‹ Les plantes magiquesChapitre 13 sur 19 · IV. — Agronomie · texte numérisé non relu

IV. — Agronomie

Culture des plantes. — H y a une agriculture magique dont les préceptes et le modiis operandi sont également perdus. Le fondement de cet art consiste à semer la graine dans la matrice exacte qui lui est complémentaire. De mémo que, dans le régime de la mystique, l’homme qui a retrouvé son àme-sœur, devient par le fait puissant en œuvres et en paroles, la semence jetée dans sa terre propre, atteint sa perfection générique.

Les semailles se font sous les auspices de Saturne-, les Gaulois appelaient sni, la semence, et satiir le semeur ; semer c’est mettre quelque chose dans l'obscurité; dans la profondeur et dans l’isosolement.

Les ténèbres provoquent la lumière, et la masse informe des cotylédons putréfiés appelle la fleur radieuse ou l’arbre majestueux.

Voyons ce qui arrive pour la grande majorité des ensemencements, je veux dire lorsque la terre n’est pas correspondante en tout au germe c£u’on lui confie. Nous avons vu que le développement souterrain de ce dernier s’opère aux dépens du Sel, du Soufre et du Mercure de la terre; le soleil est là comme dispensateur universel de la

vie; mais scs l'ayous vitaux invisibles ne sont assimilables pour une graine que s’ils lui apparaissent qualifiés en correspondance conplémentaire avec elle-même. Si donc la terre où gît la graine ne satisfait pas à ces conditions, VEnu du germe étend des radicelles, épuise scs forces à chercher autour de lui ce dont il a besoin : alors la racine croit. sèche et noueuse, de même que la tige: le Sel, le Soufre et le Mercure se consument eux-mêmes et consument sans résultat la vie solaire qui leur parvient sous une qualité non assimilable pour eux.

L’art peut remédier à cet inconvénient fondamental, de deux façons : en choisissant avec soin la terre propre au germe qui va la féconder, ou, si la plante a déjà germé, en lui donnant un stimulant vital.

Dans le premier cas, il faut connaître à fond soit la proportion dans laquelle le Sel le Soufre et Mercure participent à la composition de la terre et de la graine, ou la composition chimique de l’un et de l’autre.

Dans le second cas, il se produit, au cours de la préparation de la pierre, en particulier par la voie sèche, diverses liqueurs de dépôt qui remplissent très convenablement l’olUce de médecine pour les plantes chétives.

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Nous en parlerons tout à l’heure, (t)

En outre des relations de la plante avec le sol qui la nourrit physiquement, il faut lui choisir sa société ; certaines plantes prospèrent, vivant à côté de certaines autres, et dépérissent si leurs voisines leur déplaisent; c’est ici une question de signature comme on pourra s’en convaincre par la lecture de l’extrait suivant et bien plus encore, par l’expérience journalière.

L’olivieé est ami de la vigne et s’éloigne du chou.

La renoncule est amie du nénufar

La rue est amie du figuier etc.

Enfin les agents extérieurs, et en particulier la lumière ont aussi leur influence sur la vie végétale. Le rayon bleu du spectre active la végétation, et le rayon jaune la retarde. Camille Flammarion a fait sur ce point des expériences concluentes.

Cueillette des plantes. — La doctrine astrologique enseigne que les plantes doivent se cueillir à certaines heures planétaires, ou mieux au moment des conjonctions des planètes favorables dont elles sont signées, et lorsque les astres ma-

(i) \ oyez an paragru[)lic suivant, l’alinéa consaci'é à V Accroissement des plantes.

Icliqucs sont en exil. Le Vocabulaire imlicinera les dillerenls cas ejni peuvent se présenter.

— Croissance Mag'iqiie des Plantes.

Le Di" Cari du Prel (i) cite le passage suivant où Simon le Mage s’exprime ainsi : (2) « A'inon geste, la terre se couvre de végétations, et des arbres s’en élèvent... Je puis taire pousser de la barbeaux éphèlics... Plus d’une fois,^j ai, en un instant, fait sortir des arbustes de terre. — »

Christophe Langhans raconte dans la relation de ses voyages (3) le fait suivant : un takir demanda une pomme de Sina : il 1 ouvrit, en retira un pépin et l’enfouit dans la terre en ayant humecté un peu celle-ci au préalable ; il recou^ 1 it l’endroit d’un petit panier, mit dans sa bouche une poignée de tahac et collant un fil ciré sous sa lèvre il ellila le laliac visqueux de sa bouche sur ce fil, en recommençant lorsipie le fil fut euduit une première fois. 11 leva ensuite le panier et

nous montra qu’uue plante était sortie de teiie pendant l’espace d’une i/a heure. 11 recouvrit bientôt la plante, fit quelques cabrioles, puis il

(1) Forciertes P/Inmcna'achslum. Spliinx, Mars Sp.

