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V. — DICOTYLÉDONES APÉTALES

Les Dicotylédones, plus nombreuses et moins homogènes que les Monocotylédones, sont divisées en trois groupes : celui des Apétales, qui n'ont qu'une seule enveloppe florale ou qui en sont dépourvues; celui des Gamopétales, à pétales soudés; enfin, celui des Dialypétales, à pétales libres entre eux (fig. 200). Chacun de ces groupes est ensuite divisé en familles.

Les Apétales sont les plantes Dicotylédones les moins élevées en organisation. Voici comment on les divise :

, m M calice Urlicacées.

rieurs J ... D, ,

\ à sexes séparés. Pas de calice. ) Akène .... Platanacee,

Uvaire I < ' Capsule. . . . balicinacees.

supère. \ f\emt j Pas de calice Pipéracées.

f hermaphrodites. | 1 calice Polygonacées.

Ovaire ( I ou 2 ovules dans chaque loge Amentacées.

infère. | Plus de 2 ovules dans chaque loge Aristolochiacées.

Autour de plusieurs de ces familles s'en groupent d autres moins importantes que nous signalerons.

LES URTICACÉES

Urticées, Morées. — Les Urticacées constituent un grand groupe renfermant des plantes assez disparates. On y rattache d abord des herbes à feuilles opposées urticantes, comme les Orties (fig. 200 et 202), dont les poils raides se brisent en se détachant (fig. 201) et déversent dans la peau un suc qui produit une vive brûlure; la piqûre de certaines espèces exotiques est très redoutable. Les fleurs sont à quatre sépales et, dans les fleurs mâles, à quatre étamines dont les filets sont courbés dans les boutons et se détendent brusquement, sous l'influence de la sécheresse, quand la fleur s'ouvre, en projetant le pollen ; dans les fleurs femelles, il y a quatre sépales, un pistil à ovaire à une seule loge contenant un ovule droit, et le fruit est un akène. La Bœhmerie blanche est voisine, mais sans poils urticants ; c'est une plante textile de la plus grande importance, connue sous le nom de Ramie blanche, China grass ou Chouma; la Ramie verte est la Bœhmerie très tenace (ou utile).

Fig. 200. — Dicotylédones dialypétale ; gamopétale ;

Géranium. Tabac.

à corolle :

apétale.

Ortie.

a, fleur mâle.

b, fleur femelle.

Les Pariétaires qui croissent sur les murs et les Bleckjoodea à caoutchouc appartiennent aussi aux Urticées.

Dans les Morées, les filets des étamines sont courbés, mais les ovules sont aussi courbés et non droits; il y a d'ailleurs du lait dans les tissus. C'est là que

se rangent les Mûriers et les Broussoneties. Le Mû rier noir est indigène dans notre contrée; le Mûrier blanc est une espèce de la Chine; il est connu dans ce pays depuis les temps les plus anciens, où il sert par ses feuilles à la nourriture du ver à soie; cette plante s'est répandue vers le XI l" siècle dans la région méditerranéenne; elle a été rapportée en France en 1494, après la conquête de Naples par les armées françaises, sous Charles VIII. Dans la mûre, les épis femelles présentent un épaississement des sépales après la fécondation et ils s'unissent aux sépales des fleurs voisines : il ne faut pas confondre ce fruit avec celui de la Ronce (Rosacée). Le Broussonetia ou Mûrier à papier est utilisé au Japon et en Chine par son écorce qui sert à la fabrication de papier et de tissus ; ses feuilles présentent un polymorphisme assez remarquable; elles ont parfois trois lobes, dont un médian plus grand et deux latéraux plus petits; ailleurs un lobe avorte; enfin, souvent les feuilles sont entières. L Orange des Osages ou Maclura orangé est un arbre de l'Amérique du Nord qui servait aux Indiens à faire leurs arcs et ils tiraient une couleur jaune de son fruit.

Artocarpées. — Dans les Artocarpées, les filets des étamines sont droits, les ovules renversés; il y a d'ailleurs du latex dans les tissus. C'est à cette tribu que se rattache Y Arbre à pain ou Arto-

Fruits du Jacquier.

Castilloa élastique.

Fig. 202.

Diagramme

de la fleur d'Ortie.

a, Fleur à étamines ; b, Fleur à pistil.

