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CI. de M. P. I'.-iideau

Écorce du Cerisier.

Fig. 19. — Rhizomes.

A, du Carex : B, de l'Iris ; tige aérienne : rh, rhizome ; r, racines advcntives.

^fe

Fig. 22. — Coulants du Fraisier.

Tubercules

de la Pomme de terre

Fig. 21.

Coupe d'un bulbe.

a , tige aérienne ; b, rhizome portant des tubercules ; c, racines adventives.

a, tige aérienne ;

b, écailles ; c, plateau

ou rhizome ; d, racines

adventives.

en réalité, formé c est ce que l'on

gement du rhizome. Ce dernier est donc, d'une série de branches d'ordres différents : appelle un sympode. Les tissus de ces tiges souterraines sont gorgés d'eau, remplis de matière féculente ou de diverses autres substances de réserve. Quelquefois le gonflement et la tuméfaction des tissus s accusent plus encore et l'on voit de véritables tubercules se former, qui peuvent être constitués d'articles successifs renflés en chapelet comme dans les Crosnes du Japon (Stachys affinis). Ailleurs, comme dans la Pomme de terre (Solarium tuberosum [fig. 20]), la tubérisation n'a lieu que sur une faible longueur des cordons incolores souterrains ; sur le tubercule, on observe des yeux qui naissent à l'aisselle d'écaillés, indiquant que

Rhizome du Sceau-de-Salomon avec cicatrices.

le tubercule est formé de plusieurs entre-nœuds.

Si les cordons souterrains qui constituent le rhizome sortent accidentellement du sol et continuent à se développer à sa surface, on a ce que l'on appelle des stolons ou drageons, ou des tiges rampantes que l'on observe aisément dans le Lierre terrestre (Glechoma hederacea), et surtout dans les Fraisiers (fig. 22), où ils forment ces coulants qui, après avoir rampé sur une assez grande longueur à la surface du sol, y produisent, près de l'extrémité, des racines qui s'enfoncent dans le sol et provoquent l'apparition de nouvelles feuilles et bientôt d'un nouveau plant de Fraisier ; ce dernier se comporte comme le pied mère et la plante s'étend sur toute la surface du champ de culture. Les bulbes ou oignons (fig. 21) sont des bourgeons souterrains comprenant un court rhizome ou plateau qui porte à sa face inférieure des racines adventives et, sur ses flancs, des écailles blanchâtres. A l'aisselle de chaque écaille est un bourgeon latéral. Dans certains bulbes, comme l'Oignon ordinaire, les écailles, très développées, se recouvrent complètement (bulbes tuniques); dans le Lis, elles sont moins développées (bulbe ccailleux) ; dans le Safran, elles sont très réduites : le plateau forme presque à lui seul le bulbe, qui est dit plein.

Tiges grimpantes. — Les tiges qui courent ainsi sur le sol appartiennent à la catégorie des plantes rampantes. Chez certaines espèces, comme le Liseron, cette propriété est très accusée quand il végète dans les endroits découverts, dans une prairie, par exemple. Mais si cette même plante croît au milieu des Blés, dans un endroit où la lumière est atténuée, et où elle rencontre partout des tiges dressées qui peuvent lui servir de support, elle se comporte d'une façon tout à fait différente : elle s'enroule autour des chaumes et devient une plante grimpante volubile.

Les tiges grimpantes ne sont pas toujours organisées sur ce dernier type. Nous avons vu, en effet, que la tige du Lierre grimpe le long des murs à l'aide de milliers de racines-crampons, et nous verrons ultérieurement que beaucoup se fixent aux tuteurs à l'aide d'organes enroulables nommés vrilles.

Les tiges en pays désertiques.

— ■ En opposition à ces végétaux, nous pouvons citer ceux qui croissent dans les régions très sèches et désertiques, où les plantes sont peu nombreuses et la lumière intense. Les tiges s'y modifient dans une direction très différente. Les Cierges (Cereus) peuvent nous permettre d'apprécier l'amplitude de la variation des organes caulinaires. La tige reste d'ordinaire simple, elle ne se ramifie pas; elle est réduite à une colonne dépourvue de tous appendices, de feuilles et de branches; on remarque que sa surface est ailée et épineuse, que sa structure est charnue et aqueuse.

Toutes ces particularités sont en rapport avec l'adaptation à un climat sec, qui permet au végétal de réduire au minimum le danger résultant pour lui de la transpiration. Les moyens que les plantes désertiques ont employés dans le cours des siècles pour arriver à ce résultat ont été les mêmes dans les pays les plus divers, mais ayant des conditions climatériquesanalogues. Cela est si vrai que des plantes très différentes les unes des autres, comme des Cactées, des Euphorbes grasses, des Asclépiadacées charnues ont subi des transformations si manifestement dans une même direction qu'elles sont arrivées, à l'heure actuelle, à se ressembler d'une étrange manière. Dans ces trois groupes, on a des tiges grasses et simples, couvertes de piquants, des tiges en boule ou des raquettes aplaties. Ce sont là les trois stades d'une même évolution qui s'est opérée dans le même sens pour trois groupes différents.

