VIOLA ODORATA. L
(Du grec ion, violet.)
Syn. : Violette de carême, Violette de mars,
Violette odorante, Violette.
(VlOLARIÉES.)
Plante vivace, de 10 à 20 centimètres, pubescente, stolonîfère, commune le long des haies, à la lisière des bois, dans les endroits ombragés. Elle fleurit en mars.
Les feuilles sont ovales, cordées, réniformes, crénelées. Les fleurs sont ordinairement violettes, solitaires, très odorantes. Le fruit est subglobuleux.
La violette est adoucissante, émolliente, béchique et sudorifique. Elle fait partie des fleurs pectorales. On ordonne souvent dans la bronchite Tinfusion de fleurs sèches (10 gr. pour 1 litre d'eau) ; si la dose ordinaire est dépassée elle devient laxative. On Ta signalée comme antispasmodique. On en prépare une eau distillée et un sirop.
La racine est émétique. Coste et Willemet ont employé la poudre de racine et ont obtenu des vomissements et des selles copieuses. Elle a été administrée à la dose de 4 grammes dans la dysenterie, et elle a donné à peu près les mômes résultats que la racine d*ipécacuanha. Caventou a trouvé une petite quantité d^émétine dans les racines de la violette odorante. Boullay a extrait de cette plante un principe actif, amer, acre et vireux, semblable à l'émétine, la violine, qui se présente sous la forme d'une poudre blanche. Les propriétés de la violine ont été constatées par le professeur Orfîla* Le Caussin 4
principe réside également dans les racines, les feuilles, les fleurs et les semences de la plante. Ces dernières jouissent même de vertus purgatives et pectorales.
La racine a une odeur désagréable qui rappelle celle de J'ipécacuanha. Il faut récolter les racines en automne ou au printemps.
Viola canina, L. (Violette de chien), Viola sytvestris. Koch (Violette des bois), jouissent à peu près des mômes propriétés.
VIOLA TRIGOLOR. L.
Syn. : Pensée sauvage^ Pensée des champs^ Fleur de la Trinité, Herbe a la clavelée.
(ViOLARlÉES.)
Plante annuelle, glabre, de 10 à 30 centimètres, commune dans les champs, surtout dans les terrains maigres. Elle fleurit en mai.
Les tiges sont dressées, nombreuses, rameuses, diffuses, Itôcendantes, anguleuses, quelquefois trjgones ; les feuilles sont oblongues, ovales, crénelées, les inférieures cordées à la base.
, Les fleurs sont violettes, jaunes, veloutées. La capsule est trigone .
La pensée sauvage renferme de la violine, de l'acide salicylique et de la violaqnercitrine ,
On emploie surtout les sommités de pensée sauvage en Hlfusion (20 gr. pour 1 litre d'eau). A faible dose elle est tonique, à haute dose, elle est émétique. D'après Bergius, la iige serait purgative et les racines vomitives.
Cette espèce est indiquée comme sudorifique, diurétique, dépurative et antiscrofuleuse. Elle est recommandée dans le rhumatisme, dans les affections de la peau : eczéma, herpès, impétigo des enfants, etc.
On la donne aux nourrissons en décoction dans du petit lait (1 à 3 gr. pour 1/2 litre) ou sous forme de sirop. On l'employait aussi en cataplasmes. On ne doit pas délaisser la
pensée sauvage qui constitue un excellent médicament comme amer et tonique.
L'espèce sahulosa qui ne croît que dans les sables maritimes jouit des mômes propriétés.
RESEDA LUTEOLA. L.
(Du latin resedare, calmer.) Syn. : Gaude, (Résédagées.)
Plante bisannuelle, de 50 centimètres à 1 mètre,assez commune dans les carrières, dans les décombres. Elle fleurit en juin.
La tige est raide, dressée, ordinairement rameuse. Les feuilles sont sessiles, lancéolées, entières, les radicales en rosette, ondulées. Les fleurs sont jaunes, en grappes compactes, très longues. La capsule est subglobuleuse.
La racine de la gaude est apéritive et vulnéraire. On employait autrefois les feuilles comme diaphorétiques et comme tœnifuges. On cultivait jadis cette plante pour la belle matière tinctoriale qu'elle renferme, la Za^^o/inc, qui sert à teindre la soie en jaune.
DBOSERA ROTUNDIFOLIA. L.
(Du grec drosos, rosée : allusion aux gouttes de rosée qu'on voit à l'extrémité des cils des feuilles.)