Fruits de l'Arbre à pain. . , .

carpe incise. Les

fleurs femelles sont groupées en une sphère et elles donnent un fruit composé, hérissé de piquants et de la grosseur d'une tête d'homme. Coupé en tranches et légèrement grillé, il peut être consommé comme du pain ; on peut en faire une pâte fermentée demeurant plusieurs années en terre. On conçoit qu un pareil arbre soit précieux pour les populations qui le cultivent, car il suffit d'un petit nombre d'exemplaires pour nourrir une famille pendant toute l'année. L'Arbre à pain est une plante alimentaire, surtout dans les archipels de l'Océanie, notamment de la Société et des Marquises, etc. ; il y a une variété dépourvue de graines et une variété seminifère ayant soixante à quatrevingts graines grosses comme des châtaignes. Le Jacquier est Y Artocarpe à feuilles entières; son fruit, né sur le tronc, est plus volumineux, plus allongé : il pèse 1 5 kilogrammes et plus et contient des graines que l'on mange comme des châtaignes; la pulpe est crémeuse, mais d'odeur désagréable disparaissant à la cuisson ; on en fait des confitures.

Dans les Castilloa élastique et d'Ule, qui ont des réceptacles étalés en un disque plus ou moins plan, le latex de la tige est utilisé pour fournir du caoutchouc. L.'Antiaris toxique Ipo, ou Upas, est employé par les indigènes, à Java et dans l'archipel de la

Fig. 201.

Poil

d'Ortie.

Très grossi.

Fruits du Figuier sycomore.

Sonde, pour empoisonner les flèches, car son suc est vénéneux. Dans le Brosime arbre à lait ou Arbre à la vache, le latex a une constitution qui se rapproche de celle du lait; il est particulièrement caractéristique du Venezuela; il atteint 30 mètres de haut : ses réceptacles sont sphériques; on y trouve au centra une fleur femelle et, sur toute la surface, des fleurs mâles.

Les fleurs des Figuiers sont portées sur un réceptacle en forme de coupe qui se rétrécit à la partie supérieure et se termine par un étroit orifice. Les fleurs mâles sont vers la partie supérieure, les fleurs femelles vers la partie inférieure de la coupe. Le genre Figuier comprend 600 espèces qui sont répandues surtout dans les pays chauds. La culture du Figuier commun ou Figuier de Carie est répandue surtout dans le bassin méditerranéen, où elle est connue depuis la plus haute antiquité, grâce au rôle des Blastophaga qui habitent et éclosent dans les Caprifiguiers ou Figuiers sauvages (p. 64). Le Figuier Sycomore est un arbre d'Egypte qui a joué dans la civilisation ancienne de ce pays un grand rôle religieux ; ses fruits sont comestibles.

Ce rôle religieux des Figuiers se retrouve dans l'Inde, où le Figuier religieux (Pipala), à feuilles linéaires lancéolées, à pointe terminale allongée, est sacré pour les bouddhistes à Ceylan. Le port gigantesque de cette plante, que l'on retrouve dans le Figuier du Bengale, dans le Figuier Benjaminea de Java avec ses mille racines adventives qui pendent comme des colonnes, est caractéristique ; ces racines permettent laccroissement indéfini des plantes. Une autre espèce intéressante appartenante ce genre est le Figuier élastique, connu vulgairement sous le nom de Caoutchouc, que l'on trouve dans les appartements; en réalité cette espèce indomalaise est l'objet de cultures en Assam, à Java, et on peut même au Tonkin la cultiver sur des terrains médiocres; elle fournit du caoutchouc qui est inférieur à celui de Para (Hevea), et ne peut rendre des services que là où les Hevea sont incultivables.

A côté des Artocarpées, et n'en différant que par leur ovule dressé et non pendant, se placent les Cécropiées, qui méritent d'être rappelées à cause du genre Cecropia dont nous avons déjà parlé comme plante à fourmis (p. 66).

Cannabinacées. — Les Cannabinacées sont également rattachées aux Urticacées ; elles n'ont plus de latex, l'ovule est courbé et les sexes sont séparés. Dans le Houblon lupulin, dioïque, la tige est volubile, les feuilles opposées; dans les fleurs mâles, il y a cinq sépales et cinq étamines qui leur sont superposées; dans les fleurs femelles, l'ovaire est entouré complètement par le calice en cupule; il y a au-dessus deux stigmates; après la floraison, les bractées femelles se développent et forment une sorte de cône couvert de poils glanduleux qui sécrètent la lupuline, cette matière amère qui fait utiliser la plante dans la fabrication de la bière.

Le Chanvre a des feuilles opposées, alternes au sommet, mais, au lieu d être lobées, elles sont à cinq ou sept segments étroits dentés ; les pieds mâles sont très grêles ; sur les pieds femelles il y a des glomérules de fleurs avec un calice gamosépale à la base en sac tronqué; ses graines servent à la fabrication d'un savon noir et

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

Figuier de Schlechter(N"'-Calédonie).

Houblon dans une haie.