Fonctions de la tige. — La physiologie de la tige résulte, pour ainsi dire, de sa position dans l'ensemble du corps de la plante. C'est un organe qui

sert de squelette, et qui a un double rôle de support et de conduction. C est la tige, en effet, qui porte les feuilles, les fleurs et les fruits ; ces diverses parties du végétal sont parfois extrêmement nombreuses, comme cela arrive dans un arbre élevé; il faut, pour porter cette riche frondaison et floraison, un système richement ramifié, solide, qui se dresse dans l'air où ses ramifications multiples permettent aux feuilles et aux fleurs de ne pas s'étouffer les unes au-dessus des autres. Le squelette est surtout formé dans la tige par le tissu ligneux ; déjà les vaisseaux ont leur membrane un peu épaissie et incrustée d une matière dure appelée lignine, mais cette constitution intime se retrouve dans les fibres et le parenchyme ligneux. Ce sont d'ailleurs les fibres ligneuses qui constituent la partie essentielle et caractéristique du système squelettique. A ces fibres du bois s'ajoutent fréquemment les fibres libériennes qui forment des paquets plus ou moins développés, disséminés dans le liber ou agglomérés au dos des faisceaux. L'importance de ces fibres est très grande, car c'est grâce à elles que beaucoup de plantes sont employées comme textiles. Parle rouissage, les éléments parenchymateux sont séparés, détruits, et les fibres peuvent être isolées pour constituer l'étoupe qui servira au tisseur.

Le Chanvre, le Lin, le Jute, la Ramie sont parmi

Cl. de M. Dijjupt.

Cierge dans les régions désertiques du Mexique.

les plantes les plus utiles à ce point de vue.

La seconde fonction fondamentale des tiges est de conduire la sève. C est à travers son énorme système ligneux et vasculaire que circule la sève ascendante qui vient des racines et qui continue sa marche ascensionnelle vers les feuilles. Ce torrent vertical se manifeste quelquefois au dehors quand, par suite de blessures, la sève s'écoule : on observe alors des pleurs. On peut encore trancher la partie supérieure d'une plante et le suc qui s'écoule en abondance est utilisé dans certaines contrées ; soumis à la fermentation et à la distillation, il peut donner soit un vin (vin de Palme), soit un alcool, par exemple le mescal de Y Agave Salmiana.

Il n'y a d'ailleurs pas que la sève ascensionnelle qui circule dans la tige ; il y a aussi la sève élaborée qui revient des feuilles et qui est d'ordinaire descendante. Seulement, au lieu de passer par les vaisseaux du bois, elle descend par les tubes criblés du liber.

Évidemment, pour que la tige remplisse ces deux rôles essentiels, il faut qu'elle se dresse dans l'air et qu'elle soit orientée vers le haut. C'est ce qui arrive pour les tiges de la plupart des plantes, et c'est la pesanteur qui contribue à cette orientation, grâce à cette propriété qui a été désignée sous le nom de géotropisme négatif. Pour la tige principale, le géotropisme est absolu ; pour les branches obliques, le géotropisme est limité. Il est une catégorie de plantes pour lesquelles cette propriété disparaît : ce sont celles dont la tige est rampante ou celles dont la tige est souterraine. On dit alors qu'il y a plagiotropisme. Les espèces dont la tige présente cette propriété anormale sont vouées à rester dans le sol ou à son voisinage. Si elles s'introduisent dans la terre, il en résulte que leur transpiration est modifiée, rendue plus difficile; elles se tuméfient, leur écorce augmente d'épaisseur, leur cylindre central, au contraire, se réduit. L'absence de lumière fait, en outre, disparaître la matière verte et l'on a ces tiges souterraines, qui parfois se renflent en tubercules et il s'y accumule des matières alimentaires de réserve comme dans un grenier. Il en résulte que la plante peut séparer ces tubercules; grâce aux matériaux qu'ils contiennent, ils peuvent germer comme une graine. Ces tubercules dégagent de la chaleur, et si l'on enfonce en eux le réservoir d'un thermomètre très sensible, on voit qu'il marque une température supérieure à celle du sol. Ce dégagement calorique, d'abord faible, passe par un maximum, puis décroît.

Euphorhia splendens (Euphorbiacée).

S/apelia (Asclépiadée grasse).

Une plantation d'Agaves, au Mexique.

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