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LES MALVACÉES

La Mauve sylvestre (fig. 234) ou Grande Mauve (Malva), commune dans les champs, est une herbe vivace, velue, à feuilles alternes, dont le limbe, longuement pétiole, présente de cinq à sept lobes. Ses grandes fleurs régulières, disposées à l'aisselle des feuilles, ont un

Rose trémière.

Fig. 234.

Mauve sylvestre.

a, Coupe de la fleur ; 6, Fruit

calice à cinq sépales soudés, doublé en dessous d'un calicule, sorte de collerette formée par trois petites feuilles; la corolle comprend cinq grands pétales veinés d un rose violacé. Les étamines nombreuses sont soudées entre elles par leurs filets; les anthères n'ont que deux sacs polliniques, au lieu de quatre, chiffre habituel. L'ovaire est libre, arrondi, à nombreuses loges et surmonté d'un style qui passe au centre du tube formé par les étamines et se divise en autant de stigmates que l'ovaire a de loges. Le fruit est à loges distinctes, dont chacune renferme une seule graine et se détache isolément : il se divise ainsi en akènes. Les Malvacées rappellent les Renonculacées par leurs nombreuses étamines. Ces plantes sont répandues sur la terre entière, sauf dans les régions arctiques ; dans les pays chauds, beaucoup sont de grands arbres. Feuilles alternes à nervation palmée et munies de stipules; fleurs régulières du type cinq, souvent de grande taille, étamines parfois partiellement soudées, ovaire libre à carpelles clos, placentation axile, tels sont leurs caractères. Le fruit est variable. Les Malvacées sont parfois divisées en trois tribus : les Malvées, dont les étamines soudées en tube ont des anthères à deux sacs ; les Sterculiées, qui offrent le même caractère avec des anthères à quatre sacs; enfin les Tiliées, ayant les étamines à peine soudées à la base, avec des anthères à quatre sacs. Les Malvées contiennent un mucilage, substance visqueuse qui les fait employer comme émollientes ou adoucissantes ; beaucoup ont dans leurs tiges des fibres libériennes souples ou, autour de leurs graines, des filaments soyeux qui en font des plantes textiles.

La Guimauve officinale (Althœa), des prés du littoral maritime, est une grande herbe à feuilles blanchâtres, molles et velues, à fleurs d'un blanc rosé. Sa racine, écorcée et desséchée au four, est blanche, un peu sucrée ; c'est un excellent émollient.

Touffes de Lotus ou Nélombo (réceptacles eu pomme d'arrosoir).

Baobab, au Sénégal.

Fromagers, au Soudan

Les Hibiscus ou Ketmies habitent les pays chauds ; leurs fleurs, très belles, ont un ovaire à cinq loges. La Ketmie musquée, dite aussi Ambrette ou Herbe au musc, est un arbrisseau tropical ; la Ketmie comestible, ou Gombo, tropicale, possède une capsule comestible après cuisson, quand elle est encore verte ; la Ketmie à chanvre de l'Inde est textile; la Ketmie de Syrie ou Guimauve en arbre est ornementale, ainsi d'ailleurs que beaucoup d'autres Malvées : les Calirrhoés, les Abutilons, les Lavatères, les Mauves et la superbe Rose trémière ou Passe-rose (Althœa rosea).

La Malvée la plus importante est le Cotonnier (Gossypium). Ce genre comprend des espèces ayant pour fruit une capsule coriace s'ouvrant par trois à cinq valves et contenant des graines anguleuses, revêtues de longs poils crépus, blancs ou jaunâtres, qui constituent le coton. Les Cotonniers sont des arbustes ; l'espèce la plus répandue est le Cotonnier dit Sea Island (barbadense). On le cultive dans tous les pays chauds et humides comme plante annuelle; il atteint I à 2 mètres de haut; ses feuilles, alternes, pétiolées, ont cinq lobes arrondis ; ses fleurs éphémères, jaunes, sont suivies de capsules de la grosseur d'une noix ; elles mûrissent et s'ouvrent en même temps que s'épanouissent de nouvelles fleurs.

Plusieurs Malvées sont des arbres gigantesques des régions tropicales ; on en forme le groupe des Bombacées. Les Baobabs ou Adansonia (fig. 235) sont parmi les géants du règne végétal. Il en existe plusieurs espèces dont la plus connue est Y Adansonia digité du Sénégal, le plus gros des arbres; il dépasse rarement 20 mètres de hauteur, mais il a parfois 25 mètres de circonférence à la base, avec un sommet formant un dôme de verdure de 200 mètres de tour. Les feuilles, qui manquent pendant toute la saison sèche, c'est-à-dire pendant près des deux tiers de l'année, sont très brillantes et rappellent celles du Marronnier d'Inde ; les fleurs sont grandes, blanches; le fruit ou pain de singe est une grosse capsule ligneuse, veloutée, indéhiscente ; le bois, très léger, a de nombreux usages. Il y a à Madagascar plusieurs Baobabs; l'un a le tronc étranglé vers le haut (rubrostipa). Les Bombax et les Êriodendrons se distinguent des Baobabs par leur capsule déhiscente, remplie de filaments cotonneux courts qui appartiennent aux parois de la capsule et non à la graine, comme chez les Cotonniers; ils constituent l'ouate végétale ou kaP°k employée pour le rembourrage. Ces arbres sont connus sous le nom vulgaire de Fromagers, dû à leur bois blanc et tendre, comparable à du fromage; leur tronc a des racines -palettes.

La tribu des Sterculiées comprend des plantes herbacées ou ligneuses, à feuilles alternes, simples, stipulées. Les Sterculiers sont des arbres à fleurs unisexuées groupées en grappes; plusieurs sont à fruits comestibles ou riches en principes astringents utilisés en médecine. Le Brachychiton à jeuilles de Peuplier

d'Australie est un bel arbre natu- Fig. 235.

ralisé dans le midi de la France, Le Fleur et fruit du Baobab,

port du Kolatier ou Kola acuminée, originaire de l'Afrique tropicale, rappelle celui du Châtaignier; il atteint 20 mètres de haut ; les fleurs, mâles, femelles et monoïques, sont d'un jaune rougeâtre; la capsule, longue de 10 à 15 centimètres, abrite une douzaine de graines nommées noix de Kola; celles-ci renferment des alcaloïdes excitateurs du système musculaire.

Les Cacaoyers ou Theobroma sont des arbres d'Amérique ; leurs fleurs sont complètes; leur fruit est une baie volumineuse. Le Cacaoyer commun, arbuste de 4 à 10 mètres de haut, a des fleurs petites et rougeâtres, se succédant toute l'année. Son fruit ou cabosse, en forme de concombre, contient dans une pulpe molle une trentaine de graines qui sont la base de l'industrie du chocolat.

