeaux, des paniers, des nattes. La sève fermentée, qui est sucrée, donne le vin de palme, et, pour l'extraire, on incise les inflorescences jeunes; naturellement, avant cette fermentation, on peut en retirer le sucre; en distillant ce vin, on obtient une eau-de-vie ou arack. Les fruits ont des usages variés ; chacun connaît les dattes, les noix de coco, qui renferment le lait de coco, et l'albumen fournit une crème excellente pour la table. L'huile s'extrait des graines de diverses espèces, de l'Éléide de
Dattier avec régimes de dattes.
Guinée notamment. Les fibres qui apparaissent sur la tige, après la chute des feuilles et la décomposition de leur base, servent à faire des balais, des tissus, etc. On comprend d'après cela que Linné ait pu qualifier les Palmiers de « princes » du règne végétal.
Organisation du Dattier. — Prenons comme exemple pour notre étude l'arbre le plus important pour notre colonie africaine l'Algérie, le Dattier. Son origine se perd dans la nuit des temps. Le nom grec du Palmier, qui est d'ailleurs conservé dans le nom latin et dans le nom employé par les botanistes, est celui de Phœnix, et la Phénicie était le pays par excellence du Dattier.
Le Phœnix Jactylifère a un tronc élevé, restant simple, de 20 à 30 mètres dans sa patrie, souvent cespiteux (en groupe). Il est muni à sa base de racines adventives et il y présente également des rejets qui servent à multiplier les races qualifiées par leurs fruits délicats. Cet arbre vit 100 à 200 ans, continuant à produire chaque année sa récolte de dattes, bien qu'en avançant en âge la qualité devienne moins remarquable. Les feuilles, qui sont localisées à la partie supérieure en une magnifique couronne, sont composées pennées; les pinnules de 20 à 40 centimètres sont assez régulièrement distiques, souvent réunies par deux ou trois ; les bords de ces pinnules sont, surtout à la base, relevés vers le haut ; au début du développement, toutes ces parties maintenant distinctes étaient réunies entre elles; elles se sont fendues parallèlement, puis le pétiole a crû et elles ont été séparées; les pinnules inférieures sont en épines, fasciculées à la base. L'inflorescence, de 30 à 60 centimètres de long , qui apparaît au milieu des feuilles et pend à la maturité, est ce qu'on appelle un régime (fig. 175, A); le pédoncule ou spadice est comprimé et ramifié; il est entouré à sa base par une grande bractée ligneuse, coriace, la spathe, emprison- Récolte des dattes à Elche (Espagne).
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LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
nant au début toute l'inflorescence et s'ouvrant plus tard. Les fleurs sont nombreuses, sessiles sur les divisions sinueuses de l'axe, relativement petites, unisexuées {fig. 175, B et C), et chaque sexe est sur un pied distinct ; la plante est dioïque : il y a des pieds mâles et des pieds femelles. Le nombre des pieds mâles dans une oasis est toujours restreint, puisqu ils ne sont cultivés que pour leur pollen, mais leur présence est indispensable. Les fleurs mâles ont un calice court, gamosépale à trois dents, trois pétales beaucoup plus longs, épais, rigides, oblongs, lancéolés, à bords valvaires ou coupés en biseau, à l'intérieur six étamines en deux verticilles à filets courts, dont les anthères sont à déhiscence longitudinale ; au centre se trouve un rudiment d'ovaire de forme variable, pouvant même manquer. La fleur femelle est presque sphérique, à trois sépales soudés, à trois pétales larges, à six staminodes ou étamines avortées, parfois trois seulement, se développant alternativement avec
Un Trachycarpe avec fruits.
Fig. 175.
A, Régime de fleurs femelles de
Dattier; B, Fleur mâle de Chamaî-
rops ; C, Fleur femelle de Chama;-
rops ; D, Coupe d'une datte.
Inflorescences d'un Trachycarpe.
Trachycarpe élevé (Japon).
L attention des colonies étrangères ayant des régions désertiques, notamment l'Australie, a été attirée sur ces variétés supérieures et sur des « djebars » ou rejets nés de la base de la tige; on trouve au printemps ces djebars sur les marchés sahariens, où ils sont portés sans précaution à dos de bourricot; on les voit étendus sur le sol surchauffé, insolés pendant des heures et supportant quelquefois ces pérégrinations pendant plus d'un mois sans souffrir. En 1893, cinquante des rejets du célèbre « deglet nour »
ont été reçus à Adélaïde, dans l'Australie du Sud, obtenus, par l'intervention du gouverneur général de l'Algérie, de propriétaires de Biskra.
On divise les Palmiers de la manière suivante :
les pétales, courts, aigus; le pistil comprend trois carpelles alternant avec les pétales et présente trois ovaires indépendants, mais se touchant largement ; le style est court, arqué en un bec crochu où se trouve la région stigmatique. Un seul carpelle se développe normalement, les deux autres s'étant arrêtés dans leur croissance ou ayant disparu. Ce fruit charnu (fig. 175, D), brun jaunâtre ou brun rougeâtre à la maturité, est oblong,de3à8 centimètres de long, à peau mince, à pulpe pâteuse, et sucrée surtout, délicieuse dans les variétés de premier ordre, comme dans le « deglet nour » ; qui est le type sélectionné des oasis du sud de l'Algérie, et envié par tous les peuples qui veulent cultiver ce Palmier. Les variétés non sucrées servent de base à l'alimentation des Arabes ; desséchées et aplaties, elles forment, placées dans des peaux de bouc, une sorte de pain utilisé parles caravanes pourtra- . verser ledésert. Une inflorescence peut donner deux cents dattes. La graine, qui est très dure, a un albumen corné contenant sa réserve sous la forme de membranes de cellulose épaisse. On extrait des Palmiers mâles (ou des Palmiers femelles à fruit médiocre) la sève pour faire un vin appelé lagmi.
Le Dattier est rustique dans tout le bassin méditerranéen, mais ses fruits ne mûrissent pas à Nice, pas plus que dans le nord de l'Algérie. Il faut à cette plante le soleil des tropiques et une grande humidité aux racines : « la tête dans le feu, les pieds dans l'eau », dit le proverbe arabe. Les variétés fruitières sont innombrables, mais à peu près inconnues en France.
Carpelles /i'6res ou lâchement souciés. Coryphinées. j p i
Dio
JF,
euilles en éventail. .
Carpelles soudés.
{ Carpelles écailleux . ] Feuilles ( Fruits à trois loges Lepiaocaramees.
,, i Feuilles palmées Carpelles î r*
nus.
pennées. ( Non à trois loges
. euilles pennées, i Noyau fermé .
( Drupe. Céroxylinées. j Noyau perforé
Phœnicées.
Sabalées.
Mauritiées.
Raphiées.
Calamées.
Borassinées.
Arécinées.
Cocoinées.
Livistona de Chine ou Lataniers de Bourbon (ile de La Réunion).
Rhapis flabelliforme de la Chine.
Cl. Kerry.
Livistona australis ou Palmier-chou d'Australie.
Coryphïnées. — Le Dattier, caractérisé par ses carpelles lâchement souciés ou libres, se rattache par cette particularité aux Coryphinées, qui comprennent, en dehors des Dattiers dioïques précédents, un certain nombre de Palmiers polygames : ce sont les Sabalées, renfermant les genres Chamaerops, Trachycarpus, Rhapis, Corypha, Livistona et Sabal, Washingtonia et Copernicia.
Les Chamœrops, dont le nom veut dire buisson nain, sont de stature médiocre, à tige recouverte de débris filamenteux des gaines foliaires, à feuilles raides, semi-orbiculaires, à divisions palmées, et non pennées comme dans le Dattier, étroites, aiguës ; le pétiole est biconvexe, à dents épineuses ; les feuilles sont subdivisées en pinnules à une seule nervure. Ces plantes, bien qu'appartenant à un groupe ordinairement polygame, sont souvent dioïques; elles se distinguent des Dattiers, outre leurs feuilles, par des étamines soudées. Le Chamœrops nain se développe en Espagne, aux Baléares, à Naples, en Grèce, dans le sud de la Corse ; il ne dépasse pas Nice; c'est le représentant le plus septentrional de la famille des Palmiers dans l'Ancien Monde ; en Europe il s'élève jusqu'à 44° de latitude nord. Le Chamaerops nain, qui a 2 à 3 mètres (exceptionnellement 5 à 6), réclame l'orangerie à Paris ; ses tiges sont par groupes divisés dès la base. C'est à ce type que se rattachent les deux fameux Palmiers de Louis XIV, offerts à ce souverain par le margrave de Hesse-Anhalt, et qui sont dans le pavillon froid (carré), serre près du labyrinthe, au Muséum ; leur grande taille ( 1 2 mètres) empêche maintenant de les sortir l'été.
Les Trachycarpes élevés sont des plantes très voisines qui peuvent supporter — 12° et que l'on peut laisser en plein air à Paris,
Fig. 176. — Sabal. a, Fleur.
même pendant l'hiver, à la condition d'abriter le cœur du bourgeon terminal et les feuilles par des bâches disposées sur des cerceaux qui empêchent la neige de s'y accumuler. La tige de cette espèce de la Chine et du Japon atteint 8 à 1 0 mètres ; elle est épaisse et fortement garnie de fibres brunes résultant de l'altération des bases des pétioles, ce qui lui donne un aspect poilu. Les feuilles sont palmées, à folioles bidentées ou courtement bifides au sommet; le pétiole est denté, serrulé sur les bords. Les spadices sont jaunes, pendants de 30 centimètres de long, entourés d'une spathe fauve, tubuleuse, bifide au sommet; les baies sont noir bleuâtre. Ces plantes sont monoïques ou accidentellement hermaphrodites.
Les Rhapis ftabelliformes sont des Palmiers grêles, ressemblant à des roseaux, à tiges groupées, cespiteuses, qui ont des feuilles palmées, mais inégalement et irrégulièrement fendues. Les Corypha ont une couronne de grandes feuilles arrondies, dentées au bord ; la tige se continue au-dessus des feuilles par un spadice très puissant et très spécial. Le Livistona de Chine figure fréquemment dans les serres sous le nom inexact de Latania de Bourbon. Le tronc est lisse, un peu renflé au bas, revêtu à sa partie supérieure par les vestiges des feuilles ; ces dernières sont orbiculaires, en éventail, fendues jusqu'au milieu et au delà en segments bifides; le pétiole esta bords épineux, la gaine fibreuse; ces plantes, rustiques, sont cultivées depuis 1818 dans le midi de la France; elles sont précieuses comme garniture d'appartements.
Le genre Sabal (fig. 176) a un représentant dans le Sabal Palmetto ou Cabbage Palmetto du sud des Etats-Unis, qui est encore un des avantcoureurs de la grande armée des Palmiers dans les régions américaines : c'est là la limite septentrionale (36" de latitude nord) de la famille dans cette région ; les feuilles sont en éventail, à segments parfois filifères. La tigedu Washingtonia filijère est couverte à sa partie supérieure par les vestiges des feuilles, qui forment dans cette région une sorte de fourrure épaisse; les feuilles sont en éventail, étalées, orbiculaires ; les segments bifides sont fortement filifères sur la marge ; c est une espèce que 1 on trouve dans les régions très sèches de la Californie ; le fruit est ici pierreux, porté par un pédicelle Mauritia vinifère, en Bolivie. cylindrique; c'est au contraire
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LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
ci. nigui't.
