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VII. - GAMOPETALES SUPEROVARIEES

Toutes les familles de Gamopétales étudiées jusqu'ici ont l'ovaire adhérent ; nous allons parler maintenant des familles, beaucoup plus nombreuses, chez lesquelles il est libre. Aux Gamopétales à ovaire libre ou supère se rattachent quatre types, autour desquels nous grouperons les autres familles :

2 verticilles d'étamines (en général 10) ou un verticille . . . Éricacées. 1 verticille à filets attachés au milieu des pétales (Primulacées).

,, ,. [ y> h ■•» ( 2 étamines. Oléacées.

1 verticille d étamines (5 en \ Corolle régulière. J.

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gênerai ou moins) super- <

posées aux sépales . . . I Corolle irrégulière, 4 ou 2 éta-

mines. . . Scrojulariacées.

LES ERICACEES

Les Bruyères recouvrent d'un tapis vert et rose les landes granitiques et les terres sableuses des bois. Ces petits arbrisseaux à tige dure, sèche et buissonnante, à feuilles menues, étroites et coriaces, toujours vertes, ont un port particulier qui les fait immédiatement reconnaître ; ils forment un groupe immense, particulièrement bien représenté au cap de Bonne- Espérance. Notre Bruyère commune ou Calluna vulgaire (fig. 224) a de petites feuilles opposées, groupées sur quatre rangs en couronne, et des fleurs en longues grappes terminales. Le calice membraneux à quatre sépales d'un rose tendre est la partie la plus apparente de la fleur. La corolle comprend quatre pétales plus petits, soudés à la base seulement et cachés par le calice ; en dedans sont huit étamines s'ouvrant chacune par deux trous ; l'ovaire est libre, surmonté d un style long et fin ; pour fruit, une capsule à quatre loges. La Bruyère cendrée (Erica cinerea) ne doit pas être confondue avec l'espèce précédente, à côté de laquelle elle croît et fleurit ; son calice est très petit et sa corolle beaucoup plus grande, rose, globuleuse, à pétales soudés presque complètement. La Bruyère à balai (E.scoparia), à petites corolles verdâtres, atteint 1 mètre de hauteur, et la Bruyère arborescente, du midi de la France, haute parfois de

4 à 5 mètres, se garnit de fleurs blanches très odorantes. Beaucoup de Bruyères du Cap sont de superbes plantes d'ornement. La grande famille des Éricacées, dont la Bruyère est le type, comprend des arbustes à feuilles alternes ou verticillées souvent persistantes, à fleurs régulières et complètes des types cinq ou quatre, avec double verticille d'étamines dont les filets sont indépendants de la corolle ; leurs anthères s'ouvrent par des pores qui mettent en liberté un pollen dont les grains sont toujours groupés par quatre. L ovaire est à plusieurs loges, avec style unique ramifié en autant de stigmates qu'il y a de loges ; le fruit est une capsule, parfois une baie ou une drupe. Ces plantes habitent les pays tempérés ou chauds; on peut les diviser en trois tribus : les Éricées, dont le fruit est une drupe, une baie ou une capsule; ces dernières s'ouvrent par des fentes situées au milieu des loges, tandis que, chez les Rhododendrées, elles s'ouvrent près des cloisons ; enfin les Vacciniées qui ont l'ovaire infère et le fruit charnu.

Outre les Bruyères, la tribu des Éricées comprend les Arbousiers {Arbutus).

L.' Arbousier commun ou Arbre aux fraises croît dans la région méditerranéenne ; ses feuilles sont dentelées, coriaces et persistantes ; ses fleurs, petites, blanches ou légèrement rosées, sont en grappes pendantes ; sa baie rouge rappelle la fraise par l'aspect. La Caulthérie couchée est un arbrisseau de l'Amérique du Nord, dont les feuilles aromatiques sont employées en guise de thé ; on les utilise en médecine sous le nom de Wintergreen.

Répartis sur tout le globe, les R/io-

Fig. 224.

Calluna vulgaire.

dodendrons ou Rosages affectionnent les montagnes ; leurs fleurs, grandes et belles, s'épanouissent au printemps : corolle à cinq lobes inégaux, dix étamines. Les Azalées s'en distinguent par leurs feuilles caduques et leurs fleurs à cinq étamines.

L Airelle myrtille ( Vaccinium), petit arbrisseau de nos bois, est le type des Vacciniées; il a des feuilles rappelant celles du Myrte; les fleurs sont solitaires, penchées, avec calice sans découpure, corolle à cinq pétales rosés, soudés en grelot, huit à dix étamines, ovaire devenant une baie d'un bleu noirâtre divisée en quatre loges. Ce fruit a une saveur acide, mais se mange avec plaisir. Parmi les Lricacées,

on peut ranger encore les Pirolées, représentées dans nos bois par les Piroles, petites herbes à fleurs blanches, et les Monotropées, qui sont des plantes saprophytes blanc jaunâtre (p. 59).

Primulacées; Plombaginacées. — Les Primulacées sont des herbes habitant les régions tempérées de l'hémisphère boréal ; elles sont nombreuses sur les montagnes. Leurs caractères sont les suivants : feuilles simples, entières ; fleurs régulières du type cinq ; les étamines, insérées sur la corolle, sont placées vis-à-vis du milieu des pétales, exception remarquable à la règle de l'alternance des pièces florales d'un verticille à l'autre. L'ovaire est libre, à une loge renfermant en son centre une sorte de colonne renflée sur laquelle sont fixés de nombreux ovules ; c'est la placentation centrale, caractéristique de la famille ; le fruit est une capsule.

