Glycine, — 25. Mimosas des fleuristes (Acacias
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Sous les Tamariniers des Indes, à Iguala (Mexique).
(bois d'Ambatsch), spongieux, propre à remplacer le liège. Enfin, 1 Arachide souterraine ou Pistachier de terre est une herbe à tige velue, à feuilles composées de deux paires de folioles, avec stipules. Les fleurs, menues et jaunâtres, sont par petits groupes à l'aisselle des feuilles : les supérieures mâles avec les étamines en un faisceau, et les inférieures femelles ou polygames. Après la fécondation, le pédoncule des fleurs femelles s'allonge, se recourbe et fait pénétrer dans le sol la jeune gousse qui y mûrit ses graines. Cette gousse (cacahouète), coriace et parcheminée, présente des étranglements entre ses graines, au nombre de deux à trois, et de la grosseur d'une noisette. L'Arachide est cultivée dans tous les pays chauds, pour ses graines oléagineuses.
Les Dalbergiées sont des Papilionacées ligneuses des régions tropicales; beaucoup sont grimpantes, d'autres sont de grands arbres. Leurs feuilles comprennent de nombreuses folioles pennées; les fleurs, souvent grandes et belles, réunies en grappes, présentent des étamines en un ou deux faisceaux ; la gousse, ligneuse ou drupacée, a des parois coriaces et ne s'ouvre pas; chez plusieurs espèces, elle a l'aspect d'une noix, d'une amande ou d'une samare ne renfermant qu'une seule graine.
Les Dalbergiées fournissent des bois durs, colorés, veinés, souvent odorants et d'un prix très élevé : tels sont les Ptérocarpes, Angelins ou Andira, et surtout les Palissandres ou Dalbergia, qui croissent au Brésil, dans l'Inde ou en Afrique. De plusieurs Ptérocarpes, on retire du \ino, suc rouge, astringent, voisin du cachou; d'autres, du sang-dragon, sorte de résine. Le fruit du Dipteryx odorant ou Coumarouna, de la Guyane, ressemble à une grosse amande dont la graine parfumée est d'un noir brillant (drupe) ; c'est la fève Tonka, employée à parfumer le tabac.
Sophorées, Podalyriées. — Avec ces tribus, nous terminons 1 immense groupe des Papilionacées. Les Sophorées sont des arbres à feuilles pennées ; la corolle est parfois presque régulière ; les dix étamines sont libres; la gousse est indéhiscente ou bivalve.
Du Sophora du Japon (fig. 246), introduit en Europe en 1 763, on apprécie le feuillage touffu et gracieux plutôt que les petites fleurs blanchâtres. Les Myroxylon, arbres atteignant 5 mètres de haut, qui vivent dans l'Amérique centrale, sécrètent et fournissent par incision des produits résineux odorants : les baumes du Pérou et de Tolu, utilisés en parfumerie et en médecine.
Les Podalyriées comprennent des plantes de jardin, comme les Baptisia à fleurs bleues et les Thermopsis à fleurs jaunes.
Césalpiniées. — Le Gainier siliquasire (Cercis) ou Arbre de Judée, originaire de l'Asie occidentale, croît en pleine terre dans nos jardins. Au printemps, avant l'apparition des feuilles, son tronc noueux, ses branches irrégulières se couvrent de fleurs d'un rose foncé qui semblent sortir du vieux bois. La corolle comprend cinq pétales libres; les dix étamines, disposées en deux verticilles,
sont libres jusqu'à leur base; le pistil ressemble à celui du Pois; la gousse, aplatie et mince, renferme de nombreuses petites graines. Les feuilles, déjà presque complètement formées à la fin de la floraison, sont alternes, simples, cas très rare chez les Légumineuses, et en forme de cœur.
Les autres Césalpiniées ont une organisation analogue; cependant la plupart ont des feuilles composées pennées ; les fleurs sont grandes, belles et papilionacées, rarement petites et presque régulières; jamais les deux pétales inférieurs ne sont soudés en une carène; la gousse, déhiscente ou non, est souvent divisée en loges par des cloisons. Les Césalpiniées sont, sauf de rares exceptions, des plantes ligneuses des régions chaudes.