Les Tilleuls, qui ont donné leur nom à la tribu des Tiliées, sont de grands arbres à feuilles alternes, simples; les fleurs, très odorantes, jaunâtres, forment un corymbe dont le pédoncule commun est soudé sur une grande partie de sa longueur avec une longue et étroite bractée membraneuse; le fruit est un akène. Il existe une douzaine d espèces de Tilleuls; elles habitent les régions tempérées de 1 hémisphère nord. Les fleurs sont employées en infusions calmantes ; le bois, blanc et léger, est recherché par les menuisiers, les sculpteurs. Certains vieux Tilleuls sont célèbres ; tels sont : le fameux Tilleul de Morat, en Suisse; celui de Cadier en Keer, dans le Limbourg hollandais; celui de Schwartzenberg, en Saxe, qui a près de 8 mètres de tour à la base.

La Corrète capsulaire ou Jute est une herbe annuelle, haute de 2 à 3 mètres. Originaire de l'Inde, on la cultive pour ses fibres textiles donnant le chanvre du Bengale, propre à faire des sacs. Citons encore les Elœocarpus, donnant des bois d'œuvre estimés, les Sparmannia, cultivés pour leurs jolies fleurs et les fibres.

Ternstrémiacées. — Les Ternstrémiacées sont voisines des Malvacées et à feuilles à stipules caduques ; elles se rapprochent surtout des Tiliées par l'organisation de leurs étamines soudées à la base. Ce sont des arbres et des arbrisseaux à feuilles simples, alternes et coriaces.

Les Camélia, originaires d'Extrême-Orient, sont des plantes ornementales fort appréciées pour leur feuillage persistant et la beauté de leur floraison précoce. Le calice est à cinq sépales, la corolle a cinq pétales ; de nombreuses étamines sont soudées entre elles par la partie inférieure de leurs filets ; l'ovaire libre devient une capsule s'ouvrant au milieu des loges.

Le Théier, très voisin, est un arbuste de Chine; il peut atteindre une dizaine de mètres lorsqu'on l'abandonne à luimême; ses feuilles sont luisantes et d'un vert foncé; ses fleurs, blanches, assez grandes, faiblement odorantes. Feuilles et fleurs renferment une assez forte proportion d'un alcaloïde excitant, identique à la caféine. Les fleurs en boutons donnent une infusion d'arôme agréable, mais on n'emploie que les feuilles.

Diptérocarpées, Clusiacées. — Les Diptérocarpées sont de grands arbres des régions tropicales, différant surtout des Ternstrémiacées par la présence de stipules, de canaux oléorésineux, et par la persistance des sépales longuement accrus qui entourent le fruit et facilitent sa dissémination. L'akène de certains Diptérocarpes, gros comme une petite noix, porte deux ailes puissantes, longues de 25 centimètres. Chez les Dryobalanops, les cinq sépales accrus forment cinq ailes au fruit.

Le bois des Diptérocarpes est estimé pour la construction. Le Dryobalanops aromatique ou Camphrier de Bornéo fournit le bornéol, sorte de camphre très employé au Japon et en Océanie.

Les Clusiacées ou Guttifères sont aussi des plantes ligneuses tropicales, riches en canaux sécréteurs, mais leurs feuilles sont opposées et non alternes, comme celles des Diptérocarpées. Les Clusia d'Amérique sont, pour la plupart, épiphytes ; ils enlacent si étroitement le tronc de l'arbre qui les supporte qu'ils l'étouffent; aussi les nomme-t-on lianes meurtrières. Les Guttiers ou Garcinies sont surtout d'Asie; leur latex jaune, recueilli par incision, constitue la gomme-gutte (Garcinie de Hanbury), matière colorante employée pour la peinture à l'eau, La Garcinie mangoustan,

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

Fig.236. — Euphorbe réveille -matin.

a, Fleur j b, Fruit ; c, Graine grossie : d, Inflorescence ; e. Étamine.

originaire des Indes, cultivée à Maurice et à La Réunion, a des fruits rouges volumineux d'une saveur exquise.

Hypéricacées. — Le Millepertuis perforé (Hypericum perforatum) est une herbe des lieux incultes. Sa tige porte des feuilles opposées et se termine par une cyme de fleurs jaunes. Si l'on interpose entre l'œil et la lumière une feuille de Millepertuis, elle semble percée de petits trous ronds ; en réalité, ses tissus verts sont, en certains points, remplacés par des glandes remplies d'un liquide translucide. La fleur se compose de cinq sépales, de cinq pétales libres, de nombreuses etamines groupées en trois pinceaux saillants et d un pistil libre comprenant un ovaire à trois loges surmonté de trois styles; le fruit est une capsule. Les Hypéricacées se relient directement aux Clusiacées par leurs feuilles opposées et leurs canaux sécréteurs.

Euphorbiacées. — Les Euphorbiacées sont représentées dans notre pays par les Euphorbes (fig. 236), qui sont des pkntes à latex blanc dont l'inflorescence est très particulière et l'on est tenté de la considérer comme représentant une fleur hermaphrodite ; en réalité, il y a au centre une fleur femelle solitaire qui est pédonculée, et qui fait saillie en s'infléchissant au-dessus de l'inflorescence; elle est entourée d'un certain nombre d'inflorescences mâles, groupées en cinq faisceaux qui paraissent être la partie mâle de la fleur hermaphrodite; l'examen plus approfondi de la plante montre que la fleur mâle est formée d'une seule étamine qui est articulée à sa base sur un pédicelle. Autour des cinq faisceaux d etamines on voit des organes glanduleux jaunes, souvent en forme de quatre croissants qui simulent des pétales et, autour, des pièces que l'on prendrait pour cinq sépales, mais les premiers et les seconds sont des bractées. Cette inflorescence si singulière porte le nom de cyathium. Diverses Euphorbes sont utilisées dans la médecine populaire, notamment VÊpurge ou Euphorbe Lathyris; les feuilles et les fruits de l'Euphorbe piscatoire servent à endormir et à prendre le poisson; avec le suc de Y Euphorbe cotinifeuille, les Indiens empoisonnent leurs flèches ; on cultive dans les serres ï Euphorbe splendide, à tige épineuse et à involucre rouge, et l'Euphorbe très belle (Poinsettia), dont les bractées rouges ont 30 à 40 centimètres. Le cyathium ne se retrouve pas dans les autres Euphorbiacées.

Les fleurs des deux sexes du Tournesol ou Chrozophore tinctorial sont nettement séparées et il y a un calice et une corolle, cinq sépales, cinq pétales; cinq etamines dans les fleurs mâles; dans les fleurs femelles, un pistil à trois carpelles. Le suc de la tige de cette plante est employé dans les laboratoires pour obtenir le papier de tournesol qui sert à reconnaître les acides et les bases. La Mercuriale est voisine, mais le calice n'a que trois sépales et les etamines sont nombreuses; il y a dioïcité, rarement monoïcité. Le Ricin commun est une plante herbacée à végétation luxuriante, à larges feuilles palmilobées, qui est de grand effet en culture sur les pelouses; ses graines, qui sont à tégument moucheté et terminé par une excroissance charnue ou caroncule, contiennent l'huile de Ricin, purgatif très employé.

Dans la jairopha Curcas ou Pignon d'Inde, Figue d'enfer, les graines fournissent une huile utilisée pour la fabrication des savons; cette huile est plus énergique encore que l'huile de Ricin.