La Primevère officinale (Primula) ou Coucou de nos prés porte une ombelle de fleurs d'un jaune foncé; la Primevère élevée et la Primevère à grandes fleurs, fort communes aussi, sont cultivées dans les jardins, ainsi que la Primevère auricule ou Oreille d ours des Alpes et plusieurs espèces d'Extrême-Orient: Primevère obeonique, Primevère de Chine, etc. Les Cyclamens ont un rhizome tubéreux, des feuilles radicales à long pétiole, des fleurs pendantes, nombreuses, dont les cinq pétales, redressés vers le ciel, sont tordus sur eux-mêmes. La Soldanelle des Alpes, à corolle d un bleu intense, et les Androsaces de nos montagnes, à corolle blanche ou rose, se cultivent sur les rocailles. Parmi nos Primulacées indigènes : les Lysimaques, dont une espèce à tiges couchées et à fleurs d'un jaune d'or est l'Herbe aux écus ; le Mouron des champs (Anagallis) ou Mouron rouge, très petite herbe à fleurs rouges, bleues ou blanches ; il ne faut pas, dans ce dernier cas, la confondre avec le Mouron des oiseaux (Slellaria), qui est une Caryophyllacée, car ses graines sont mortelles pour les petits hôtes des cages. Les Hottonies sont des herbes aquatiques nageantes à feuilles très découpées et à fleurs en grappes.

Les Plombaginacées diffèrent surtout des Primulacées par la pluralité de leurs stigmates, leur placentation basilaire; elles habitent principalement les terrains salés, comme les Statices ou Lilas des marais salants. L'Armérie maritime ou Gazon d'Olympe forme de jolies bordures dans les jardins.

Sapotacées. — Les Sapotacées sont des plantes ligneuses laticifères des régions tropicales; leurs feuilles sont alternes, simples, entières ; les fleurs, régulières, hermaphrodites, à pièces presque toujours par cinq ; les carpelles clos forment un ovaire à plusieurs loges uniovulées; le style est simple et le fruit charnu. Elles diffèrent surtout des Primulacées par leur placentation et leurs ovules.

Le Sapotillier comestible (fig. 225), originaire des Antilles, est un bel arbre à fleurs blanches isolées; le fruit ou sapotille est une baie grisâtre de la taille d'une pomme; sa pulpe se mange presque blette.

Audrosace en fleurs, dans les Alpes.

Fleurs de Rhododendron.

comme celle des nèfles. Les Sideroxylon, grands arbres à feuilles coriaces, ont de petites fleurs naissant en faisceaux à l'aisselle des feuilles; tous fournissent des bois durs, veinés, incorruptibles; ce sont les bois de fer des ébénistes.

L Arganier bois de fer est inconnu en dehors du territoire marocain : il croît entre 29° et 32" de latitude Nord, sur une bande de 40 kilomètres de largeur parallèle au littoral . Epineux, le tronc noueux, haut de 6 à 8 mètres, il rappelle beaucoup 1 Olivier; son fruit ou argan est une drupe vert jaunâtre ponctué de blanc, de la taille d'une grosse olive ; ses feuilles sont broutées par les chèvres et les chameaux, ainsi que les fruits mûrs. Les noyaux, rejetés par les animaux, sont recueillis, brisés, et les graines torréfiées fournissent une huile de saveur forte, qui est très estimée des Marocains.

Le Butyrosperme de Mungo-Park, dit Arbre à beurre ou Karilé, est un bel arbre de 20 mètres de haut, à port de Chêne, à feuilles oblongues, caduques, répandu dans les savanes du Soudan. Ses fruits, de la grosseur d'une noix, renferment sous leur chair comestible, agréable, une coque dure abritant la graine ; celle-ci contient une matière grasse qui est le beurre de Karité. Les Bassia voisins sont des arbres de l'Inde et d'Afrique; Ylllipe ou Bassia à longue feuille fournit le beurre d'Illipé.

Le latex desséché des Palaquium, grands arbres à feuilles coriaces, constitue la gutta-percha ; celui des Mimusops ou balata a des propriétés analogues.

Ebénacées, Styracées. — Les Êbénacées peuvent être considérées comme des Sapotacées sans latex, à fleurs dioïques et à carpelles biovulés ; elles habitent les régions chaudes du globe. Le genre Diospyros, seul intéressant, comprend les Êbéniers, dont le bois à cœur dur et noir est très recherché, et les Plaqueminiers, qui sont des arbres fruitiers dont les fruits se mangent blets. Le Plaqueminier lotus ou d'Italie croît dans l'Europe et 1 Asie méridionale ; ses fruits jaunâtres sont gros comme des cerises ; le Plaqueminier de Virginie ou persimon, prune-datte, cultivé dans le midi de la France et en Algérie, a des fruits un peu plus gros. L'espèce la plus utile est le Plaqueminier du Japon ou Ka^i, figue-caque, dont les fruits, d'un jaune brun particulier, rappellent les tomates par 1 aspect ; leur pulpe, molle et sucrée, est assez agréable au goût (Voir planche en couleurs des FRU ITS EXO TIQU Es). Les Styracées sont des Ebénacées à fleurs hermaphrodites. Les Aliboufiers ou Styrax produisent des baumes qui s'écoulent par des incisions pratiquées dans l'écorce : tels sont le Styrax benjoin, des îles de la Sonde, fournissant le benjoin, et le Styrax officinal, de la région méditerranéenne, donnant le storax.