Paysage à Pritchardia (Washingtonia jilifera), eu Californie.
une baie dans les Sabal et les Copernicia. Ces derniers, qui se distinguent par un albumen ruminé, renferment une espèce importante, le Copernicia à cire, dont les noms vulgaires sont carnauba ou carnahyba. La tige est cylindrique, élevée de 10 à 15 mètres, d un diamètre de 10 à 15 centimètres; sa surface est inerme, lisse, annelée surtout à la base ; le tiers supérieur est garni des bases des pétioles; les feuilles sont palmées en éventail. Cette espèce vit au Brésil, dans la Bolivie orientale, la république Argentine, au Grand Chaco, au Paraguay. La récolte de la cire se fait en coupant les feuilles qui la produisent, à mesure qu'elles se développent, six mois de repos suffisant au carnauba pour se regarnir. Les pétioles de cette espèce sont armés de deux rangées d'épines noires crochues ; aussi servent-ils à faire des clôtures d'un caractère défensif marqué; le bourgeon terminal constitue un chou palmiste quand les feuilles sont jeunes et délicates.
Lépidocaryinées. — La tribu des Lépidocaryinées se distingue par ses carpelles écailleux ; elle comprend des types à feuilles en éventail comme les Mauritia, des genres à feuilles pennées comme les Metroxylon, les Raphia et les Calamus.
Le Mauritia flexueux est un des Palmiers les plus utiles d'Amérique. 11 atteint 30 à 40 mètres; ses feuilles sont immenses, ses spadices souvent très grands. Ses fruits sont des baies écailleuses à pulpe épaisse. Ses feuilles fournissent une filasse ; de sa moelle s'extrait un sagou. Une autre espèce, \eMauriiia oinifère, doit son nom spécifique à la sève sucrée que l'on en extrait, fournissant un vin de palme.
Les Metroxylons sont les Sagoutiers vrais, des îles de la Sonde, etc. On en connaît deux espèces principales, le Sagoutier de Rumph et le Sagoutier lisse; les pétioles de ce dernier sont dépourvus de piquants; ils en sont au contraire armés dans le premier. Le sagou est la moelle remplie d amidon que l'on extrait de l'arbre après l'avoir abattu. Les
fruits durs lui- Pritchardia dans le parc d'Hyères.
sants, ligneux,
couverts d'écaillés, sont à une seule graine dont le sommet est tourné vers le point d'attache; l'ovaire n'est pas à trois loges comme cela a lieu chez les Raphia. Ces derniers ont une tige en général peu élevée, couverte de gaines persistantes ; les feuilles sont très longues et pennées, garnies de filaments un peu épineux à la base et sur les bords; les gaines sont courtes, à bords pourvus de longues fibres; les inflorescences sont énormes, pesant 100 à 150 kilos, et pendantes presque jusqu'en bas de la tige, cylindriques, fortement et densément ramifiées, à branches imbriquées, flabelliformes, pectinées; la spathe générale est nulle, les spathes secondaires nombreuses; les bractées sont en cuiller à pot, comprimées et imbriquées. Les fruits sont ovoïdes ou oblongs, couverts d'écaillés ligneuses, brunes, luisantes, avec une petite pointeau sommet. Le Raphia pédoncule ou Ruffia, de Madagascar et des Mascareignes, fournit avec les fibres des gaines le raphia du commerce et les rabannes; sa sève donne un vin ou haraia. Le Raphia Oinifère, variété tœdigère, des bords de l'Amazone, a une tige peu élevée, de 2 à 3 mètres, mais ses feuilles atteignent 1 5 mètres et s'élèvent verticalement, puis sont arquées ; les fruits ont 6 centimètres, sont oblongs, à écailles dures ; le tissu intérieur de sa tige sert à faire des flambeaux ou est utilisé comme du liège. Le Raphia oinifère de l'Afrique occidentale a une tige peu élevée, des feuilles de 2 mètres à folioles épineuses : la sève de cette plante fournit un liquide sucré susceptible de fermenter. Les fruits de cette espèce, mis à
fermenter après qu'ils ont été dépouillés de il leur enveloppe écailleuse, peuvent donner
une eau-de-vie. Signalons aussi le Raphia
Monbuttorum de l'Afrique occidentale et
du Congo.
Les Rotangs ou Calamus (fig. 177) se
VegetatiombUder.
Raphia Monbuttorum en Afrique orientale.
Fig. 177.
Kotang ou Calamus,
Vérasc. Richard.
Groupe de Rôniers (Cote d'Ivoire).
Fig. 178. — Caryote b. fleur ; c, fruit.
Fig. 179. — Iriartée.
placent à côté des Metroxylon ; ce sont des Palmiers grimpants, qui atteignent parfois 20G mètres de long et plus. Ces Rotangs s'accrochent d'après deux types :
dans les uns (Calamus extensus), c'est la tige qui est métamorphosée en fouet ; dans les autres (Oncocalamus) , qui habitent l'Ancien Monde (Gabon, Afrique occidentale), c'est le pétiole qui se prolonge au sommet en un long fouet portant de nombreux et fins crochets.
Germination de la graine de Lodoicée.
Borassinées. — Dans les Borassinées, les carpelles soudés sont nus, dépourvus de ces écailles qui caractérisaient le groupe précédent, et les feuilles sont palmées. Ce grand groupe contient des Palmiers célèbres, d'abord le Rondier ou Rônier ou Borassus flabelliforme. C'est un arbre de l'Afrique tropicale, fréquemment cultivé dans les Indes orientales, où il rivalise, comme utilité, avec le Dattier et le Cocotier. Sa tige est robuste, élevée; son sommet est parfois divisé en deux ou plusieurs ramifications ; on en a signalé à Maduré, dans l'Inde, qui avaient une quinzaine de branches.
ta. Waito.
Palmiers royaux (Orendnxa), au Mexique.
C'est une plante dioïque. Les inflorescences sortent du milieu des feuilles ; celles des pieds mâles sont plus volumineuses et ramifiées, avec de larges et épaisses bractées, de façon à donner à l'ensemble un aspect cylindrique; l'axe et les bractées forment de nombreuses fossettes où sont logés de petits groupes de fleurs mâles qui s'ouvrent successivement et viennent s épanouir au dehors. Dans les inflorescences femelles, les fleurs sont peu nombreuses, volumineuses par rapport aux fleurs mâles, par une ou deux à l'aisselle de leurs bractées. Le fruit est gros, sphérique. Le bourgeon de cette plante donne un chou palmiste; une farine de gruau s'extrait de la moelle de sa tige ; le fruit, de la grosseur de la tête d'un enfant, sert à la nourriture de l'homme et des bestiaux; il est mangé cru ou cuit par des millions d Indiens ; il fournit dans 1 Inde le quart de la nourriture, là où le prix du riz est trop élevé ; il fournit aussi la boisson appelée toddy à l'aide de sa sève. Cet arbre peut vivre deux cents ans.
Dans le fameux Palmier des Seychelles ou Lodoicea, ou Coco de mer, ou Cocotier des Maldives, les fleurs mâles sont, comme dans le Rondier, nombreuses dans des fossettes ou alvéoles du spadice, mais les étamines sont nombreuses. Le fruit est de dimensions considérables; il a une enveloppe ligneuse, divisée en deux lobes séparés nettement l'un de l'autre par un sillon profond, formant comme deux reins. Ce Palmier des Seychelles et de 1 île Praslin a été signalé au milieu du XVIII0 siècle par La Bourdonnais; il pousse au bord de la mer où ses fruits sont entraînés par les
courants et transportés au loin. C est ainsi qu'ils sont connus depuis un temps immémorial aux Maldives, mais on ignorait quelle était leur origine véritable. On conçoit que des légendes extraordinaires aient couru se rapportant à ce singulier coco de mer qui semblait rejeté des profondeurs de l'Océan et dont on attribuait vraisemblablement la production à l'arbre mystérieux et divin qui vit au fond de la mer et dont on retrouve des traces dans tant de mythologies. Les souverains de l'Inde, qui achetaient ce produit singulier à un prix élevé, faisaient avec son enveloppe des coupes qu'on enrichissait de métaux précieux et dans lesquelles ils buvaient, afin de se préserver des poisons qu'ils pouvaient craindre. Le tronc du Lodoicea a 35 mètres de haut, sur 40 à 50 centimètres de diamètre ; il est marqué de cicatrices annulaires provenant de la chute des feuilles; ses feuilles en éventail ont 5 à 6 mètres de long sur 3 à 4 de large. Le bois se fend aisément, et sert à faire des conduites Palmier Manicaria saccifère. d eau, des haies, des palissades;
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Palmiers Aréquiers aux environs d'Hanoï.
La place des Palmistes, à Cayenne.
les jeunes feuilles sont entourées d'une sorte de bourre laineuse qui sert à rembourrer des oreillers, des coussins, des matelas. On fait avec les feuilles des chapeaux, des toitures, des balais. Le fruit est comestible ; il renferme un liquide laiteux agréable à boire, mais qui rancit vite. 11 met sept ou huit ans à mûrir, mais, récolté à trois ou quatre ans, il est mou et comestible.
Le Doum ou Hyphène thébaïque est remarquable par sa tige bifurquée; il se distingue des types précédents dont il est voisin par ses fleurs dioïques : les mâles, solitaires, ont six étamines; ses fruits, qui ont été trouvés dans les tombes de l'ancienne Egypte, sont comestibles ; on les vend au Caire; son bois dur est très utilisé; ses feuilles servent, à Tombouctou, à faire des paniers.
Arécinées. — Les Caryota se distinguent de tous les Palmiers par leurs feuilles composées deux fois. La moelle de la tige du Caryota mens (fig. 178) fournit dans l'Inde un sagou bâtard; ses feuilles donnent un crin végétal (Kittool fibres) servant pour les brosses et les engins de pêche ; il fournit un toddy ou vin de palme. L.'Arenga saccharifère a des feuilles une seule fois pennées, dressées, à segments linéaires; les fleurs mâles et femelles sont sur des inflorescences distinctes, mais réunies sur le même pied; la tige a 10 à 15 mètres de haut et est couverte d'écaillés ou d un réseau de fibrilles; c'est une plante sucrière importante de la Malaisie (Java, Sumatra, Philippines) ; sa sève sucrée, brune, fournit par fermentation un vin de palme par l'incision de ses spadices ; les fibres du tronc donnent de l'étoupe et des cordages. Les Chamœdorea sont des Palmiers grêles qui rappellent un peu les Bambous.
Dans les HoWea, le spadice est simple. Ces Palmiers sont peut-être les plus importants au point de vue de la culture de ces plantes en appartement et ils sont vendus par les horticulteurs sous
le nom impropre, mais universellement répandu, de Kentia. La tige est robuste, lisse, annelée, mais on ne connaît guère ces plantes qu en individus jeunes, à tronc court. Dans VHowea Balmoreana, la tige peut atteindre jusqu'à 12 mètres de haut. Cette espèce est très employée, ainsi que 1*' ' VHowea Forsteriana.
A, coupe d'une noix de coco; B, noix de coco J^iS feuilles, dans les vue en dessous et montrant les trois cavités
correspondant aux cactées, divisions ovariennes deux cas, sont pennaprimitives. tiséquées, mais avec un
grand pétiole, et les folioles sont groupées vers le haut, de sorte qu à un examen premier et rapide, on croirait avoir affaire à des feuilles palmées.
Le nom de Ceroxylon vient de deux mots grecs : \eros, qui veut dire cire, et xylon, bois, parce que la tige élevée, grêle relativement à la hauteur, lisse, pourvue seulement de cicatrices annulaires, sécrète une substance cireuse blanche, se déposant sous forme de croûte ou d'écaillés blanches, tranchant sur les anneaux bruns. Le Céroxylon des Andes atteint 30 ou 40 mètres de haut; il est couronné à sa partie supérieure d'un magnifique panache de feuilles de 7 à 8 mètres de longueur, argentées dessous. Les spadices sont allongés, rameux à rameaux grêles, avec cinq spathes coriaces, soyeuses, les baies rouges ou violacées. C'est dans l'Amérique du Sud, à une altitude comprise entre 2000 et 3000 mètres, que l'on rencontre ce bel arbre, où il forme de grandes forêts.
