‹ Les plantes magiquesChapitre 16 sur 19 · TI · texte numérisé non relu

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geail les préparations dans le fninier de cheval qu'on renouvelait lorsque s’abaissait la chaleur engendrée par la pourriturej. Au bout de ce temps, retirez le récipient et replacez-le sur le feu jusqu'à ce que les figures commencent à apparaître dans le flacon.

C'est de cette façon que Maxwell est d avis de pratiquer la palingénésie de toutes les plantes et même de l’homme, et ailleurs il dit (i) : « Kt de même que de cette manière les sels des plantes sont contraints de laisser apparaître dans un flacon les figures des plantes qui ont préparé ces sels, de même, et c’est un fait hors de doute, le sel de sang (c’est-à-dire le sel provenant de la cendre du sang) est en état de reproduire, sous l’influence d’une très faible chaleur, une figure humaine. Et il faut voir là-dedans le véritable homiincule de Paracelse. » Comme pendant a cette palingénésie des ombres, Maxwell connaît aussi une palingénésie des corps, et décrit ainsi qu’il suit la «véritable mandragore » d’Agrippa! Mêlez dans un récipient non artificiel, bien clos (une coquille d’œuf vidée par l’aspiration) du sang avec les particules les plus nobles du corps aussi bien que possible et dans les

(i) Voyez l’ouvrage cité: I. II; Ch. xx.

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pi'opoiaioas eonvonahl(!s, <!l faiies couver par une poule. Au Jjout d uu Iciiips dét(*riiiiné vouji Irouverez, rappelant la forme Iiumaine. une niasse avec la(|uellc vous poiin^cz accomplir des choses merveilleuses ; vous verrez aussi une liuile ou un liquide baignant cette masse tout autour. En mélangeant cette huile ou ce liquide avec votre propre sueur, vous réaliserez, par un simple contact, des modifications dans les perceptions de vos sens. »

David A an der Hecke appelle le corps astral Idea seminalis et donne, relativement à la palingénésie des plantes, les instructions sui vantes (i): Cf Par une journée sereine, recueillez la semence mûre d’une plante, hroyez-la dans un mortier (une écuelle a pulvériser rendra les memes services) (2), et mcttez-la dans un malras de lu taille de la plante, à peu près, matras présentant un orifice étroit afin de pouvoir cire fermé herméticfuement. Conservez le matras fermé juscju’à cecju’il se présente une soirée permettant d’espérer une ahondaiile rosée dans la nuit. Introduisez ensuite la semence dans un vase en verre et, après avoir placé sous ce vase un plateau

(a) Medirina mugnelica. 1. II. Cli. xx.

(1) Lii roiiiai'(|ue (’.sl do Ma.xwoll.

afin quo rioii ne soit perdu, exposcz-la sur un pré ou dans un jardin afin quelle se pénètre liiende rosée, reincttez-la dans le inatras avant le lever du soleil. Vous filtrerez ensuite la rosée recueillie et distillerez jusqu’àdisparition complète de tout dépôt. Pour ce qui est du dépôt luiinèiue, vous le calcinerez et oljtiendrez après une série de lavages un sel que vous dissoudrez dans la rosée distillée après quoi vous verserez de cette rosée distillée la liauteiir de trois doigts sur la semence imprégnée de rosée et luterez l’orifice du matras de telle sorte qu’aucune évaporisation ne se puisse produire. Puis, vous conserverez le matras en un endroit où règne une clialeur modérée. Au Ijout de quelques jours, la semence commencera à se transformer peu à peu en une sorte de terre mucilagineuse ; l’alcool llottant au-dessus se zébrera de stries et à sa surface se formera une menbrane et la terre mucilagineuse est de couleur verte. Exposez le matras fermé aux rayons du soleil et de la lune et, en temps de pluie, tcnez-le dans une chambre cliaude jusqu’à ce que tous ces indices soient l)icn achevés. Si vous soumettez alors le matras à une douce chaleur, vous vcr/’cz apparaître l’image de la plante correspondant à la semence employée, et vous la verrez disparaître par le

rdVoidissemenl. Coite niélhode do l'opivsentation de Vldea seminalis est employée avec peu de variantes par tous ceux qui pratiquent la palingénésie. »

Van der Becke cite aussi la palingénésie par le moyen de la cendre sans toutefois donner les instructions relatives à ce sujet et estime que 1 on peut, de cette façon, pratiquer vis-à-vis de ses ancêtres une nécromancie licite, pourvu toutefois que l’on ait conservé de leurs cendres (i).