LES OLEACEES

De toutes les Oléacées, la plus utile est l'Olivier, type de la famille, mais la plus répandue est le Lilas commun (Syringa), originaire des montagnes de Serbie et de Bulgarie. C'est un arbuste à feuilles opposées, entières, d'un vert tendre. Ses fleurs odorantes, groupées en un thyrse terminal, sont d'une nuance charmante à laquelle la plante a donné son nom. Chaque fleur se compose d'un court calice à quatre divisions, d'une corolle à quatre pétales soudés en un tube étroit et long, puis s'étalant en quatre lobes en croix; deux étamines insérées sur la corolle et un ovaire à deux loges biovulées sont enfermés dans le tube de la fleur ; le fruit est une capsule s ouvrant par deux valves. Le Lilas, splendeur des bosquets au printemps, a donné un grand nombre de variétés culturales.

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

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Cl. F. Faideau.

Branches de Lilas commun.

Le Troène vulgaire ( Ligustrum ) est u n arbuste de 2 à 3 mètres, commun dans nos bois; ses feuilles, entières, luisantes et lancéolées, sont presque persistantes; ses fleurs, blanches, en grappes, rappellent celles du Lilas, mais l'odeur en est peu agréable ; le fruit est une baie noire. Les Forsythia sont des arbustes d'ornement aux fleurs jaunes très précoces.

L'Olivier a" Europe (Olea) qui, malgré son nom , est probablement originaire de l'Asie Mineure, a été introduit et cultivé dès la plus haute antiquité sur tout le pourtour méditerranéen. C'est un arbre à croissance très lente, mais pouvant cependant atteindre des dimensions colossales, jusqu à 10 et 12 mètres de circonférence à la base du tronc, avec une hauteur de 15 à 20 mètres; alors il est noueux, à branches tortueuses et ramifiées, d'un aspect tourmenté remarquable. Ses feuilles, étroites et d'un vert grisâtre, à ourlet inférieur, sont persistantes. Les fleurs, petites et d'un blanc jaunâtre, en grappes courtes et serrées, ont une corolle à tube très court, laissant déborder deux étamines; le fruit ou olive est une drupe ovoïde, d'abord verte, puis d'un violet noirâtre à la maturité ; son noyau très dur ne renferme qu'une graine. Les olives vertes sont servies comme hors d œuvre, après un séjour dans la saumure. Pour l'extraction de 1 huile, qui est leur usage le plus important, on cueille les olives à leur maturité complète. L'Olivier donne aux tourneurs et aux ébénistes un bois dur, richement nuancé et veiné.

Notre Frêne commun (Fraxinus) est un bel arbre atteignant jusqu'à 35 mètres de haut. ËLcorce grisâtre, assez lisse, bourgeons d'un noir velouté, feuilles opposées à folioles denticulées en nombre impair, tels sont ses caractères les plus apparents. Ses fleurs polygames, d'un vert jaunâtre, naissent en panicules sur le vieux bois; les hermaphrodites n'ont ni calice ni corolle et se composent simplement de deux étamines et d'un pistil nu, auquel succède une samare étroite et longue. Le Frêne est un arbre d'alignement ; son bois dur et tenace est excellent pour le charronnage et la menuiserie. Le Frêne orne ou Frêne à manne de la région méditerranéenne a des fleurs pétalées et blanches : c'est le Frêne à fleur. Il laisse écouler par incision de son écorce une substance sucrée, la manne, excellent purgatif doux.

Les Jasmins sont des arbrisseaux dressés ou grimpants à grandes fleurs, à cinq pétales et à fruits charnus (baies). Le Jasmin commun est une espèce grimpante à fleurs blanches, d'odeur suave.

LES SOLANACÉES.

En été, dans les haies, fleurit la Morelle douce-amère, arbrisseau à rameaux dressés ou volubiles, à feuilles alternes, entières ou lobées, suivant leur position sur la tige. Les fleurs ont un calice régulier à cinq sépales soudés persistants, une corolle à cinq pétales violets étoiles, en tube à la base et supportant cinq étamines à filets gros et courts, à anthères rapprochées; l'ovaire est libre, à deux loges. La Douce-amère est un bon remède populaire comme dépuratif.

Les caractères que nous venons d'indiquer se rencontrent chez les autres Solanacées. Ce sont des herbes ou des arbrisseaux, à feuilles alternes, découpées, d'un vert sombre et sans stipules ; la fleur est régulière, du type cinq ; les anthères, très rapprochées les unes des autres, s'ouvrent non par deux fentes, mais par deux trous au sommet. Le pistil est formé de deux carpelles renfermant de nombreux ovules; le fruit est une baie ou une capsule : d où la division en deux tribus. Les Solanacées renferment des principes vénéneux. Ces plantes abondent dans les régions chaudes du globe et principalement en Amérique.

Sidéroxylon cendré (à droite) et Eléodendron oriental, à La Réunion.

Solanacées à baies. — Le genre Morelle ou Solanum est représenté en France par la Morelle douceamère et la Morelle noire ou Tue-chien , herbe vénéneuse, ou du moins narcotique, fort commune. La Morelle tubéreuse ou Pomme de terre (fig. 226) est une plante à feuilles composées, à fleurs blanches ou violacées. Ses rhizomes se renflent par place en tubercules gorgés d'amidon.

Originaire du Chili, la Pomme de terre fut introduite en Espagne après la conquête du Pérou, de là en Italie, puis dans les Flandres; Clusius la cultivait en 1588 et John

Gerarde, grâce à Walter Raleigh, l'obtint en 1596. Au début du XVII0 siècle, elle existait dans presque toutes les contrées d'Europe et était déjà beaucoup cultivée en Irlande. Dès 1650, la pomme de terre était utilisée pour l'alimentation en Angleterre, en Franche- Comté, en Lorraine, mais dans la plus grande partie de la France on répugnait à son usage, même pour le bétail. Parmentier est célèbre par l'ardente campagne qu'il mena, sous Louis XVI, pour 1 utilisation de la Pomme de terre ; cependant la culture de cette plante ne devint générale dans notre pays que vers 1820, après plusieurs récoltes de blé déficitaires.