Dans les Aréquiers ou Areca, Palmiers dont le nom rappelle le mot arec, qui est le nom vulgaire de ces plantes au Malabar, le spadice apparaît au-dessous des feuilles. La tige est plus ou moins élevée, annelée, pouvant atteindre 10 à 16 mètres de haut, avec un panache de feuilles pennées. Le spadice est monoïque paniculé ou simplement rameux, enveloppé dans deux spathes membraneuses, coriaces; les fleurs mâles sont très nombreuses, solitaires ou par deux ; les fleurs femelles sont à la base des rameaux. Les
rrTy| 1
Cocotiers aux iles Gilbert (Polynésie).
Amazonicum.
Cocotier avec fruits (Hanoi).
Cl. Faber.
Palmier Astrocaryum mumbaca.
fruits sont des baies ovoïdes, de la grosseur d'un œuf, et jaune rouge ; ils renferment un brou fibreux et une amande qui, débarrassée de son péricarpe, constitue la noix d'Arec, dure, cornée, marbrée de blanc et de brun parce que l'albumen est ruminé. Ces noix forment la base d'un masticatoire très employé par les Asiatiques (Indochine, Malaisie, Inde, etc.), qui noircit les dents^ et rend lesgencives sanguinolentes; son abus produit à la longue l'aphasie. Les Oréodoxa, voisins, ont un spadice ramifié; la tige est souvent renflée au milieu, en particulier dans Y Oréodoxa royal, d'Amérique. Les feuilles sont pennées; les spadices sont grands, pendants; il y a deux spathes : l'inférieure semi-cylindrique, la supérieure en sabre. \J Oréodoxa oléracé fournit par son bourgeon terminal un chou tendre et délicat. Signalons aussi les Iriartées de l'Amérique tropicale (fig. 1 79), remarquables par le renflement en fuseau de leur tige et par la présence fréquente de racines épigées à la base. Le Manicaria saccijère, du Brésil, porte d'immenses feuilles dont le limbe reste simple.
Cocoïnées. — Il nous reste à parler du dernier groupe, celui des Cocoïnées, à noyau perforé, à carpelles soudés et nus, à feuilles pennées. Les Êléides de Guinée ou Palmistes, qui se séparent de toutes les Cocoïnées par leurs fleurs situées dans des fossettes de l'axe, ont pour fruits des drupes grosses comme des prunes, de couleur jaune ou rouge, avec un noyau dur et un mésocarpe charnu, fibreux et riche en corps gras; la graine contient aussi une substance oléagineuse. L'Éléide a un tronc d'une vingtaine de mètres, inerme, avec une vingtaine de feuilles amples au sommet, ayant plusieurs mètres de long. Le spadice est ramifié, de forme ovoïde, gros comme une tête ; il est hérissé de bractées épineuses. En dehors des matières grasses, cet arbre fournit un vin de palme en Afrique occidentale ; c'est une boisson rapidement enivrante ; les indigènes se servent de la plante pour construire et couvrir leurs cabane»; les feuilles servent de fourrage pour les animaux domestiques.
Dans les Cocotiers, il y a six étamines; les fleurs ne sont plus dans des fossettes : elles sont superficielles. Ce genre renferme une trentaine d'espèces améri-
caines. Le Cocotier proprement
dit, ou Cocotier nucifère, est disséminé dans toutes les régions tropicales australes, probablement par les courants marins, car il pousse d ordinaire au bord de la mer. C'est un arbre élevé, de 25 mètres de haut, à tronc en général énorme, mais à cicatrices foliaires pouvant servir d'appui pour grimper, portant au sommet un magnifique panache de feuilles pennées de 4 à 5 mètres. Les fleurs sont unisexuées. Le fruit (fig. 180) est une drupe ovoïde, couverte d'un épiderme mince, parcheminé, dont la partie charnue est remplie de fibres qui constituant le coir, utilisé pour la fabrication des cordages, des filets, des couvertures, des courroies, des brosses.
Le noyau est très ligneux, avec trois trous à la base. Quand la graine n'est pas encore mûre, son albumen renferme un lait sucré, acide, utilisé comme boisson rafraîchissante. A la maturité, ce liquide disparaît, se transforme en albumen et il constitue le coprah du commerce, qui joue un rôle important dans l'alimentation de divers pays, surtout en Polynésie; on peut en extraire l'huile de coco.
L'endocarpe dur et osseux du fruit peut fournir des vases grossiers aux indigènes. Le sectionnement de l'inflorescence donne un vin ou toddy; on peut extraire de celui-ci un arack ou alcool et, de la sève, du sucre ou jagre. Le bois sert par son tronc pour la charpente, bien que peu durable. Les feuilles sont utilisées pour couvrir les cases, pour la confection de corbeilles, etc.; jeunes elles donnent un chou palmiste. En dehors de cette espèce essentiellement utile, citons le Cocotier de Weddell, le plus délié, le plus élégant de tous les Palmiers, qui figure dans les salons.
Les Jubœa se distinguent des Cocotiers par leurs étamines nombreuses ; ils ont d'ailleurs comme eux les orifices de germination dans la graine à la partie inférieure. Parmi les représentants de ce genre, on peut citer le Jubœa remarquable ou Jubea du Chili, situé à lavant-garde de l'armée des Palmiers dans les terres australes. Ce Palmier, connu au Chili sous le nom de Lila, a un fruit comestible par son albumen qui rappelle celui du Cocotier; malheureusement les enveloppes sont très dures; cependant les bœufs savent le décortiquer et se nourrissent de la partie externe, laissant intact le noyau d'où l'on extrait l'amande. Le bourgeon est un légume ; la sève donne un vin de palme et on peut extraire du suc, avant la fermentation, le « miel de palma », très estimé: les fibres de la tige sont textiles; avec les feuilles on fabrique des nattes, des chapeaux, des toiles, etc. Cet arbre peut atteindre 25 mètres de haut. Les Astrocaryon Muru-Muru du Brésil ont le tronc extrêmement épineux, haut de 4 à 5 mètres. Les Bactris sont de petits Palmiers dont la tyge grêle sert à faire des cannes légères, dites
de Tabago.
Les Phytéléphantinées forment un groupe caractérisé par ses fleurs mâles ou femelles sans périanthe et par le fruit qui est un syncarpe, c'est-à-dire résultant delà coalescence de plusieurs fruits distincts; ils fournissent l'ivoire végétal ou corozo. Les fruits ou cabeza de negro (tête de nègre) du Phytelephas macrocarpe sont de la grosseur de la tête, avec des drupes agrégées, à plusieurs loges ayant de trois à six graines. Il y a dans ces graines un lait, qui se solidifie en un albumen dur comme de l'ivoire, servant à fabriquer des objets finement ajourés ; ces graines ont la taille de petites pommes. La patrie de cette plante est la vri.. Amazomnim. Nouvelle-Grenade et les Andes
Palmier Phytelephas à petit fruit.
du Pérou.
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
LES LILIINÉES
L ordre des Lilunées comprend quatre familles : 1° les Liliacées,h calice pétaloïde et albumen charnu; 2° les Pontédériacées, à calice pétaloïde et albumen amylacé; 3° les Alismacées
Paysage avec Dragonnier marginé, à La Réunion.
plantes d'eau à calice sépaloïde et à graine sans albumen ; 4° les Commélynacées terrestres, à calice sépaloïde et albumen amylacé.
Famille des Liliacées. Les Tulipes. — La
famille des Liliacées renferme plusieurs types de fleurs qui ont eu leur temps de célébrité: parmi elles, il suffit de mentionner les Tulipes. C'est vers 1570 que Charles de l'Escluse, botaniste illustre, s'intéressa à ces plantes, mais ce furent les bourgeois d'Amsterdam qui, les faisant venir directement de l'Orient, les mirent à la mode. La passion pour les Tulipes se propagea avec rapidité au XVIIe siècle, mais leur centre de culture se maintint en Hollande ; cette maladie, car c'en était une, gagna la France, l'Angleterre. La tulipomanie provoqua des achats énormes, des jeux de hausse et de baisse; elle fut l'origine de fortunes colossales et de déconfitures célèbres; des lois furent faites, des fonctionnaires, les notaires de tulipes, furent créés pour réglementer ce négoce qui devint effréné. Les prix des Tulipes atteignirent des chiffres fantastiques : le Semper augustus fut vendu 5 500 florins ( 1 1 660 fr. ) ; à Lille, un seul oignon de la « Tulipe de brasserie » trouva acquéreur pour 30 000 francs. La Bruyère a célébré le fou Tulipier qui « a un jardin
dans le faubourg, qui y court au lever du soleil et en
revient à son coucher » . On a vu au XIXe siècle disparaître les derniers tulipomanes. La Tulipe justifie cette histoire si fameuse
qu on vient de lire par l'ampleur et la richesse
de coloris de ses fleurs. Son périanthe est "
formé de six pièces, trois sépales colorés et
trois pétales semblables entourant six étami-
nes en deux verticilles, l'ovaire supèreà trois
loges. La Tulipe duc de Thol et la Tulipe
des jardins ou de Gesner sont les plus
répandues, avec la Tulipe suave et la Tulipe
sylvestre qui est indigène dans le Midi.
Autres Liliacées bulbeuses.— A côté de la Tulipe se place la Fritillaire qui, comme elle, a une fleur souvent solitaire, à grand périanthe en cloche, mais cette fleur est penchée vers le bas au lieu d'être droite et dressée comme précédemment. Dans la Fritillaire couronne impériale.
Fritillaire Couronne impériale, à périanthe roux cuivré, les fleurs sont, au contraire, réunies en couronne surmontée d'un bouquet terminal de bractées.
La grande légion des Lis est voisine; elle se distingue des deux genres précédents par les étamines à anthère oscillante, à filet inséré au milieu du connectif. Les bulbes sont d'ailleurs également différents : au lieu dêtre tuniques, ils sont écailleux (p. 24). Le port majestueux, la grande taille des grappes de Lis, le parfum pénétrant du Lis candide (fig. 181), en ont fait la fleur de la royauté française. C'est une espèce de l'Europe méridionale, mais on a depuis le moyen âge cultivé beaucoup d'autres types : le Lis safrané, indigène; le Lis Martagon, portant trois à vingt fleurs pendantes en verticilles, d'un rouge violacé ponctué de brun ; le Lis tigré, de la Chine et du Japon ; le Lis doré, à fleur blanche avec une large bande jaune d'or au milieu des pièces du périanthe.
Dans toutes les plantes bulbeuses précédentes, la tige florale est feuillée ; il est une autre catégorie de ces plantes à hampes dépourvues, au contraire, de feuilles : ce sont es Jacinthes des bois, ou Endymion penché; çS ^cilles, à sépales séparés; la Scille de Sibérie, à fleurs d'un bleu profond très remarquable; la 5ci'//e du Pérou, à grosse inflorescence pyramidale. Dans les Ornithogales, les sépales sont aussi séparés, mais le filet de l'étamine est élargi. Dans les Jacinthes a Orient, les sépales sont soudés ainsi que dans les Muscari : les premières sont, à I heure actuelle, parmi les fleurs les plus cultivées pour 1 ornementation des jardins au premier printemps; les secondes, à corolle en grelot, forment des toupets de fleurs souvent stériles à l'extrémité de l'inflorescence. Dans toutes les plantes bulbeuses précédentes, I inflorescence est en grappes; elle peut être en ombelle dans les représentants du genre Ail, qui a une si grande importance pour la culture potagère. L'Oignon (Allium Cepa), qui y est rangé, a sa feuille creuse, sa tige renflée au-dessus du milieu, tandis que dans la Ciboule, ou Ail fistuleux, c'est au milieu qu est le renflement ; Y Échalote ou Ail d'Ascalon a une tige non renflée, ainsi que la Civette ou Ciboulette (A. Schœnoprasum), \' Ail comestible ou Ail proprement dit, dont la feuille n'est pas creusée, mais a des petits bulbes à l'ombelle au lieu de fleurs, ce qui n'arrive pas dans le Poireau. Malgré la forte odeur alliacée qui se dégage des inflorescences de ce genre, plusieurs espèces sont cultivées, comme l'Ail de Naples, à fleurs blanches; l'Ail doré, ou Moly, à fleurs jaunes ; l'Ail azuré, à fleurs bleues.