Le Bancoulier ou Aleurite des Moluques peut également, par ses graines,

Cl. Waite.

Papayer à sept feuilles ou « Bonete », au Mexique.

Buisson d'Euphorbe Laro, à Madagascar.

fournir une huile. L.'Hevea du Brésil appartient à la même tribu que le Jatropha, mais il est dépourvu de corolle; c'est un arbre extrêmement important, dont les forêts de l'Amazone contiennent un nombre immense, et qui est exploité pour le caoutchouc de première qualité qu'il fournit.

Dans le Manioc très utile (Manihot), les fleurs sont apétales, réunies en grappes terminales à l'aisselle des feuilles supérieures ; c'est un arbrisseau de l'Amérique du Sud qui contient des réserves amylacées dans ses racines et des substances vénéneuses volatiles que la chaleur fait partir ; ces racines servent à préparer le tapioca. Une autre espèce ou variété est le Manioc àipi ou Cassave douce dont les racines ne contiennent pas ce suc dangereux et sont employées comme légume dans le pays natal. Le caoutchouc Ceara (nom d'un port du Brésil) est fourni par le Manioc de Glaziou. Dans d'autres tribus d'Euphorbiacées, le calice est imbriqué au lieu d'être valvaire. C'est ce qui arrive dans les Codiées, vulgairement mais inexactement connues sous le nom de Croton ; ce sont des plantes à feuilles coriaces, découpées et présentant des colorations extrêmement vives qui les rendent très ornementales. Les Crotons véritables sont des plantes à etamines courbées par leur filet dont les graines fournissent l'huile de Croton (Croton de Tigli), révulsif énergique qui irrite la peau et dont deux gouttes suffisent à purger.

Le Mancenillier (Hippomanée) appartient aussi à une tribu à calice valvaire ; c'est un petit arbre de la dimension du Poirier, sur lequel on a raconté beaucoup de fables : en s'endormant à son ombre, on risquait de ne pas se réveiller, et Meyerbeera rendu cette histoire célèbre dans L'Africaine, mais Scribe a commis une erreur géographique, car la plante est américaine ; le suc de cette plante est extrêmement énergique; quelques gouttes, injectées sous la peau, produisent des ulcères, et 3 à 4 grammes dans l'estomac produisent la mort. C'est à ce groupe des Hippomanées qu'appartient le Sablier crépitant (Hura); cette espèce présente à un haut degré une propriété qui est très répandue dans la famille des Euphorbiacées (chez l'Hevea, le Tournesol, etc.) où les capsules éclatent brusquement ; le fruit du Sablier, qui est gros comme une petite orange et côtelé, éclate avec bruit en projetant ses graines; en faisant bouillir ces fruits dans l'huile, on en empêche la déhiscence; on peut l'utiliser comme sablier.

C'est au voisinage que doit se placer le Glutier à suif ou Arbre à suif de la Chine (Sapium sebiferum) : le suif existe dans les graines, et le Sapium à deux glandes, petit arbre de l'Equateur qui fournit un caoutchouc désigné sous le nom de « Colombie ». Mentionnons

également l'arbre aveuglant, VExecarie agallochia, dont le latex est vénéneux et corrosif.

Les Buxées, dont le Buis est le type, sont pour certains auteurs une simple tribu des Euphorbiacées, pour d'autres une petite famille voisine. Le Buis toujours Vert de nos forêts est un arbuste à feuilles coriaces, d'odeur forte et de saveur amère, dont le bois, très dur et à grain fin, possède des qualités uniques pour la gravure. Les fleurs, petites, unisexuées, monoïques, sont privées de corolle; les mâles ont un calice à quatre pièces et quatre étamines ; les fleurs femelles, placées au centre des bouquets de fleurs mâles, ont un calice qui est à cinq pièces et un ovaire à trois

loges biovulées; le fruit est une capsule. Une variété naine du Buis est très employée dans les jardins pour faire des bordures.

LES CISTACÉES

Les Cistes sont des arbrisseaux de la région méditerranéenne ; ils sont surtout communs en Espagne et affectionnent les collines sèches et ensoleillées. Leurs feuilles sont simples et opposées. Leurs fleurs, grandes et belles, sont régulières et formées d'un calice à cinq sépales persistants, d'une corolle à cinq pétales, de nombreuses étamines libres entre elles et d'un ovaire globuleux, comprenant de trois à cinq carpelles ouverts (puis fermés) et soudés bord à bord. La placentation est pariétale; le fruit est une capsule.

Ces plantes très mellifères sont cultivées pour la beauté de leurs fleurs. Le Ciste de Crète et le Ciste ladanifère laissent exsuder abondamment une gomme-résine aromatique, le ladanum, utilisée en parfumerie. Les Hélianthèmes ressemblent beaucoup aux Cistes et ont deux sépales plus petits. Cette famille des Cistacées se rattache aux Malvacées, mais elle en diffère notamment par ses carpelles ouverts et sa placentation pariétale.

Bixacées. — Les Bixacées sont des arbres ou des arbustes des régions tropicales. Les feuilles sont alternes, entières ou dentées ; les fleurs, régulières, hermaphrodites; certaines de ces plantes voisines sont polygames ou dioïques. Le plus souvent, chacune des enveloppes, calice ou corolle, est à cinq pièces libres ou partiellement soudées; les étamines sont nombreuses; le pistil comprend deux carpelles ; le fruit est une capsule. Les Bixacées peuvent être considérées comme des Cistacées à feuilles alternes. Nous rapprocherons des Bixacées, qui ont les étamines libres et le nucelle persistant, les Flacourtiacées, souvent sans corolle, et les Papayées, qui ont les étamines concrescentes avec la corolle et le nucelle transitoire.

Le Rocouyer (Bixa orellana), type de la tribu des Bixées, est un arbuste répandu dans l'Amérique tropicale. Sa tige atteint 5 à 6 mètres^ de haut; ses feuilles sont grandes, luisantes ; ses fleurs, larges, d un rouge incarnat, se groupent en panicules terminales. Le fruit est une grosse capsule, qui se divise en deux loges renfermant de nombreuses graines dans une pulpe visqueuse, odorante et d un rouge vif; on en retire une belle matière colorante, le rocou. Les Flacourtia, arbres ou arbustes épineux d'Asie et de Madagascar, sont à fleurs sans corolle et à fruit comestible.

Les Papayers, types des Papayées, sont originaires de l'Amérique tropicale ; ils sont dioïques, à fleurs très petites. On en connaît une vingtaine d'espèces, dont certaines sont de grands arbres, comme le Papayer à sept feuilles (Carica heptaphylla) . Le Papayer commun, répandu aujourd'hui dans toutes les régions chaudes, a le port d'un Palmier; il peut atteindre 6 à 7 mètres. Sa tige, épaisse, charnue, non ramifiée, se couronne d'un bouquet de larges feuilles découpées, à long pétiole, et rappelant un peu celles de notre Figuier. Les pieds mâles ont des fleurs à cinq sépales, cinq pétales soudés (gamopétales) et dix étamines, avec un pistil rudimentaire; très odorantes, elles sont groupées en longues grappes. Chez les pieds femelles, les

Cl, de M Pavot radicant, au Spitzberg.