La Morelle mélongène est l'Aubergine ; les grosses baies, oblonques et d'un violet spécial, decetteplante.de patrie inconnue, sont fort appréciées. Une variété curieuse est la Morelle à œufs ou Plante aux œufs, dont les fruits non comestibles rappellent tout à fait des œufs de poule (p. 44); enfin la Morelle faux piment ou Ceriser d'amour est un petit arbuste décoratif par ses jolis fruits d'un rouge orangé. La Tomate (Solanum Lycopersicum), d'origine américaine, est une herbe d'odeur forte et à fleurs d'un jaune pâle. On la cultive pour ses fruits rouges ou jaunes de formes variées.

Les Coquerets ou Physalis sont remarquables par leur fruit, baie rouge emprisonnée dans un grand sac écarlate qui n'est autre chose que l'ancien calice de la fleur. A l'automne, ce sac se réduit à des nervures et devient une cage en dentelle à travers laquelle on aperçoit le fruit : Amour en cage, Cerise d'hiver, sont les noms vulgaires de notre espèce indigène. Plusieurs espèces américaines sont ornementales ; le fruit des Coquerets est comestible.

Les Piments (Capsicum) sont des herbes des pays chauds et principalement d'Amérique ; les fleurs solitaires sont blanchâtres ; le fruit est une baie d'abord verte, puis d'un rouge vif à la maturité;

il doit sa saveur acre et forte à un principe rubéfiant, la capsicine.

Signalons encore les Lyciets, arbrisseaux souvent épineux, utilisés pour garnir les palissades, et deux plantes très vénéneuses, la Belladone et la Mandragore. La Belladone (Atropa) est une herbe à feuilles entières, à fleurs brunes en tube ; son fruit est une petite baie noire entourée par le calice persistant ; il renferme un alcaloïde, l'atropine, qui dilate la

Fij<. 225. — Sapotillier.

a, Fleur ; b, Fruit.

Datura eu arbre.

pupille, diminue la sensibilité, réduit les sécrétions, agit sur les muscles. Les Mandragores habitent la région méditerranéenne ; herbes à tige courte et à très grosse racine charnue, elles ont des propriétés narcotiques.

Solanacées à capsule. —

Le Datura Siramoine, que 1 on rencontre au bord des routes, a des fleurs blanches en tube étroit plissé; son fruit, ou pomme épineuse, est une capsule hérissée d'aiguillons et s'ouvrant en quatre valves; ses propriétés toxiques sont analogues à celles de

la Belladone. Nombre d'espèces de Datura, dont certaines sont des arbustes, se cultivent pour la beauté et le parfum de leurs fleurs ; la culture n'atténue pas leurs propriétés toxiques.

Une autre Solanacée fort dangereuse est la Jusquiame noire, herbe molle et velue, assez commune dans les décombres.

Les Tabacs (Nicotiana) sont de hautes herbes à larges feuilles entières, à corolle longuement tubuleuse et dont le coloris varie. Le Tabac renferme comme on sait un alcaloïde très toxique, la nicotine. L'usage de fumer les feuilles de cette plante semble remonter fort loin chez les Indiens d'Amérique. Le Tabac fut introduit en Europe par les Espagnols et les Portugais (1518) ; aujourd'hui il est universellement cultivé. Plusieurs Tabacs sont de très belles plantes d'ornement. Comme Solanacées de nos jardins, les Pétunia, les Nierembergia, les Salpiglossis, à corolle bilabiée ; les Schizanthes, à deux étamines, sont très connus.

Borraginacées. — Les Borraginacées se distinguent des Solanacées par leur inflorescence et leur ovaire. Ce sont presque toujours des herbes à feuilles alternes, couvertes de poils rudes; leur cyme scorpioïde se redresse à mesure que les fleurs s épanouissent. La fleur, rarement un peu irrégulière, est du type cinq. L ovaire est libre, à deux carpelles et à deux loges, devenant plus tard, par formation d'une fausse cloison, à quatre logettes dont chacune abrite un ovule. Le fruit consiste le plus souvent en quatre akènes (fig. 227, a); le style est basai. La plupart de ces plantes contiennent dans leurs tissus une quantité assez notable de salpêtre qui explique leurs propriétés sudorifiques ou diurétiques.

La Bourrache officinale (fig. 227) [Borrago], ^ype de la famille, est une herbe annuelle des lieux cultivés; l'infusion des feuilles et des fleurs est un remède populaire. Les Pulmonaires, les Grémils (Lithospermes), les Vipérines (Èchium), les Cynoglosses, les Consoudes abondent dans les champs, les bois ou au bord des eaux. Les Buglosses (Anchusa) sont aussi fort communes; YAlkanna tinctoriale ou Orcanette, de la région méditerranéenne, fournit une matière colo- Fig. 226. — Coupe rante rouge, réactif des chimistes. de la fleur de Pomme de terre.

Un vieux Frêne, en Kabylie

> • stigmate anthère

Du Myosotis des marais on a fait le symbole du souvenir affectueux ; les noms les plus doux (Ne m'oubliez pas) lui ont été prodigués dans tous les pays d'Europe où il croît et, de fait, rien n'est plus gracieux que sa mignonne corolle d'un si beau bleu.

Tandis que chez toutes les espèces précédentes le style part de la base de l'ovaire, il est terminal chez les Héliotropes; on cultive souvent Y Héliotrope du Pérou, aux fleurs violettes d'odeur suave.