Syn. : Rossolis à feuilles rondes.
(Droséracées.)
Plante vivace, de 10 à 20 centimètres, très rare, qu'on ne trouve que dans quelques marais. Elle fleurit en juillet.
La tige est rougeâtre, dressée. Les feuilles sont radicales, en rosette, suborbiculaires, bDrdées de longs cils. Les fleurs sont petites, blanchâtres, en grappes unilatérales.
Le rossolis jouit de propriétés calmantes. On l'emploie en infusion contre la coqueluche, l'asthme et la tuberculose. La teinture de drosera est antispamodique et indiquée dans les mêmes cas.
PARNASSIA PALUSTRIS. L.
(Du latin Parnassus, Parnasse.)
Syn. : Parnassie des marais , Hépatique blanche, Foin du Parnasse.
(Droséracées.)
Plante vivace, glabre, de 10 à 40 centimètres, assez commune dans les prés humides et tourbeux. On la rencontre aussi dans certaines montagnes, à 2000 mètres d'altitude. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, anguleuse; les feuilles radicales sont cordiformes, entières, lisses, la caulinaire embrassante sessile»
La parnassie est amère, astringente. On préconisait autrefois les feuilles dans la diarrhée, les maladies du foie, des yeux. En Suède, on les emploie en décoction dans la bière, contre certaines affections de Testomac.
Les anciens trouvaient cette plante si belle, qu'ils lui assignaient comme origine le mont Parnasse, dédié aux dieux et séjour des poètes, d'où son nom de foin du Parnasse (gramen Parnassi).
POLTGALA VULGARIS. L.
(Du grec polus, beaucoup, gala, lait : plantes donnant beaucoup de lait aux animaux qui s'en nourrissent.)
Syn. : Laitier.
(Polygalées.)
Plante vivace, de 15 à 30 centimètres, commune dans les endroits calcaires et sur les coteaux secs. Elle fleurit en mai.
Les tiges sont grêles, diffuses, ascendantes; les feuilles sont alternes, les inférieures elliptiques, les supérieures lancéolées, linéaires. Les fleurs sont bleues, roses ou blanches, en grappes allongées. La racine est dure, assez grosse.
On emploie Técorce de la racine en infusion dans les bronchites. Elle augmente la sécrétion salivaire. Ses propriétés sont toniques, excitantes, expectorantes. A dose élevée, elle ^st émétique. Elle a été indiquée contre l'asthme, le rhumatisme chronique, l'atonie des organes digestifs, l'anémie.
L'acide polygalique est le principe actif de la racine de polygala. C'est une poudre blanche, soluble dans l'eau. On recommande aussi Tinfusion de toute la plante sèche, à la dose de 25 grammes. La décoction de semences a été vantée contre la tuberculose. Le polygala était autrefois considéré comme galactigëne.
POLYGALA GALGAREA. F. SGHULTZ.
Syn. : Laitier des coteaux.
(POLYGALÉES.)
Plante vivace, de 10 à 20 centimètres, assez commune sur les coteaux calcaires. Elle fleurit en mai.
Les tiges sont étalées, les feuilles sont larges, obovales, celles des rameaux plus petites. Les fleurs sont bleues, roses ou blanches, en grappes courtes.
Les sommités de ce laitier sont employées comme toniques.
DIANTHUS GARTOPHTLLUS. L.
<Du grec Dios^ Jupiter, anthos, fleur : Toeillet était consacré
à Jupiter.)
Syn. : Œillet des jardins, Œillet ronge,
(SiLÉNÉES.)
Plante glabre, vivace, de 30 à 50 centimètres, assez rare. JEUe croît surtout sur les vieux murs et fleurit en juillet.
Les tiges sont ascendantes, renflées aux nœuds; les feuilles sont linéaires, canaliculées ; les fleurs sont très odorantes, roses. Elles ont un calice et un calicule.
Les pétales d'oeillet sont seuls employés en médecine. Ils ont une odeur très agréable. Avant de les faire sécher, on enlève les onglets. Ils sont diaphorétiques et légèrement excitants. On les administre en infusion (30 grammes de plante sèche par litre d'eau) et en sirop. Ce dernier jouit de propriétés vermifuges, toniques et stomachiques.
SAPONARIA OFFIdNALIS. L.
(Du latin sapoj savon.)
Syn. : Saponaire officinale ^Savonnièrey Herbe à foulon, Savon de fossé, Saponaire.