: Resvull-IInlmsen.

fleurs sont à cinq sépales, cinq pétales à tube court (dialypétales), et un ovaire libre à une loge. Il y a souvent, de plus, des étamines rudimentaires. Les fruits ou papayes, baies d un jaune orange, ont une saveur sucrée agréable et pèsent jusqu'à 6 kilogrammes dans certaines variétés ; leur forme explique le nom vulgaire d'Arbre à melons donné au Papayer. Il renferme un latex acre, riche en papaïne, ferment voisin de la pepsine du suc gastriqueet pouvant, commecedernier, dissoudre les albuminoïdes ; il coagule le lait; on l'emploieen médecine pour faciliter la digestion.

Passifloracées. — Les Passifloracées sont, pour la plupart, des arbustes grimpants de l'Amérique du Sud. Le genre Passiflore a des feuilles alternes, avec des vrilles latérales qui sont des tiges ; dans les fleurs très grandes, les missionnaires espagnols ont voulu retrouver tous les instruments de la Passion. Le calice et la corolle sont ordinairement à cinq divisions; du fond de la fleur naît une couronne (d épines) constituée par une ou deux rangées de filaments vivement colorés qui sont des appendices ligulaires ; puis viennent cinq étamines soudées par leur base (en marteau); l'ovaire à une seule loge est surmonté de trois styles que terminent trois stigmates (en tête de clou); le fruit est charnu. Les Passifloracées ne diffèrent des Bixacées que par leur corolle munie d'une couronne et leurs étamines, au nombre de cinq.

Tamaricacées. — Les Tamaricacées ont des affinités avec les Droséracées, les Violacées et les Caryophyllacées (p. 185).

Les Tamarix sont des arbustes à très petites feuilles écailleuses isolées, à fleurs roses du type cinq ; le fruit est une capsule. Le Tamarix à manne ou Turf ah des Arabes du désert croît dans tout l'Orient et, sous l'action de la piqûre d'un insecte, laisse écouler de ses branches une substance visqueuse sucrée, qui est certainement la manne de la Bible.

Au Mexique vivent quelques espèces curieuses: les Fouquiera, arbustes épineux à fleurs rouges dressées en grappes, et ITdria ou Cirio, qui est bien l'un des plus étranges représentants du monde végétal, avec sa tige charnue, dressée comme une colonne.

Les Pavots sont les espèce indigène est le

Fig. 237. — Coquelicot.

A, Diagramme de la fleur | B, Coupe de la fleur ; C, Sépales.

Papavéracées, Fumariacées. — Papavéracées les plus connues. Notre

Pavot coquelicot (Papaver Rhœas), à feuilles alternes très decoupées. Ses fleurs, isolées et terminales, ont un calice à deux sépales (fig. 237); la corolle est à quatre pétales d'un rouge ponceau, caducs; les étamines sont nombreuses. L'ovaire libre, arrondi, à une loge, avec stigmate en disque, devient une capsule poricide. Le Coquelicot renferme un latex acre, vénéneux, narcotique. Le Pavot somnifère est une plante annuelle dont il existe deux variétés: celle à graines blanches, ou Pavot blanc, et celle à graines noires, ou Pavot noir. La première a une capsule ovoïde indéhiscente; on la cultive en Orient et en Extrême-Orient, pour en obtenir de l'opium ; la seconde est plus petite et à fruits déhiscents. Par le nombre et la disposition des étamines, les Papavéracées ont des analogies avec les Renonculacées ; certaines espèces, comme la Chélidoine, dont le fruit est une silique, se rapprochent des Crucifères.

La Chélidoine est une herbe indigène qui laisse écouler par incision un latex jaune, caustique, employé jadis pour brûler les verrues. La Glaucienne jaune ou Pavot cornu, des rivages maritimes, a des fleurs jaunes, puis de longues siliques arquées. La Sanguinaire du Canada renferme un latex rouge employé par les Indiens pour se tatouer.

Les Fumariacées sont voisines des Papavéracées, à deux étamines trifurquées extrorses et à fleurs irrégulières : tels sont les Fumeterres (Fumaria), les Corydales et le Dicentra, vulgairement Cœur de Jeannette, à cause de la forme de ses jolies fleurs roses pendantes.

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

Récolte du Cresson et mise en bottes.

LES CRUCIFERES

Les Crucifères forment une famille nombreuse, mais très homogène. Herbes à racines pivotantes, à feuilles alternes, sans stipules, elles se rencontrent dans le monde entier. Pour connaître leur organisation, il nous suffira de décrire la Giroflée jaune (flg. 238), qui orne le sommet des vieux murs. C'est une herbe vivace dont les fleurs jaunes, d'odeur agréable, s'épanouissent au premier printemps. Groupées en grappes simples au sommet des rameaux, ces fleurs comprennent un calice à quatre sépales, une corolle à quatre pétales égaux et disposés en croix ; six étamines, dont deux plus courtes ; un ovaire libre, allongé, formé de deux carpelles ouverts soudés; le fruit est une silique, les graines formant quatre rangées, deux de chaque côté sur la fausse cloison médiane qui séparait le fruit en deux loges.

La forme du fruit a permis de diviser les Crucifères en deux groupes : celles à silique, c'est-à-dire à fruit beaucoup plus long que large (flg. 78, C), et celles à silicule, fruit presque aussi large que long.

Les Giroflées (Cheiranthus), qui appartiennent au premier groupe, sont les plus importantes des Crucifères ornementales ; on cultive surtout la Giroflée jaune, la Giroflée des jardins ou Giroflée d'hiver, puis les Maithioles ou Giroflées annuelles ou Quarantaines. La Cardamine des prés, amie des terrains frais, a des feuilles découpées et des fleurs d'un lilas clair. On la cultive dans les jardins, avec d'autres espèces voisines : Julienne, Malcomie ou Julienne de Mahon, Arabis alpin ou Corbeille d'argent.

On rencontre çà et là à l'état sauvage, sur les falaises du littoral, une grande plante bisannuelle à fleurs jaunes : c'est le Chou potager (Brassica). Cultivée dès la plus haute antiquité, cette plante a donné de nombreuses variétés d'une importance alimentaire considérable : Choux pommés, Choux de Bruxelles, Chouxfleurs, Choux verts non pommés, comme le Chou branchu, le Chou moellier, le Chou cavalier, etc. Citons encore le Chou-navet (B. napus) avec ses variétés : Navet, Colza, et Chou (B. râpa) Rutabaga, Navette. Le genre Chou fournit des plantes fourragères précieuses à la fin de l'hiver. Les graines de Colza et celles de la Navette sont oléagineuses; certaines variétés de Choux à feuilles frisées et panachées très élégantes servent à orner les pelouses.

Le fameux Pé-lsaï ou Chou de Chine (Brassica sinensis), qui joue un si grand rôle dans 1 alimentation des Célestes, a l'aspect et la couleur claire d'une grosse romaine.