Les Cordia sont des plantes ligneuses des régions tropicales ; elles fournissent des bois estimés.

Ilicacées. — Les Ilicacées forment une petite famille ayant certaines analogies avec les Rhamnacées et qui, pour cette raison, a été placée parfois dans les Dialypétales.

Le Houx commun (llex aquiiolium), répandu dans les bois de 1 Europe tempérée, a des branches flexibles, des feuilles alternes, coriaces, luisantes, souvent ondulées et dont les nervures se prolongent en épines. Les fleurs, menues et blanches, par petits bouquets à l'aisselle des feuilles, ont un calice à quatre dents, une corolle dont les quatre pétales sont soudés à leurs base, quatre étamines chez les fleurs mâles et, chez les fleurs femelles, un ovaire à quatre loges uniovulées cl à style court. Les pieds femelles se couvrent à l'automne de drupes d'un rouge vif, renfermant quatre petits noyaux très durs. Le bois du Houx, à grain fin et serré, est employé aux ouvrages de tour et de marqueterie.

Dans tout le bassin du Rio de la Plata croît un petit arbre, le Houx maté du Paraguay ou thé du Paraguay, cultivé aujourd'hui dans une grande partie de l'Amérique du Sud. Ses feuilles coriaces, dentées, renferment de la caféine et fournissent une infusion stimulante qui remplace le thé.

Convolvulacées, Polémoniacées. — Nos Liserons indigènes sont des représentants bien connus de cette famille qui se relie intimement aux Borraginacées, et qui comprend des herbes couchées ou volubiles à droite et parfois dressées ; peu sont ligneuses. Les feuilles sont alternes, les fleurs du type cinq, à ovaire

libre ayant deux loges; le fruit variable est le plus souvent une capsule. Ces plantes abondent surtout dans les pays chauds.

Le nom de Liserons est donné à plusieures plantes des genres Conoolvulus ou Calystegia. Le Liseron des champs (Convoloulus) ou Petit Liseron, Vrillet, est une mauvaise herbe qui court sur le sol ou s enroule autour des chaumes ; ses jolies fleurs en entonnoir et d'un rose très pâle exhalent un délicat parfum d'amande amère. Le Liseron tricolore (Convolvulus) est une herbe annuelle non grimpante; ses fleurs, qui ne s'épanouissent que pendant le jour : d'où son nom de Bellede-jour, ont le tube jaune, la gorge blanche et le limbe bleu. Le Liseron scammonée d'Orient laisse écouler de sa grosse racine incisée un latex résineux purgatif. Le Grand Liseron ou Liseron des hâtes (Calystegia sepium) affectionne le bord des eaux et fait grimper autour des Roseaux ou

Fig. 227. — Bourrache.

a, Fruit ; b, Fleur.

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

des branches de Saule ses grandes feuilles en cœur et ses larges fleurs blanches comme neige. Le Liseron soldanelle ( Calystegia Soldanella ) orne de ses fleurs roses les sables et les rochers du littoral maritime.

Les Ipomées diffèrent peu des Liserons : leur style est en bouton et non en fourche ; elles habitent les pays chauds. L'/pome'e pourpre est le Volubilis, originaire de lAmérique du Sud ; transporté dans nos jardins, il y a fait merveille. L'/pome'e purgative est le Jalapdu Mexique, dont la racine pulvérisée sert en médecine. L'/pomee batate de l'Inde est la Patate, dont les racines tubéreuses à chair sucrée et tendre remplacent la pomme de terre sous les tropiques.

Les Cuscutes forment une tribu spéciale d'herbes parasites, sans chlorophylle et sans feuilles (p. 56). Leurs tiges filamenteuses si abondantes leur ont fait donner les noms de Tignasse, Perruque du diable, etc. Les fleurs, petites, campanulées, blanches ou roses, en glomérules compacts, ont leurs pièces par cinq ; l'ovaire porte deux styles et le fruit est une capsule à deux loges renfermant en tout quatre

graines. Les Cuscutes sont des plantes redoutables dont la destruction est obligatoire.

Les Polémoniacées forment une petite famille différant des Convolvulacées, et surtout des Borraginacées, par l'ovaire à trois loges. Plusieurs sont appréciées dans les jardins comme la Polémoine bleue ou Valériane grecque, les Phlox, les Gilia et la Cobéa grimpante, qui atteint jusqu'à 8 mètres de hauteur.

Apocynacées. — La Pervenche (Vinca), une des jolies fleurs de nos printemps, a des corolles d'un bleu superbe. C'est une herbe vivace à feuilles opposées, luisantes et à fleurs solitaires. Le calice est à cinq sépales courts ; la corolle, à cinq pétales égaux, soudés en tube à la base et s'étalant ensuite en soucoupe; cinq étamines à anthères rapprochées sont insérées sur le tube de la corolle ; le pistil est libre, à deux ovaires fermés, non soudés ; la soudure s'opère par le style.

La Pervenche est dans la flore française le seul représentant de la famille des Apocynacées, qui comprend surtout des arbres et des arbustes tropicaux, à feuilles opposées ou verticillées, à fleurs régulières et à fruit variable. Ces plantes contiennent un latex qui, selon les espèces, est sucré et alimentaire (Tabernœmontana), ou fébrifuge, ou très vénéneux (Adenium) ; celui des Hancornia, Landolphia et du Mascarenhasia fournit un excellent caoutchouc. Les Frangipaniers ou Plumeria sont des arbustes de l'Amérique tropicale, cultivés dans les serres pour leurs jolies fleurs à odeur de frangipane. Les Pachypodes sont de très curieuses plantes ligneuses de Madagascar. Le Pachypode de Gea\){fig. 228) est un arbre de 8 à 10 mètres, à tige simple, charnue, épaisse, tellement molle qu'on peut presque l'abattre avec un sabre, et terminée par une rosette de feuilles. D'autres espèces sont des arbres gros et courts couverts de rameaux épineux, ou même sont réduites à un tronc difforme de 20 centimètres de haut poussant entre les rochers.