Vieil Orme dans les champs.

donnent une huile pour l'éclairage; ses fibres libériennes sont textiles. Sur les feuilles se trouvent de petites glandes qui donnent une résine, base d une substance produisant l'effet de l'opium : c'est avec le Chanore indien, variété du Chanvre ordinaire, que le haschich est obtenu par des hommes à vêtements de cuir qui se promènent dans les plantations : on obtient ainsi les chururs. Le mot assassin qui est devenu français vient de haschichins, secte qui a semé la terreur en Perse au II" siècle de l'hégire par ses méfaits dus à l'ivresse et au délire produits par le haschich. En Perse, on utilise les sommités fleuries en infusion. Le bois du Chanvre, séparé de l'écorce, sert à la fabrication des allumettes et fournit du charbon utilisé pour la poudre.

Ulmacées, Celtidacées. — Les Ormes (Ulmus), qui sont des arbres à feuilles alternes dentées, appartiennent à une autre tribu, celle des Ulmacées, caractérisée par des fleurs hermaphrodites ou polygames et par l'absence de latex. Les fleurs de l'Orme champêtre sont petites, rougeâtres, et s'épanouissent dès février ; les fruits sont bordés d'une aile tout autour et constituent des samares ; l'écorce contient du tanin ; après rouissage, elle sert à faire des cordes et des nattes. L'écorce de l'Orme américain et celle de 1 Orme fauoe sont employées aux États-Unis pour faire des cataplasmes et des gelées nourrissantes ; le bois de tous ces arbres sert surtout au charronnage. Les Planères aquatiques sont des arbres de régions marécageuses aux États-Unis qui appartiennent à la même tribu des Ulmacées, mais leur fruit n'est pas une samare.

Les Celtidacées constituent un groupe voisin des Cannabinacées, dont elles se rapprochent par l'ovule unique pendant en haut de la cavité ovarienne, par les stipules dont sont munies les feuilles, par la présence de deux styles stigmatitères ; ces deux tribus sont cependant très distinctes, parce que le Celtis austral ou Micocoulier est un arbre à feuilles alternes. La différence avec les Ormes tient à ce que le fruit est une drupe et non une samare ; son noyau est orné de rugosités en réseau ; les feuilles sont ovales, lancéolées, très longuement et finement acuminées, dentées, épaisses, vert grisâtre dessous. A côté des Micocouliers à style central, se placent les Zelkpiûa à style excentrique.

Casuarinées, Platanacées, Pipéracées. — Ces trois familles présentent des affinités variables avec le grand groupe des Urticacées dont il vient d'être question.

Les Casuarina sont des arbres ou arbustes à feuilles très petites, verticillées par quatre

Casuariua à quatre valves.

à vingt, concrescentes en une gaine qui enveloppe la base de l'entre-nceud, à rameaux verticillés; le port, par conséquent, rappelle un peu celui des Prêles. Ils habitent la Nouvelle-Calédonie et l'Australie. On utilise certaines espèces, notamment les Casuarina à quatre valves et à feuilles de Prêle (filaos), à Madagascar, comme arbres supports pour la culture de la Vanille. Au point de vue anatomique, ces plantes présentent la singularité qui a été retrouvée d'ailleurs chez les Bétulées, Corylées et Juglandacées, que le tube pollinique pénètre, non par le micropyle ou petit orifice du sommet de l'ovule, mais par la chalaze ou extrémité opposée. Elles forment un groupe très spécial.

Les Platanacées comprennent de grands arbres, les Platanes vulgaires, dont on fait deux types : Platane d'Orient et Platane d'Occident. Leur tige s'exfolie par larges plaques minces ; à la base du pétiole, il y a des stipules soudées entre elles, formant une collerette complète autour de la tige et tombant de bonne heure. Les fleurs sont à sexes séparés, monoïques, groupées en capitules sphériques dont les uns portent les étamines, les autres les pistils. Les fruits sont des akènes serrés les uns contre les autres, constituant ces boules qui, en automne, sont suspendues aux branches des Platanes.

Les Pipéracées ont des fleurs hermaphrodites, mais dépourvues de calice; elles forment des épis axillaires ou terminaux. Les Poioriers (Piper) sont d'ordinaire des plantes grimpantes à feuilles isolées, brièvement pétiolées, engainantes et munies de stipules concrescentes ; leur limbe est entier, en forme de cœur. Le fruit est une baie rouge à péricarpe mince ; la graine renferme un double albumen, un albumen proprement dit charnu et un périsperme amylacé. Les Peperomia sont des plantes de serre communément cultivées qui appartiennent à cette même famille.