Nous trouvons l’avis de Van der Becke très complété dans ce qu’il y a d’essentiel dans un ouvragé (3) de la fin du siècle dernier où il est dit: « Prenez la semence d'une plante. La plante peut être quelconque pourvu qu’elle soit dans sa maturation et recueillie par un beau temps et un ciel serein. Broyez-en 4 livres (3) dans un mortier en verre et mettez-Ia dans un flacon convenable, delà taille de la plante tout entière.

(i) Expérimenta p. 3io.

(a) Dissertation sur la résurrection arliliciclle des animaux, plantes et êtres humains au rjioren de leurs cendres. Francl'oi’l et Leipzig', i'78.5, in-i52.

(3) La (juanlilé est indilTérciile. Néaiiiiioins il faudra oljservcr, ainsi qu’il ressort de ce qui suit, qu'il faut compter deux litres de rosée pour une livre de seinencc.

lai

Fermez ensuite ce (lacon de telle sorte que rien ne s’évente; mettez-le avec la semence broyée en un endroit chaud et attendez un soir où le ciel soit bien clair : c’est en cllet, comme on peut l’observer, en de tels moments que la rosée s’amasse en plus grande abondance. Portez alors la semence pour la mettre dans une jatte et exposez-la en plein air dans un jardin ou sur un pré. Il faudra avoir soin de placer la jatte sur un large plateau, afin que rien ne se perde par l'écoulement; la rosée viendra tomber sur la semence et lui communiquera sa nature. En outre de cela on devra au préalable avoir étendu sur des pieux des draps bien propres sur lesquels la rosée se déposera en grande quantité et qu'elle imbibera de façon que, par torsion du linge, on puisse recueillir de cette rosée la valeur de huit mesures qu’on mettra dans un récipient en verre, dans un seul ! Quant à la semence ainsi imprégnée de rosée, on devra la mettre dans le flacon avant le lever du soleil afin que rien n'eu soit pompé ou réduit en vapeur par cet astre. Après cola il faudra lilti-er et distiller à plusieurs reprises, tandis qu’on calcinera les restes de la rosée pour en extraire le sel. (Jn dissoudra ce sel dans la rosée distillée, et on le joindra à la semence bi'oyée du (lacon jusqu’à cequ'il

le dôpas5ede deii's; fois la largeur du doif'l.jjuis on cachettera hcrinéüqucmcut à la cire. On enterrera ensuite le flacnn à 2 pieds de profondeur on un lieu hninide ou dans du fumier de clieval pendant un mois tout entier. Si alors 011 le sort, on verra la semence transformée et on trouvera au-dessus d’elle une membrane diversement colorée et, sous cette membrane, une tei-re mucilagineuse, tandis que la rosée apparaîtra, de par la nature de la semence, d'une coloration vert-pré. On suspendra alors pendant tout l'été le llacon ainsi fermé en un endroit tel qu'il puisse, le jour, recevoir les royons du soleil, la nuit ceux de la lune et des étoiles. En cas de pluie ou de temps variable, on le tiendra en un lieu sec jusqu’à ce que le temps se remette au beau : à ce moment on pourra le suspendre de nouveau. La réussite de l’œuvre peut exiger deux mois comme elle peut exiger deux ans. selon que le temps aura été ou non beau et chaud. Voici quels sont les indices de la croissance. La matière mucilagineuse se soulève notablement : l’alcool et la membrane commencent à diminuer de jour en jour, et le tout se prend presc[ue en masse. On voit aussi dans le verre, par suite durellet du soleil, une vapeur subtile dont la fornu' ou figure, qui est celle de la plante, (lotte à ce

nioiiieul t'iK'oro isoh'o cl incolore ainsi c[n'unc simple toile d’acaignce(i). Cette ligure monte et descend frequennnent suivant l’énergie avec laquelle le soleil agit et suivant que la lune brille San plein éclat dans le ciel. ICnlin le dépôt et l’alcool se transforment en une cendre blanche qui, avec le temps, donne naissance cà la tige, à la plante et aux fleurs, avec leur couleur et leué ligure. Si on éloigne la chaleur, tout cela disparaît et se relransforme en sa terre pour reparaître quand on replace le flacon sur le leu ou quand on le lient à une chaleur douce. Exposées de nouveau au froid, les ligures disparaissent. Si le flacon est bien fermé l’apparition de ces figures pourra être réalisée indéüniment. (i)

