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LA FENAISON EN FRANCHE-COMTE

A l'état de nature, deux principaux types de végétation se disputent la surface du globe : la prairie et la forêt. Suivant le climat et la composition du terrain, l'une ou l'autre de ces formations végétales domine ; elles peuvent même, dans les contrées où l'humidité s'allie à une température douce, se pénétrer plus ou moins et former un parc, dans lequel des bouquets de bois parsèment l'étendue herbeuse.

Lorsque l'Homme, aux temps néolithiques, commença la domestication des animaux et se fit pasteur, son bétail trouva d'abord d'abondants herbages. Quand ceux-ci devinrent insuffisants pour son troupeau accru, il abattit la forêt pour étendre le pâturage. La création des cultures nécessita une extension considérable du bétail pour le labour et les travaux des champs et, par suite, un accroissement de la surface et du rendement des terrains produisant les fourrages. Ainsi naquit la praticuliure, par laquelle sont créées, entretenues et exploitées les prairies. L'élevage du bétail est, de nos jours, une industrie des plus florissantes, et les

Une presse à fourrage.

surfaces consacrées aux plantes fourragères sont en sensible augmentation. Les steppes de Russie, les pampas de l'Amérique du Sud, les plateaux australiens, les plaines des États-Unis, etc., sont d'immenses régions à pâturages.

Prairies naturelles. — Dans tout terrain abandonné à luimême se développent une foule de plantes, parmi lesquelles dominent bientôt les Graminées et les Légumineuses. Ainsi se forment des prairies par engazonnement naturel, mais on peut aussi les créer par ensemencement. La création de prairies est tout indiquée dans les sols qui ne pourraient porter d'autres cultures, dans ceux qui sont périodiquement inondés par les cours d'eau, dans les terrains en pente où l'herbe maintient la terre arable. On peut diviser les prairies naturelles en prairies de fauche, dont 1 herbe est coupée pour être convertie en foin, et en prairies de pâture, dont les plantes sont entièrement pâturées sur place. A cette dernière catégorie appartiennent les herbages de la Normandie, du Nivernais, du Charolais, de la Vendée, dont la végétation vigoureuse mène à bien l'engraissement des bovidés, et les pâturages ou pacages des terrains de montagne ou des terres maigres des Causses, du Berry, de la Sologne, parcourus par les moutons ou les vaches laitières. La composition du mélange des graines à semer est variable suivant qu'il s'agit d'une prairie de fauche ou d'un herbage. Dans le premier cas, il ne faut associer que des plantes hautes, fleurissant à la même époque et repoussant rapidement pour permettre une deuxième coupe; dans le second cas, au contraire, on mélange des espèces à végétation précoce, moyenne ou tardive, pour que les animaux aient toujours de l'herbe tendre. Quels que soient les soins donnés à une prairie, son rendement diminue au bout de quelques années ; les mauvaises herbes l'envahissent ; on la défriche à l'automne par un labour et on peut y obtenir pendant plusieurs années de bonnes récoltes d'avoine ou de plantes sarclées, puis on l'ensemence à nouveau de plantes fourragères.

Dans tous les pays du monde, les principales plantes de prairies sont les Graminées et les Légumineuses, herbes rustiques à graines nombreuses, dont la croissance n'est arrêtée ni par la faux, ni par la dent des

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