LES POLYGONACÉES

La famille des Polygonacées est représentée par la Renouée alimentaire ou Sarrasin ou Blé noir, dont l'akène contient une graine amylacée fournissant un aliment important pour les pays pauvres; les abeilles sont friandes du nectar des fleurs et elles en font du miel, servant à la fabrication du pain d épice. Dans la fleur des Renouées, qui est hermaphrodite, le périanthe est sur le type cinq, il y a cinq à huit étamines, l'ovule est droit.

Dans la Rhubarbe, les fleurs sont sur le type trois, à trois sépales externes et trois sépales internes; l'androcéea neuf étamines,

trois fois deux étamines superposées aux sépales externes et trois étamines superposées aux sépales internes ; le pistil est à ovaire à une loge, à trois stigmates, à un ovule. La Rhubarbe est mentionnée dans les anciens livres chinois, 2700 ans avant J.-C; le colonel russe Przewalski a montré que la principale source de la Rhubarbe de Russie et de Turquie était la Rhubarbe palmée (variété de Tangut) f>oussant dans le nord-est de la Chine ; a Rhubarbe de Canton était la R. officinale. On cultive beaucoup la Rhubarbe rhapontique en Angleterre : on fabrique des confitures purgatives avec les pétioles.

Les fleurs des Oseilles (Rumex) sont parfois à sexes séparés ; elles ont six étamines externes seulement, superposées par deux aux trois sépales externes ; les trois sépales internes n'ont pas d'étamines correspondantes dans les fleurs mâles. C'est à ce genre qu'appartient la Canaigre ou Rumex hymenosépale, plante à tanin importante de l'ouest du Texas, du Nouveau-Mexique.

Chénopodiacées. — Les Chénopodiacées ont beaucoup d'affinités avec la famille précédente : elles ont des fleurs hermaphrodites, mais l'ovule est courbé au lieu d'être droit. La Betterave vulgaire appartient à ce groupe ; elle est à cinq sépales, cinq étamines, un ovaire à une loge à un ovule, surmonté de deux ou trois stigmates ; la variété Poirée est utilisée comme légume à la manière des Cardons; la variété râpa est alimentaire par sa racine, que l'on emploie cuite à l'eau ou au four pour la salade; on peut en retirer une sorte de vin doux et en faire des confitures ; c'est aussi une racine fourragère, précieuse pour l'alimentation du bétail, et une plante sucrière de premier ordre.

L'Êpinard potager se distingue par sa dioïcité, le périanthe des fleurs mâles à 4-5 divisions, quatre à cinq étamines; dans les fleurs femelles, le périanthe globuleux s'accroît en épines après la fécondation, mais il y a une variété non épineuse. L.'Arroche des jardins (Atriplex) est cultivée comme épinard depuis longtemps sous le nom vulgaire de Bonne-Dame; elle a des feuilles un peu charnues. Le Quinoa (Chénopode Quinoa) est une espèce alimentaire de l'Amérique du Sud, dont les petites graines servaient déjà à l'alimentation des Incas, comme le montrent certains pains trouvés dans les tombeaux.

Beaucoup de Chénopodiacées habitent les bords de la mer (Salsola à potasse et à soude, Salicorne) et les terrains salés; le Saxaoul (Haloxylon) est une plante caractéristique de l'Asie centrale (fig. 112, B).

Amarantacées, Nyctaginacées, Basellacées, Phytolac-

cacées. — Les Amarantacées sont tout à fait voisines, mais les fleurs ont trois bractées qui manquent à la famille précédente. C'est à cette famille qu'appartiennent les Célosies crête de coq ou Passe-velours, à tige rouge aplatie, fasciée ; les Iresine, à joli feuillage rouge; les Alternanthères, utilisées en mosaïculture. L Amarante à queue, cultivée dans les jardins, est une plante alimentaire de l'Himalaya, où elle abonde vers 2 700 mètres.

Les N\)ctaginacées comprennent

Avenue plantée de Platanes.

Oseille sauvage et fruits.

la Belle de nuit (Mirabilis Jalapa), dont le faux calice est un involucre et sa fausse corolle est un calice. Les Bougainvillées (fig. 203) sont des plantes grimpantes voisines, à grandes bractées colorées en rose ou en violet.

Dans les Basellacées, les étamines sont longuement adhérentes au périanthe. Les Boussingaultia sontdes plantes grimpantes, souvent cultivées dans le Midi pour garnir les tonnelles. L't//luque tubéreux du Pérou produit un tubercule comestible, utilisable au même titre que la pomme de terre. Enfin, la Baselle rouge a mérité le nom d'Lpinard des Indes ou du Malabar.