(SiLÉNÉES.)
Plante presque glabre, vivace, de 30 à 60 centimètres. On la rencontre surtout aux bords des chemins, sur les digues, les berges des rivières, les talus des chemins de fer, les terrains vagues. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, rameuse supérieurement. Les feuilles sont ovales, lancéolées, opposées. Les fleurs sont roses, fasciculées, en panicule. Les pétales sont grands, munis d'appendices linéaires à la base. Le calice est cylindrique. La racine est assez grosse.
La saponaire contient un principe immédiat, la saponine^ que l'eau dissout facilement. Le liquide présente alors une certaine consistance, lorsqu'on l'agite, il mousse comme l'eau dans laquelle on a mis du savon : d'où le nom de saponaire^ de sapo, savon .
Il faut surtout employer la décoction de plante fraîche (100 gr. de feuilles et de racine). Bergius s'est servi de cette préparation pour nettoyer du linge, pour enlever des taches d'huile et de graisse ; cependant la composition chimique du èavon ne ressemble pas à celle de la saponaire.
Cette plante jouit de propriétés stimulantes, toniques, apé-
ritives, diaphorétiques, diurétiques, dépuratives, fondantes et vermifuges. Elle est particulièrement indiquée en infusion (feuilles ou racines de saponaire : 15 gr. pour 1 litre d*eau) contre les affections de la peau. Elle a été préconisée dans la goutte, le rhumatisme, la syphilis, la jaunisse, dans certaines affections du foie, de la rate, des intestins et contre les vers intestinaux. Bergius, Peyrilhe et Alibert avaient une grande confiance dans les propriétés thérapeutiques de la saponaire. On Ta même recommandée dans Thystérie.
Le suc des feuilles mêlé avec le petit lait constitue une excellente lotion contre l'acné de la face.
Aujourd'hui elle est encore ordonnée dans les affections de la peau et les engorgements ganglionnaires. Contre ces derniers, on peut employer en même temps les cataplasmes de feuilles. C'est un des meilleurs dépuratifs. Par ses propriétés légèrement toniques, c'est, en effet, un précieux adjuvant du mercure.
On l'administre surtout en infusion, en sirop (30 à 60 gr.), en extrait (1 à 4 gr.).
LTGHNIS GITHAOO. LMK.
(Du grec lychnos, lampe.)
Syn. : Nielle des blés, Alêne, Coquelourde, Noyelle, Couronne des blés ; en picard de Proyart : Nelle,
(SlLÉNÉES.)
Planle annuelle, velue, de 50 centimètres à 1 mètre, très commune dans les moissons. Elle fleurit en juin.
La tige est ordinairement peu rameuse. Les feuilles sont sessiles, linéaires, longues. Les fleurs sont grandes, d'on rouge violacé. Les divisions du calice dépassent longuement les pétales.
La nielle des blés renferme de la saponine. Les graines ont été conseillées autrefois comme purgatives et contre les affections de la peau. On la délaisse aujourd'hui avec raison. C'est un médicament trop dangereux.
Les feuilles de celte plante étaient autrefois employées comme mèches de lampes.
La racine de Melandrium dioïcum, Coss. et Germ. (Œillet hUnCy Compagnon blanc) renferme beaucoup de saponine et sert à dégraisser les étoffes.
GERASTIUM GLOMERATUM. THUILL.
(Du grec ceras^ corne ; allusion à la forme de la capsule.)
Syn. : Céraisle aggloméréy Céraiste visqueux.
(Alsinées.)
Plante annuelle, de 5 à 30 centimètres, d'un vert-jaunâtre, très commune aux bords des chemins, dans les champs. Elle fleurit en mai.
La tige est herbacée, dressée ; les feuilles sont ovales ; les fleurs sont blanchesf agglomérées en cymes ; les pédicelles sont plus courts que le calice.
Les anciens employaient cette plante en infusion comme rafraîchissante.
HOLOSTEUM UMBELLATUM. L.
(Du grec holos^ tout ; osteon, os ; nom donné par antiphrase.)
Syn. : Sabline en ombelle.
(Alsinées.)
Plante annuelle, pubescente, visqueuse au sommet, de 10 à 20 centimètres, assez commune sur les vieux murs, dans les endroits calcaires ou sablonneux. Elle fleurit en avril.
