CI. K Faldeau
Cardère ou Cabaret des oiseaux.
-mi.'*'1
Cl. DiguPt.
Helianthus, au Mexique.
Cl. F. Faideau.
Leucanthèmes dans un pré.
américaines à larges capitules jaunes, communes dans les prairies. Deux espèces, introduites et cultivées en France depuis la fin du XVir siècle, sont à citer : Y Hélianthe tubéreux ou Topinambour et YHélianthe annuel, dit aussi Tournesol ou Grand Soleil. Le Topinambour, originaire du Brésil, est remarquable par ses rhizomes tubéreux, comparables à ceux de la Pomme de terre. Le Grand Soleil a des feuilles alternes, pétiolées; les fleurs sont rassemblées en un capitule géant pouvant avoir jusqu'à 25 centimètres de diamètre ; les ligules sont d'un jaune orange et les fleurons, d'un jaune pâle, sont entremêlés de paillettes noires.
Parmi les Hélianthées figurent de belles plantes d'ornement ayant aussi une origine américaine : les Coréopsis, les Zinnia et les Dahlia, ces « rois de l'automne »• Le Dahlia, vivace par ses faisceaux de racines tuberculeuses, ne fut importé en Angleterre, venant du Mexique, qu'en 1789.
Très voisins des Dahlias, sans écailles entre les fleurs, sont les Héléniées; ce groupe, d'origine américaine comme eux, comprend les Tagetes ou Œillets d'Inde, les Hélénies et les Gaillardes.
Les Anthémidées sont caractérisées par leur style à branches arrondies et tronquées au sommet, par leurs anthères non appendiculées à la base et par leur fruit sans aigrette ou à aigrette peu développée, par leurs bractées à rebord sec d'un côté.
Les Anthémis, ainsi que quelques plantes des genres voisins, sont désignés communément sous le nom de Marguerites. Dans \' Anthémis camomille, ou Camomille romaine, le réceptacle, très bombé, porte des fleurons jaunes et des ligules femelles d'un blanc pur. Ces capitules ont une odeur aromatique agréable et une saveur amère due à une huile essentielle. Les capitules de \' Anthémis cotule ou Camomille puante sont mélangés parfois frauduleusement à ceux de la Camomille romaine. Il faut signaler aussi la Matricaire camomille des moissons, qui est la Camomille d'Allemagne ou Camomille ordinaire des officines, et le Leucanthème vulgaire ou Grande Marguerite de nos prés (fig. 217).
Le genre Chrysanthème comprend un nombre considérable d'espèces. Citons seule-
ment le Chrysanthème des moissons ou Marguerite dorée, dont les capitules d'un beau jaune d'or sont communs dans nos blés; le Chrysanthème des jardins, plante annuelle originaire de l'Europe méridionale; le Chrysanthème frutescent, dit encore Marguerite ou Anthémis en arbre ; mais l'espèce la plus connue, celle que l'on désigne sous le nom deChrysanthème, sans autre indication, est le Chrysanthème de l'Inde ou de Chine (Pyrèthre). Cette superbe plante vivace est sortie de plusieurs types distincts originaires de l'Inde, de la Chine et du Japon. Ses tiges annuelles sont raides, ramifiées, cassantes ; les feuilles alternes, plus ou moins incisées et découpées, répandent une odeur forte quand on les froisse.
En I 764, les premiers pieds de Chrysanthèmes furent apportés en France par un voyageur revenant de Chine ; ils n'y excitèrent qu'une faible curiosité. Ce n'est qu'à partir de l'année 1827, grâce aux efforts de Bernet, officier en retraite à Toulon, et de Pertuzès, son jardinier, que la brillante destinée horticole du Chrysanthème commença à se dessiner, quand on s'avisa de le multiplier par semis au lieu de se contenter des boutures ; de nouvelles variétés furent obtenues. Aujourd'hui elles sont innombrables. Au Japon, le Chrysanthème joue le premier rôle dans les jardins; il est employé en médecine et on utilise pour l'alimentation les fleurs confites de certaines variétés.
Les Pyrèthres, rattachés aux Chrysanthèmes, sont ornementaux par leurs fleurs ou leur feuillage. Le Pyrèthre rigide et plusieurs autres espèces sont cultivés en vue de la préparation des poudres insecticides. Les Armoises ont de petits capitules groupés en grappes et comprenant autour des fleurons une seule rangée de fleurs femelles fertiles à fine corolle tubuleuse. Ce sont des herbes aromatiques, dont plusieurs atteignent une grande taille; on les emploie en médecine. \J Armoise commune est très répandue; V Armoise absinthe ou Grande Absinthe est un peu plus rare ; on la cultivait jadis dans l'est de la France. Les capitules desséchés de lVlrmoise de Judée et ceux de Y Armoise pauciflore et maritime constituent le semen- contra, doué de propriétés vermifuges ; 1 Armoise estragon est cultivée comme condiment. On nomme
Fig. 215. — Artichaut.
a. Capitule ; b, Klcuron ; c, Fruit.
Chardons.