Dans les Phytolaccacées, les carpelles sont verticillés (1-10) et portent chacun un ovule; les fleurs hermaphrodites présentent de nombreuses étamines. Les Phytolacca sont de petits arbustes à gros tronc que l'on sort l'été pour l'ornementation des parterres, après les avoir conservés à l'état de bûche au repos pendant l'hiver. Le fameux Omouou Belsombra (fig. 204), l'arbre des pampas de la république Argentine, qui atteint une tailleénorme.

est le Phytolacca dioïque; son bois tendre est inutilisable, même pour le chauffage; il est recouvert d'une écorce épaisse et très friable. Dans les deux sexes, les fleurs sont disposées en grappes et ont chacune cinq sépales pétaloïdes et de douze à quinze étamines, ou de dix à quinze carpelles. Le feuillage est vert sombre.

Protéacées. — Les Protéacées constituent une famille d'Apétales à fleurs hermaphrodites comme dans les Chénopodiacées, mais à ovule renversé ou droit. Elle est composée surtout d'arbres et arbustes exotiques comme les Protea, habitant les terres australes (Cap, Australie). Les quatre sépales pétaloïdes d'une Grévillée sont soudées aux quatre étamines ; le pistil est à un carpelle à deux ovules. On cultive souvent les Grévillées à feuilles d'Asplénium que l'on appelle Fougères en arbre. Les Ban\sia sont bien adaptés à la sécheresse. 11 y a plusieurs espèces à fruit comestible par les

graines, notamment le Nut-iree ou Arbre à noix, ou Macadamie terni jolie.

LES AMENTACEES

La famille des Amentacées comprend la plupart des arbres de nos forêts septentrionales. Elle est caractérisée par ses épis de deux sortes, les uns mâles et les autres femelles, qui constituent ce que l'on appelle des chatons (en latin amentum). On divise les Amentacées en Quercées, Corylées, Bétulées, Juglandacées et Salicinacées. Les trois premiers groupes sont souvent réunis sous le nom de Cupulifères, à cause de la présence autour du fruit d'une cupule dont nous verrons l'origine.

Quercées : Le Chêne. —

Le Chêne Rouvre (Quercus Robur) ou Durelin, Drillard, a des feuilles à lobes accusés, arrondis et peu nombreux, d'un vert intense, assez longuement pétiolées ; 1 écorce de la tige est crevassée longitudinalement, mais les crevasses ne sont pas très allongées. Les épis mâles sont allongés, pendants, pourvus d un axe grêle, avec des fleurs solitaires ou réunies en glomérules; chacune

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LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

Fig. 203. — Bougainvillée.

a, Coupe de la fleur.

Fig. 204. — Ombu.

6, Fleur mâle ; c, Fleur femelle ; d, Fruit.

d'entre elles est formée de quatre à douze étamines insérées sur un disque et entourées d'un périanthe verdâtre à 3-8 divisions inégales. Les épis femelles sont pauciflores ; les fleurs y sont solitaires, entourées d'un involucre qui s'accroît après la fécondation et sur lequel s'aperçoivent les bractées soudées : il forme la cupule du gland de Chêne; l'ovaire infère est à trois loges, chacune contenant deux ovules, mais, sur ses six ovules, cinq avortent et le fruit est un akène ; au-dessus de l'ovaire infère se remarque un périanthe à six petites dents en deux verticilles.

On connaît deux variétés de Chêne Rouvre : l'une à fruits sessiles, c'est le Chêne rouge ou le Chêne mâle ; l'autre à fruits pédoncules, c'est le Chêne femelle ou Graoelin. Les glands renferment de l'amidon qui est mélangé à un principe âpre, difficile à séparer; aussi ne sont-ils consommés que par les porcs. Il y a d'autres Chênes dont les glands sont doux et susceptibles d'être comestibles, comme le Chêne Houx et le Chêne Ballole, qui sert à préparer le racahout des Arabes. Le genre Chêne a d'autres applications intéressantes ; deux espèces fournissent le liège : le Chêne-liège et le Chêne occidental, variété du précédent, qui se distinguent l'un de l'autre par le temps qu'ils mettent à mûrir leur fruit, le premier mûrissant dans l'année, l'autre n'arrivant à maturité qu'au bout de la seconde année. Le Chêne aux kermès (fig. 205) ou Chêne coccifère habite la région méditerranéenne; sa taille est très petite, lm,50 à 3 mètres; il héberge un animal, le Kermès ilicis, qui, desséché et pulvérisé, donnait une substance tinctoriale rouge ou carmin autrefois recherchée. Le Quercitron (fig. 206) est fourni par l'écorce du Chêne tinctorial (coccinea), espèce de Pensylvanie qui renferme un principe colorant jaune des soies et laines et qui sert aussi en Amérique pour le tannage des peaux. Le Chêne de Portugal est un arbre polymorphe qui habite la presqu'île Ibérique, le nord de l'Afrique et la Turquie d Asie; sa variété infectoria est le Chêne à galles d'Alep, qui est commun en Asie Mineure, en Syrie, en Grèce et dans les îles de 1 Archipel : il produit les noix de galle du Levant (p. 65). On obtient encore des noix de galle avec le Chêne Tauzin et avec le Chêne Velani ou /Egilops; les

cupules du Chêne Velani sont très riches en tanin; elles sont expédiées en Angleterre et en Italie pour teindre en noir.