Telles seraient, d’après la source ci-dessus, les instructions mises en pratique par Kircher, à l’occasion de quoi je fei-ai remarquer que Kircher, en avançant que l’empereur Ferdinand III en aurait reçu le secret de l’empereur Maximilien,» émet une allégation forcément erronée, étant donné <[ue Ferdinand III naquit en 1608 alors que la mort de Maximilien II remonte à l’année lo^G.

(i) llappclons ici l’aspect de toile d iii'aijJiu'c (|u’ollVcnt, a ce ipi’on siippo.se, les « spectres », ta « Dame Idaiiclic» connue 011 l’a[)cllc, et tant d'autres apiiaritions. *

Nous trouvons les iiislmclions (rOetlinf^er li) très essentiellement complétées cliez le chimiste J. -J. Becher (2), fort célèbre en son temps, et voici quels en sont les termes dans la traduction allemande ; « Prenez en temps convenable une plante quelconque ou plutôt chaque partie de cette plante, la racine en novcndore, après égrènejiient de la semence ;^la fleur en son plein épanouissement, la plante avant la floraison. 1 renez de tout cela une fraction notable et faites sécher en un lieu ombreux où ne pénètre ni le soleil ni aucune autre chaleur. Calcinez ensuite dans un pot de terre dont les joints auront été bien obturés et extrayez le sel avec l’eau chaude. Prenez ensuite le suc de la l'acine, de la plante et de la fleur : mettez-la dans un vase de terre et faites dissoudre dans ce suc le sel. Après cela prenez une terre vierge, c’est-à-dire n ayant été encoie ni labourée ni ensemencée, telle ([u’on la rencontre sur les montagnes. Cette terre devra être rouge, pure et sans mélange : pulvérisez-lA et passez-la au tamis. Vous la mettez alors dans un

(1) Comparez dans le Sphinx ^ II, P- 198

(2) Cliyiuischer GUickshafrn. franciorl. 1682, in-4. p. 849. Chymischer GUicksahafe est le titre allemand

de l'ouvrage et peut se traduire par; Port heureux ou

mène ta chimie

récipient fn verre ou en terre et l’arroserez avec le suc ci-dessus jusqu’à ce qu’elle l’ait absorbé et commence a devenir verte. Vous poserez ensuite sur ce récipient un autre de hauteur telle • qu’il corresponde à la taille naturelle de la plante. Les joints devront être bien obturés afin qu il n arrive sur l’image de la plante aucun courant d aii’. Toutefois le récipient devra être muni d’une ouverture à sa partie la plus inférieure. afin que l’air puisse pénétrer dans la tei're. Lxposez alors au soleil ou à une douce chaleur et au bout d’une demi-heure vous verrez apparaître en couleurgris-pcrlel’imagede la plante.»

Dans le même passag'e, Becker communique encore les instructions suivantes : « Dans un mortier brbyez une plante avec ses racines et ses Heurs, mettez-la dans un matras ou auti^ récipient jusqu’à ce ([u’elle entre d’elle-mcme en fermentation et dégage de la chaleur. Kxprimez-en ensuite le suc, purillez-le par le filtrageet reversez sur le ré.sidu ce que vous aurez filtrédans le but de produire la putréfaction comme tout à 1 heure, jusqu’à ce que le suc revête la couleur naturelle de la plante. Ensuite exprimez de nouveau ce suc et liltrez-le, puis mettez-le dans un alambic et laites digérer jusqu’à ce que toutes les impuretés se soient déposées et cpie le suc jq>pa-