A, Cirse des champs (1 mètre, fleur violacée) ; B, Cirse laineux
(1 "',60, fleur rouée) ; C, Cnicaut bénit (0m,50, fleur jaune) ; D, Cirse
acaule (0m,05 à 0"',20, fleur rouge) ; E, SilybedeMarieou Chardon
Notre-Dame (1 mètre, fleur pourpre ou blanche).
Fig. 217. — Grande Marguerite.
(0m,80 ; fleur blanche au pourtour et jaune au centre). — a, Coupe du capitule; b, Fleur ligulée; c, Fleuron; d, Fruit
Fig. 218.
Etamines
anthères
soudées
d'une
Composée
(Chardon).
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CL île M. Alluau.l.
Séneçon arborescent (Kilimandjaro).
Immortelle à bractées.
Cl. de M. Ail. m
Lobélia arborescent (Kilimandjaro).
Génépi, dans les Alpes, diverses Armoises (glaciale) et Achillées (musquée) vivaces et naines, duveteuses et aromatiques, entrant dans la confection de l'absinthe et de liqueurs analogues.
La Tanaisie vulgaire ou Herbe aux mites possède dès propriétés voisines de celles de 1 Absinthe. La Tanaisie balsamiie ou Grand Baume est cultivée dans les jardins et employée comme vulnéraire. Il faut citer aussi l'Achillée millefeuille de nos prés.
Les Senecionidées se distinguent surtout des Anthémidées par la blanche aigrette qui surmonte leur fruit. On connaît un millier d'espèces de Séneçons répandues dans le monde entier. Plusieurs espèces des pays chauds sont des arbres ou des arbrisseaux, mais la plupart sont des herbes, comme le beau Séneçon Jacobée de nos prés ou l'humble Séneçon commun. Le Tussilage ou Pas-d'âne (fig. 219) est fort répandu dans les terrains argileux. Chez le Pétasitès odorant des jardins, la grappe des capitules rosés répand une douce odeur d'héliotrope : d'où son nom d'Héliotrope d'hiver. Le Pétasitès oulgaire, très voisin, porte des grappes de capitules violacés inodores. Toutes ces plantes sont pectorales. Signalons encore parmi les Senecionidées : les Cinéraires (fig 220), superbes plantes ornementales; l'Arnica de montagne, à feuilles opposées.
Les lnulées diffèrent des groupes précédents par la présence d'appendices en forme de queues à la base de leurs anthères; les fleurs du bord du capitule sont peu développées, souvent filiformes et femelles. Les Inules ou Aunées, vivaces, glanduleuses et velues, portent des feuilles entières ou dentées, des capitules jaunes comprenant des ligules femelles et des fleurons fertiles ; le fruit est surmonté d'une aigrette. Beaucoup croissent en France, dans les lieux humides; la plus intéressante est llnule aunée ou Grande Aunée. C'est dans son rhizome qu'on a découvert une sorte d amidon soluble, l'inuline, retrouvée depuis chez le Dahlia, le Topinambour, etc. ; on l'a appelée l'amidon de l'avenir.
Bien différentes des Inules, comme aspect, sont les Gnaphales, blanches, cotonneuses, à feuilles entières et à petits capitules; deux espèces de notre flore sont à citer : le Gnaphale dio'ique ou Piedde-chat et le Gnaphale pied-de-lion ou Étoile du glacier, qui est l'Edelweiss des Allemands. La première a pour inflorescence un corymbe terminal de petits capitules blancs ou roses, suivant le sexe, qui font partie des quatre fleurs pectorales. La seconde se rencontre dans les régions montagneuses du monde entier. La beauté de cette plante vient des bractées épaisses et larges de l'involucre, formant une étoile blanche et cotonneuse.
Les Hélichryses ou Immortelles ont des capitules jaunes composés surtout de fleurs en tube, avec un très petit nombre de fleurs en languette grêles; les fruits portent une aigrette; elles sont remarquables par leur involucre dont les bractées, imbriquées sur plusieurs rangs, sont scarieuses, souvent colorées et d'une conservation indéfinie : d'où le nom d'Immortelles. Le genre Hélichryse est particulièrement bien représenté en Afrique par des arbrisseaux ; en France, quelques petites espèces herbacées se rencontrent çà et là. On cultive, aux environs de Toulon, l'Immortelle ou Hélichryse d'Orient, duveteuse, à nombreux petits capitules entourés de Fig. 219.
bractées jaunes, et en Normandie, aux environs de Lisieux, l'Immortelle à bractées, plante australienne aux larges capitules, dont les écailles sont blanches, roses, jaunes ou bronzées. Plusieurs autres espèces voisines ont un involucre satiné, bri"ant ou coloré, et méritent le nom d'Immortelle : 1 Antennaire margaritacée ou Immortelle blanche, Bouton d'argent; l'Acroclinium rose ou Immortelle rose et la superbe Rhodanthe de Mangles, à capitule conique. On peut même en rapprocher le Xéranthème annuel, dit aussi Immortelle annuelle, ou de Belleville, qui est uneTubuliflore. Toutes ces plantes sont recherchées pour l'ornementation ; leurs fleurs, coupées avant complète maturité et desséchées rapidement à l'abri du soleil, gardent longtemps leurs couleurs.