Cl. Oflice colonial.
Fig. 181. — Liseblanc.
a, bulbe.
Liliacées à rhizome. — Dans les Agapanthes, parfois cultivées, comme l'Agapanthe à ombelle du Cap, 1 inflorescence est en grandes
Fleurs de Lis Martagon
Tritome et fleur.
. P. Paideau.
Endymion penché de nos bois.
Ornithogale en ombelle.
ombelles de fleurs bleues, mais le bulbe n'existe plus et c'est un rhizome qu'on observe dans le sol.
Le groupe dont Y Asphodèle est le type voit définitivement le bulbe disparaître et le rhizome dominer presque complètement, mais l'inflorescence est en grappe ou en épi. C'est à côté de ces plantes que se placent les Ërémures, dont les grappes gigantesques font la gloire des expositions horticoles ; ce sont des plantes admirables du Turkestan et parmi les plus belles, à fleurs à peine teintées de rose : on peut citer V Érémure robuste, dont la hampe a jusqu'à 2 mètres et plus de haut.
Une plante de culture facile dans les jardins, et qui donne de belles fleurs rappelant celles des Lis safranés, est YHémérocalle qui se distingue des plantes précédentes, qui ont les sépales et pétales libres, par ses sépales et pétales soudés. L.'Hémérocalle fauve et VHémérocalle jaune ou Lis jaune sont les plus communes. Les Funkia se rencontrent aussi fréquemment ; elles se distinguent par leurs feuilles élargies, à nervures arquées, leur hampe simple portant une grappe de fleurs pendantes ; plusieurs espèces sont cultivées : la Funkia ovale à fleurs bleues, la Funkia subcordée à grandes fleurs blanches. Nous ne pouvons omettre ici une plante utile très intéressante, le Lin de la Nouvelle-Zélande ou Phormium tenace, dont les feuilles, toutes à la base, distiques, en forme de sabre, sont très grandes et très belles; ces plantes fournissent des fibres textiles. Si le périanthe de la fleur est complètement soudé en un long tube courbé vers le bas, si l'inflorescence devient un épi dense de grandes fleurs passant du corail à l'orangé, avec des feuilles nombreuses étroites à la base, nous aurons le Kniphofia, parfois appelé Tritoma (fig. 182). Ces plantes du Cap font un très bel effet isolées sur les pelouses.
u. bigud Yucca filifére (Mexique).
cl. P. Folfaau Sceau de Salomon fleuri.
Liliacées à Aloès ««"wfrin en fleurs.
tige ligneuse
ou Dracénées. — Les Aloès, qui sont voisins des plantes précédentes par leurs fleurs en tubes pendants et leurs étamines insérées sous l'ovaire, ont un port très différent : leurs feuilles charnues, épaisses, pointues, sont en rosette. C'est un genre africain qui est important par le suc résineux que contiennent surtout \ Aloès vrai et Y Aloès de Perry. Les Vucca, à capsule ou à baies, sont de superbes Liliacées qui figurent fréquemment dans les parcs pour leurs belles grappes de fleurs globuleuses, blanches, à sépales séparés; leurs feuilles raides, en rosette, surmontent en général une tige courte; ces feuilles ne sont pas charnues, comme dans les Aloès, mais elles sont susceptibles de résister cependant à la sécheresse, et c'est dans les contrées un peu désertiques du Mexique et du sud des États-Unis qu'on les rencontre.
Parmi les arbres les plus célèbres de la famille sont les Dragonniersou Dracœna, qui ont un fruit bacciforme, comme les Yucca types, mais des sépales soudés. Leur nom vient de ce que leur suc rouge desséché fournit une poudre analogue au sang-dragon.
Asparaginacées, Colchicacées. — Dans les Asparaginacées, le fruit est une baie au lieu d'être une capsule, mais la tige reste basse ou souterraine. Ce groupe renferme Y Asperge officinale à fleurs unisexuées et hermaphrodites, dont les pousses, décolorées par la vie sous la terre, constituent un aliment très apprécié. 1 1 y a des espèces exotiques, comme Y Asperge plumeuse ou celle de Sprenger, qui, à cause de la légèreté de leur appareil végétatif, sont utilisées pour orner les tables et les suspensions. Dans le même groupe se placent les Sceaux de Salomon ou Polygonatum, dont le rhizome à étranglements porte des cicatrices correspondant aux tiges aériennes successives (p. 24); le Muguet ou Convallaire de mai, à deux feuilles et à fleurs en grelot. Le Petit Houx ou Ruscus est un petit arbuste à cladodes piquants, c'est-à-dire à organes complexes, à la fois tige et feuille. Les Aspidistra, à feuillage résistant, servent à orner les appartements ; leurs fleurs, en urne, sont au ras du sol.
Les Smilacées forment un groupe très voisin, toujours à baies, mais à port grimpant par des vrilles-stipules.
Un groupe un peu aberrant est celui des Colchicacées, défini soit par le fruit, qui est une capsule septicide, soit par l'orientation extrorse des étamines, ces deux caractères étant réunis ou séparés. On doit mentionner la Colchique d'automne, dont les grandes fleurs violettes sortent solitaires du sol ; ce n'est qu'au printemps, longtemps après la disparition des fleurs, que le feuillage sort de terre. Les Sansevièries, à ovaire demi-infère, sontdesplantes textiles. Les Pontédériacées comprennent de jolies plantes aquatiques, les Eichhornies. Les Alismacées sont aussi des plantes d'eau très répandues, comme la Sagittaire ou Fléchière. Les Flûteaux ou Alisma sont voisins, ainsi que les Butomes à ombelle dont les fleurs sont roses. Quant aux Commelynacées, elles renferment des types, tels que les Ephémérinesou Tradescanties; ce sont des herbes vivaces à fleurs en fausse ombelle.
BROMELIACEES, LILIACEES, IRIDEES, ETC.
Broméliacées : 1. Billbergia. — 2. Tillandsia. — 3. Vriesia. — Scitaminées : 4. Strélitzia. — S. Maranta. — 6. Canna. — Iridées : 7. Glaïeul. — 8. Iris germanique. 9. Iris de Kaempfer. — 10. Crocus. — 11. Freesia. — 12. Ixia. — 13. Tigridia. — Amary aidées : 14. Amaryllis ( Hippeastrum) hybride . - 15. Narcisse des poètes. 16. Narcisse faux Narcisse. — 17. Clivia. — Liliacées : 18. Tulipe des fleuristes. — 19. Tulipe perroquet. — 20. Funkia. — 21. Scille de Sibérie. — 22. Fritillaire. 23. Lis soufré (L. salphureum) . — 24. Lis tigré (L. tigrinum).— 25. Lis brillant (L. speciosum). ~ 26. ASapanthe. — 27. Muscari. — 28. Jacinthe. — 29. Tritome.
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Jardin japonais avec Iris en fleurs aux environs de Tokio.
LES IRIDINEES
Les Iridinées sont des Monocotylédones à ovaire infère, comprenant les familles suivantes :
. i 6 étamines i Hermaphrodites. . Amaryllidacées.
: Albumen ' :.„„„ ; i i ■ - rv i -
V i intorses. ' Unisexuees . . . . Uioscoreacees.
ri 1 charnu, t
r leurs j ' 3 étamines extrorses Iridacées.
régulières. y Albumen amylacé Broméliacées.
' Graine sans albumen Hydrocharidées.
Fleurs \ Graine à albumen amylacé Scitaminacées.
zygomorphes . ( Graine sans albumen Orchidées.
Amaryllidacées. — Cette famille présente de grandes homologies avec celle des Liliacées, dont elle diffère surtout par l'ovaire infère. Il y a un parallélisme complet entre les deux groupes, se manifestant aussi bien dans l'appareil végétatif que dans l'organisation florale; on y trouve des types à bulbes, à rhizome, à tiges ligneuses, ainsi que des plantes charnues rappelant, par leur port, tout à fait les Aloès, enfin quelques espèces grimpantes. Quant à la constitution florale, il y a un périanthe pétaloïde de deux verticilles de trois pièces, six étamines, un pistil à trois carpelles et un ovaire à trois loges à placentation axile; quant au fruit, il est presque toujours une capsule loculicide, rarement une baie charnue.
Les Amaryllidacées à bulbes peuvent nous servir à établir les ressemblances les plus accusées avec les Liliacées; la corolle cependant peut être pourvue de ce que l'on appelle une coronule; c'est ce qui arrive pour les Narcisses : cette coronule est une sorte de deuxième corolle qui double intérieurement la première, et qui est formée par un ensemble d'appendices des pétales, qui se soudent ensemble en un tube ; ce tube est très court, en coupe, dans le Narcisse Jonquille, à fleurs jaunes ; il est au .contraire très développé dans le Narcisse Faux-Narcisse ou Coucou ; parmi les fleurs blanches, le Narcisse des poètes, à 1-2 fleurs; le Narcisse Tazette, à 4-8 fleurs. Les Hippéastres, qui sont à tube court, présentent à la gorge une collerette d'écaillés plus ou moins distinctes, correspondant à la coronule, et sur laquelle s'insèrent en dedans les étamines. La coronule est un tube faisant corps avec l'androcée chez les Hymenocallis (fig. 183), dont les grandes fleurs blanches sont en ombelle.
Les Crinum sont cultivés aussi pour la beauté de leurs fleurs odorantes.
La coronule fait au contraire défaut dans un certain nombre d'autres Amaryllidacées à bulbes. Dans les Hœmanthus, par exemple, les fleurs sont groupées en une grosse ombelle en forme de boule, où l'on aperçoit de nombreuses fleurs d'aspect filamenteux, d'abord à cause des six filets des étamines saillants, rapprochés et
rouges, et ensuite à cause des six pièces du périanthe, très étroites et longues, surmontant un tube étroit et grêle. Les Clicia, connus souvent sous le nom à' lmanihophylles, très voisins des précédents, sont maintenant des plantes presque populaires; leurs fleurs, au nombre de douze à vingt, sont encore en ombelle, mais leur périanthe est large, tubuleux à la base, puis s'élargissant en entonnoir à segments distincts; la tige aérienne est aplatie; elle surmonte un bulbe imparfait passant au rhizome.
Les Galanlhes {Perce-neige) sont rustiques et justifient leur nom par leur floraison précoce; ils ont un tube du périanthe très court, des sépales et pétales dissemblables.
Les Agaves sont des plantes américaines des pays très secs, comme le Mexique, où elles ont joué de tout temps et où elles jouent encore à l'heure actuelle un rôle capital. Elles présentent à la base une rosette de très grosses feuilles charnues, en forme de triangles très pointus, dentées au bord ; au milieu de cette rosette s'élève au bout d'un temps, variable de cinq à cent ans, une hampe florale qui peut atteindre 10 à 12 mètres dans certaines grandes espèces (A. américain, de Salrnan). Les Agaves fournissent le mezcal ou alcool d'Agave, dont on fait des eaux-de-vie supérieures (surtout avec VA. de Salman). Il y a une autre espèce importante, c'est celle qui fournit le Chanvre de Sisal (A. rigide, variété de Sisal), source de richesse du Yucatan. Signalons aussi le crin de Tampico, donné par différentes espèces (A. hétéracanthe, etc.).
Floraison des Narcisses aux Avants (Vaud).
Narcisse Faux-Narcisse (Forêt de Sénart).
Perce-Neige dans le parc de Trianon.
Parmi les Amaryllidacées à rhizome, citons surtout la Polianthe tubéreuse ou Jasmin des Indes, plante du Mexique, à longue grappe sur un axe simple, à fleurs par deux à l'aisselle des bractées.