l'aisso clair, pur ot de la couleur de la piaule. Versez alors ce suc dans un autre alaiid)ic el dislillrz par uuc douce chaleur h> llef'iue et les esprits volatils au-dessus du chapiteau. Il restera le sulfure, c’est-à-dire la masse solide de l’extrait. • Meltcz-le de côté. Du llegme retirez, ensuite [lar distillation au moyen d’nn feu doux les produits volatils ammoniacaux plus légers ipie l'eau, provenant de la fermentation ; mettez-les de côté. Prenez ensuite le résidu, calcinez-le par un leu doux, et au moyen du llegme extrayez-en le sel volatil (c’est-à-dire les sels ammoniacaux unis aux produits acides de la combustion). De nouveau distillez au bain-marie le llegme pour en extraire le sel volatil et calcinez le résidu jusqu’à ce cpi’il devienne blanc comme la cendre. Sur ce résidu versez le flegme et extrayez-en par lavage le sel fixe. Filtrez à plusieurs reprises la lessive et séparez par évaporation le negme ou sel purifié. Prenez après cela deux sels, le sel volatil et le sel fixe, versez-y les esprits volatils avec le soufre et les esprits de feu (pu. pendant la distillation, se présentent les premiers, et laissez-le tout s’unir. Vous pouvez, au heu de llegme, prendre de beau de pluie distillée el y dissoudre, au lieu du sel f.xe (carbonate de potasse), un sel de plante (pielconque, puis ajouter

le soufre, coaguler (dessécher) au moyen d’un l'eu doux et amener ainsi la réunion et la combinaison des trois principes. Mettez ces trois principes dans un vaste matras et ajoutez à l’eau distillée par la plante elle-même ou à l'alcool de la rosée de mai ou de l’eau do pluie. Un seul de ces deux liquides peufsuflire. Soumettez à une douce chaleur le vase lierméliquement chts et vous verrez la plante immatérielle croître avec ses Heurs dans cette eau et apparaître visil.lement aussi longtemps que durera la chaleur ; elle disparaîtra par le refroidissement pour réapparaître si vous réchauffez, et c’est là un grand miracle de la nature et de l’art. »

Deux instructions analogues sur la paliugénésie des corps et sur celle des ombres se trouvent <lans les manuscrits de la llose-Croix de mon arriere-grand-père (i). La première est attribuée

àAlbert le Grand et figure dans /’M. B. Q. d'or

(/(•s p/,énomènps de la Nahirc d'Albert le Grand, opuscule manuscrit, la traduction évidemment <1 un ancien original latin. Je ne saurais dire si cot opuscule se trouve dans la grande édition Jannny des œuvres <PAlbert le Grand, cette coloelion n’étant point àma disposition. Toutefois

(I) Voyez le Sphinx T. i. pp. 4,-, ,,i

l’authenticité d’origine de ropuseulc in-ecilc me paraît vraisemblable pour deux raisons.

Tout d’abord il ressort juscpi’à l'évidence des œuvres imprimées d’Albert le Grand (i), que ce orand savant avait connaissance de la palingcnésie, et, en second lieu, il est fort possib e. comme cela se produit fréquemment, que des manuscrits réellement existants n’ aient point etc admis dans la collection parce que le collectionneur en ignorait rexistencc. Voici quelle est la première de ces instructions ; ^

« De même que se trouve dans ([uelques nuntraux'le SpirUus Unipersi, de même que des

minéraux on peut tirer un Sp/nïmn unwersalem :

de même parmi tous les minéraux deux se rencontrent qui d’eux-mêmes fournissent ce Spiritnrn. L’un est une Minera hisniutJn venant des montagnes, l’autre est une terre mmerale brune qui se trouve parmi les minerais d argen et qui renferme un semblable esprit merveilleux donnant la vie. Les cailloux que 1 on rencontre dans les cours d’eau donnent aussi un tel Uquorem ; mais propre seulement à faire croître les

(1) Eckai-lsliauson Eclaircissemrnls siu la ma^^ie.

pp. 388 et 390.

(2) Du liismuth oxydé apparemment.

métaux, car, tîloiigés dans cette liqueur, ceux-ci croissent en hauteur.