Le Laurier -rose (Neriurn oleander) est un bel arbuste qui, en Perse et en Consolide officinale.

Cl. Alluaud,

Pachypode de Lamere, à Madagascar.

Grèce, garnit le fond des ravins de ses charmantes fleurs roses ou blanches. Ses feuilles entières sont verticillées et persistantes ; son latex blanc est un poison violent.

Les Strophanthes, lianes habitant les régions intertropicales de l'Ancien continent, ont les fleurs à pétales prolongés en une étroite lanière tordue sur elle-même et atteignant 1 5 centimètres de long ; le fruit, cylindrique et de la grosseur du petit doigt, est un double follicule, long parfois de 50 centimètres et renfermant jusqu'à trois cents graines, dont chacune est surmontée d'une longue aigrette soyeuse. L'extrait aqueux des graines ou de la racine de ces plantes est employé par les peuplades d'Afrique pour empoisonner les flèches.

Asclépiadacées. — Les Asclépiadacées ne diffèrent des Apocynacées que par leurs étamines insérées au fond de la corolle et fortement adhérentes au pistil, et par leur pollen agglutiné en deux à quatre masses ou pollinies par anthère. Le fruit consiste en deux follicules parallèles ; les graines sont pourvues d'une aigrette dont les filaments ou soie oégétale ont des qualités textiles utilisées chez plusieurs espèces de l'Inde. Le latex des Asclépiadacées a les mêmes propriétés que celui des Apocynacées.

Le Dompte-venin officinal (Cynanchum Vincetoxicum) est une herbe commune dans nos bois ; le Gomphocarpe à feuilles de saule ou Faux Cotonnier est très répandu en Corse; on le cultive dans les jardins ainsi que YAsclépiade cornue ou Herbe

à la ouate, originaire W M"itJ* ^■■HNBH^HflHHBB d Amérique, et les Stape-

lia, de l'Afrique du Sud, qui, sans feuilles et à tiges charnues dentelées, ont tou t à fait l'aspect de Cactées.

Fleurs du Volubilis.

Fig. 228. — Pachypode.

a, Rameau fleuri ; b, Fruit.

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Cl. F. l-'niilrnu.

Pied de Bouillon blanc.

Gentianacées. —

Les Gentianacées sont des herbes amères et fébrifuges, propres aux régions tempérées et montagneuses. Les feuilles sont opposées, sauf pour le Trèfle d'eau ; les fleurs, groupées en cymes, sont hermaphrodites, régulières, à pièces par cinq ou rarement par quatre ; l'ovaire est à une loge ; le fruit est une capsule.

L' Erythrée petite centaurée est une herbe à fleurs roses s épanouissant en été dans les pâturages. Ses sommités fleuries, en infusion, constituent l'un des meilleurs fébrifuges indigènes.

Les Gentianes ont de belles fleurs vivement colorées; sur nos montagnes, elles abondent parfois au point de nuire à la qualité du fourrage. Leur racine renferme un principe amer et un sucre, la gentianose. D'autres Gentianacées indigènes sont aquatiques, tels le Ményanthe trèfle d'eau et le Limnanthème faux nénuphar.

Loganîacées. — Les Loganiacées, plantes des régions tropicales, ne diffèrent des Gentianacées que par leurs feuilles stipulées et leur ovaire à deux loges ; le fruit est variable. Elles sont aussi très amères et, de plus, beaucoup sont très vénéneuses, notamment les Strychnos, arbres ou lianes à fleurs ordinairement blanches et dont le fruit est une grosse baiesphérique. LeSiryc/inos vomiquier, de' l'Inde, est un arbre dont le fruit jaune orange, gros comme une orange, renferme des graines ayant l'aspect de boutons déformés ; connues sous le nom de noix comique, elle sont très vénéneuses, en raison de la présence d'un alcaloïde, la strychnine; c'est un poison violent et rapide, un excitant du système musculaire qui, à dose massive, tue un homme en vingt minutes après de terribles convulsions. Le Strychnos ignatier est un arbre des Philippines ; ses graines ou fèves de Saint Ignace ont des propriétés analogues. L'écorce et le bois de beaucoup de Strychnos (S. de Castelnau) fournissent, après coction, le curare, célèbre poison de flèche, employé jadis par les Indiens de l'Amazone, de 1 Orénoque et des Guyanes. C'est une matière noirâtre, soluble dans l'eau et qui doit son activité à un alcaloïde, la curarine. L introduction du curare par la voie digestive n'est dangereuse que si les muqueuses sont excoriées, car l'absorption se fait assez lentement pour que le poison soit éliminé au fur et à mesure par les reins ; c'est pourquoi la chair des animaux tués à l'aide de flèches plongées dans le curare peut être consommée ; mais, inoculé dans le sang, ce poison tue en quelques minutes par paralysie des voies respiratoires. Claude Bernard a montré que le curare respecte l'appareil musculaire et le système nerveux sensitif, mais engourdit et paralyse le système nerveux moteur (mort par arrêt de respiration).

LES SCROFULARIACÉES.