Le genre Moutarde (Sinapis), chez lequel la silique se prolonge par un bec plus ou moins développé, est voisin du genre Chou. Il comprend des herbes annuelles à fleurs jaunes. La Moutarde noire ou Sénevé contient dans des cellules distinctes une sorte de glucoside alcalin, le myronate de potassium, et un ferment, la myrosine, qui réagissent par broyage en présence de l'eau. La Moutarde blanche est une mauvaise herbe très envahissante. Les graines des Moutardes sont la base du condiment bien connu ; réduites en farine, elles servent à préparer des sinapismes.

Le Radis sauvage ou Ravenelle (Raphanus), mauvaise herbe trop répandue, se distingue de toutes les autres Crucifères par sa silique cylindrique, étranglée et cloisonnée, divisée en articles à une seule graine (flg. 239); le Radis cultivé possède aussi une silique indéhiscente, mais non divisée en articles.

Les Cressons (Nasturtium) aiment les lieux frais ou vivent dans l'eau ; le plus connu est le Cresson de fontaine, à fleurs blanches, cultivé comme salade dans des fossés pleins d'eau. Les propriétés dépuratives et antiscorbutiques des Crucifères, déjà bien développées chez le Cresson, la Cardamine, la Passerage cultivée ou Cresson alénois, atteignent leur plus haut degré chez les Cochléaria.

Le fameux Chou de Kerguélen ou Pringlée antiscorbutique (flg. 1 10), cantonné sur cette terre australe, possède des propriétés antiscorbutiques marquées. La Rose de Jéricho (Anastatica hierochuntica), dont nous avons signalé les mouvements hygroscopjflues (p. 51), est une plante à fleurs blanches, haute d'environ 10 centimètres ; elle croît dans les régions sablonneuses d'Orient.

Les Crucifères à silicule sont moins importantes que les précédentes. Les silicules ont des formes variées : globuleuses à deux articles, comme chez le Cakilier maritime; aplaties et ressemblant à une bourse, comme chez la Capselle bourse-à-pasteur ; plates et d'un blanc d'argent, ainsi qu'on les admire chez la Lunaire annuelle ou Monnaie du pape ; séparées, enfin, en deux parties semblables aux deux verres d'une paire de lunettes, comme chez les Lunetières (Biscutella).

Les Draves (Draba) sont de petites herbes dont beaucoup sont alpestres. Notre Drave printanière, commune sur les vieux murs, est remarquable par la précocité de sa floraison, qui a lieu dès la fin de janvier. Les Alyssons, les Thlaspi ou Tabourets, les Ibéris ont des applications ornementales, ainsi que VAubrietie deltoïde, aux jolies fleurs lilas. Le genre Cochléaria est représenté en France par deux espèces croissant au bord des rivières et sur les rivages de la mer : le Cochléaria officinal, plante bisannuelle à racine longue et mince, et le Cochléaria de Bretagne ou Cranson, Raifort sauvage, vivace et à très grosses racines charnues et rameuses. Le Crambé maritime ou Chou marin croît sur le littoral maritime du Nord et de l'Ouest; on cultive cette

Fig. 238.

a, Androcée et pistil

montrant les deux carpelles ; d. Fleur entière.

- Fleur de Giroflée.

b, Pistil isolé ï c, Coupe du pistil

Fig. 239.

Silique

du Radis avec

coupe

du fruit.

Câprier en fleurs.

plante et on l'utilise comme légume. Terminons en citant la Caméline, cultivée, dans le nord de la France, pour ses graines d'où l'on retire une huile industrielle, et le Pastel des teinturiers (Isatis), qu'on ne cultive plus aujourd'hui.

Capparîdacées. Résédacées. — Les Capparidacées habitent la zone tropicale et les régions chaudes de la zone tempérée. Lesfleursont un calice à quatre sépales, une corol le à q uatre pétales , quatre ou six étamines libres ou un plus grand nombre; le pistil comprend, tantôt deux carpelles donnant pour fruit une silique, tantôt un plus grand nombre, et alors le fruit est une baie ou une drupe.

Le Câprier épineux (Capparis) est cultivé dans toute la région méditerranéenne. C est un arbrisseau très rameux, à branches herbacées annuelles, sarmenteuses, à feuilles ovales, luisantes, présentant à leur base deux stipules épineuses en hameçon. De grandes fleurs blanches se succèdent pendant tout l'été; le bouton floral ou câpre est un condiment bien connu. L'ovaire est porté par un pied (gynophore).

Les Résédacées forment une petite famille d'herbes à feuilles alternes, découpées, se rattachant aux Capparidacées par leurs nombreuses étamines; d'autre part, la structure de leur pistil et leurs fleurs irrégulières les rapprochent des Violacées. Notre Réséda sauvage, herbe aux feuilles découpées, porte des grappes de fleurs petites, irrégulières, d'un jaune verdâtre et sans odeur : calice à • six sépales, corolle à six pétales inégaux et très découpés, étamines nombreuses, ovaire libre à une loge devenant une capsule allongée ; cette plante ressemble beaucoup au Réséda odorant d'Egypte, cultivé dans les jardins. Le Réséda jaunâtre ou Gaude peut atteindre la hauteur d'un homme; toutes ses parties renferment une matière colorante jaune; son calice ne porte que quatre sépales.

Violacées. — Les Violacées sont répandues par toute la terre ; celles des contrées tempérées sont herbacées, celles de la zone tropicale sont ligneuses. Les feuilles sont simples et alternes ; les fleurs, solitaires ou disposées en grappes, sont du type cinq, avec trois carpelles ouverts; le fruit est une capsule. La plupart des Violacées renferment dans leurs parties souterraines une substance vomitive, analogue à Vémétine de l'Ipécacuanha.

La Violette odorante (Viola) fleurit dès février dans nos bois; elle est fort envahissante, se reproduit par ses graines et se multiplie abondamment par ses rejets. Ses fleurs violettes, parfois blanches, ont un calice à cinq sépales inégaux, une corolle à cinq pétales, dont l'inférieur, plus grand, est prolongé en éperon, cinq étamines à filet très court (deux à appendices); l'ovaire libre supporte un style tordu ; le fruit est une capsule s'ouvrant par trois valves qui projettent les graines. Dans les jardins, cette plante a donné de nombreuses variétés. La Violette tricolore ou Pensée sauvage est une herbe des champs à petites fleurs jaunes et violettes; la Pensée des jardins, aux grandes fleurs veloutées, en provient.

Droséracées. — Cette famille comprend seulement six genres d'herbes vivaces, à très petites racines, habitant les marécages. Leurs feuilles, réunies en une rosette radicale, sont des pièges à insectes couverts d'innombrables glandes sécrétant un liquide visqueux, acide, qui renferme de la pepsine, du moins chez certaines espèces. Les Droséracées sont, par excellence, les plantes carnivores (p. 68). Leurs fleurs, régulières et du type cinq, contiennent de cinq à vingt étamines et un ovaire libre ordinairement à une seule loge; le fruit est une capsule.