« Voici comment s’obtient le Spiritum prove-' liant du bismuth. Prenez une Minei‘a hismiithi telle qu’on la tire des montagnes ; réduisez-la par le bi'oicment en poudre impalpable et mettez cette poudre dans une cornue bien lutée. Plongez cette cornue dans une coupelle pleine de limaille de lerde façon qu’elle en soit entièrement recouverte et adaptez-lui un serpentin ; vous en ferez sortir alors un Spiritum per gradiis ignis en quarantehuit heures, lequel Spiritiis débordera comme les larmes coulent des yeux. On ne préconise point ici l’eau ; mais comme la rosée (i) fournit le Spiritum Uniçersi que dans mes écrits j’ai appelé roris qu’on en ajoute une

demi-livre, car ce n’est nullement contraire à l’œuvre. Qu’on y introduise ensuite le Spiritum bismiithi. Quand tout y sera, laissez éteindre le feu. Lorsque tout sera refroidi, vous verserez la liquorem qui a débordé lors de la distillation, dans un grand alambic et vous placerez cet alambic dans un Balneum maris (bain-marie) après l’avoir recouvert 'd’une Alambicum (chapiteau);^ puis, celui-ci étant luté, distillez : vous obtien-

(i) Comparez l’inslruclion suivauto.

di'c'.z im spirilani pur comme du cristal. dou.\ comme le miel ; c('. spiritiun est uu cspidt vivant et appartient à la Ma'^ia.

« Cet esprit a fait de mai uu magicien : il est l’unique esprit actif doué de propriétés magiques qui ait reçu de Dieu le Très-Haut les foices qu’il possède, car il peut revêtir toutes sortes de formes. Il est aniinnl , car il créa des Aniinalia ; il est végétal, car il créa des Vegetnbilia. Par lui croissent arbres, feuillage, herbes, Heurs, oui, tous les Vegelabilia ; il est minéral, car il est le principe de tous les minéraux et de tous les métaux ; il est asli-al. car il vient de haut en bas, des astres dont if'cst par conséquent imprégné ; il est universel, vu cpi’il est créé dès le principe ; il est le Verbe, étant issu de Dieu ; il est par conséquent intelligible et le Primuin mobile de toutes choses ; il est la pure nature, sortie de la lumière et du feu, puis transportée et insuHlée dans les choses inférieures. Hermès (i) dit de ces choses que l’esprit est apporté en elles dans le sein des vents. Cet esprit ôte et donne la vie et on peut avec lui accomplir des merveilles inouïes. Voici comment :

« Prenez une plante, une fleur ou un trait

(i) Dans la Tabula Smarag lina.

avant que la naluro les ait amenés à maturité complète, grappes de raisins, poires, pommes, cerises, prunes, amandes par exemple. Après avoir opéré le triage de ces choses, suspendezles ensemble à l’ombre et, de meme que les Heurs, laissez-lcs se dessécher. Vous les amènerez ensuite à relleurir et à rex erdir en plein hiver, au point même <£u’elles mûriront et produii-ont leurs l'ruits du goût le plus ’ succulent. ^’oici comment il faudra procéder. On prendra un récipient à emljouchure étroite et à large ventre dans lequel on versera de l’esprit universel la valeur d'une livre ; puis on mettra dans ce récipient les branches avec les Heurs et les fruits, et on bouchera à la cire aiin que l’esprit reste bien dans le i-écipient. xVbandonnez ensuite l’opération à elle-même. En vingt- (piatre heures tout commencera à verdir et à croître en hauteur : les fruits mûriront, les Heurs revêtiront leur parfum et tout aura Ijonne odeur et bon goût. On reconnaîtra en ceci la puissance de Dieu là où l’évêque de Passau (i) ne voit qu’une œuvre diabolique, parce qu’il ignore la puissance divine. Cet esprit est capable de réa-

(i) Rüdiger de Radeck ou Ollo de Loiusdorî : tous deu.x ctaiciil contemporains d’Albert.

User sur lucu daviuilajfe eiicorr d'aulres dioscs. comme le Sainl-Père lui-meme le [)ourra coiistalcr. Il faut louer et prier Dieu pour tous les bienfaits et miracles dont il nous gratitic, j)auvres êtres humains ([ue nous sommes. En vérité, et qui le nierait, c’est chose surnaturelle que de revivre ainsi par cet esprit des choses mortes, ce qui sert d’ailleurs à donner la preuve que cet esprit a la puissance de ramener à l'existence tout ce qui est mort. C’est ainsi qu ayant pris un oiseau et l’avant incinéré dans un vase, j’ai mis ses cendres dans un ]>areil récipient (dans le manuscrit est reproduit, surmonté d'un faux chapiteau un alaqibic dans lequel on peut voir un liquide et dans celui-ci le visage d’un enfant). Dans un autre récipient j’ai mis la cendre du cadavre en décomposition dun petit enfant, après avoir au préalable porté au rouge la terre de ce récipient dans un autre encore la cendre d une plante bridée avec ses Heurs. Cés dilVérents récipients, je les ai ensuite entièrement remplis de spiritiis, puis j'ai abandonné 1 opération à elle-même. L’esprit (corps astral) de l’enfant et de la plante, développé en vingt-quatre heures, s’est montré à moi dans le spù'ilus avec toutes les apparences de la réalité. Cela n est-il point une ■véritable résuri’cclion de ces êtres ? L esprit (ici le spii itus)