Le Caroubier commun (Ceratonia siliqua) des rives méditerranéennes a des feuilles persistantes comprenant six à dix folioles coriaces paripennées; les fleurs, pourprées et très petites, disposées en épis, n'ont pas de corolle et n'offrent qu'un calice à cinq dents, cinq étamines et un ovaire un peu arqué; certaines fleurs sont unisexuées. La caroube est une gousse coriace, longue de 15 à 20 centimètres, et divisée par des cloisons transversales en loges remplies d'une pulpe sucrée qui emprisonne les graines. Ces fruits sont excellents pour nourrir les bestiaux; l'homme les mange aussi avec plaisir; l'écorce sert en tannerie.
Le Févier ou Gleditschia à trois épines (fig. 247) est un arbre de 1 5 à 20 mètres, originaire du Canada et cultivé dans nos parcs. Ses feuilles sont, les unes composées de dix à quatorze paires de
folioles pennées, les autres bipennées; il est garni de piquants groupés à l'aisselle des feuilles et qui sont des rameaux avortés ; les fleurs, petites et blanchâtres, polygames, presque régulières, donnent de longues gousses brunes, plates, arquées et remplies d'un tissu pulpeux qui abrite les graines. Le Gymnoclade ou Chicot du Canada est un arbre ornemental très voisin du Févier.
Toutes les Césalpiniées dont il nous reste à parler habitent les régions chaudes.
Les Brésillets ou Cœsalpinia fournissent des bois tinctoriaux dont le plus répandu est le bois de Fernambouc ou du Brésil, qui sert à tein- Fig. 247. — Févier. dre en rouge. Lé Brésillet
a, Fleur. des corroyeurs ou Libi-dibi,
Divi-divi, a des gousses indéhiscentes , curieusement contournées en C ou en S, et qui servent en tannerie. Le bois de Campêche est fourni par un arbre épineux de 6 à 15 mètres de haut, Y Hémaloxylon de Campêche. Le cœur de ce bois tinctorial, d'un rouge brun pâle, est lourd, à grain fin et à odeur d'Iris.
Les Casses sont riches en principes purgatifs : la Casse fisiuleuse ou Canéficier officinal est un grand arbre à port de Noyer; ses feuilles sont paripennées, ses fleurs jaunes en longues grappes pendantes ; le fruit est une gousse cylindrique ligneuse, d'un brun noirâtre, longue de 30 à 40 centimètres, indéhiscente, divisée par des cloisons en loges à une graine; la pulpe qui entoure les graines est la casse. La Casse à feuilles aiguës, arbrisseau d'Egypte, fournit le séné.
Un des plus beaux arbres des régions tropicales est le Tamarinier des Indes ( Tamarindus) ; ses grandes feuilles alternes sont formées de dix à quinze paires de folioles opposées, paripennées; les fleurs, d'un jaune rougeâtre, n'ont que quatre sépales, trois pétales grands et deux inférieurs en forme de soie ou d'écaillé et trois étamines fertiles, les autres stériles ou avortées ; l'ovaire est étroit, courbé en faux ; le fruit est une épaisse gousse comestible de 10 à 15 centimètres de longueur, avec quelques graines anguleuses dans une pulpe douceâtre acidulée, rougeâtre; elle sert à préparer le tamar.
Les Copa'iers (Copaifera), grands arbres à feuilles très élégantes, sont presque tous américains; leur fleur apétale est presque régulière, avec un calice à cinq lobes et dix étamines ; la gousse ne contient qu'une seule graine. Ils sécrètent une oléorésine, le baume de copahu. Citons encore les Bauhinia, dont certains sont d'étranges lianes à tige aplatie et rubanée, serpentant et grimpant dans les forêts tropicales (p. 92), et le Courbaril (Hymenœa) du Brésil et de Madagascar, dont le bois dur, ressemblant au Santal, sert en ébénisterie; on en retire la résine animée ou copal.
Mimosées. — En hiver, à Paris, sur les voitures des marchandes de fleurs, les petits pompons jaunes du Mimosa accompagnent la violette et les autres productions parfumées des horticulteurs du Midi. Ce Mimosa des fleuristes est, en réalité, Y Acacia dealbata d'Australie, acclimaté depuis longtemps déjà sur le littoral méditerranéen. C'est un arbre de 8 à 10 mètres, à rameaux blanchâtres, garnis de feuilles bipennées d'une délicatesse infinie; de janvier en mars, il se couvre de grappes odorantes de petits capitules globuleux, dont chacun est la réunion de plusieurs minuscules fleurs régulières, à nombreuses étamines multiples.
