‹ Les plantes magiquesChapitre 14 sur 19 · TO(J · texte numérisé non relu

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liot (i), dont les œuvres son répandues partout eonlirment encore ces récits plus anciens.

^ Les philosophes avancés ne sont pas, en tliéorie, adversaires de telles expériences.

« Nous savons, dit Edouard von Hartmann, que les fonctions pliysiologiques de la vie végétale peuvent être puissamment excitéespar des rayons lumineux vifs, soit par l’électricité ou des adjuvants chimiques ; que même chez l'homme, un enfant de quatre ans, peut atteindre le développement d'un sujet de trente ans, et que certaines graines qui croissent naturellement vite, peuvent être artificiellement accélérées dans leur maturation. D’après cela il est jiermis de penser que la force médiumistique peut oj>érer d'une façon analogue. » (2)

. Le D'' du Prel, à qui nous avons emprunté toutes ces citations, construit de la façon suivante une théorie fort intéressante.

La vie organique de l’homme de même que sa vie intellectuelle offrent l’exemple de l’action d’une puissance accélérante analogue à celje que nous voyons agir sur les plantes. Notre auteur rappelle la mention qu’il a faite dans un autre

(1) Le Spiritisme dan.'i le Monde, pp- 3o<) à 3iP

(2) Der Sjiirilismiis. r>3, Noie.

oiivraa-c (i) de raltéralion du temps dans certains phénoinènesde rêve, pendant lesquels des taljleaux passent devant nosyeuxdont le délilé dure, semble-t-il, des heures, et qui en réalité durent au plus quelques secondes.

L'homme, dans le sein maternel, parcourt en neuf mois un procèshiologiqucqui.dans la nature * extérieure, dure des millions d’années. (2) Pourquoi serait-il impossible à une volonté exercée de construire autourd’un ens végétal ouanimalou même minéral, une matière invisible qui fournirait à cet ens des aliments de beaucoup plus dynamiques, c’est à-dire plus spirituels ? c’est ce que fait le fakir; ainsi que le dit le D>' Papus, dans son traité de Magie pratique c’est avec sa vie qu’il développe la graine sur laquelle il impose les mains. Son âme est concentrée en un certain foyer de son corps astral appelé en sans krit, le Swadishtana Tchakra al cg sont les forces de vie végétative qui nourrissent et développent le pliénomènc.

Au lieu d’emprunter les matériaux de ses ali-

(/; La P liilosojihie de la Mystique. Voir aussi à ce suj les Hêees et le.s moyens de les diriger-,' à signaler aussi la réiuiiiisceiicc de loule la vie pour le noyé au momenl où il incurl.

(/) Cl Anihropogenie. 11-acckel

nienls invisibles à un organisme liumain, on peut les emprunter à la Nature et c’est cequi constitue le procédé alchimique dont voici deux formules :

— Prenez une once deJ/ars et une once de VénuH ouverte; faites digérer à ’jô degrés dans unballon de veiTe épais ; il se dépose un caput mortuum vert ou rouge et une liqueur dissolvante verdâtre. Distillez jusqu’à siccité, coliobez cinq ou six fois de façon que rien ne reste dans la cornue; l’évaporation donne un sel fixe et rouge. Si l’on fait infuser des graines dans une eau où ’on a mis un peu de ce sel, ces graines croissent ])lus rapidement; les feuille qu’elles poussent ont les reflets dorés et les fruits en sont meilleurs.

OR POTABLE. — Voici l’une des nombreuse formules propres à composer cette liqueur :

Chauflez à 4oo degrés du magistère de soufre ; d’abord gélatineuse, la masse fond à nouveau, distille et laisse un résidu. On recueille ce résidu et on le mélange intimement à un sel qui puisse le fixer ; on distille le mélange à un fort feu; on tamise le caput niortuum et ainsi de suite jusqu'à ce que la distillation ne donne plus qu’une eau insipide.