La petite famille des Dioscoréacées, très voisine, comprend des plantes volubiles, comme le Tûmier de nos bois, les Dioscorea ou Ignames des régions chaudes. Le premier entre-nœud de la tige des Ignames se renfle en un tubercule pesant parfois 20 kilogrammes. Riches en fécule et en matière mucilagineuse, mais de saveur assez fade, ces tubercules font l'objet de cultures alimentaires en Chine et dans les régions tropicales.
Iridacées. — La famille des Iridacées est très voisine des Amaryllidacées ; elle est caractérisée par un ovaire infère et trois étaminesextrorses. Nous prendrons comme type pour notre étude l'Iris germanique, ou Iris Armes de France, que l'on rencontre dans tous les jardins. L'appareil végétatif se compose d'abord d un gros rhizome horizontal présentant une série d étranglements plus ou moins accusés, les racines à la face inférieure; il se termine à son extrémité la plus jeune par un bourgeon redressé, recouvert de grandes feuilles vertes; ces feuilles sont sur deux rangs, distiques, et même équitantes, c'est-à-dire s'emboîtant les unes dans les autres, se recouvrant par leurs gaines ; elles sont en forme de sabre, aplaties sur le dos. La tige florale a quatre à cinq fleurs bleu ou lilas foncé (fig. 1 84) ; les trois sépales bleu violet brillant sont réfléchis en dehors, à onglet veiné de brun, à barbes d'un jaune vif en dessus; les trois styles élargis ressemblent aux trois pétales, mais sont plus petits ; le fruit est une capsule loculicide, les graines sont anguleuses. En dehors de l'Iris germanique, nous nous bornons à signaler Y Iris de Kœmpjer, qui est d'origine japonaise; c est une espèce presque aquatique. Un troisième groupe d'Iris est formé par les bulbeux ou Xiphion, dont les sépales ont un onglet très long et divergent en coin, et un limbe divisé en apparence en trois parties, par suite de l'accolement des styles échancrés, dans 17ns réticulé, dé l'Asie Mineure et du Caucase.
Le style élargi en lame dans le genre Iris porte les stigmates sur sa face inférieure, à une distance notable de la pointe; il n'en est pas ainsi dans les Tigridia, pour lesquels le stigmate est à la pointe. La fleur de tigre ou Tigridia œil de paon (fig. 185), du Mexique, a des sépales largement ovales,
Fig. 183. — Hymenocallis.
Bourgeon -floral d'un Agave, près de Toulon.
étalés, non soudés à la base, maculés de pourpre ; les pétales sont jaunes, tachetés de pourpre; les filets des étamines sont soudés en un tube au travers duquel passe le style.
Dans le genre Ixia, la spathe ne comprend plus qu'une fleur, l'épi est simple ou rameux, le périanthe étalé sans tube ; la couleur des fleurs dans Y Ixia maculé est un mélange de jaune, de pourpre et de blanc. Dans les Glaïeuls, les fleurs sont nettement irrégulières, à périanthe courbé. Ce sont des plantes à bulbes aplatis, solides, entourés de plusieurs tuniques fibreuses. Le périanthe est plus grêle, droit, bien que zygomorphe dans les Tritonia ou Montbretia, qui sont fréquemment employés dans l'ornementation des jardins. Ce sont des plantes bulbeuses susceptibles de prospérer magnifiquement en plein air pendant la belle saison.
Dans un dernier genre, celui des Freesia, qui n'ont
toujours qu'une seule fleur par spathe, les branches du
style sont deux fois divisées. Dans le Freesia réfracté,
les grappes sont simples, à un petit nombre de fleurs
d'un côté ; le pédoncule floral présente la curieuse
propriété de se courber brusquement à angle droit à
1 endroit de l'insertion des premières fleurs. C'est une
plante du Cap qu'on cultive en serre
froide, qui est précieuse par sa floraison
précoce et utilisée surtout pour la fleur
coupée.
Les Crocus ou Safrans forment le type d une dernière tribu caractérisée par l'absence de tige, par une fleur unique le plus ordinairement ou plusieurs, axillaires autour de la fleur terminale. Ce sont de très jolies plantes à bulbes solides, charnus; les feuilles sont étroites, linéaires, paraissant en même temps que les fleurs ; le périanthe est en entonnoir et sort de terre ; il est à tube très long et grêle, à six divisions dressées d'abord, puis étalées; les trois étamines sont insérées à la gorge du périanthe, souvent incluses, à filets courts ; le style est à trois branches, vivement colorées, et ce sont elles qui constituent la matière colorante que l'on en extrait et qui est connue sous le nom de safran. Il faut 140 000 styles pour avoir 1 kilogramme de safran, d'une valeur de 70 francs. Les bulbes s'importent de Hollande à l'automne en grande quantité; on les plante à 3 centimètres de profondeur. Ils fleurissent dès le mois de mars. Il y a aussi des espèces automnales, notamment le Crocus comestible, dont les fleurs sont violettes, la gorge barbue, les feuilles ciliées ; le Crocus cancellatus est aussi mangé en Syrie.
Agaves en fleurs (Côte d'Azur).
Floraison de Crocus dans un parc de Londres.
Broméliacées. — Les Broméliacées sont des herbes, en général épiphytes, de 1 Amérique tropicale et subtropicale, qui jouent un rôle assez important dans les cultures de serre. Leur tige reste, en général, courte et épaisse; elle ne s'allonge qu'au moment de la production de l'inflorescence; les feuilles sont rassemblées en rosettes à la base de la tige ; elles sont charnues, en gouttière, et l'eau de pluie est susceptible de s'y accumuler comme en de véritables réservoirs. Certaines esoèces sont destinées à vivre sur la couronne des arbres, comme les Tillandsies usnéoides, dont l'appareil végétatif se réduit à des feuilles qui jouent, pour ainsi dire, tous les rôles d'ordinaire dévolus aux racines et aux tiges.
Toutes les Broméliacées ne sont pas épiphytes : il y a un certain nombre de types terrestres comme les Ananas, les Pitcairniées, certains Karatas. Dans les Karatas, les feuilles du centre de la rosette se colorent souvent d'une manière vive et font ainsi passage aux bractées florales, pièces qui jouent dans cette famille un rôle important par leur taille et la beauté de leur coloris.
Les fleurs sont en général construites sur le type trois, c'està-dire à trois sépales en général courts ; la corolle est formée de trois pétales soudés ou libres, six étamines et trois carpelles soudés en un ovaire infère (ou semi-infère dans les Pitcairniées), à trois loges, à placentation axile. Le fruit est une baie parfois comestible, souvent colorée d'une manière vive ; ailleurs le fruit est une capsule septicide, comme dans la Dyckie, ou loculicide, comme dans les Puya. Dans les Ananas, toutes les baies se soudent à l'axe et aux bractées, et c'est l'ensemble qui constitue un fruit délicieux surmonté d'un toupet de feuilles stériles.
La variation du fruit permet de distinguer deux groupes dans les Broméliacées : celles à baies et celles à capsules, subdivisées en trois tribus : Broméliées, Pitcairniées et Tillandsiées.
Les Broméliées comprennent les Karatas et les Nidulaires dont les feuilles en rosette rappellent un nid, et dont les pétales sont soudés en tube. Les pétales sont au contraire libres dans tous les autres genres de Broméliées, notamment dans les Cryptanihes, qui ont, en outre, le calice gamosépale. C'est en core un genre curieux formé d'une rosette de feuilles s'étalant dures, souvent épineuses, ondulées, écailleuses, rayées et ornées de panachures diverses qui leur donnent un aspectassez particulier.
Dans les Ananas, le calice est dialysépale, ce qui différencie tout de suite ce genre du précédent.
Il a d'ailleurs des caractères très spéciaux qui ne permettent pas de le confondre avec aucune autre Broméliacée. Ces plantes vivaces débutent par une rosette de feuilles étroites, coriaces, en sabre, épineuses le plus souvent, parfois panachées; la hampe florale apparaît au milieu et porte un épi serré
pétale
stigmate / pétalotde
-eepale
et les fruits mentionnés plus haut. La plante produit à sa base des drageons ou œilletons quand la fructification est prochaine; une fois le fruit coupé, les oeilletons se développent et on les laisse sur le pied mère jusqu'à ce qu'ils aient de bonnes dimensions, puis on les détache alors et on les empote. On peut également multiplier la plante en enterrant la couronne qui surmonte le fruit. L'Ananas est une plante, originaire de l'Amérique du Sud, dont la culture s'est répandue partout dans les tropiques ; c'est une espèce exclusivement tropicale.
Dans les Billbergia et les flichmea, qui ont le calice dialysépale comme dans les Ananas, l'inflorescence est lâche, en panicule, ou se condense en épi, mais sans jamais présenter la coalescence des fruits caractéristique du genre précédent.
La seconde tribu des Broméliacées est celle des Pitcairniées, dont le fruit est capsulaire et dont l'ovaire est seulement à moitié infère. Elle est surtout caractérisée parle grand genre Piicairnia, qui renferme de très nombreuses espèces, les unes à fleurs en tête capituliformes, dites Cephalopitcairnia ; les autres à grappes de fleurs ordinairement rouges, à graines avec des appendices à chaque extrémité. On en distingue des types nombreux, d'après les feuilles.
Enfin, dans les Tillandsiées, l'ovaire est entièrement supère, les feuilles sont entières. C'est là un groupe important qui renferme plusieurs genres dans les cultures, parmi lesquels on doit citer les Caraguata et Guzmannia, à corolle en tube, les premiers à inflorescence en tête ou pyramidale, les secondes à épis simples. Mais ce sont surtout les deux genres Vriesea et Tillandsia qui jouent un rôle important dans les serres par la multiplicité des types qu'on y
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Fig. 184. — Coupe longitudinale de la fleur d'Iris.
Fig. 185.
Tigridie en floraison.
Nidulaire remarquable.
Une plantation d'Ananas aux iles Hawaï
rencontre. Dans les deux cas, le calice et la corolle sont formés de pièces libres ; il y a deux écailles à la base de la corolle des Vriesea ; elles manquent dans les Tillandsia. Parmi les plus beaux Tillandsia, on peut citer notamment le Tillandsia de Linden qui est une plante merveilleuse par l'opposition des fleurs bleues, grandes, qui apparaissent au milieu des bractées roses. Les Sc/i/umbergeria, de l'Amérique du Sud, sont aussi de superbes plantes.
Hydrocharidées. — Les Hydrocharidées forment une petite famille de plantes aquatiques, qui sont, dans l'ordre des Iridinées, ce que sont les Alismacées dans celui des Lillinées, les Naïadacées dans celui des Graminidées. Les fleurs, régulières et du type trois, sont enveloppées par une spathe ; l'ovaire est à une loge ; le fruit est une baie. Cette famille renferme quelques plantes marines (Thalassia), mais la plupart sont d'eau douce, comme la fameuse Vallisneria spiralée (p. 71), la Morène ou Hydrocharis des grenouilles (H. Morsus rarus), aux petites fleurs blanches, abondantes en été dans les fossés; le Stratiotès faux Aloès, dont les feuilles sont raides et à dents aiguës (Voir PLANCHE EN COULEURS). UElodea du Canada est arrivée, dit-on, d'Amérique en Irlande en 1836, attachée sans doute à la coque d'un navire. En 1846, elle est en Ecosse; en 1860, en Belgique; en 1867, elle remonte les eaux courantes de toute la France; en 1879, elle atteint Cracovie, ayant ainsi conquis toute l'Europe. C'est une plante submergée, à feuilles très finement denticulées et à fleurs d'un blanc rosé.
iEchmées sur un tronc de fougère.