La longue série des Radiées se termine par les Calendulées, différant des lnulées par les fleurs périphériques bien développées. Le représentant principal est le Souci des champs (fig. 221), trop commun dans les terres cultivées. Ses capitules, d'un jaune orangé, ont des fleurs centrales tubuleuses, dont beaucoup sont stériles, et des ligules femelles fertiles au pourtour. Le réceptacle est nu, sans écailles, et les fruits sont de deux sortes : les externes, irréguliers et garnis d'épines; les centraux, lisses, contournés et d apparence annelée comme de petites chenilles. On cultive dans les jardins le Souci officinal du midi de l'Europe et le Souci pluoial du Cap, dont les fleurs se ferment quand le temps menace.
Liguliflores. — Les Liguliflores forment une tribu très nette; le capitule ne comprend que des corolles toutes ligulées à cinq dents; les fruits sont souvent munis d'aigrettes; ces plantes ne produisent pas d'huiles essentielles comme les Radiées, mais un latex blanc qui les rend narcotiques et vénéneuses, ou simplement amères. Plusieurs sont comestibles dans le jeune âge, lorsque le latex est encore peu abondant.
Étudions d'abord lune des Liguliflores les plus répandues, le Pissenlit dent-de-lion. C'est une petite herbe vivace, à tige très courte, presque nulle. Les feuilles, disposées en rosette, sont longues, profondément incisées en dents triangulaires. Les hampes florales, qui partent du pied, se terminent par un capitule d'un
— Pas-d ane. Fig. 220. — Cinéraire.
Fig. 221. — Souci.
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Concombres serpents.
jaune doré. Le fruit porte une aigrette de poils blancs soyeux au sommet d'une longue épine ; les enfants les nomment des chandelles et s'amusent à souffler dessus pour les disperser. Avant la floraison, les feuilles du Pissenlit font une excellente salade.
La Chicorée sauvage, aux capitules d'un si beau bleu, possède une racine forte, pivotante. Les Laitues doivent leur nom au latex qui s'échappe de toutes leurs parties blessées. Plusieurs espèces sont indigènes en France; la plus répandue est la Laitue scariole, des lieux incultes; sa tige flstuleuse, aiguillonnée inférieurement, atteint parfois 2 mètres de haut. Les capitules, petits, très étroits et d'un jaune pâle, forment des grappes. La Laitue cultivée est une plante maraîchère de première importance.
Les Salsifis ont des feuilles entières, étroites et longues, des capitules terminaux se transformant en une grosse sphère d'akènes plumeux : le Salsifis cultivé a des fleurs violettes; il est bisannuel, et on mange, la première année, sa racine qui est blanche. La Scorsonère d'Espagne est vivace et à fleurs jaunes; sa racine est le salsifis noir. Enfin le Scolyme d'Espagne, également vivace, est à feuilles épineuses, à capitules jaunes et à port de chardon ; sa racine se mange comme celle des salsifis. Parmi les autres plantes de cette tribu, citons les Lailerons, Porcelles, Êpervières, Piérides, Lampsanes, Crépides et Catananches.
Campanulacées. —
prend surtout des herbes à
Fig. 222. — Coloquintes.
a, Du Malabar ; b, Plate rayée
c, Poire bicolore; d, Poire rayée i
e, Galeuse-
La famille des Campanulacées comfeuilles alternes, à fleurs hermaphrodites du type cinq ; les étamines sont indépendantes de la corolle, disposition fort rare chez les Gamopétales ; l'ovaire est adhérent, formé de deux à cinq carpelles clos avec autant déloges multiovulées; la pla-
Fig. 223.
Melon Cantaloup d'Alger.
a.Coupedelafleurmâle; 6, Coupe de la fleur femelle i c, fruit.
centation est axile; le fruit est une capsule. Tous ces végétaux contiennent un latex. On les divise en deux tribus : les Campanulées, dont la fleur est régulière, et les Lohéliées, chez lesquelles elle est bilabiée. Les fleurs bleues, rarement blanches ou jaunes, des Campanules ont une corolle en forme de cloche (Campanula), dont le style serait le battant. Parmi les plus communes sont : la Campanule raiponce, qui élève tout son jeu de clochettes jusqu'à un mètre de hauteur. Les horticulteurs cultivent des Campanules à fleurs très grandes comme celles de la Campanule carillon. La Campanule pyramidale forme un cône de plusieurs centaines de fleurs d'un bleu pâle; ses rameaux flexibles se laissent guider et prennent toutes les formes. Dans les moissons se plaît la Spéculaire miroir de Vénus.
Les Lobelia sont, pour la plupart, des plantes exotiques (Cap, Caroline), atteignant une assez grande taille et d'un port fort curieux avec leur long épi de fleurs, rigide comme une colonne. En France, deux petites espèces herbacées représentent le genre.