éveille à ce point la forme que, par là, on peut se faire idée de l’aspect que nous l'evêtirons lorsque nous serons nous-mêmes esprits avec des corps purs, c’est-à-dire transparents et dilférènts de ligure.

« De même que recevra une vie nouvelle le corps avec Tâme et l’esprit qui lui appartiennenl, de même nous serons alors dans cette transfiguration en état de comtempler Dieu, car il est force lumineuse. J’ai voulu dire qu’ici je possède un esprit avec lequel je pourrais m’entretenir quelques heures par jour, mais cet esprit n'est que la représentation non matérielle de la façon dont nous ressusciterons d’entre les morts.

« En outre, on a trouvé chez moi lors de l’cn- ([uête un récipient dans lequel le liqiior seul est conservé avec une goutte de sang de Thomas (Tliomas d’Aquin élève d’Albert) qui lui aussi porte sur lui une goutte de mon sang ; lorsqu’on désire savoir comment se porte nn ami qui vous est cher, on est à même, par ce moyen, d’être renseigné jour et nuit. Cet ami est-il tombé malade, la petite lueur au milieu de ce récipient, au lieu d’être brillante, ne jettera qu’un très faible éclat ; est-il très malade, elle devient terne ; s’il est en colère, le flacon s’échaulTe; s’il

agit, la lueur s’agite ; <|uanil il nieurl, elle s éteiiit et le flacon éclale. Bien j>lus, on peut, puisque tout provient de cet esprit unique, on peut utiliser ces signes pour adresser la pai'f>le à son ami, car cet esprit a tout pouvoir. »

Les paracelsistes et les Rose-Croix s’oeeupércnt énormément de ces lanq3es vitales et U7i certain Burggraf publia (i) même sur ce sujet un livre spécial dont Van Helmont fait mention (q), mais que je n’ai encore pu trouver nulle part.

Pour terminer, je veux encore donner communication d'une expérience de palingénésic qui Ilugre dans le Testanientiini Fratriim llosœ Aiireæ Criicis. On peut la rapprocher de la précédente, et pour un chimiste disposant d’un laboratoire, elle est facile à exécuter :

« Manière de préparer l’ Unwersel à l’aide de la rosée, de la pluie et de la gelée blanche (givre). »

« ]\Ies chers enfants ! Que le zèle du travail vous anime dès le début de 1 année. Recueillez dans un grand tonneau de la gelée blanche, de la neige, du brouillard, de la rosée et de

(1) Biirggravis, De lainpade i'itœ, Francf. i6ir.

(2) V, Heliiuonl: De magnelica eulnerum curalionc 20

l’oau de pluie auUuit que vous poiuTCz vous en

procurer, ahandoiincz toutes ces choses a elles-

mêmes et laissez-les entrer en décomposition et SC pulréfier juscpi’au mois de juillet. Vous aurez des signes véritables lorsiiue la masse terreuse cessera d’être lioinogène, lorsque à la partie supérieure se formera une sorte de membrane verte, tandis que la force verdoyante de la végétation se révélera par l’apparition de (piebiues vermisseaux. Mes enfants ! Quand les choses en seront là mettez-vous à l’œuvre, remuez et mêlez le tout Versez ensuite dans un serpentin (alambic avec son serpentin) et distillez par un feu doux les loo livres par lo livres à la fois, , pas plus, jusqu’à épuisement de votre eau putréliée. Vous remettrez alors dans un serpentin et distillerez de nouveau par dix livres ce produit de la première distillation. Puis, jetant le résidu, vous le distillerez encore par lo livres; quand vous n’aurez plus en tout que lo livres, (i) prenez une forte cornue, capable de bien supporter le leu et \cisez-y ces lo livres ; puis, dans la cendre, sur un feu doux, réduisez par distillation ces lo livres à six, remettez encore le spirituin dans une cor-