Tillandsia sur les
Scitaminacées. — Musées. Prenons comme type des Scitaminacées le Bananier ou Musa. Nous connaissons ces plantes par le Bananier Ensete, que l'on voit figurer souvent dans les jardins; la tige, qui est surtout formée par la juxtaposition des gaines des feuilles, atteint I mètre de haut, mais dans les contrées tropicales cette plante peut avoir une hauteur de 6 à 7 mètres et la grosseur d'un homme; à la partie supérieure de la tige, il existe un certain nombre de grandes feuilles pouvant atteindre, dans les conditions les plus favorables, 4 à 6 mètres de long et 1 mètre de large ; malheureusement, sous l'influence du vent, le limbe se déchire perpendiculairement à la grosse nervure et la feuille, primitivement simple, se fend en un certain nombre de lobes ; on doit donc l'employer, dans les jardins paysagers, dans les positions abritées du vent. L'espèce la plus importante est le Bananier des sages ou du paradis. L'inflorescence est un gros régime arqué, s'infléchissant vers le bas; il est couvert de bractées disposées en spirale et portant à leur aisselle plusieurs fleurs hermaphrodites régulières. Chacune de ces fleurs présente un périanthe composé de cinq pièces soudées entre elles, soit trois sépales et deux pétales, réunis en un tube qui est fendu à sa partie supérieure; à l'opposite de ce tube se trouve le troisième pétale, qui est libre. L'androcée se compose de cinq étamines seulement, la sixième étant absïnte ou réduite à un staminode ; l'ovaire, qui est infère, est à trois loges, à placentation axile. A la maturité, le fruit est une grande baie oblongue, de section triangulaire, remplie d'une pulpe charnue où sont rangées, dans les plantes sauvages, les graines noires globuleuses. Normalement la plante cultivée est dépourvue de graines ; elle ne peut donc pas être reproduite par des semis et c'est par les rejets qui se forment à la base du tronc que la plante se multiplie. Les fruits du Bananier des sages sont consommés crus : ce sont les bananes ; ceux de la variété paradisea sont, au contraire, consommés cuits. L'importance de ces plantes est considérable pour l'alimentation des populations tropicales. La quantité d'aliment que peut produire une plante est énorme, un régime pouvant peser de 1 5 à 60 kilogrammes. Boussingault assure avoir vu un hectare de Bananiers rapporter 150 000 kilogrammes de fruits; en général cependant la récolte ne dépasse pas 50 000 à 70 000 kilogrammes. Mangé cuit, le fruit du Musa paradisea est féculent ; on peut en obtenir une farine qui est connue sous le nom de conquintay, aliment pour les enfants et les malades. Dans les Antilles, la culture du Bananier se fait surtout pour les fruits et cette entreprise agricole a pris un énorme développement. Citons enfin le Musa textile, qui donne le chanvre de Manille.
Les Musa constituent dans la famille des Scitaminacées le type le plus perfectionné, caractérisé par l'existence de cinq étamines fertiles et par l'albumen amylacé de la graine. Dans le voisinage, on signale le Ravenala et l'Heliconia. Le Ravenala de Madagascar constitue ce que l'on appelle vulgairement l'Arbre du voyageur, parce qu'il offrirait, par l'eau qui s'accumule à la base de ses feuilles, une ressource aux gens altérés; mais il pousse généralement dans les endroits humides, ce qui diminue son utilité. Ses feuilles servent à faire des cuillers, des coupes, des nattes, etc.; elles sont distiques sur deux rangées, ce qui contribue à donner à cette plante un aspect très spécial. Cette disposition distique se retrouve dans les Strelitzia, qui sont cultivés dans les serres. Les Heliconia n'ont qu'une graine dans le fruit; les feuilles ont un long pétiole, branches d'un Chêne. Zingibérées. Les Scitaminacées ont
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Tillandsia de Bentham.
Tillandsia de Linden avec fleurs.
Régime de bananes sur la plante.
été divisées en trois tribus : celle des Musées, dont nous venons de parler, puis celles des Zingibérées et des Marantées. Les Zingibérées, qui ont une seule étamine à leur fleur, renferment le Gingembre officinal, produit pharmaceutique et alimentaire bien connu. On distingue le gingembre blanc et le gris; le premier est le rhizome dépouillé de son écorce. Le Gingembre Mioga, originaire du Japon, est très utilisé dans ce pays : on y mange les jeunes tiges et les jeunes inflorescences ; les fibres servent à faire des cordes. Les Cardamomes (Eletiarie Cardamomes) sont voisines; les graines sont utilisées comme poivre ou girofle. Dans YAmome Melegueta, les graines ont le même emploi; le connectif est aussi sans prolongement, mais il est élargi, ce qui n'est pas le cas dans les Cardamomes.
Une autre Zingibérée intéressante est le Curcuma long, dont le rhizome arrondi, ovoïde, avec de nombreuses racines, est plus épais et plus court que celui du Gingembre; ce rhizome est riche en amidon; il fournit l'arrow-root de l'Inde orientale, le tichir ou tikhur; on l'ajoute au chocolat et au cacao comme condiment. Il donne également une matière colorante jaune qui sert à colorer le papier, le bois, le cuir, le tussah.
Chez les Kœmpferia, le connectif de l'étamine est à prolongement vers le haut, tandis que dans les Curcuma il se prolonge vers le bas. On cultive le Kœmpferia Galanga, que l'on emploie comme médicament et comme parfum.
Les Marantées ou Cannées constituent le troisième groupe de Scitaminacées, caractérisé par l'existence seulement d'une moitié d'étamine, le reste de l'organe étant pétalisé. La fleur du Canna ou Balisier est à trois sépales, trois pétales soudés en tube à la
base à six pièces internes pétaloïdes, trois staminodes externes correspondant à trois étamines transformées; un labelle, grande lame correspondant au verticille interne, puis l'étamine à moitié pétalisée ; enfin le stigmate lui-même se transforme en une lame colorée. Les plantes de ce genre ont été l'objet d'une culture très intense de la part des horticulteurs. Citons notamment le Canna d'Anne, hybride du C. de l'Inde et du C. du Népaul. En dehors des espèces ornementales, il y en a d'alimentaires : le Canna comestible ou capacho ioloment (tous les mois, à cause de sa fécondité) est un aliment féculent; un rhizome peut peser jusqu'à 22 kilogrammes; le C. cocciné, le C. de l'Inde, sont utilisés en Afrique.
Il y a dans le groupe des Cannées une autre plante alimentaire plus importante encore. C'est celle qui fournit Varrow-rooi du commerce, Vamylum Maraniœ, \esalep des Indes occidentales; c'est le Maranta arondinacé, espèce cultivée dans les régions tropicales pour son rhizome qui contient de la fécule blanche, de digestion facile, employée par les personnes délicates et dans les maladies des enfants notamment. Les rhizomes sont comprimés, charnus; la tige aérienne a 2 à 3 mètres de haut, lesfeuilles inférieures sont réduites à des gaines, les supérieures sont à long pétiole, à limbe ovale arrondi à la base, aigu au sommet ; les fleurs sont blanches, en cyme terminale lâche, bipare; le fruit est à une seule loge; il n'y a pas cinq staminodes comme dans le Canna, mais deux staminodes latéraux. On cultive dans les serres un certain nombre d'espèces de ce genre, qui sont ornementales par leurs feuilles tachetées. On peut citer encore les Phrynium et les Calathea, et, parmi les espèces de serre chaude, les Thalia dealbata, qui sont de belles plantes aquatiques.
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Ravenala et sa fleur.
Strelitzia de la Reine,
Balisier ou Canne d'Inde,
Colonie d'Orchis pourpres, en forêt de Carnelle.
Fabrication des boites pour l'exportation des Orchidées, à Madagascar.
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Fig. 186. — Fleur d'Orchidée.
A, Diagramme d'une fleur; B, Ensemble d'une fleur; C, Mode d'ouverture du fruit.
Néottie.
A, Fleur : a, Gynostème ; 6, Labelle ;
c, Sépale; d, Pétales latéraux; e, Ovaire ; /, Bractée ; B, g, Anthère.
LES ORCHIDEES
Organisation. — Parmi les merveilles du règne végétal, les Orchidées tiennent le premier rang ; la grandeur de leurs rieurs, leurs brillants coloris, leurs parfums enivrants, séduisent tous ceux qui les examinent; leur aspect étrange frappe tout d'abord, car ce sont des plantes de petite taille, malgré la grande dimension des organes floraux; leurs tiges, souvent bulbeuses, leurs feuilles épaisses et rigides, leurs racines aériennes argentées éveillent tout de suite notre attention et nous apprennent que nous n'avons pas affaire à des plantes ordinaires. Nous ne nous doutons pas de ces singularités quand nous étudions les Orchidées indigènes, beaucoup moins brillantes, que nous rencontrons d'ordinaire dans les prés humides et dans les bois sombres.
En déterrant un Orchis indigène, nous trouvons deux tubercules à sa base, souvent ovoïdes, parfois palmés; l'un d'eux est jeune, gonflé de matière nutritive; l'autre est ridé, brunâtre, en voie de résorption ; ce dernier, en effet, a servi à nourrir la pousse florale qui s'épanouit au moment où nous récoltons la plante en fleurs. Les palmures qui existent parfois dans les tubercules indiquent exactement son origine : c'est un faisceau de racines ou un cas de fasciation dans les organes radiculaires, mais il semble que cette anomalie des organes souterrains soit en relation avec la présence d'un Champignon dans les racines, bien que cependant les filaments de l'endophyte n'existent pas dans les tubercules. Lorsqu'à l'automne un seul tubercule subsiste à la suite de la décomposition du plus ancien et que des racines ordinaires simples, non fasciées, sortent pour nourrir la plante, elles sont rapidement envahies dans leur écorce par un endophyte qui existe dans le sol. La présence de cet être étranger a des conséquences sur l'évolution du jeune bourgeon prêt à se développer; il est probable que le Champignon produit des toxines qui agissent à distance, car elles amènent la tuméfaction des bourgeons et la formation de cette tumeur qu'est le tubercule, constitué de racines fasciées (p. 59).
Ces quelques mots suffisent pour montrer que l'Orchis est une plante assez singulière; nous aurons une confirmation de cette opinion en examinant la fleur. La hampe florale est portée à l'extrémité de la tige feuillée, dont les feuilles élargies, dépourvues de pétiole, sont souvent maculées.
La fleur (fig. 186) naît à l'aisselle d'une bractée plus ou moins développée; elle a un ovaire infère, surmonté d'un périanthe formé de six pièces : trois sépales et trois pétales. Le sépale médian et les deux pétales latéraux sont rapprochés à la partie supérieure, de
Gynostème d'un Orchis.
A, Fleur d'Orchis mâle coupée en long (sépales et pétales latéraux coupés) ; B, Face antérieure d'une fleur d'Orchis pyramidal ; C, Sa pollinaire ; D, La même, avec une seule pollinie ; E, Pollinie fixée sur un stylet par contraction du disque. — a, Anthère ; b, Rostellum ; c, Ovaire tordu ; d. Bractée ; e, Éperon ; /, Disque
adhésif déjà contracté ; g, Caudicule ; p, Pollinie ; s, Stigmate.
laçon à constituer un casque qui s'oppose à la partie inférieure , composée de deux sépales latéraux et d'un pétale médian ; ce dernier prend un grand développement et porte le nom de labelle. C'est ce labelle qui, par son amplitude, par la variété de ses formes, par la richesse de ses teintes, contribue à rendre les Orchidées si remarquables. Dans \' Orchis, il est découpé d'ordinaire en avant et pi-ésente en dessous un éperon où s'accumule du nectar, que viennent chercher les insectes, qui en sont friands (fig. 188). La partie mâle de la fleur se compose d une seule étamine qui est sous le casque et qui se fend longitudinalement pour mettre en liberté deux masses polliniques
liées, par une sorte d'appendice | appelé caudicule, à une masse gélatineuse renfermée dans une petite bourse placée en avant.