La tige est dressée, ascendante, rameuse. Les feuilles sont ovales, lancéolées. Les fleurs sont blanches. Les sépales sont scarieux aux bords.
Cette sabline est employée comme dépurative et rafraîchissante. Elle est peu usitée.
STELLARIA MEDIA. GTRILL.
(Du latin stella, étoile : allusion à la disposition des pétales.) Syn. : Mouron des oiseaux, Alsine, Morgeline.
(Alsinées.)
Plante annuelle, de 5 à 30 centimètres, très commune. Elle fleurit toute Tannée.
Les tiges sont diffuses, couchées, ascendantes, molles, munies d'un côté d'une ligne de poils alternant d'un nœud à Tautre, les feuilles sont molles, ovales-accuminées ; les fleurs sont petites, blanches, axillaires et en cymes terminales ; les bractées sont herbacées, les pétales sont bipartis, plus courts que le calice ; la capsule est oblongue.
Le mouron des oiseaux est diurétique et astringent. En médecine populaire, on emploie Finfusion (25 gr. par litre d'eau) dans la gastralgie et Tanémie. On applique aussi la plante pilée sur les seins pour arrêter les écoulements laiteux.
Dom Robbe classait la morgeline dans les épaississantes «t rafraîchissantes.
On mange ce mouron préparé comme les épinards.
STELLARIA HOLOSTEA. L.
Syn. : Stellaire holoslée, Langue d^ oiseau. Collerette de la Vierge,
(Alsinées.)
Plante vivace, grêle, de 30 à 60 centimètres, très commune à la lisière des bois et dans les clairières, le long des haies. Elle fleurit en mai.
Les tiges sont étalées, ascendantes, raides, tétragones, scabres aux angles, fragiles. Les feuilles sont sessiles, lan- -céolées,^ linéaires, rudes aux bords et sur la nervure. Les
fleurs sont blanches, en cymes dichotomes. Les sépales sont acuminés, sans nervures.
On utilisait autrefois cette plante comme émolliente. On en faisait des cataplasmes qu'on appliquait sur les abcès. L'infusion de feuilles était aussi indiquée dans Tinflammation des paupières.
HERNIARIA GLABRA. L.
(Du latin hernia, hernie.)
Syn, : Herniaire^ Turqnette, Herbe du Turc, Hernwle.
(Paronychiées.)
Plante glabre, jaunâtre, de 5 à 20 centimètres, assez commune dans les endroits calcaires, sur les coteaux arides. Elle fleurit en juin.
Les tiges sont nombreuses. Les feuilles de la base sont opposées, stipulées, les supérieures alternes. Les fleurs sont petites, sessiles, jaunâtres.
La turquette est un bon diurétique qui est trop délaissé. Les Belges remploient souvent avec succès. Van der Brœck la prescrivait presque exclusivement comme diurétique à l'hôpital de Mons. Au temps de Matthiole et de Fallope, elle a joui d'une très grande renommée. On préconisait surtout la prescription suivante dans les hôpitaux belges : Herniaria glabra, 30 grammes ; eau, 300 grammes. Infusez pendant une heure et ajoutez nitrate de potasse, 4 grammes ; teinture de digitale, 2 grammes ; oxymel scillitique, 30 grammes. Par cuillerées à soupe dans les vingt-quatre heures.
C'est une plante qu'il faut prescrire et qui donne parfois d'excellents résultats, surtout associée à la scille et à la digitale dans les cas où ces derniers diurétiques n'agissent pas isolément. On attribuait autrefois à la turquette la propriété de réduire les hernies, d'où son nom. On appliquait simplement la plante sur la partie malade.
LINUM USITATISSIMUM. L.
(Du grec lirions fil.) Syn. : Lin cultivé, Lin usuel, Lin.
(LlNÉES.)
Plante glabre, annuelle, de 40 à 70 centimètres, assez commune dans le voisinage des habitations. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, solitaire. Les feuilles sont lancéolées,, linéaires. Les fleurs sont bleues, quelquefois blanchâtres. La capsule est globuleuse, acuminée. Les graines sont solitaires dans chaque loge, comprimées, très lisses, luisantes, un peu brunes au dehors.
On cultive le lin comme plante textile dans quelques localités de la Somme.
En médecine, on utilise la graine et l'huile.
Dans la graine de lin, on trouve de l'amidon, du sucre, du mucus, de la cire, de la résine molle, de la gomme, de Talbumine, une huile grasse, de l'acide acétique, etc.