(2) Goures. La mvsiiqiie clirctiennc, lU. 1'. l^>^.

(3) Ncue ostindische Reisc. i;o5.

enleva le panier au fond duquel la plante touchait alors, elle portait des fleurs odorantes ; ses cainal'ades firent encore quelques contorsions la suite desquelles on aperçut des fruits sur l’arbre. Pour les faire mûrir, il recommença à enduire son ül de taliac, etun quart d’iieure après il nous présentait cinq pommes très belles et mûres ; j’en goûtai, je les trouvai semblables aux fruits naturels? le commissaire garda l’une d’elles; mais le jongleur déracina l’arbre lui-même et le mit dans l’eau. U

^"oici encore un témoignage d’un voyageur moderne :

« Sur la vérandab de l’un des premiers bétels delà grande rue, inon regard fut attiré par les mouvements d’un groupe de jongleurs qui se concertaient, accroupis sur le sol. Tout leur habillement consistait dans l’habituelle bande de calicot passée autour des reins, de sorte qu’ils ne pouvaient en retirer aucun secours pour leurs exercices. Ces gens étaient les plus adroits que j’ai jamais vus...

« L’un d’entr’eux posa une noix sur la pierre, la recouvrit de deux morceaux d’étoile, qudl souleva plusieurs fois, pour éloigner de notre espi’it l’idée de supercherie.

« La noix s’ouvrit d’abord, se développa peu à

peu, jusqu’à cc que, dans l’espace d’envii-on lo minutes elle devint un véritable petit arbuste, avec des feuilles et des racines. » (i)

Des faits semblables ont été observés en Europe. En 1715, un médecin nommé Agricola accomplit les expériences suivantes à Ratisbonne en présence du comte Wratislaus :

1“ Il lit sortir de citrons 12 citronniers avecracines, branches, fruits.

2“ En même temps, il fit la même cliose pour des pommes, des pêches et des abricots, qu’il fit ci'oître jusqu’à la hauteur de quatre à cinq pieds.

3° Pour écouler le reste de l’heure consacrée à ces expériences, il porta i5 nelkènpeltzer à l’état de nagel stoken, cjui continuèrent par la suite leur développement normal. (2)

Enfin terminons ces récits merveilleux par un dernier plus merveilleux encore, où le phénomène est produit par un fantôme ; (3) c’est toujours au travail du D‘‘ du Prel que nous empruntons ces détails ; le célèbre savant les a entendus confirmer par un témoin oculaire.

(1) J. HixGSTOx.r/ie AiistvalianAhvoad. Londoa 1880.

(2) FnANCUS DK Fhankkx.vu: De Palingencsia. p. 140

(3) Herald of. Progress, 3 Sept. 1880 //iîli.kndach. 3/agie der Zahlen. p i55.

Dans un cercle spirite anglais, un médium nommé miss d’Espérance, obtenait la matérialisation d’un esprit qui se faisait appeler Yolande. — ^ Pendant une de ses matérialisations, le fantôme demanda une bouteille, de l’eau et du sable ; et unit le tout dans la bouteille qu’il déposa sur le sol, en décrivant autour d’elle quelques passes circulaires ; des graines d’Z.vo/’fl c/’ocnffl eid' Anthurium Schezerianum il recouvrit l’appareil d’un morceau d’étoffe blanche, et seretira dans le cabinet noir d’où il apparaissait. Instantanément nous aperçûmes le linge se soulever dans la bouteille; et Yolande-nous montra une plante avec des feuilles vertes, des racines, et des bourgeons ; la bouteille fut remise par terre, et le fantôme rentra dans le cabinet noir ; quatre ou cinq minutes s’écoulèrent au bout desquelles toute l’assistance, qui ne comprenait pas moins de 20 personnes, put examiner à son aise les deux petites plantes hautes de 6 pouces et garnies de fleurs fraîches et brillantes. On verra des récits semblables dans les écrits de Tavernier (Voj'age en Turquie) de du Potet (Journal du Magnétisme) XVI, i4fl), de üougiienot des Mousseaux {Les Hauts phénomènes de la ma(jie,\). 2'3o^, de Gorres(lII, 534).

Les expéi-iences bien connues de Louis Jacol-

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