C'est cette pelote gélatineuse qui s attache au corps de l'insecte et qui sert à la fécondation croisée (p. 61). Cette étamine est soudée au style, de façon à faire un organe hermaphrodite que 1 on appelle un gynostème. L'ovaire est à une seule loge et pourvu de trois placentas pariétaux ; il porte un très grand nombre d'ovules, tellement petits qu'on les a comparés à de la sciure de bois; les graines qui se développent après la fécondation, au bout d'un temps assez prolongé, de plusieurs semaines dans les Orchidées indigènes, mais de plusieurs moispour les Orchidées exotiques cultivées dans nos serres, ne sont d'ailleurs guère plus grosses que les ovules eux-mêmes; elles ren- Néottie nid d'oiseau (fleur). ferment un embryon extrêmement
mi-a
petit, indifférencié, c'est-à-dire ne présentant ni radicule, ni tigelle, ni cotylédons ; il est orné simplement de cellules semblables, toujours dépourvues de Champignons. Le fruit est une capsule qui s'ouvre par six fentes :
trois valves restant réunies aux deux extrémités, les trois autres devenant libres à leur partie supérieure (fig. 186, C).
Nous avons insisté sur la présence du Champignon dans les racines et son absence dans la graine; c'est que la présence de cet endophyte, qui est d'ailleurs localisé dans les organes souterrains, joue un rôle capital dans la vie de 1 Orchidée, et la germination de la graine ne peut avoir lieu sans que son invasion se produise.
A côté de l'Orchis que nous venons de décrire, il existe parmi les Orchidées indigènes un type très différent, c'est la Néoltie nid d'oiseau. C'est une plante non colorée en vert.d un blanc ocracé, qui ne donne jamais de feuilles vertes, car ces organes sont réduits à des écailles blanchâtres; elle habite dans les régions sombres des forêts et ses parties souterraines sont formées de racines serrées les unes contre les autres, restant courtes, se ramifiant à leur extrémité en dichotomies répétées, de manière que l'ensemble a l'aspect d'un nid (p. 59).
Pour ces plantes, la vie en symbiose avec le Champignon est encore plus nécessaire, car la nutrition aux dépens de 1 anhydride carbonique de l'air n'a pas lieu. Dans ce groupe, les pollinies sont formées de pollen pulvérulent : c'est ce qui arrive d'ailleurs aussi chez l'Orchis ; la pollinie n'a pas ici de pédicelle et c'est par le sommet de l'anthère qu'elle s'attache aux corps étrangers (fig. 187).
Culture des Orchidées épiphytes. — Dans la plupart des Orchidées des régions tropicales, le pollen reste agrégé en masses cireuses dont tous les grains sont fortement adhérents entre eux. Le mode d'existence est en outre différent ; ce sont presque toujours des plantes épiphytes, vivant sur les arbres et qu'on doit cultiver d'une manière très particulière, en harmonie avec leurs conditions naturelles d'existence. Nos cultures sont approvisionnées de ces plantes par les introductions nouvelles des explorateurs, par les envois des grands établissements horticoles des régions chaudes, Java, Brésil, Madagascar, etc. ; enfin par les plants obtenus de semis en serre. Les Orchidées épiphytes peuvent être suspendues à des morceaux de bois, à des troncs de Fougères en les attachant à l'aide d'un fil de laiton et en insinuant dans les anfractuosités qui existent entre la plante et le support du Sphagnum haché et
Repiquage des jeunes Orchidées exotiques.
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Fig. 189. — Gy nostème de Vanda.
A, Pollinaire vu de profil ; B, vu de face. — a, Masse adhésive ; b, Stylet ; c, Pollinie.
un peu de racines de Polypode fragmenté; les bûches ainsi constituées doivent être suspendues près du verre, de manière à donner à ces plantes le maximum de lumière. On peut encore les installer dans un panier à jour, dans le fond duquel on met de gros morceaux de charbon, audessus une couche de Sphagnum et, enfin, le compost destiné à entourer les racines; ces paniers doivent être encore suspendus à la charpente de la serre où l'on cultive la plante. Enfin, pour les espèces qui ont des exigences moins grandes au point de vue de la vie aérienne, on les place dans des pots dont on remplit à moitié le fond avec des tessons de pots, cassés de manière à assurer le drainage ; on recouvre d'une couche mince de Sphagnum, puis on met les plantes que l'on attache à un support et l'on entoure les racines du compost ordinaire, formé d'un mélange, haché à parties égales, de Sphagnum et de racines de Polypodes; la surface du pot est ensuite recouverte supérieurement par des têtes de Sphagnum, dont la décoloration indique la nécessité de l'arrosage. Les pots ainsi préparés sont placés sur des tablettes ou des étagères à claire-voie, de manière que toujours l'eau qui sort du pot, par le trou inférieur, puisse s'écouler; on met d'ailleurs souvent les récipients sur d autres pots vides et renversés. On voit quelles précautions minutieuses on a été obligé de prendre pour simuler, dans nos serres, la vie épiphyte à laquelle les Orchidées sont habituées dans les régions chaudes. Il y a lieu de distinguer deux groupes parmi ces plantes aériennes: les Vandées et les Êpidendrées. Les premières ont des pollinies cireuses attachées sur un long stylet à une glande gélatineuse qui adhère d'une manière très forte au corps des insectes ; en outre, leur inflorescence est toujours latérale ; dans les secondes, les masses polliniques cireuses sont dépourvues toujours de glandes, fréquemment le caudicule manque; enfin, leur inflorescence est presque toujours développée à l'extrémité de la tige.
Vandées. — Deux aspects très distincts de l'appareil végétatif peuvent s'observer dans les Vandées. La tige reste cylindrique, dressée, simple, avec deux rangées de feuilles insérées à droite et à gauche, et elle s'accroît par son extrémité d une manière continue, portant de côté des pédoncules floraux, nés à 1 aisselle des feuilles : c'est le cas des Sarcanthées ; ailleurs, la tige se renfle en pseudobulbe formé d'un ou plusieurs entre-nœuds et 1 accroissement de la plante se fait par un sympode qui rampe à la surface du substratum nourricier : c'est le cas des Oncidiées, etc.
Le groupe des Sarcanthées (fig. 190) est illustré par une série de genres remarquables de serre chaude, tels que les Angrœcum, à fleurs en général grandes et surtout pourvues d'un très long éperon, qui peut atteindre, dans le fameux Angrœcum d'un pied et
Orchidée épiphyte (Angrœcum)
Vauda tricolore.
Fi£. 190. — Sarcanthe. u.Fleur. Fiji. 191. — Saccolabe. A, Fleur.
Aspasie panachée.
Brassia verruqueuse.
Dendrobe crochu.
demi, de Madagascar, jusqu'à 45 centimètres; les Aérides, à éperon beaucoup plus court et courbé en avant, ont une grappe un peu plus serrée; la grappe devient tout à fait dense dans les Saccolabes (fig. 191), mais les fleurs, par contre, deviennent plus petites et sont dépourvues d'éperon ; il en est de même des Vanda, dont les fleurs sont en général plus grandes, plus espacées, formant une sorte de grappe assez lâche. Les Phalenopsis appartiennent au même groupe et leur corps floral a été comparé à un insecte; c est le labelle qui est surtout de forme compliquée, avec des lobes latéraux, largement dilatés en palettes ovales, relevées sur les côtés ; le lobe terminal est en forme d'ancre, avec deux cornes à sa base, se rétrécissant vers la pointe, qui se termine quelquefois par deux filaments tordus en spirale. Toutes ces plantes se développent dans les régions asiatiques et malaises et dans l'archipel de la Sonde.
Le groupe des Oncidiées est, au contraire, surtout américain. Il est rendu populaire par les Odontoglossum, qui sont des plantes merveilleuses; VOdontoglosse crispée notamment est l'objet d'une grande culture pour la fleur coupée, et l'exploitation des forêts des environs de Pacho, à 30 milles de Bogota (Colombie), où se trouve cette espèce, est faite d'une manière tout à fait intense par les indigènes ou peons, en très grand nombre, qui se livrent à cette chasse fructueuse; cette exploitation abusive ne tardera pas à faire disparaître cette parure de la forêt vierge. Les Odontoglosses ont, au point de vue cultural, cet avantage d'être des espèces le plus souvent montagnardes qui s'accommodent d'une faible quantité
Fig. 192. — Gynostème du Catasetum.
A, Fleur débarrassée du périanthe, sauf le labelle : B, Colonne vue de face : C, Sa coupe longitudinale ; D, E, Pollinaire, faces supérieureet inférieure.— a, Appendices tactiles ; b, Labelle; c, Pollinie; d, Son pédicule; e, Disque adhésif ; f Pointe de l'anthère ; s, Stigmate.
Fig. 193. — Gynostème d'Epidendre (Cattleyà).
A, Coupe de la fleur ; B, Colonne vue de face ; C, Pollinaire; D, Anthère vue en dessous. — o, Pollinie ; ô, Anthère ; c, Rostellum ; d, Caudicule ; e, Sacs ; s. Stigmate.
de chaleur et qui peuvent être placées dans la serre peu chauffée, même dans la serre froide. La forme de leur grand pétale est très caractéristique ; leurs pétales et sépales sont étalés en étoile, mais leur labelle, qui est étalé dans sa partie terminale, présente une coudure à sa base; cette inflexion manque dans les Oncidies et les Miltonies, qui sont, au contraire, étalés dans un plan : les premiers ont un labelle contracté à la base; les seconds, au contraire, ayant ce grand pétale très élargi, échancré au sommet; la base ou disque du labelle est pourvue dans les Oncidies de crêtes, tubercules ou verrues qui manquent d'ordinaire dans les Miltonies. A côté se placent les Cochlioda, à pétales soudés à la colonne du gynostème à la base, et aussi les Brassia, ces derniers caractérisés par leurs sépales et pétales effilés, très étroits et très longs; les Ada, dont la fleur ne s'ouvre pas; les Trichopilia, dont le labelle est en forme de cornet. Dans tous ces types, les feuilles sont charnues, épaisses, solitaires ou par deux ou trois au sommet des pseudobulbes formés d'un seul entre-nœud.
Dans les autres Vandées, les feuilles deviennent plissées; elles sont moins épaisses que dans les genres précédents et parcourues par de nombreuses nervures presque parallèles. C'est là que se placent les Zygopétales à fleur étalée, à labelle élargi en éventail présentant à sa base un coussinet transversal; les Hunileya, superbes plantes de 1 Amérique du Sud ; les Lycastes, dont les trois sépales sont plus grands que les pétales et que le labelle; les Anguloa, dont la fleur globuleuse ne s'ouvre pas et rappelle celle d'une Tulipe. Dans les Cymbidies, le labelle a les lobes latéraux relevés en gouttière, le lobe terminal étant au contraire rabattu par ils ont d'ailleurs des pseudo-bulbes allongés, formés de plusieurs entre-nœuds, tandis que dans tous les genres précédents le pseudo-bulbe est à un entre-nœud; les Eulophies et Lissochiles à labelle pourvu d un éperon, ces derniers ayant les pétales plus grands que les sépales. Citons, enfin, lesMaxil- s
laria à grandes feuilles solitaires, longuement pédonculées.
Un dernier type mérite d'être men tionné dans les Vandées à feuilles plissées : ce sont les Stanhopées, dont le labelle est charnu ; ce sont certainement les plus étranges des Orchidées ; c'est là que se rangent les Stanhopes, dont l'inflorescence pendante est formée de fleurs qui rappellent un
Fig. 194, — Catasète,
ORCHIDEES
I. Disa grandiflora. — 2. Cypripedium Sanderianum. — '3. Cypripedium Madame Engelhardt (C. insignu Maulci « Spiccrianum ■ C. x Lecanam). 4. Cypripedium Rothschildeanum. — 5. Vanda caerulea. — 6. Vanda Sanderiana. — 7. Odontoglossum grande. — 8. OdontoÉlossum crispum. — 9. Zygopetalum crinitum. — 10. Epidendrum vitellinum. — 11. Masdewallia Harriana. — 12. Lycaste Skinneri. — 13. Dendrobium nobile. — 14. Dendrobium Phalœnopsis. lS.Phalcenopsis firandiflora.- 16. Oncidium Papilio. 17. Cattleya citrina. 18.Cattleya Triana:.— 19,Cattleya Dowiana.— 20.La;lia purpurata. — 21. Angrœcum sesquipedale. - 22. Stanhopea Kucephala. — 23. Miltonia Phalœnopsis — 24. Maxillaria Sanderiana. — 25. Orchis purpurea. - 26. Cypripedium calceolus,
27. Cephalanthera pallcns. — 28. Serapias neglecta. — 29. Ophrys aranifera. IM.ANTES — 13
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Récolte de la Vanille, à la Guadeloupe.