Le Chêne pubescent ou Chêne blanc, ou Chêne truffier, a des rameaux pubescents, des glands petits, sessiles, des capsules grises, tomenteuses ; il aime le calcaire, où le Chêne Rouvre, dont on le distingue, se refuse à venir; c est sur ses racines que se développent les Truffes. Le rôle des arbres dans le développement de ces Champignons n'est pas déterminé avec assez de précision (p. 1 16) ; on

ne rencontre pas de Truffes, ou du moins de bonnes Truffes, dans les terrains dénudés, labourés ou gazonnés. Il est vraisemblable que le mycélium du Champignon se nourrit aux dépens du chevelu des arbres et des plantes couvrant superficiellement le sol, qu'il ferait mourir; si les arbres font peu de chevelu, la truffière se développe mal et toute cause agissant sur la multiplication des racines (élagage, recépage, façon culturale) agira sur la production. Matruchot est arrivé à obtenir le mycélium de la Truffe; en 1903, Boulanger avait même affirmé que sur une propriété de 30 hectares aux environs d'Ëtampes il avait produit cinq mille places truffières. Aucune autre donnée nouvelle sur les résultats de ses premiers essais n'a été jusqu'ici publiée, et c'est la méthode empirique qui fonctionne encore et qui permet la prospérité d'une importante industrie agricole. Dans le Vaucluse, des truffières poussent sous le Chêne vert (Quercus //ex).

Cl. F. raidean.

Châtaignier, en forêt de Marly.

Fig. 205. — Kermès sur une branche de Chêne kermès.

Glands du Chêne pédoncule.

Chênes-lièges dans l'Esterel.

Fig. 206. — Chêne tinctorial.

Branche de Charme, avec fruits.

Branche de Châtaignier, avec fruits.

Un vieux Châtaignier, à Orsay.

Le Hêtre et le Châtaignier. — Un second type du groupe des Amentacées est le Hêtre (Fagus), à feuilles non dentées, poilues au bord, à écorce de la tige lisse. Les épis mâles sont globuleux, à fleurs pourvues d'un périanthe campanule, à quatre à huit divisions, enfermant une dizaine d étamines. Les inflorescences femelles sont pauciflores, globuleuses ; elles consistent en des cupules se fendant en quatre valves hérissées d'écaillés et renfermant des fleurs femelles qui ressemblent tout à fait à celles du Chêne. A la maturité, la faîne contient deux akènes résultant du développement des deux ovaires des deux fleurs. Le Hêtre des forêts est un des arbres les plus importants de l'Europe; il n'a pas de préférence pour le sol, mais c'est sur les terrains calcaires qu'il acquiert les plus belles dimensions. Les faînes sont utilisées pour les fruits qu'elles contiennent ; ceux-ci sont comestibles et ont une saveur de noisette; la graine renferme 20 à 22 pour 100 d'huile, qui rancit malheureusement assez vite. On voit souvent dans les forêts des femmes récolter ces faînes pour les envoyer à des usines voisines.

Le Châtaignier est caractérisé par les longues crevasses de l'écorce de sa tige, par ses feuilles très longues, fortement dentées et non poilues. Ses épis mâles sont dressés, à fleurs groupées par sept, les étamines d'une fleur variant de six à vingt, entourées de six pièces au périanthe. Dans les épis femelles, la cupule est formée de quatre pièces qui sont hérissées de piquants; elle renferme trois fleurs femelles et finalement, quand les quatre valves s'ouvrent, on y trouve de un à trois fruits monospermes ou akènes. C'est un arbre essentiellement silicicole ou mieux calcifuge, qui prospère dans les terrains granitiques, schisteux, feldspathiques. Son bois est utilisé pour la charpente, pour faire des planches de parquet, des clôtures; les jeunes tiges, surtout les rejets, servent à faire des cercles de tonneaux, des treillages, des tuteurs; pour le chauffage, il fournit un bois médiocre, car il éclate et donne des étincelles. C'est surtout pour la châtaigne que cette plante est cultivée et c'est la variété satioa, ou à gros fruit, qui constitue ce qu'on appelle vulgairement le marron.