Plusieurs Acacia d'ornement, originaires d'Australie et acclimatés en Provence, fournissent encore des branches fleuries qui, dans le commerce, portent aussi le nom de Mimosa, mais qui sont beaucoup moins gracieuses, car leur feuillage est réduit à des phyllodes: tels sont Y Acacia retinodes, garni toute l'année de fleurs parfumées d'un jaune citron ; Y Acacia à longues feuilles, dontlesépissontcylindriques;l'/4cacia en coutre (A. cultriformis), etc.
(Voir PLANCHE EN COULEURS).
Les Acacia forment le groupe le plus important de la tribu des Mimosées; on en compte près de 500 espèces, arbres ou arbrisseaux, souvent épineux, habitant les régions chaudes et particulièrement Fig. 248. Acacia arabi
Afrique et 1 Australie. Leurs feuil- Branche en fleurs
les alternes sont bipennées, mais, et branche en fruits.
Acacia à feuilles diverses (La Réunion).
chez beaucoup d'espèces australiennes, les folioles se métamorphosent peu à peu, le pétiole s'élargit et reste seul, sous forme d'une lame verte dressée ou phyllode. Cette disposition a pour effet de s'opposer à une transpiration trop active. Chez l'Acacia à feuilles diverses (helcrophylla), on observe, en même temps, des feuilles à tous les degrés de transformation. Les fleurs, petites, régulières, hermaphrodites ou polygames, et du type quatre ou cinq, avec un grand nombre d'étamines, sont groupées en capitules globuleux ou en épis cylindriques; le fruit est une gousse articulée de forme variable.
On cultive, en Provence et aux environs d'Alger, en vue de la parfumerie, la Cassie ou Acacia de Farnèse, arbrisseau des tropiques.
Beaucoup d'Acacia produisent des gommes, liquides épais formés par les membranes cellulaires qui se gonflent et se ramollissent. Le plus important des Acacia gommifères est Y Acacia arabique (fig. 248), arbrisseau de 2 à 6 mètres de haut, qui croît non seulement en Arabie, mais dans une grande partie de l'Afrique et de l'Inde ; il est épineux, à fleurs jaunes en pompons. La gomme arabique se présente en larmes arrondies, transparentes. La gomme du Sénégal, utilisée surtout en France, provient d'une espèce voisine. Le bois de 1 Acacia cachou ou Cachoutier de l'Inde, épuisé par l'eau bouillante, fournit du cachou, principe amer et astringent, renfermant un tanin particulier, employé en médecine, en teinturerie (couleur kaki) et en tannerie. Le farneux tsofar ou Arbre siffleur des nègres d Afrique est Y Acacia fistula, dont les épines stipulaires attaquées par un insecte se renflent en galles sphériques évidées. Le vent pénètre en sifflant par l'unique orifice de ces boules creuses et produit des sons variables avec leur grosseur. Signalons aussi 1 Acacia à girafe d'Afrique, dont le feuillage est le fourrage préféré de ces grands ruminants.
Les Mimosa proprement dits ne possèdent ni les nombreuses étamines (ils ont seulement quatre étamines), ni le pollen aggloméré des Acacia; ce sont des herbes ou des plantes ligneuses dont il existe près de 300 espèces habitant les régions chaudes. Comme la plupart des Légumineuses, mais à un plus haut degré, les Mimosa ont des mouvements périodiques, dits de veille et de somme/7, de leurs gracieuses feuilles bipennées. Mais quelques espèces ont, de plus, des mouvements provoqués fort curieux (p. 53) qui leur ont valu le nom de Sensitices (fig. 249). La plus connue est le Mimosa pudique, qui croît spontanément au Brésil, mais s'est aujourd'hui répandu en Asie et en Afrique. C'est une herbe de 60 centimètres de hauteur; sa tige est armée de
quelques épines; ses fleurs, très petites, sont groupées en gracieux capitules roses.
La Houlle des Ouoloffs est un arbre de 1 2 à 15 mètres, le Park.ia africana, dont les fleurs forment de gros pompons d'un rouge écarlate. Ses gousses, longues de 30 centimètres, renferment une pulpe sucrée qui se consomme en nature ou en boisson fermentée. Quant aux graines, elles donnent une infusion théiforme nommée improprement café du Soudan.
UAlbizzia julibrissin ou Acacia de Constantinople, Arbre de soie, est, en réalité, originaire de Perse.
On le cultive dans le midi de la France pour ses jolies fleurs d'un blanc rosé, groupées en capitules, et qui portent des aigrettes soyeuses de longues étamines.
Sensitive.
Fig. 249.
a. Fleur ; b, Fruit ; i Feuilles en position de sommeil.