En pilant la graine ou en l'écrasant dans un moulin, on obtient la farine de graine de lin. On en fait des cataplasmesémoUients.
On donne aussi à l'intérieur la tisane de graine de lin (10 grammes dans 1 litre d'eau) dans les affections des voies urinaires, des intestins et des poumons. La graine de lin est indiquée aussi dans la constipation. Deux cuillerées à soupe de graine dans un demi-verre d'eau constituent un bon laxatif. Ce remède n'est plus guère prescrit aujourd'hui. La graine peut s'engager dans l'appendice vermiculaire, y jouer le rôle de corps étranger et déterminer des coliques appendiculaires.
Elle fournit aussi une huile qui est très émolliente et peut être employée comme purgative et vermifuge, à la dose de 30 grammes. On ne la prescrivait ordinairement qu'en lavements à la dose de 50 à 100 grammes. On fait aussi une décoction avec la graine de lin qu'on administre de la môme manière. L'huile de lin est la plus dense de toutes les huiles..
On s'en sert surtout en peinture. Elle entre dans la fabrication des bougies et de certains pessaires.
Les anciens Ëgypliens connaissaient déjà le lin puisqu'ils en confectionnaient des bandelettes pour leurs momies. Dans les constructions lacustres de la Suisse, on a pratiqué des fouilles qui ont démontré que les Helvètes de Tâge de pierre cultivaient et tissaient une espèce de lin.
LINUM GATHARTIGUM. L.
Syn. : Lin purgatif,
(LiNÉES.)
Plante glabre, annuelle, de 10 à 30 centimètres, commune sur les coteaux calcaires, aux bords des chemins. Elle fleurit ^n juin.
Les tiges sont grêles, dressées ou étalées. Les feuilles sont oblongues. Les fleurs sont petites, blanchâtres. La capsule est obtuse.
Les feuilles de ce lin sont purgatives.
M AL VA STLVESTRIS. L.
(Du grec malacos, mou.)
Syn. : Grande mauve^ Mauve sauvage, Herbe à fromage ; en picard : Meu.
(Malvacées.)
Plante hérissée, bisannuelle, de 40 à 80 centimètres, assez <;ommune le long des haies. Elle fleurit en juin.
La tige est ordinairement dressée, cylindrique, rameuse vers le sommet. Les feuilles sont alternes, orbiculaires, longuement pétiolées. Les fleurs sont grandes, roses, violacées, lon- -guement pédonculées. Le fruit est composé de petites coques •disposées autour d'un axe. Ces coques ou carpelles sont glaires, monospermes.
Les fleurs de la mauve sauvage sont émollientes,béchiques
et adoucissantes. On les administre en infusion à la dose de 10 grammes pour 1 litre d'eau, dans les bronchites, les fièvres éruptives et les angines. Les feuilles et la racine fraîche sont employées en décoction (40 gr. par litre d'eau) dans les mêmes cas, mais surtout pour l'usage externe, en lotions, en lavements. Elles constituent un bon émollient. Les feuilles et les racines sont appliquées, sous forme de cataplasmes, sur les abcès et sur les articulations douloureuses, dans la goutte.
La mauve sauvage, comme toutes les malvacées, renferme une quantité considérable de mucilage. Dans certaines contrées de l'Europe, on mange les jeunes feuilles de mauve cuites.
Les empiriques vantent l'infusion de fleurs de mauve(15gr. pour 500 gr. d'eau) dans les gastrorrhagies. Il faut, paraît-il^ en prendre trois verres par jour.
Les autres espèces de mauves : Malva rolundifolia^ L. (Petite mauve, Mauve à feuilles rondes) ; Malva alcea, L. (Mauve alcée, Meule) la plus rare en Picardie ; Malva moschata, L. (Mauve musquée), jouissent des mêmes propriétés que Malva sylvestris .
Les fleurs et les feuilles de la petite mauve sont émollientes et laxatives. Les fleurs entrent dans la composition des quatre fleurs pectorales (coquelicot, violette, bourrache et petite mauve).
On employait autrefois le suc de feuilles de mauve contre la douleur produite par les piqûres d'abeilles et de guêpes.
La mauve musquée renferme un peu de musc végétal et est légèrement calmante. Elle jouit aussi de propriétés laxatives. Selon M. Bonnet, elle formerait la base des bonbons laxatifs de Duvignau,
ALTHŒA OFFICINALIS. L.