Les Drosera ou Rossolis, à cinq étamines extrorses, sont répandus sur presque toute la terre et principalement en Australie. Trois espèces sont indigènes en France ; la plus connue est le Drosera

Balsamine des jardins.

à feuilles rondes, petite herbe à fleurs blanches insignifiantes. Les feuilles rougeâtres ont un long pétiole et un limbe arrondi couvert à sa face supérieure de poils glandulaires irritables. La Dionée attrape-mouche a été aussi décrite à propos des plantes carnivores. Le Drosophylle du Portugal, les Roridula de 1 Afrique australe et les Byblis d'Australie ont également des poils glanduleux. L.'Aldrovandie à vessies est une plante flottante de 1 Europe

méridionale ; ses feuilles, verticillées par six à huit, ont pour limbe deux lobes arrondis rappelant les valves d'une coquille. Entre ces lobes, normalement un peu écartés, il pénètre parfois un petit animal aquatique; lorsqu'il arrive en contact avec des poils irritables qui se dressent sur la face interne, la charnière entre en action, les lobes se referment et l'emprisonnent. L'Aldrovan die absorbe les matières provenant de la décomposition des animaux capturés.

Les Droséracées ont des affinités avec les Violacées, mais leur fleur est régulière; on les rapproche aussi des Saxifragacées; mais, par leurs feuilles irritables, elles sont assez isolées dans la classification.

Sarracéniacées. Népenthacées. — Très différentes par la conformation de leur fleur, les Sarracéniacées doivent être rapprochées des Droséracées par leur mode de végétation ; cependant elles ont une placentation axile, tandis que la placentation est pariétale chez les Droséracées. Ce sont des herbes vivaces des lieux marécageux ; on n'en connaît que trois genres: Heliamphora de la Guyane britannique, Sarracenia et Darlingtonia de l'Amérique du Nord (p. 69). Ces plantes sont remarquables par la conformation de leurs feuilles qui, disposées en rosette partant d un rhizome, sont souvent considérées sans preuves comme des pièges à insectes. Les fleurs régulières ont cinq sépales, cinq pétales, de nombreuses étamines, un ovaire globuleux à cinq loges.

Les Népenthacées, formées par le seul genre Nepenthes, des régions tropicales, se distinguent des Sarracéniacées parce qu'elles sont dépourvues de corolle; leurs fleurs sont petites, dioïques, régulières. Les feuilles sont des ascidies, c'est-à-dire qu elles ont la forme de vases. La face interne excrète un liquide considéré par certains auteurs à tort comme digestif; ce sont des réservoirs d'eau.

LES GÉRANIACÉES

Les Géraniacées ressemblent aux Màlvacées par leurs feuilles alternes, leurs fleurs complètes du type cinq et ordinairement régulières, leurs larges pétales, leur ovaire libre à placentation axile et à cinq carpelles, mais leurs étamines sont beaucoup moins nombreuses; leur nombre normal est de dix, groupées en deux verticilles alternes. Chez quelques genres, il se produit un avortement, chez d'autres un dédoublement de plusieurs étamines; le fruit est presque toujours une capsule. Herbacées pour la plupart, ces plantes habitent les régions tempérées et subtropicales, et abondent dans l'Afrique australe. On les a divisées en quatre groupes ou familles secondaires :

D ,, „ \ Capsule Géraniées.

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i 1 rois akènes, o étamines 1 ropeolees.

Albumen Fleur régulière, 10 étamines Oxalidées.

Pas d'albumen. . Fleur irrégulière, 5 étamines Balsaminées.

Les Géraniées sont caractérisées par leur capsule que prolonge le long bec des cinq styles soudés. A la maturité, chacun des anciens styles se détache de l'axe commun, entraîne la surface de son carpelle et lance au loin les semences (p. 51).

Beaucoup de Géranium et d'Érodium sont indigènes en France ;

les plus répandus sont le Géranium herbe à Robert, à feuilles découpées et à fleurs roses, comme VÊrodium à feuilles de Ciguë des champs incultes. Plusieurs espèces sont cultivées dans les jardins; mais, sous le nom de Géranium, on désigne surtout communément les Pélargonium, plantes ornementales de première importance dont la fleur est un peu irrégulière; le sépale postérieur se prolonge en un éperon soudé avec le pédicelle de la fleura sept

L' Erythroxylon coca ou Cocaier, qu'on range souvent dans une famille spéciale, diffère du Lin par ses dix étamines fertiles et par son fruit qui est une drupe. C'est un arbrisseau de 1 à 3 mètres qui abonde dans les Andes ; ses feuilles alternes sont molles, caduques et luisantes. Les Incas l'avaient divinisé, se servaient de ses feuilles en guise de monnaie et en faisaient grand usage comme masticatoire permettant de résister à la fatigue et au jeûne.

( I. de M. û. nohiiseii.

Touffe de Silène acaule (Spitzberg).

Pourpier à grandes fleurs.

étamines. On cultive le Pélargonium à feuilles zonées du Cap, aux feuilles marquées vers le milieu d'une zone d'un vert noirâtre, et le Pélargonium inquinans ; de leur croisement sont nées d'innombrables variétés. Les Pélargonium à grandes fleurs sont moins rustiques. Il faut signaler encore le Pélargonium à feuilles de Lierre, aux tiges retombantes, et le Pélargonium rosal, dont les feuilles molles et velues dégagent, quand on les froisse, une agréable odeur de rose et donnent une essence de rose de qualité inférieure.

Chez les Tropéolées, le sépale postérieur se prolonge en un éperon libre, et non soudé comme chez les Pélargonium ; il n'y a que trois carpelles, non prolongés par un bec, et le fruit est un triple akène. Le genre le plus marquant est la Capucine (Tropaolum) dont les espèces, toutes américaines, ont des feuilles peltées, des fleurs grandes, d'un rouge orangé, et huit étamines. Il n'est pas de plante plus populaire que la Capucine grande; elle grimpe à l'aide du pétiole enroulable de ses feuilles; la Capucine tubéreuse possède un rhizome renflé, comestible. Malgré ses fleurs régulières, on peut ranger, près des Tropéolées et des Méliacées, la Corroyère à feuilles de Myrte ou Redoul, arbrisseau de l'Europe méridionale à feuilles riches en alcaloïde (Coriacées).

L'Oxalis petite oseille ou Surelle, Trèfle aigre, type des Oxalidées, habite les bois humides. Ses feuilles sont à trois folioles articulées, se pliant chacune par le milieu à l'obscurité (position de sommeil) ; leur saveur est acidulée, rafraîchissante. Les fleurs, régulières et isolées, ont cinq pétales blancs ou rosés et dix étamines aux filets soudés par leur base; le fruit est une capsule à cinq loges. L.'Oxalis crénelée ou Oca, du Pérou, possède un rhizome renflé en tubercules. Les Caramboliers ou Aoerrhoa, petits arbres de l'Inde, ont pour fruits des baies comestibles.