LA CLASSIFICATION BOTANIQUE
Cerisiers en fleurs dans un parc de Tokio (Japon).
LES ROSACEES
Prunées. — Au premier printemps, dans les haies, les rameaux épineux et sombres des Prunelliers se couvrent de fleurs blanches à la douce senteur d'amande amère. Ces fleurs sont régulières et comprennent un calice à cinq sépales, une corolle à cinq pétales; vingt étamines, dont dix plus courtes, sont insérées sur le calice; les anthères s'ouvrenf vers le centre de la fleur; toutes ces pièces sont fixées sur le bord d'une sorte de godet dont le fond est occupé par le pistil. Celui-ci, formé d'un seul carpelle libre d'adhérence avec les parties voisines, se compose d'un ovaire arrondi renfermant deux ovules, visibles seulement à la loupe dans la section ; il est surmonté d'un style allongé, avec stigmate terminal.
Aux fleurs succèdent à l'automne des fruits arrondis, d'un violet bleuâtre, les prunelles, recouvertes d'une brillante pruine. Ce sont des drupes à noyau un peu aplati, n'entourant ordinairement qu'une seule graine, car l'un des deux ovules avorte au cours du développement. Le Prunellier, dit aussi Prunier épineux (Prunus spinosa) ou Épine noire, est une Rosacée.
Dans nos bois, en avril, fleurit une autre Rosacée, le Merisier ou Cerisier sauûage (Cerasus avium). C'est un arbre à l'écorce lisse et comme satinée, s enlevant par bandes transversales ; ses fleurs blanches, qui apparaissent en même temps que les feuilles, ont une structure identique à celle du Prunellier, mais, au lieu d'être isolées et sessiles, elles sont groupées en ombelles à 1 extrémité de longs pédoncules ; le pétiole de la feuille porte deux petits nectaires rougeâtres, très visibles et caractéristiques. Le fruit du Merisier est arrondi, noir, à noyau lisse et presque globuleux, sans côtes saillantes ; amère et presque immangeable, la merise fermentée donne un kirsch excellent. Deux autres espèces de Cerisiers croissent encore dans nos bois : le Cerisier Mahaleb et le Cerisier à grappes (Cerasus padus); le premier se distingue du Merisier par sa taille plus petite et l'absence de nectaires au pétiole; le second se reconnaît aux grappes allongées de ses fleurs.
Pour faire plus ample connaissance avec les Rosacées à drupes, c'est dans les vergers et les jardins qu'il faut aller. Là, nous rencontrerons des espèces utiles: Prunier, Cerisier, Abricotier, Pêcher, Amandier, originaires de l'Asie tempérée, mais acclimatés chez nous depuis des siècles; elles fournissent à nos tables des fruits savoureux, elles donnent à nos paysages printaniers une splendeur sans pareille, lorsque, dans les vallées qu'elles garnissent, sur les flancs des collines qu'elles escaladent en files serrées, elles offrent à l'œil émerveillé le prodigieux épanouissement de leurs fleurs
Fig. 250.
Coupe delaf leur
d'Abricotier.
blanches, rosées ou presque rouges. Puis c'est l'éparpillement des pétales, que le vent emporte comme des papillons et dont il poudre le sol; c'est plus tard, enfin, la lourde parure des fruits dont les nuances vives tranchent sur les feuillages touffus.
Le Prunier cultivé (Prunus domestica) s'échappe parfois des jardins et on le rencontre à l'état sauvage dans nos bois; sa floraison précoce l'expose aux gelées blanches. \J Abricotier (Armeniaca) a des fleurs d'un blanc rosé (fig. 250) apparaissant en février-mars, avant les feuilles ; celles-ci sont luisantes, coriaces, ovales et presque en cœur ; le fruit est une grosse drupe à peau veloutée, à chair jaune, ferme, succulente et à noyau lisse. Le Pêcher (Persica) a des fleurs d'un rose rouge caractéristique, apparaissant en mars, avant les feuilles lancéolées, doublement dentées et à pétiole court. La pêche est une drupe à épiderme velouté, à noyau ridé.