(Du grec allaia, guérison.) Syn. : Guimauve officinale, Guimauve.
(Malvacées.) Plante veloutée, blanchâtre, vivace, de 60 centimètres à
1 m. 20, assez commune dans la région maritime, surtout à Saint- Valéry. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, herbacée, cylindrique. Les feuilles sont alternes, pétiolées, ovales ou cordiformes,un peu lobées, crénelées, aiguës. Les fleurs sont blanchâtres ou légèrement rosées. Le calice est double. La corolle a cinq pétales cordiformes. Le fruit est déprimé, orbiculaire. La racine est pivotante, longue.
En médecine, on emploie surtout la racine. Elle renferme du mucilage, de l'amidon, de l'albumine, du tannin, de Vasparaffine, du sucre, etc.. Elle est émolliente, adoucissante, béchique et apéritive.On la recommande sous forme de sirop dans les inflammations des bronches, des poumons et des intestins. On l'ordonne pour Tusage externe, en lotions ou en lavements (décoction de 15 gr. de racines fraîches dans 500 gr. d'eau). On en fait aussi des cataplasmes émoUients.
Les fleurs de guimauve jouissent à peu près des mêmes propriétés que la racine. Elles sont béchiques et émollientes. On les donne en infusion (10 gr. pour l litre d'eau) contre la toux. Elles font partie des espèces pectorales.
Pour faciliter la sortie des dents de leurs enfants, les nourrices leur donnent à mâcher une racine de guimauve. C'est un excellent moyen qui calme souvent l'irritation des gencives. On conserve longtemps la racine de la plante en la coupant par petits morceaux et en la mettant en lieu sec.
La pâte de ffuimauve des pharmaciens est une préparation qui ne renferme pas trace de guimauve. Elle est composée de gomme arabique, de sucre, de blancs d'œufs et d'un peu d'eau de fleurs d'oranger.
Le vieux nom scientifique de la guimauve était malva visca, mauve visqueuse, mauve-gui (gui, en latin viscum), d'où le nom de guimauve.
Dans les jardins, on cultive la rose irémibre{Althœa rosea)^ qui jouit des mêmes propriétés que la guimauve. On colorait autrefois les vins avec les pétales de cette rose.
TILIA STLVESTRIS. DESF.
(Du latin telum, javelot : le bois du tilleul servait chez les anciens à faire des javelots.)
Syn. : Tilleul des bois^ Tilleul à petites feuilles,
(TiLIACÉES.)
Arbre d'une hauteur de 15 à 35 mètres, à écorce fendillée à la partie inférieure du tronc, ordinairement lisse supérieurement ; il atteint parfois un âge très avancé, quatre cents à cinq cents ans et même au delà. On a vu des tilleuls ayant 5 et 6 mètres de circonférence. Il fleurit en juillet.
Les feuilles sont alternes, petites, cordiformes, dentées en scie, presque glabres, munies en dessous de petits faisceaux de poils courts, seulement aux angles de ramification des nervures. Les fleurs sont petites, d'un blanc sale, un peu jaunâtre, en bouquets de trois à huit, sur un pédoncule rameux adhérent dans presque toute sa longueur à une large bractée membraneuse, réticulée, linéaire, blanchâtre. L'ovaire est globuleux.
Les fleurs de tilleul jouissent de propriétés antispasmodiques, calmantes et diaphorétiques. Elles ont été indiquées dans l'épilepsie. C'est un remède populaire très connu. Ad medicum forum pertinent (Murray). On les administre sous forme d'infusion à la dose de 10 grammes par litre d'eau. On emploie toute la grappe florale avec sa bractée. C'est une boisson très agréable. Elles doivent leur action à l'huile essentielle qu'elles renferment. On en prépare une eau distillée.
L'infusion est surtout recommandée au début des fièvres éruptives, dans la bronchite, la dyspepsie, la migraine, la céphalalgie, les vertiges, dans certains états de surexcitation nerveuse. On préconise aujourd'hui, avec raison, les grands bains tièdes de tilleul dans les convulsions des enfants et dans la maladie de Little. (On met 500 grammes de feuilles infuser dans 10 litres d'eau bouillante que l'on ajoute à l'eau
du bain. On peut encore préparer le bain suivant : fleurs de tilleul 50 grammes, feuilles d'oranger 10 grammes ; à infuser dans 1 litre d'eau bouillante ; ajouter ensuite à Peau du bain qui est de 25 à 30 litres. La durée de celui-ci doit être de vingt minutes, à la température de 35<» à SS**.)