Le Muflier (flg. 229) ou Gueule-de-loup (Antirrhinum majus) est commun au sommet des vieilles murailles; il orne aussi les jardins. C'est une herbe vivace, à feuilles allongées, étroites ; les inférieures opposées, les supérieures alternes. Ses grandes fleurs en grappes terminales ont un calice persistant à cinq lobes courts, une corolle irrégulière à cinq pétales soudés formant un tube bossu à la base et se terminant par deux lèvres ; à l'état spontané, elle est rouge ou blanche, à gorge jaune, parfois entièrement jaune. A l'intérieur de cette corolle fermée sont insérées quatre étamines, dont deux plus petites; l'ovaire est libre, à deux loges, et surmonté d un style simple. Le fruit est une capsule s'ouvrant par trois trous au sommet (p. 44). Le Muflier peut être pris pour type de la famille des Scrofulariacées, qui comprend des herbes et quelques arbres des régions tempérées et montagneuses. On peut les considérer comme des Solananées à fleurs irrégulières et n'ayant plus que quatre étamines dont deux petites. Nous rapprocherons les Verbascées et les Scrofulariacées proprement dites.

Laurier-rose en îleurs.

Les Verhascées se rapprochent le plus des Solanacées ; leur fleur presque régulière comporte cinq étamines, inégales, il est vrai.

Les Molènes ( Verbascum) ou Bouillons blancs sont les représentants de cette tribu dans nos champs. Ce sont de grandes herbes à larges feuilles molles, cotonneuses, à hauts épis dressés de fleurs d'un beau jaune ( V.Thapsus); elles sont pectorales.

Parmi les Scrofulariacées proprement dites, il faut ranger les Linaires,

dont les fleurs, assez semblables à celles du Muflier, s'ornent d un long éperon à la base de la corolle; l'une des plus jolies espèces est la Linàire cymbalaire, dite Ruine de Rome, qui garnit les vieilles murailles de ses fleurs violettes et de son feuillage lobé. La Scrofulaire de nos bois a donné son nom à la famille. La Digitale pourpre, très vénéneuse, porte une longue grappe de grandes fleurs pourprées, presque régulières et en forme de dé à coudre : d'où son nom. Des feuilles, on retire un poison, la digitaline, employée contre les palpitations de cœur. Très commune dans les bois siliceux, après la coupe des taillis, la Digitale pourpre est remplacée en terrain calcaire par la Digitale jaune.

Les Véroniques forment un genre nombreux. Nos espèces européennes sont de charmantes petites herbes ; plusieurs espèces étrangères cultivées dans les jardins sont des arbustes. Le calice et la corolle, presque réguliers, ont quatre divisions, et il n'y a que deux étamines. Les fleurs, petites mais fort élégantes, sont souvent d'un bleu admirable.

Parmi les Scrofulariacées étrangères, il faut citer le Paulownia impérial, bel arbredu Japon, qui a été introduit en France en 1834; ses grandes fleurs bleues très parfumées, en panicules dressées terminales, s épanouissent en mai, en même temps que commencent à paraître ses larges feuilles en cœur. Les Calcéolaires, originaires de l'Amérique du Sud, sont des plantes d'ornement remarquables par la beauté et la bizarrerie de leurs fleurs qui ressemblent à de petits sabots; elles n ont que deux étamines. Le Maurandia grimpant, du Mexique, garnit gracieusement les tonnelles; les Collinsia, les Mimules sont de jolies plantes de jardins.

Plusieurs espèces indigènes, bien que pourvues de chlorophylle, sont parasites : tels sont les Euphraises, les Pédiculaires, les Rhinanthes, les Odoniites et les Mélampyres; ces derniers se nourrissent par des suçoirs qui partent de leurs racines et s'enfoncent dans celles des Graminées (p. 56). On rencontre des Pédiculaires (P. laineuse, P. à fleur Velue) jusque dans les régions arctiques.

Utriculariacées. — Les plantes formant la petite famille des Utriculariacées diffèrent des précédentes par leur ovaire à une loge et leur placentation centrale. Les Utriculaires habitent les eaux stagnantes ; leurs fleurs sont jaunes, irrégulières; leurs feuilles, très découpées, semblent réduites aux nervures; certaines cependant présentent de petites vésicules ovoïdes, dont l'ouverture, entourée de poils ramiSés, peut être fermée par une mince soupape s'ouvrant de dehors en dedans. Ce sont des flotteurs et aussi des pièges, où l'on trouve souvent des débris de petits crustacés ou de larves d insectes.

Fig. 229. — Muflier ^-a Grassette commune (Pinguicula)

ou Gueule-de-loup. abonde dans les prairies tourbeuses, où

a.Coupede la fleur ; b, Fruit. elle épanouit en juillet ses mignonnes

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

Fleurs de Gloxiuia (Sinningia).

fleurettes irrégulières. Ses feuilles

charnues, disposées en rosette, ont

leur face supérieure couverte de poils

glanduleux dont la sécrétion diges-

tive englue les insectes. Les Genlisea à feuille en cornet ramifié

ont le même mode de vie : ce sont encore des plantes carnivores.

Orobanchacées. — On rattache les Orobanchacées soit aux Scrofulariacées, dont elles se rapprochent par la corolle et les étamines, soit plutôt à la famille suivante des Gesnéracées, dont elles ont l'ovaire à une loge avec placentas pariétaux. Elles se distinguent des unes et des autres par leur mode d'existence : ce sont des parasites dont les racines sont reliées par un gros tubercule suçoir aux racines d'autres plantes. C'est à ces organes souterrains que se réduisent les Orobanchacées pendant la plus grande partie de 1 année. En été, elles laissent sortir déterre une hampe chargée de fleurs et portant des écailles tenant lieu de feuilles; le tout sans chlorophylle, de nuance pâle et d'aspect maladif. Telles sont les Orobanches, parasites du Gaillet, du Trèfle, du Sainfoin, du Lierre, etc. ; la Lathrée, les Phélipées, qui vivent aux dépens des Peupliers, duTabac, du Chanvre(p.56).