De tous nos arbres fruitiers à noyau, X Amandier (Amygdalus) est le plus précoce; il est aussi le plus sensible aux gelées. Dès février, il se couvre de fleurs blanches ou blanc rosé, groupées par deux; ses feuilles allongées, d'un vert clair, ont un long pétiole; ses fruits sont des drupes à chair coriace, verte, non comestible. Le noyau ou coque est mince, rugueux ; la graine, douce dans les variétés
à longs styles dépassant de beaucoup les étamines, est amère chez les autres. Les amandes amères renferment un glucoside , Vamygda - Une, et un ferment, Yémulsine, localisés dans des tissus différentsde la plantule ; une réaction se produit entre ces substances quand on broie la graine en présence de l'eau; il se forme alors du glucose, de l'essence d'amande amère et de l'acide cyanhydrique ou prussique, le plus redoutable des poisons. Cette propriété, à laquelle on a donné le nomde cyanogénèse, est fort répandue dans le monde végétal, sur- Prunier Laurier-cerise en fleurs. tout chez les Rosacées.
Toutes les Rosacées à drupes, dites aussi Prunées ou Amygdalées, sont utiles encore pour leurs bois, recherchés par les ébénistes ; leur rôle décoratif est de premier ordre. En Chine, on admire pardessus tout la splendide floraison des Pruniers et des Pêchers. Au Japon, la fleur nationale est celle du Sakura ou Cerisier du japon.
Nos jardins sont égayés au printemps par les fleurs des Pêchers de Chine, des Pruniers et Merisiers à fleurs doubles ; le Lauriercerisier (Prunus Laurocerasus) est précieux pour son beau feuillage persistant et ses longues grappes de fleurs blanches.
De nos Prunées, il faut rapprocher les Chrysobalanées des pays chauds; la plus estimée est
\ Icaquier commun, arbrisseau de l'Amérique tropicale :son fruit ou prune-coton est comestible à la fois par la pulpe et par 1 amande.
Caractères et division des Rosacées. — Les Rosacées n'ont qu'un petit nombre de caractères communs : feuilles alternes et pourvues de deux stipules, fleurs régulières et du type 5 presque toujours, réceptacle en godet sur lequel s'insèrent les pièces; étamines nombreuses et en cercles, à anthères s'ouvrant vers le centre de la fleur. Le pistil et le fruit, très variables, ont permis la division en tribus :
carpelle, drupe, 2 ovules Prunées.
( Carpelles peu nombreux , folli- Plus \ cules ou gousses. . Spirées et Quillajécs. d un < Nombreux carpelles ; akènes sur carpelle. / le centre saillant du réceptacle,
l rarement des drupes Fragariées.
Nombreux carpelles uniovulés ; akènes dans
un tube charnu Rosées.
1 à 3 carpelles uniovulés, akènes libres dans
un tube sec Potériées.
1 1 à 5 carpelles biovulés soudés entre eux et au tube charnu ; 1 à 5 loges avec 1 à 5 noyaux parcheminés ou ligneux Pomées.
Les Rosacées ont une grande ressemblance extérieure avec les Renonculacées à fleurs régulières, mais elles en diffèrent par la forme du réceptacle et le mode d'insertion des étamines; par les Prunées, qui sont monocarpellaires, elles se relient aux Légumineuses. Ces plantes sont réparties dans le monde entier, mais communes surtout dans les régions tempérées de l'hémisphère boréal ; elles nous fournissent presque tous nos fruits de dessert, plusieurs boissons usuelles, des bois utiles et des fleurs superbes.
Spirées, Quillajées. — En été, dans les prés humides, on rencontre une herbe, haute d'un mètre, aux feuilles gracieusement découpées ; ses fleurs blanches , d'une incomparable légèreté, sont groupées en corymbes d'où s'exhale un parfum d'amande amère. C'est la Spirée ulmaire ou Reine des prés (fig. 251). Sa fleur ressemble beaucoup à celle du Prunellier :
cinq sépales, cinq pétales et trente étamines fixées sur le bord d'un réceptacle en godet, mais le pistil qui se dresse au fond de celui-ci, au lieu de comprendre un seul carpelle, en comporte cinq d'ordinaire qui deviendront autant de follicules tordus en spire. Les Spirées sont de belles plantes d'ornement aux fleurs blanches, roses ou rouges, souvent odorantes.
Les Quillaies, qui sont desarbres de l'Amérique du Sud , peuvent être rattachées aux Spirées ; la Quillaie savonneuse (Quillaja sapona-
ria), du Chili, a une écorce très Fig. 251. — Spirée.
riche en saponine, qui est vendue, a, Fleur; B, Fruit.
Cl. F. Faidcau.
Fraisiers en fleurs dans un bois.
Fruit i
Fruit enveloppé.
comme le Savonnier, de la famille des Sapindacées (p. 188), sous le nom de bois de Panama; le fruit est une gousse.