On choisira une belle journée pour la récolte des fleurs qu'on fera ensuite sécher à Fombre.
Cazin donnait tous les jours deux ou trois lavements d'infusion de tilleul aux malades atteints de diarrhée chronique. Dans ce cas, on peut aussi donner de la môme manière une décoction d'écorce de tilleul »
Dans certaines régions de la France, on fabrique avec les fibres de la seconde écorce, le liber, appelé vulgairement tille, des cordes à puits, des nattes, des toiles grossières, des paniers et des chaussons.
En Russie, où cet arbre est très commun, tous les sacs à farine sont confectionnés avec ces fibres.
ANDROSŒMUM OFFICINALE. ALL.
(Du grec androsy de Thomme, aima, sang.) Syn. : Androsème, Toute-saine.
(Hypéricinées.)
Plante glabre, vivace, de 50 à 90 centimètres, très rare en Picardie, croissant surtout dans les endroits ombragés des forêts. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, ascendante, marquée de deux lignes saillantes. Les feuilles sont ovales, obtuses, . sessiles. Les fleurs sont jaunes, en grappes corymbiformes. La baie, sèche à maturité, est d'un bleu noirâtre.
L'infusion de feuilles d'audrosème était autrefois employée comme vulnéraire. Elle paraît jouir de propriétés purgatives et fébrifuges, comme la plupart des hypéricinées.
HTPERIGUM PERFORATUM. L.
Syn. : Millepertuis, Herbe de la Saint-Jean, Herbe aux milletrous y Trucheron jaune. Barbe de Saint-Jean, Chasse-diable,
(Hypéricinées.)
Plante glabre, vivace, de 30 à 80 centimètres, très commune à la lisière des bois, dans les lieux incultes, le long des haies. Elle fleurit en mai.
La tige est dressée, rameuse, sous-frutescente, munie de deux lignes peu saillantes. Les feuilles sont ovales, oblongues. Les fleurs sont jaunes, grandes, nombreuses, en panicule corymbiforme. Les pétales et les feuilles présentent des points transparents. Les sépales jsonl acuminés.
Le millepertuis est excitant, anthelminthique, vulnéraire, expectorant, purgatif et fébrifuge. Il entre dans le Petit^lait de Weiss et dans le Baume du Commandeur de Fermes, On administre les sommités en infusion (20 grammes par litre d'eau) dans les bronchites aiguës et chroniques, dans les cystites.
Certains empiriques conseillent de la prendre avant les repas, sous prétexte de nettoyer l'estomac et de donner de l'appétit. On prépare un ralafia de millepertuis jouissant de propriétés apéritives et digestives.^La macération de feuilles de millepertuis dans Taicool, dans l'huile, est indiquée dans les cas de plaies contuses et de brûlures.
Triturées, les fleurs rendent un suc^rougeâtre qui pourrait être employé en tannerie et en teinturerie. Elles renferment notamment dans ce qui paraît être des perluis, une huile particulière qui est vulnéraire et est utilisée dans le rhumatisme.
Au moyen âge, on se servait de cette plante contre la sorcellerie, d'où le nom de chasse-diable.
Hypericum humifusum, L. (Millepertuis couché) jouit aussi 4e propriétés vulnéraires, purgatives et fébrifuges.
Gaussin 5.
ŒSGULUS HIPPOGASTANUM . L.
{Nom latin (Tune espèce de chêne.) Syn. : Marronnier (Tlnde^ Châtaigne de cheval,
(HiPPOCASTANÉES.)
Arbre d*une hauteur de 15 à 20 mètres, à écorce d'abord lisse, puis crevassée, à bourgeons gluants. Ses fleurs, disposées en pyramides verticales produisent le plus bel effet. Le marronnier est souvent planté dans les jardins, les parcs, sur les boulevards des villes, les avenues. Il fleurît en mai.
Les feuilles sont opposées, astipulées, longuement pétîolées, digitées, à cinq ou sept divisions cunéiformes, acuminées, dentées. Les fleurs sont blanches, tachées de jaune et de rouge à la base. Les pétales sont pubescents. Le fruit est une capsule coriace, arrondie, garnie de piquants, d'une à trois loges monospermes. La graine est grosse, luisante, d'un brun clair.