Les Castanopsis sont intermédiaires entre les Chênes et les Châtaigniers. Il y a des espèces de l'Asie tropicale (C. argenté) à fruits comestibles comme les châtaignes et d'autres appréciées pour la construction des roues et des navires (C. à feuilles dorées).

Dans toutes les Amentacées qui viennent d'être examinées, les étamines étaient à filet simple ; il est un second groupe où le filet est bifurqué en Y, chacune des branches se terminant par une anthère : tel est le cas du Coudrier et du Charme.

Corylées. — Dans le Coudrier ou Noisetier (Corylus), les feuilles sont poilues, les pétioles poilus glanduleux. Dans les chatons mâles, qui sont pendants et qui apparaissent de très bonne heure, au premier printemps, à l'aisselle de trois écailles, il y a six à huit étamines groupées deux par deux en Y ; le calice proprement dit est nul. Dans les chatons femelles, qui sont plutôt des bourgeons ccailleux, les écailles du bas sont infertiles, celles du haut présentent à leur aisselle deux pistils à deux loges, chacune

ayant un ovule; chaque pistil est entouré par un involucre tubuleux lacinié qui devient à la maturité la cupule, laquelle contient la noisette qui renferme une seule graine, car c'est encore un akène.

Le Charme (Carpinus) est très voisin du Coudrier, mais c'est un arbre au lieu d'être un arbuste ; ses feuilles sont à nervures secondaires simples plissées et non ramifiées jusqu au bord ; l'écorce de la tige est lisse comme celle du Hêtre, mais l'arbre est moins gros et plus irrégulier, tortillé. Comme dans le Coudrier, les filets des étamines sont bifurques, le périanthe nul et il y a de dix à vingt étamines à 1 aisselle de chaque bractée. Les fleurs femelles, également pourvues de calice à quatre pièces, sont à deux loges avec un ovule dans chaque loge ; elles sont entourées d'un involucre trilobé qui s'accroît après la fécondation et qui est largement ouvert : il y a deux de ces involucres à l'aisselle d'une bractée.

Dans nos forêts, il se produit souvent des greffes par approche entre branches voisines; habituellement elles ne se produisent qu entre branches d un même arbre ou d'arbres de même espèce, surtout entre Hêtres. Une curieuse exception est le Chêne-Charmé de la forêt de Fontainebleau.

Bétulées. — Dans les Bouleaux (Belula), les deux filets des étamines sont également bifurques en Y; celles-ci sont comprises entre deux ou quatre pièces inégales correspondant au calice. Dans les chatons femelles, les fleurs sont groupées par trois à l'aisselle de trois bractées ; chaque ovaire est à deux loges ; il n'y a plus de calice et c'est par analogie avec les fleurs précédentes que l'on considère l'ovaire comme infère. L'écorce du Bouleau est blanche par suite de la présence d'air dans les assises externes du liège; le feuillage est triangulaire et léger. Le bois est estimé pour le chauffage; on s'en sert comme allumes pour éclairer le four des boulangers; l'écorce contient un principe balsamique, la bétuline, qui est employée dans la préparation des cuirs, notamment des cuirs de Russie. On pense que c'est à ce même principe que le bois doit sa conservation dans l'eau. Enfin, la sève du Bouleau fournit un liquide sucré, susceptible de fermenter; on obtient du sucre ou un vin pétillant, ou du vinaigre ; pour l'extraire, on fait dans l'arbre des trous de 5 à 6 centimètres, et un arbre un peu grand peut fournir plus de 200 litres par an.

Dans VAune, le filet des étamines reste simple, mais les fleurs femelles, à deux loges ovariennes, renfermant chacune un ovule, sont groupées par deux à l'aisselle de cinq bractées qui se soudent entre elles et se lignifient, de manière que leur ensemble, dans le chaton femelle, ressemble un peu à un cône de Pin. Les feuilles de VAune glutineux, petit arbre qui pousse dans les endroits humides, sont assez caractéristiques par leur élargissement vers le sommet, qui est arrondi, les bords étant un peu dentés.

Juglandacées. — Un autre groupe que l'on rattache aux Amentacées, mais dont on fait souvent une famille spéciale, est le groupe des Noyers (Jugions), qui se reconnaissent de suite par leurs feuilles composées alternes contenant un principe aromatique

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

Cl. de M. G. M.

Paysage avec Saule pleureur.

Beat" f i 1

Cl. F. Fai.lo.iu.

Chatons de Peuplier blanc.