Gesnéracées, Bignoniacées, Acanthacées. — Ces trois familles, comprenant surtout des plantes des pays chauds, ont de grandes affinités avec les Scrofulariacées; la première s'en distingue par l'ovaire ordinairement à une loge et la placentation pariétale ; la seconde, par les graines ailées et sans albumen ; la troisième, par le mode d'ouverture de la capsule loculicide et les graines non ailées et dépourvues d'albumen.

Les Gesnéracées comprennent de superbes plantes de serres et princi-

fwlement les Gloxinia (Sinningia), es Saint-paulia, les Achimènes. À une tribu de Gesnéracées, celle des Pédaliées, appartiennent les Martynia, aux fruits de forme curieuse, et le Sésame de l'Inde, plante oléagineuse d'une certaine importance.

Les Bignoniacées sont ligneuses.

Kesvull-Hulmstn.

Pédiculaires des terrains pierreux du Spitzberg.

Digitale pourpre des bois siliceux.

Le Catalpa, bel arbre de l'Amérique du Nord acclimaté en Europe, rappelle le Paulownia par ses larges feuilles; mais ses fleurs sont blanches et n apparaissent qu'après les feuilles. Le Tecoma, dit Jasmin trompette ou Jasmin de Virginie, est un arbrisseau grimpant. Le Crescentia ou Calebassier, de l'Amérique tropicale, fournit des fruits à paroi ligneuse, employés comme récipients. Les Kigelia ont de longs fruits cylindriques (p. 7 et 44).

Les Acanthacées, enfin, sont représentées par les Acanthes, herbes à vastes feuilles découpées et dentées, très ornementales ;

leurs fleurs blanches, roses ou pourpres, sont en longs épis terminaux.

Labiées. — L'immense famille des Labiées a des représentants sur tout le globe; ils sont particulièrement nombreux dans la région méditerranéenne. Ce sontdes herbes, rarement de petits arbrisseaux, comme le Thym ou la Lavande. La tige quadrangulaire porte des feuilles opposées (jig. 231 , E). Le calice est à cinq sépales soudés ; la corolle est bilabiée : la lèvre supérieure formée de deux pétales soudés et la lèvre inférieure de trois {jig. 230). Il y a quatre étamines, dontdeux pluspetites. L'ovaire est libre, à deux loges partagées plus tard par une fausse cloison en quatre logettes et devenant quatre akènes ; le style est basai ( gynobasique). La plupart des Labiées sont couvertes de poils, renflésàleurextrémi té en une petite glande sécrétant des essences aromatiques. Ce sont des plantes mellifères; elles ont des usages en parfumerie, confiserie, liquoristerie, médecine, horticulture; certaines sont condimentaires. On peut les considérer comme des Borraginacée's irrégulières, de même que les Scrofulariacées sont des Solanacées irrégulières.

Les Lamiers (jig. 230 et 231 , A) sont des herbes communes partout.

Le Lamier blanc, dit Ortie blanche, vit dans les endroits incultes. Le Lamier pourpre et YAgripaume car-

Binage d'un champ de Mélisse

diaque (Leonunts), la Ballote fétide, les Épiaires ou Stachys sont aussi fort répandus. Le Stachys affinis, originaire du Japon, a été introduit en France en 1885 ; ses rhizomes en chapelet sont vendus comme légumes sous le nom de crosnes, qui est celui du village de Seine-et-Oise, près Montgeron, où ils furent d'abord cultivés.

Les Toques ou Scutellaires, les Brunelles abondent dans les bois et les prés. Le Gléchome à feuille de Lierre ou Lierre terrestre est une petite plante aromatique à fleurs bleuâtres dont l'infusion est pectorale. La Népéta chataire ou Herbe aux chats croît dans les haies; son odeur attire les chats comme celle de la Valériane. Le Romarin officinal, arbrisseau à feuilles étroites, coriaces, couvre les collines arides du midi de la France. La Sauge des prés (Salvia) est une jolie plante dont les grappes de fleurs bleues égaient les prairies en été ; la Sauge sclarée ou Toute bonne, la Sauge officinale, du midi de la France, ont des propriétés stimulantes prononcées; certaines espèces, comme la Sauge splendide des parties chaudes de l'Amérique, sont de belles plantes. Les Sauges, comme le Romarin, n'ont que deux étamines.

Les Lavandes (Lavande spic. Lavande vraie) sont des arbrisseaux couvrant certaines parties de la région méditerranéenne : souche ligneuse très ramifiée, feuilles linéaires, étroites et blanchâtres, fleurs bleues ou violacées, par petits groupes disposés en épis cylindriques : tels sont leurs caractères. Le Basilic commun (Ocimum Basilic), de l'Inde, est cultivé dans les jardins pour son odeur agréable; les Coleus et les Perilla ont des fleurs insignifiantes, mais un superbe feuillage coloré; le Pogostemon patchouly, de 1 Inde et de la Malaisie, possède un parfum pénétrant.

Les Menthes affectionnent les lieux humides ; leurs fleurs sont

presque régulières (fig. 231, C); aromatiques, stimulantes, toniques,

ces plantes résument les propriétés des Labiées.

-Iév« sujr Les Origans sont des herbes ou des sous-ar-

lf\sM mate brisseaux dont l'Origan vulgaire, ou Marjolaine

Fig. 230.

Coupe en long

d'une fleur

de Lamier blanc.

Fig. 231. — Corolles et tiges de Labiées.

A, Lamier (coupe de la fleur) ; B, Germandrée ;

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