La Balsamine sauvage ou Impatiente neme-touchez-pas, type des Balsaminées, est une herbe annuelle à fleurs jaunes tachées de rouge que l'on rencontre çà et là dans les bois. Son calice n'a que trois sépales, dont le postérieur se prolonge en éperon; il y a cinq pétales, cinq étamines et un ovaire libre à cinq loges. Dès qu'on touche à une capsule mûre de Balsamine, elle se partage brusquement en cinq valves qui se tordent sur elles-mêmes en projetant leurs graines; on cultive la Balsamine des jardins ou Impatiente Balsamine, originaire des Indes.

Linacées. — En juin, les campagnes du nord de la France sont égayées par les linières, couvertes de mignonnes fleurs d'un bleu pâle. Herbe annuelle à tige grêle, flexible, le Lin usuel a des feuilles alternes, étroites, entières; ses fleurs régulières sont formées de cinq sépales, de cinq pétales, de dix étamines alternativement stériles et fertiles, à filets soudés à la base, enfin d'un ovaire globuleux, libre, à cinq, puis dix loges par l'apparition d'une fausse cloison. Les Linacées sont des Géraniacéesà feuilles entières. L'importance delà filasse de Lin est grande; celle de la graine n'est pas moindre.

Zygophyllacées. — Plantes des pays chauds, voisines des Géraniacées par leur structure florale, les Zygophyllacées se relient intimement à l'une des familles suivantes, celle des Rutacées, par leurs feuilles opposées composées pennées, stipulées, et par la présence d un disque nectarifère sur le réceptacle. Les plus intéressantes sont les Gaïacs el\&Zygophylle fabagelle ou Faux Câprier de Syrie, dont les boutons floraux servent de condiment.

Le Ga'iac officinal, des Antilles, peut atteindre 18 mètres de haut; son bois, dur et pesant, est recherché par les tourneurs.

Caryophyllacées, Portulacées. — L'Œillet des fleuristes croît à l'état sauvage sur les vieux murs du midi de la France. Vivace, à souche presque ligneuse ramifiée dès la base, ses feuilles sont opposées et ses tiges fortement renflées aux nœuds. La fleur, régulière et complète, a son calice formé de cinq sépales soudés, doublés par deux paires d'écaillés formant calicule ; la corolle est à cinq pétales rouges à onglets, étalés en roue; l'androcée comprend dix étamines; l'ovaire est libre, à deux carpelles clos et deux styles; le fruit est une capsule à une loge à la fin (fig. 77, B).

L'Œillet est le type de la famille des Caryophyllacées qui, par ses dix étamines en double verticille, se rapproche des Géraniacées, mais présente des caractères spéciaux, notamment les feuilles opposées et les cloisons de l'ovaire fugaces. On la divise en deux tribus : les Silénées, dont le calice est à sépales soudés; les sépales sont libres, au contraire, chez les Alsinées.

Aux Silénées appartiennent les Œillets, les Silènes, les Gypsophiles, les Lychnis, les Saponaires. \JŒillet des fleuristes (Dianthus caryophyllus) a fourni plus de 2 000 variétés simples ou doubles, remontantes ou à floraison unique. La petite taille de Y Œillet mignardise (D. plumarius) le fait surtout employer comme bordure; l'Œillet de poète ou Œillet barbu a des fleurs petites, de nuances vives, groupées en un large corymbe. Les Gypsophiles, à deux styles et sans calicule, sont remarquables par le nombre immense de leurs menues fleurs blanches. La Saponaire officinale, également à deux styles et sans calicule, est à grandes fleurs odorantes et d'un rose pâle. Les Silènes ont de jolies fleurs roses ou blanches; l'ovaire esta trois carpelles avec trois styles. Plusieurs espèces de Lychnis sont indigènes; l'une des plus répandues est la Nielle des blés (L. Githago).

Dans la tribu des Alsinées, citons les Arenaria ou Sablines, les Céraistes, la Stellaire intermédiaire ou Mouron des oiseaux.

Les Portulacées sont voisines des Caryophyllacées à feuilles charnues entières, pourvues de fleurs à deux sépales, cinq pétales et d'étamines (trois, cinq, dix et plus); l'ovaire est libre (parfois infère). Le Pourpier cultioé (Portulaca oleracea) a des fleurs jaunes; ses feuilles épaisses font une excellente salade; le Pourpier à grandes fleurs, transplanté du Brésil, orne nos jardins et les égaie de ses larges fleurs de couleurs variées.

Cueillette des fleurs d'Oranger, en Algérie.

LES RUTACEES

La Rue jétide est une herbe vivace, commune dans le midi de la France, sur les coteaux secs et pierreux. Ses tiges ramifiées partent d'une souche ligneuse, portent des feuilles alternes très découpées, puis des corymbes de rieurs jaunes régulières ; celles-ci comprennent, sur une même inflorescence, quatre ou cinq sépales, autant de pétales, huit à dix étamines insérées en deux verticilles sur un disque glanduleux entourant la base du pistil; au moment de la fécondation, elles s'animent de mouvements curieux et viennent déposer elles-mêmes leur pollen sur le stigmate. L'ovaire est formé de quatre à cinq carpelles libres entre eux, sauf à la base, avec style court et stigmate lobé; le fruit est une capsule à quatre ou cinq loges. Toutes les parties de la Rue renferment de petites glandes remplies d'une huile essentielle à odeur forte et désagréable. Ses propriétés excitantes, astringentes et emménagogues, sont connues depuis la plus haute antiquité. C'est d'ailleurs une plante dangereuse dont l'emploi nécessite la plus grande prudence.

La Rue (fig. 240) a été prise pour type de la grande famille des Rutacées, qui comprend des plantes ligneuses pour la plupart et propres aux régions chaudes et tempérées. Elles sont glanduleuses; leurs feuilles sont alternes, rarement opposées; leurs fleurs, presque toujours hermaphrodites et du type cinq, ont un disque nectarifère; le fruit est une capsule ou une baie, parfois une samare ou une drupe. Elles se relient intimement, d'une part aux Géraniacées, d'autre part aux familles suivantes des Anacardiacées, des Simarubacées et des Méliacées. Nous les diviserons en trois tribus : les Rutées, les Zanthoxylées et les Aurantiées.

Les Rutées ont les carpelles libres ou à peine concrescents; leur fruit est une capsule. Elles comprennent, outre la Rue, la Fraxinelle ou Dictamne blanc, du midi de la France.

Ses larges feuilles rappellent celles du Frêne; ses fleurs, blanches ou rosées, grandes, forment une longue grappe terminale; toutes ses parties renferment une essence volatile inflammable dont l'odeur agréable évoque celle du citron. On peut rapprocher des Rutées les Diosmées du Cap et les Boroniées d'Aus-

tralie, plantes aromatiques à port de Bruyères, que l'on cultive dans les jardins.