Fragariées. — Portons maintenant notre attention sur la fleur du Fraisier (F ragaria) [fig. 252, Al.
Blanche, régulière, elle possède encore la même structure que celles des Prunées et des Spirées : cinq sépales souvent doublés d'un calicule, cinq pétales, vingt étamines disposées au pourtour d'un godet, ici peu profond ; mais du fond de celui-ci s'élève une éminence conique, portant un nombre considérable de petits carpelles à style basai contenant chacun un seul ovule. Ce mamelon central du réceptacle creux et les multiples carpelles dont il est chargé caractérisent une troisième tribu de Rosacées : celle des Fragariées.
Le Fraisier est une herbe vivace munie d'un rhizome d'où partent de grandes feuilles alternes composées de trois folioles dentées et portées au sommet d'un long pétiole. Du rhizome naissent aussi des tiges grêles ou coulants, qui rampent en s enracinant par un marcottage naturel, multipliant ainsi la plante; enfin, à la belle saison, apparaissent des rameaux dressés, garnis de petites feuilles et terminés par des fleurs ; celles-ci ont leur calice doublé d'un calicule, l'un et l'autre persistants. A la maturité, les carpelles se transforment en akènes, tandis que le mamelon du réceptacle sur lequel ils sont fixés grossit, devient charnu, rouge et comestible; on le nomme fraise et c'est lui qu'on prend ordinairement pour le fruit (fig. 72, B). Les Potentilles, herbes à fleurs blanches ou jaunes, communes partout, peuvent être considérées comme des sortes de Fraisiers dont le réceptacle reste sec.
Partout où l'homme cesse momentanément d'imposer des lois à la végétation, la Ronce (Rubus) triomphe, escalade les arbustes, étouffe les herbes sous ses arceaux inextricables armés de pointes aiguës. Ses sarments arqués sont de longs bras dont toutes les parties en contact avec le sol prennent racine, propageant ainsi la plante avec une étonnante rapidité. Les Ronces ont des feuilles alternes, composées de trois à cinq folioles ; les pétioles et les nervures sont, ainsi que la tige, garnis de forts aiguillons crochus, élargis à leur base, non caducs comme dans le Rosier; leurs fleurs, blanches ou roses, en grappes terminales nombreuses, sont grandes et belles. Elles ne diffèrent de celle du Fraisier que par l'absence de calicule et par la nature du fruit; chaque carpelle devient un petit fruit à noyau ; l'ensemble est une drupe multiple, luisante, noire ou bleuâtre à sa maturité : c'est la mûre sauvage, qui n'a rien de commun, qu'une certaine analogie dans l'aspect, avec la vraie mûre, fruit du Mûrier. Le Framboisier sauoage (Rubus Idœus), commun dans les bois, est une Ronce moins férocement armée que les autres; ses tiges sont dressées, ses feuilles sont blanches en dessous et son fruit est rouge à la maturité (fig. 70). La Kerrie du Japon est un arbuste aux fleurs jaunes d'or, souvent doubles, formant des inflorescences globuleuses qui, de loin, rappellent des roses. Les Fragariées, sans avoir l'importance des Prunées, nous fournissent deux fruits parfumés et savoureux, la fraise et la framboise. Comme Fragariées ornementales : quelques espèces de Ronces à fleurs odorantes, des Potentilles, des Benoites (Geum), des Dryades et le curieux Fraisier des Indes, décoratif par ses rameaux retombants, ses fleurs jaunes et ses fruits rouges.
Rosées. — Nous connaissons maintenant quatre tribus de Rosacées : les Prunées, Spirées, Quillajées et Fragariées; chez toutes, la base de la fleur se profile en un godet assez peu profond pour laisser le fruit parfaitement visible ; ce sont des Rosacées à fruit nu. Les autres plantes de cette famille dont nous allons parler ont, au contraire, le fruit enveloppé dans un tube variable.
Dans les bois et dans les haies fleurit l'Églantier ou Rosier des chiens (fig. 253, A), arbrisseau de 2à3 mètres, aux feuilles alternes, composées de trois à sept folioles dentées et portant à la base du pétiole deux longues stipules vertes ; tiges, pétioles, pédoncule floraux sont armés d'aiguillons caducs, forts et arqués comme des crocs de chien. La fleur, assez grande, odorante, a pour calice cinq sépales verts offrant une disposition quinconciale : deux des sépales n'ont