(i) Ainsi que ceta a lien ilans la reclilieation des alcools l’ensemble de ees produits de tlislillalnm csl ramené par distillation successive à dix livres.

nun, plongez celle-ci dans un bain-marie et ramenez encore par distillation à 3 livres. A ce point, septième distillation, montera un esprit très volatil qui est un air pur; bien i)lus, un esprit donnant la vie, car,, si vous en absorbez la valeur d’une pleine petite cuillerée, vous ressentirez dans tous les membres les efïels de sa puissance : il ragaillardit le cœur et traverse le corps ainsi qu’un souffle et un e.sprit. ^ ous devrez donc avoir rectifié cet esprit sept fois et l’avoir ainsi poussé dans ses derniers retranchements. Vous pouvez alois le faire servir a différents usages, accomplir des miracles avec, car cet esprit éveille toutes choses et les appelle à la vie.

« Maintenant, prenez la cendre d une jilante. d une fleur et d’une racine ou bien la cendre d’un animal, oiseau ou lézard, ou bien encore la cendre du cadavre en décomposition d’un petit enfant, portez-la au rouge, mettez-la dans un large et haut matras ou tout autre grand verre : puis, de cet esprit merveilleux qui vivifie, veesez pardessus la hauteur d’une main et bouchez avec soin votre récipient, que vous placerez alors sans 1 agiter en un endroit chaud. Au bout de trois fois vingt-quatre heures la plante apparaîtra avec sa fleur, l’animal ou l’enfant avec tous ses membres, résultat que quelques-uns utilisent pour de vastes

jonglprios. (]('s tHirs toiitelbis sont des créatures purement spirituelles, car, si on agite un peu. ils ne tardent pas à disparaître. Si on laisse le récipient en repos, ils reparaissent, ce qui est un spectacle merveilleux à voir, un spectacle qui nous fait assister à la résurrection des morts et nous montre comment toutes choses dans la nature reprendront figure lors de la résurrection universelle.

« Mon ami ! C’est ensuite une fleur desséchée, fanée ou tout autre feuillage, brin d’herbe ou grappe de raisin que j’ai coupée avec son cep et ses feuilles pour les laisser se desséchera l’ombre ; c’est encore un bouquet que j’ai fait de toutes sortes de fruits non mûrs aussi bien que d’autres à la phase de développement. Et bien ! quand j’ai voulu que mes élèves voient, j’ai mis dans un récipient de ces ramilles, de ces fleurs, puis j ai versé dessus la quantité d’esprit nécessaire. Il faut que le récipient soit large en bas, étroit en haut. Ce récipient je l’ai fermé à sa partie supérieure avec de la cire et laissé en repos vingtquatre heures. Au bout de ce temps tout a recommence a verdir et à fleurir, à ce point que les fruits desséchés ont repris vie mémo au milieu de l’hiver et ont même, après ti-ois à quatre jours et autant de nuits, mûri et acifuis un goût exquis. .l’ai dit

alors que jü h's avais rc'riis d(; Ici ou Ici jjays a ceux principalciuciit (jui élaiciil dans rigiioraiict; absolue de ces -choses.

« Mon ami, j’ai mis aussi un peu de cet esprit dans un lieau petit llacon Ijlanc et j’y ai ajouté tui outre, quelques gouttes de mon sang ou du sang d un ami qui m est cher. J ai ensuite solidement bouché le llacon. J’ai pu de cette façon constamment observer comment allait mon ami, s il était en bonne santé, malheureux ou lieurcux. car sa personnalité se présente d une façon tout a fait caractérisée. Adt-il heureux, la clarté règne dans le llacon et tout est vivant autour de lui ( i ) ; coui1il un danger, tout est terne autour de lui ; s il vient à être malade, l’obscurité et l’agitation se font dans le flacon: vient-il à mourir, naturellement ou de mort violente, le llacon éclate. C'est ainsi qu’avec cet esprit qui donne la a ie on peut accomplir nomlire de merveilles. »

(Traduit par L. Desvignes.)

(i) C’esl-à-dirc aulom-de la lueur ([ui reiiréseule I ami {Xoir du traducteur.)

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