Parmi les Zanihoxylées, que leurs fleurs polygames dioïques, à carpelles à deux ovules, distinguent des Rutées, citons le Pî7ocarpe à feuilles pennées ou Jaborandi, arbuste du Brésil, dont les feuilles et l'écorce contiennent un alcaloïde, la pilocarpine, qui excite d'une façon extraordinaire les sécrétions. Les Zanthoxylum ou Clavaliers ont aussi quelques applications : les fruits du Clavalier poivrier fournissent le poivre du Japon; le Claoalier frêne des États-Unis est l'Arbre au mal de dents des Américains; son écorce mâchée est réputée odontalgique. Le Ptelée trifolié de l'Amérique du Nord est un arbuste cultivé dans les parcs.

Les Aurantiées ou Hespéridées sont, de toutes les Rutacées, les plus importantes et les plus connues. Elles se distinguent des deux tribus précédentes par leurs fruits et la concrescence de leur carpelles. Ce sont des espèces du seul genre citronnier.

L'Oranger doux (Citrus Aurantium) ou Oranger commun peut atteindre jusqu'à 12 mètres de hauteur. La tige, armée de fortes épines dans les variétés sauvages, porte des feuilles alternes; elles sont pourvues de poches glandulaires. Le pétiole, articulé avec le limbe et pouvant s'en séparer nettement, est bordé de deux lames vertes comme deux ailes. Cette disposition fait considérer la feuille d'Oranger comme une feuille composée, unifoliolée, dont les folioles latérales ne se sont pas développées. Les fleurs, par petits groupes, apparaissent de mars en octobre, mais une seconde floraison, plus faible, a lieu en automne. Chaque fleur comprend un calice formé de cinq à sept sépales soudés, une corolle à cinq pétales (parfois quatre, six, sept ou huit) épais, d'un blanc pur et d'une odeur suave, puis vingt à trente étamines, à larges filets groupés par la base en faisceaux de quatre à six; enfin un ovaire globuleux. L'ovaire se transforme en un fruit d'abord vert et très amer, puis d'un jaune d'or, et à la fois sucré et acidulé ; c'est une sorte de baie entourée d'un péricarpe ou zeste très riche en glandes à essence. Au-dessous sont sept à douze quartiers, dont chacun représente un carpelle à poils charnus remplissant la cavité (fig. 67).

Le Bigaradier ou Oranger amer (variété amara) est un peu plus petit; ses feuilles sont à pétiole plus largement ailé; ses fleurs, plus grandes et plus parfumées. Très rustique, il se cultive dans les orangeries du Nord ; les fameux orangers de Versailles, plusieurs fois centenaires, sont des Bigaradiers. Le Bergamotier (var. Bergamia) est un arbre assez élevé, dont les fruits non comestibles sont ordinairement piriformes; le zeste fournit l'essence de bergamote. L'Oranger Kumquat (var. Suntara) a des fruits un peu ovoïdes, de la grosseur d'une belle cerise et qui se mangent entiers, tant la peau en est fine, sous le nom de chinois ou de bigarade

LA CLASSIFICATION BOTANIQUE

chinoise. Le Pamplemousse ou Schaddock (vàt.sinensis ou decu mana) est surtout un arbre d'ornement; à ses fleurs blanches succèdent de gros fruits globuleux à saveur douce et fade. Citons aussi la variété Keonla ou fausse mandarine. Le Mandarinier(Citrus nobilis), originaire de Chine, est un arbrisseau dont les petits fruits à zeste mince sont doux et d'un goût très fin.

Le Limonier, dit aussi Citronnier (C. medica), dépasse rarement 5 à 6 mètres de hauteur; c'est un arbrisseau épineux, surtout à l'état sauvage ; ses feuilles à pétiole non ailé, ses fleurs grandes, blanches à l'intérieur et d'un rose violacé en dehors, son fruit jaune pâle, ovoïde, terminé par un mamelon, le distinguent aisément de l'Oranger. Le citron est un fruit très parfumé, mais toujours acide, servant de condiment. Il a des propriétés antiscorbutiques.

Le Cédratier (var. Bajoura) se rapproche beaucoup du Limonier. Son fruit ou cédrat, beaucoup plus gros que le citron, à zeste très rugueux, irrégulièrement bosselé, est très recherché par les confiseurs et les parfumeurs. Les bois de toutes les espèces du genre Citronnier sont très denses, jaunes et veinés; on les emploie surtout en ébénisterie et en tabletterie.

Anacardiacées, Burséracées. — Cultivé dans nos parcs, le Sumac fustet (Rhus cotinus) est un arbuste touffu, rameux, à feuilles simples, aux fleurs petites et verdâtres aux pièces par cinq, avec un ovaire réduit à un seul carpelle uniovulé, surmonté de trois styles. Parmi ces fleurs, quelques-unes sont hermaphrodites et donnent de petites drupes luisantes et brunes, portées à l'extrémité de longs pédicelles lisses; mais la plupart des fleurs sont mâles et tombent peu après la floraison ; leurs minces pédicelles s'allongent, se couvrent de poils rouges ou rosés qui les rendent plumeux et forment par leur groupement des houppes délicates dont on fait des bouquets et qui ont valu au Fustet le nom d'Arbre à perruque.

On connaît plus de cent espèces de Sumacs ; toutes vivent dans des régions chaudes, en dehors des tropiques ; ce sont des arbres ou des arbustes riches en tanin, à suc acre, plus ou moins vénéneux et irritant la peau. Les feuilles du Sumac des Corroyeurs de la région méditerranéenne servent pour le tannage des peaux; une autre espèce donne du vinaigre (Vinaigrier). Le suc laiteux de certaines espèces d'Extrême-Orient renferme une oxydase, la laccase, et sert à la fabrication des fameuses laques de Chine et du Japon. Le latex du Sumac faux vernis (R. succedanea, var. Dumortieri), du Japon et de l'Indochine, donne aussi une bonne laque; ses graines contiennent une matière grasse. L'emploi ornemental des Sumacs est considérable. Le Melanorrhœa lacciière fournit la laque du Cambodge.

Les Sumacs forment le genre le plus important de la famille des Anacardiacées ou Térébinthacées, qui comprend des plantes ligneuses à suc plus ou moins caustique, riche en produits balsamiques. Les feuilles sont alternes, simples ou composées pennées, sans stipules; les fleurs, petites, régulières, sont hermaphrodites ou polygames, avec un calice, une corolle et un nombre ordinairement double d'étamines; l'ovaire libre, avec une à cinq loges uniovulées, se transforme en une drupe.

Les principaux genres sont, outre les Sumacs, les Pistachiers, les Manguiers, les Anacardiers, les Schinus et les Spondias.

Les Pistachiers sont des arbres résineux, à feuilles composées, à petites fleurs dioïques et sans corolle, groupées en grappes axillaires; les fleurs mâles ont cinq étamines, les fleurs femelles un ovaire devenant une drupe à peine charnue. Le Pistachier Vrai est cultivé dans la région méditerranéenne pour son fruit de la grosseur d'une olive, et dont la chair, très mince, s'ouvre en deux valves à sa maturité, laissant paraître la graine, ou pistache, d'un vert clair; elle se mange crue ou sert en pâtisserie. Chez le Pistachier lentisque, les feuilles sont persistantes et non caduques, comme celles du précédent ; son fruit est petit et noir ;

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