Spiranthe d'automne.
Cl. F. Faideau.
Loroglosse à odeur de bouc.
oiseau qui plane; les Caiaselum (fig. 192 et 194), dont le gynostème est pourvu de deux appendices filiformes qui fonctionnent comme des organes tactiles, de sorte qu'au moindre contact d'un corps étranger, d'un insecte, par exemple, qui vient visiter la fleur, le système pollinique est lancé à la façon d'un projectile qui s'attache comme de la glu à l'animal. Les Acineta ou Fleurs du Saint- Esprit sont de ce groupe : elles doivent ce nom à deux appendices du labelle qui ont été comparés aux deux ailes d'une colombe.
Epidendrées. — Dans les Ëpidendrées, les pollinies sont ou bien sessiles, sans caudicule ni glande adhésive, ou bien elles ont un caudicule, mais jamais de glande; l'inflorescence est d'ordinaire terminale. Parmi les plus remarquables représentants de ce groupe, on peut citer les Êpidendres, qui sont les plus anciennement connus, et, du temps de Linné, presque toutes les Orchidées exotiques étaient appelées des Êpidendres, parce qu'elles poussaient sur les arbres; mais les deux genres les plus remarquables du groupe sont surtout les Cattleya (fig. 193) et les Lœlia; il n'y a pas de fleurs plus belles, et il n'y en a pas maintenant de plus connues, à cause de la splendeur du coloris et de leur grande taille. Dans ces deux genres, il y a des pétales particulièrement larges et un labelle en forme de cornet; ils peuvent, à cause de cette similitude d'aspect, être confondus l'un avec l'autre, mais ils se distinguent par la constitution de l'étamine : il n'y a que quatre pollinies dans les Cattleya, il y en a huit dans les Laelia. Ces plantes merveilleuses ont été croisées entre elles et les hybrides obtenus, que l'on appelle des Lœlio-Cattleya, sont d'une grande beauté et se vendent parfois au poids de l'or. Dans les Sophronitis, qui sont très voisins, le cornet du labelle est plus accusé encore; mais tandis que les lobes latéraux étaient précédemment libres, ils deviennent ici connivents et masquent complètement le labelle.
Dans tous les types d' Epidendrées que nous venons de signaler, les inflorescences sont terminales et les feuilles pliées dans le bouton, de manière que les bords ne se recouvrent pas ; il en est encore de même dans les Thunia, qui ont un port élancé et à pseudo-bulbes très allongés; leurs belles fleurs ont le labelle un peu en cornet, pourvu d'un éperon à la base. L'éperon manque chez les Cœlogyne, qui ont, au contraire, des pseudo-bulbes.
L'inflorescence est latérale chez les Phajus, plantes terrestres ressemblant beaucoup aux Thunia, mais ici toutes les feuilles sont à la base et à nervures nombreuses, plissées; le labelle est libre, bien qu'entourant le gynostème.
Dans les Calanthe, il est soudé à lui et l'éperon est assez allongé. Les Chysis sont, au contraire, dépourvus d'éperon, mais pourvus d'un menton, c'est-à-dire de deux sépales latéraux décurrents sur le pied de la colonne. Les Blelia, très voisins, sont dépourvus de menton.
Gynostème d'un Spiranthe.
A, Gynostème ; B, Vue latérale, périanthe enlevé et pointillé ; C, Stigmate et rostellum vus par-devant ; D, Les mêmes, moins le disque visqueux. — a, Stigmate ; 6, Anthère ; c, Rostellum ; d, Disque visqueux.
Fig. 1%. — Cryptophoranthe. Fig. 197.— Orchis tacheté.
Dans les Acanihephippium, qui appartiennent à cette même soustribu des Phajinées, la fleur a la forme d'une urne formée par le rapprochement des sépales ; les sépales latéraux sont soudés en haut, mais laissent vers le bas une fente ou boutonnière par laquelle fait saillie le labelle caché autrement.
/ <èJ § ^ /^%ik L'inflorescence est latérale et le
labelle mobile, articulé, dans les Dendrabiées et les Bulbophyllinées; les premières ont une tige plus ou moins épaisse tout du long, quelquefois à articles successivement renflés en chapelet. Le genre Dendrobium est un genre asiatique et océanien qui renferme des espèces très nombreuses de toute beauté ; les fleurs sont pourvues d'un menton accusé ; le labelle est évasé en entonnoir. Les Bulbophyllinées comprennent des genres singuliers, comme les Megaclinium, à hampes florales aplaties sur le milieu desquelles apparaissent de petites fleurs; les Cirrhopitalum, dont l'inflorescence est une ombelle, et les Bulbophyllum, dont la hampe est cylindrique et les fleurs en épis ou solitaires. Chez quelques-unes de ces espèces, la mobilité du labelle et l'excitabilité de cils tactiles est très remarquable.
Enfin, un dernier groupe d'Épidendrées est celui des Pleurothallidinées, qui ont des tiges filiformes, sans pseudo-bulbes et, dans la fleur, des sépales prédominants; c'est ce qui arrive, par exemple, dans les Masdeûallia, où les trois sépales sont soudés en coupe à la base et s'effilent d'ordinaire en longs appendices, formant trois sortes de queues qui rendent ces fleurs très différentes de toutes les autres Orchidées ; les pétales et le labelle sont petits et cachés dans le tube calycinal. Les Cryptophoranthes (fig. 1 96) ont trois sépales soudés à la pointe, laissant par conséquent sur les côtés deux fentes latérales.
Néottiées. — Les Néottiées et les Ophrydées, qui comprennent la plupart des Orchidées indigènes des pays froids, se distinguent des Vandées et des Epidendrées par leur pollen qui est pulvérulent, au lieu d'être formé de masses d'assez forte taille et de consistance cireuse. Ce groupe comprend surtout les Sobralia,- qui ont l'aspect de Cattleya, avec une tige élevée, des feuilles plissées, mais qui
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lui
Cl. F. Faîdcau.
Orchis singe.
Ophrys mouche.
Groupe de Cypripèdes.
sont terrestres; les Vanilles, qui sont des plantes grimpantes, à labelle en cornet, que l'on cultive à la Réunion pour leurs fruits allongés. Enfin, c'est dans ce même groupe que se rangent ces jolies Orchidées délicates, exigeant en serre chaude la culture sous châssis, que l'on appelle les Aneciochilus, les Dossinia, les Hœmaria, les Macodes : leur feuillage est d'une singulière beauté, velouté et parcouru de nervures d'or ou d'argent.
Ophrydées. — Les Ophrydées comprennent les Orchidées indigènes à pollen pulvérulent et basitones, le pollen s'attachant par un caudicule à la base de l'anthère; les unes ont des tubercules souterrains : tels sont les Ophrys et les Orchis, qui se distinguent l'un de l'autre par l'existence de deux bursicules pour contenir des glandes adhésives attachées à la masse pollinique dans le premier genre et d'une seule petite bourse dans le second. Il y a deux glandes adhésives dans les Orchis (fig. 197), tandis qu'il n'y en a plus qu'une, dans une seule bourse, chez les Serapias, les Aceras, les Loroglosses, les Anacamptis; les Serapias sont des Orchidées de la région méditerranéenne, à lobe médian du labelle large, non divisé et terminé en pointe. Chez les Spiranthes (fig. 195), les fleurs, petites et blanches, sont disposées sur la hampe suivant une ligne spirale. Les Céphalanthères ont un rostellum presque avorté, le labelle est éperonné; la Céphalanthère rouge est commune dans nos bois.
Le labelle est, au contraire, divisé en quatre parties, qui ont été comparées à deux bras et à deux jambes, dans YAcéras homme pendu; la tête du pendu, étant orientée obliquement par rapport au labelle, est constituée par le casque du sépale dorsal et des sépales latéraux. Dans le Loroglosse, le labelle est démesurément long et enroulé en spirale dans le bouton, tordu sur lui-même quand il est épanoui. L' Anacamptis pyramidal a un labelle relativement petit, trilobé, avec deux bourrelets longitudinaux. Nos Ophrys indigènes se rencontrent sur les coteaux secs ; ce sont de charmantes petites plantes, dont le labelle épais et velouté ressemble fréquemment à un insecte : d'où les noms d' Ophrys mouche, O. araignée, O. abeille, O. frelon.
Le rétinacle ou glande est nu dans la Gymnadénie et le Plaianthère, qui se distinguent par leur éperon très long et parfois renflé vers l'extrémité. Dans tous les genres précédents, les stigmates sont en creux, tandis qu'ils sont, au contraire, en saillie dans un grand genre exotique à grands éperons, appelé Habenaria. Les Disa sont des Ophrydées du Cap que l'on rencontre dans les cul- Fig. 198.— Satyrion.
tures; elles ont un sépale médian prolongé en casque et éperonné dans le dos; dans les Satyrions (fig. 198), qui sont voisins, le labelle présente deux éperons à la base.
Importance des Orchidées. — L'importance économique des Orchidées résulte de la beauté de leur fleur et de l'engouement des classes riches d'Angleterre, de Belgique, de France, etc., non seulement pour les espèces rares, mais pour les variétés nouvellement signalées, et il n'est pas rare de voir une variété d'Odontoglossum atteindre un chiffre fantastique dans les ventes qui se font à Londres. Il y a d'ailleurs un cas bien compréhensible où les prix doivent être très élevés : c'est lorsqu'il s'agit de créations faites de toutes pièces par l'art de l'horticulteur. Tel est le cas des hybrides : il y a, à ce point de vue, dans le domaine des Orchidées, des choses absolument merveilleuses dont le public n'a aucune idée. Depuis les expériences de Dominy, qui remontent à 1856, on a fait des croisements extrêmement nombreux dans la famille des Orchidées; pour ne citer que le sous-genre de Cypripède, Paphiopedilum ou Sabots de Vénus de l'ancien monde tropical, on en connaît à l'heure actuelle plus de 600, en éliminant tous les synonymes et en passant au crible les types mal connus. On a croisé par exemple le Cypripède de Fairrie, qui est une espèce du Bhotan, des régions montagneuses de l'Inde, avec toutes les autres espèces des contrées tropicales asiatiques et océaniennes (barbaium, spicerianum, Curtisi, etc.), et on a obtenu des hybrides remarquables sur lesquels la parenté se lit à livre ouvert. Chacun de ces hybrides se multiplie par division du rhizome, ce qui permet de conserver indéfiniment chaque nouvelle création, de sorte qu'au lieu de 70 espèces de Sabots de Vénus, on en connaît maintenant plus de I 500, avec toutes les variations et les hybridations réciproques. D'ailleurs pour obtenir chacun d'eux il faut des années d'efforts et de patience, car souvent près d'une année est nécessaire pour avoir des graines, et plusieurs années ( parfois une vingtaine) pour les élever. On conçoit donc qu une de ces merveilles, quand elle apparaît, se paye 5 000 à 10 000 francs, et ce n'est pas trop payé. Citons aussi les Sélénipèdes (fig. 199), qui ont des fleurs en grap-
f>es avec un ovaire à trois loges, au ieu d'être isolées, avec ovaire à une loge. Les fruits aromatiques du Sélénipède chica ou Vanille en arbre sont employés comme succédané de la Vanille. Signalons aussi ÏAngrœcum jragrans, dont les feuilles servent, à Madagascar, à préparer une sorte de thé, Fig. 199.— Sélénipède. appelé jaham.