Bouleau blanc, à Chantilly.

que l'on distingue aisément quand on les froisse entre les doigts; elles sont terminées par une foliole impaire.

Les inflorescences sont encore en chatons : les fleurs mâles sont à quatre sépales et à huit ou quarante étamines; dans les fleurs femelles, l'ovaire est infère et surmonté de quatre sépales; cet organe à une loge contient un seul ovule droit qui donne naissance à un embryon subdivisé par deux à quatre fausses cloisons; l'embryon est gros, les cotylédons plissés cérébriformes ; ils contiennent une huile utilisée pour la fabrication des couleurs fines. Le bois du Noyer royal (fig. 207) est très apprécié en ébénisterie, mais c'est surtout par ses fruits que le Noyer est un arbre important; à l'état frais, ils sont entourés par un péricarpe charnu ou brou.

A côté des Noyers se placent les Carya (Hickory en anglais), qui s'en distinguent par leurs fleurs mâles dépourvues de calice. Le fruit est entouré de trois bractées et d'une quatrième pièce supérieure correspondant à un rudiment de calice : toutes ces pièces apparaissent à la partie supérieure du fruit, dont le brou se fend en quatre valves; à l'intérieur se trouve une noix à deux valves, à 2-4 loges incomplètes. L'Hickory blanc fournit par son bois des instruments aratoires et, par son fruit, une amande agréable ; mais c'est surtout le Carya Pacanier dont les noix sont délicieuses et font l'objet d'un commerce considérable dans le sud des États-Unis.

Salicinacées. — Les Salicinacées constituent une famille facilement distinguée des groupes précédents par le caractère de l'ovaire, qui est supère, et la placentation, pariétale au lieu d'être axile, comme dans tous les types mentionnés plus haut, sauf les Noyers. On y distingue deux genres : les Saules et les Peupliers. Dans les premiers, les étamines des fleurs des chatons

mâles sont au nombre de deux, rarement de trois ou de cinq ; elles apparaissent à 1 aisselle d'une bractée solitaire; dans les chatons femelles, les ovaires sont également nus, sans calice et présentent deux carpelles ; le fruit est une capsule à deux fentes, mettant en liberté des graines sans albumen, qui présentent au voisinage du hile une touffe de poils soyeux rappelant un peu ceux du Cotonnier. Les Saules (Salix) comprennent un groupe à feuilles étroites, à tige flexible, formant la section des Osiers, utilisés pour la vannerie. Les Saules à feuilles larges comprennent le Saule Marceau. Le Saule pleureur ou de Babylone n'est représenté en Europe que par les individus mâles; les femelles existent en Asie.

Les Peupliers ont des fleurs mâles, à étamines nombreuses, entourées d'une sorte de cupule parenchymateuse ; leurs fruits sont semblables à ceux des Saules. Le Peuplier noir ou Peuplier franc a des feuilles très finement dentées, terminées par une pointe sans dent; les bractées des fleurs sont dépourvues de poils; une de ses variétés les plus connues est le Peuplier d'Italie ou Peuplier pyramidal, à branches courtes, fastigiées. Dans le Peuplier blanc ou Grisard, comme dans le Tremble, les bractées sont velues; mais dans le Peuplier blanc, les feuilles sont blanches dessous, les bourgeons secs; dans le Tremble, les feuilles ne sont pas blanches dessous et les bourgeons sont visqueux; elles ont un pétiole aplati au milieu, ce qui les rend très mobiles.

Aristolochiacées. — Les Aristolochiacées sont, pour la plupart, des plantes grimpantes volubiles, à larges feuilles en cœur. Au fond du périanthe tubuleux, il y a six étamines extrorses soudées au style en un gynostème; l'ovaire est infère à six carpelles. Beaucoup d'espèces sont cultivées : V Aristoloche siphon de l'Amérique du Nord, l'A, grandiflora du Guatemala (fig. 208), qui est une espèce de serre. Les Asarets (fig. 209) ont les anthères libres.

Comme familles parasites à ovaire infère, on peut citer : les Santalacées(Osyris, Thesium, Santal) [fig. 210], les Rafflésiacées, comprenant les Raffiesia; les Cytinus, vivant sur les Cistes; les Loranthacées, avec le Gui (fig. 211) et beaucoup de parasites tropicaux vivant sur les arbres; les Balanophoracées (p. 57).

Fig. 207. — Noyer. Fig. 208. — Aristoloche.

A, Chaton mâle. a, A. Clématite ; 6, A. ftrandiflora.

Fig. 209. — Asaret.

a. Coupe de la fleur.

Fig. 210. — Santal.

a. Fleur.

Fig. 211 — Gui.

a. Fleurs mâles ; 6, Fleurs femelles.

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