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Ti'aitéc avec l'alcool pur (comme le sel de tartre, A oyez Contrepoison) on obtient une huile et une eau qu’il faut décanter. Cette eau dissout le sel d’or; lorqu’elle est saturée de métal, elle est bonne pour arroser les ceps malades, les arbres fruitiers rabougris, etc.

VI — La Paling'énesie

On s’occupe un peu, actuellement, des problèmes mystéi’ieux de la biologie des trois règnes inférieurs de la Nature; les plus intuitifs de nos contemporains sentent qu’il y a autre chose derrière la chimie, derrière la botanique et derrière la zoologie oOicielles. Ce quelque chose, lesgrands initiés de tous temps l’ont connu, et ils en ont même laissé transpirer quelques reflets dans le monde. Si l’Achimie est célèbre dans l’iiistoirc du développement scientifique de notre Occident, la Botanique occulte est beaucoup moins connue et la Zoologie occulte ne l’est pas du tout. Elles existent pourtant toutes trois, comme les développements successifs d’une seule notion : la vie terresti’e.

Pour chacun des trois règnes de cette Vie, on peut reconstituer l’Art et la Science qui lui étaient

consacres dans les anciens Temples de la Sagesse ; mais ce n’est pas ici le lieu de construire des hypothèses séduisantes, nous ne rechercherons de ces synthèses disparues que les stricts niatériaux nécessaires à construire la théorie de notre sujet.

Entre le monde matéiûel et le monde spirituel il y a quelque chose d’intermédiaire qui est le monde astral ; ce monde astral, qui se re[>ète à travers les trois règnes de la Nature, s’appelle selon Paracelse, le Leffas pour les végétaux, et combiné avec leur force vitale, il en constitue l'Ens pi’imiini, qui possède les plus hautes vertus curatives ; c’est lui qui est le sujet de la Palingénésie.

On le voit, cet art est triple , il consiste à faire revivre l’ame, c’est à dire simplement le fantôme de la plante ; — ou bien a faire revivre le corps et* Tàme de la plante ; ou enfin, à la créer a^ ec des matériaux empruntés au règne minéral. Nous allons donner quelques recettes palingenétiquesiqui se réfèrent toutes au premier traA ait ; jamais rien n’a été écrit sur la résurrection et la création physiques des plantes.

« Un certain Polonois, sçauoit renfermer les phantosmes des plantes dedans des phioles : de sorte que, toutes les fois que bon lu} sembloit.

il faisoit paroistre une plante dans une pliiole vide. Chaque vaisseau contenoit sa plante : au fond, pavoissoit un peu de terre, comme cendres, Il étoit scellé du sceau d’Hcrmcz. Quand il vouloit l’exposer en vue, il cliauflbit doucement le bas du vaisseau. La chaleur pcnclrant faisoit sortir du sein de la matière, une tige, des branches ; puis des feuilles et des Heurs, selon la nature de la plante dont il auoit enfermé l’ànie. Le tout paroissoit aussy long temps aux yeux des regardans que la chaleur excitante durcit. » (i)

«C’est invariablement sur le patron moyphique delà plante, sur son corps sidéral ou potentiel, — substratum de la matière visible (réduite ellemême à l’état de capiit morlmiin ), — que lu fantôme végétal se dessine, en objectvation éphémère dans le premier cas ; .et que, dans l’autre, il pré-, side, en mode végétatif, au groupement moléculaire de la glace naissante.

« On trouve dans le Gr^nd Livre de la nature publié au dernier siècle par les soins d’un chapitre de Rosc-|-Croix, toutes les phases de l’opération spagyrique, requise pour obtenir le phé-

(i) Guy (le la Grosse De-' la naliu-c cpvia cl nlililc des plantes etc. IGG.'i-in f“ ; cit. j). Guaila. — Clé de la il/rtgie nairu.

nix végétal. C’est le vase préparé pour l’épreuve de la palingéiiésie, que l’auteur désig’ne par celle métaphore. Quant auxmanipulations essentielles, c’est sous réserves c{ue nous en relèverons l’ordonnance, en tâchant à résumer le détail d(;s minutieuses prescriptions formulées de la page i5 à la page 19...

1° Il faut piler avec soin quatre livres des graines bien mûres de la plante dont ont veut dégager Yâme ; puis conserver cette pâte au fond d’un vaisseau bien transparent et bien net.

2° Un soir que l’atmosphère sera pure et le ciel serein, on exposera le produit à riiumidilé nocturne, aün q’il s’imprègne de la vertu vivifiante qui est dans la rosée.

3° et 4“ L’on aura soin de recueillir et de filtrer huit pintes de cette rosée, mais avant le lever du soleil, qui en aspirerait la partie la plus précieuse, laquelle est extrêmement volatile ;

5° Puis on distillera la liqueur filtrée ; du résidu ou des fèces, il faut savoir extraire un sel «bien ciuieux et fort agréable à voir ».

6" On arrosera les graines avec le produit de la distillation que l’on aura saturé du sel en question. Ensuite on enterrera, dans le fumier de cheval, le vaisseau hermétiquement scellé au préalable avec du borax et du verre pilé.

7“ Au bout d’un mois^ « la graine sera devenue comme de la gelée ; l’esprit sera comme une peau de diverses couleurs qui surnagera au-dessus de toute la matière. Entre la peau et la substance limoneuse du fond, on remarque une espèce de rosée verdâtre qui représente une moisson (i). » 8" A ce point de fermentation, le mélange doit être exposé, dans son bocal exactement clos, de jour a 1 ardeur du soleil, de nuit à l’irradiation lunaire. Par les périodes pluvieuses, on remet le vaisseau en lieu sec et tempéré jusqu’au retour du beau temps. — Il faut plusieurs mois, souvent une année, pour que l’opération soit parfaite. \ oit-on, d’une, part, la matière se boursoufler et doubler de volume ; de l’autre, la pellicule disparaître ? C’est signe certain de réussite.

9“ La matière, à son dernier stade d’élaboration, doit apparaître pulvérulente et de couleur bleue.

«... C’est de celte poussière, que s’élèvent le tronc, les branches et les feuilles de la plante, lorsqu’on exposelevaisseauàunedouce chaleur. Voilàcomment SC fait le Phœnix végétal.

(i) Le Grand Livre de la NaLure ou V Apoealypae philosophique el herniélique, eUi.,\\i par une Société de Ph... Inc..., et publié par D... — Au Midi, et de rimprimerie de la Vérité (1790), in-8. Pages 17-18.

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« La paRn^énésic des végélaux ne seroil (jii un ohjeL d’ainusenient, si celle opération n’en (aisoil entrevoir de plus grandes cl de plus utiles. La Cliyniic peul, par son arl, iairc revivre d antres corps ; elle en détruit par le (eu, cl leur rend ensuite leur première forme. La transmutation des métaux, la pierre philosophale sont une suite de la ]jalingénésie métallique.

« On fait sur les animaux ce qu’on fait sur les plantes ; mais telle est la force de mes engagements, que je ne peux pas m’expliquer ouvertement (i)..

« Le degré le plus merveilleux de'^ la palingénésie, est l’art de pratiquer sur les restes des animaux.

Quel enchantement de jouir du plaisir de perpétuer l’ombre d’un ami, lorsqu’il n’est plus. Artémise avala les cendres de Mausole : elle ignorait, hélas, le secret de tromper sa douleur (2). »

Conçoit-on la valeur de cette indication rapide? L'homogénéité de la Nature universelle autorise l’homme à inférer par analogie : et s il a raisonné juste, l’expéi-ience confirme toujours ses inductions. Or, ce qui a lieu dans le règne végétal doit parallèllement se produire dans les

(1) « Cette élude (dit plus loin l'auteur est celle des Pli... Inc... Philosophes iueonnus). C’est d eux que je tiens les vérités que je consigne en eet ouvrage » (Page 2a).

(2) Le Grand Lier» do la Xainre, pages 18-191

règnes inlerieur et supérieur à lui : e’est justifier, dans l'un, la transmutation des métaux ; dans l'autre, lareviviscenee posthume des formes abolies. »

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