L'écorce du marronnier d'Inde a une saveur amère et styptique ; elle est inodore. Elle renferme Vesculine, qui a des propriétés toniques, fébrifuges et apéritives et qui est préconisée dans les cas d'anorexie, de névralgies périodiques, d'entéralgie, de gastralgie, d'hystéralgie (Vicaire)y d'anémie et de fièvre intermittente, en un mot, quand le quinquina est indiqué. La dose est de gr. 50 à 2 grammes. L'action fébrifuge de l'écorce du marronnier dépend de la manière de l'administrer. 11 faut donner une forte dose en peu d'heures (15 grammes de poudre). Pour obtenir un effet tonique et apéritif, 5 grammes suffisent. Pelletier et Caventou ont vainement cherché dans cette écorce les bases qu'ils avaient découvertes dans le quinquina,
L'écorce que Ton destine à l'usage thérapeutique ne devra pas avoir plus de trois ans ; on surveillera bien sa dessiccation.
On la donne en poudre, en décoction, en vin, en teinture.
Le marron renferme Vargyrescine^ une huile fixe, de l'ami-
don et de la saponine. On emploie aujourd'hui la teinture de marron à Tintérieur, contre les hémorroïdes. On vante aussi Thuile de marron en frictions dans le rhumatisme.
On a cru le marronnier originaire de Tlnde ; il est, au contraire, très rare dans ce pays. Il nous vient néanmoins de l'Asie. Bachelier l'importa en France au début du xvii* siècle.
Dom Robbe le classait dans les sternutatoires.
VrriS VINEPERA. L.
(Du latin viere, lier : les tiges peuvent servir de liens.) Syn. : Vigne.
(Ampélidées.)
Arbrisseau sarmenteux, grimpant, atteignant parfois une hauteur considérable. Il est originaire de TAsie. Il fut introduit dans la Gaule par les Phéniciens lorsqu'ils vinrent se fixer à Marseille.
Il fut d'abord importé en Italie et en Grèce. Aujourd'hui la vigne est cultivée dans les contrées tempérées de l'Europe. Elle fleurit en juin.
La tige est tortueuse, noueuse, striée, à écorce fibreuse se détachant facilement. Les feuilles sont alternes, brièvement pétiolées, échancrées à la base, à cinq lobes aigus. Elles sont souvent opposées à une vrille rameuse, herbacée, tordue et renfermant un suc acide. L'inflorescence est en grappes qui sont aussi opposées aux feuilles. Les fleurs sont petites, verdâtres. L'ovaire est libre, ovoïde, biloculaire.
Le fruit est une baie (raisin). La baie est pédicellée, succulente, tantôt d'un rouge-violet ou rougeâtre, tantôt d'un jaune-roux ou d'un vert-jaunâtre, selon les variétés. Elle renferme d'une à quatre graines.
Le raisin contient de Peau, de la glucose, du mucilage, une matière grasse, des acides tartrique et malique, des tartrates, dé la potasse, de la soude, de la chaux, de la magnésie, des oxydes de fer, de manganèse, de la silice, de l'alumine, etc. Il a une saveur douce et sucrée.
Il jouit de propriétés rafraîchissantes, laxatives, béchiques, pectorales, excitantes, toniques, stomachiques, diurétiques, astringentes. Ces propriétés varient avec les différentes sortes de raisins. Celui qui renferme plus de matière gommosucrée avec un peu de fer est adoucissant, béchique et pectoral ; celui qui contient du fer et du manganèse est tonique et stomachique ; celui qui est riche en tannin est astringent; celui qui recèle de la potasse est laxatif.
En Allemagne et en Suisse, on soumet à la cure de raisins certains dyspeptiques constipés. Le raisin bien mûr a toujours été conseillé aux personnes atteintes d*affections d'estomac. Le moût est aussi un bon laxatif.
Pour obtenir le verjus^ on cueille le raisin avant sa maturité.
On prépare une excellente tisane rafraîchissante en écrasant 150 grammes de verjus dans 1 litre d'eau chaude et en édulcorant ensuite. Cette boisson est surtout indiquée dans les affections de l'estomac et de Tintestin.
Quand il est mûr, on le récolte et on le fait sécher au soleil ou au four après l'avoir trempé dans une solution alcaline chaude. On obtient alors le raisin sec, destiné à la table ou à la pharmacie. Il constitue un fruit béchique et pectoral.
On l'emploie souvent en décoction (60 gr. par litre d'eau). Cette préparation est indiquée dans les bronchites et les laryngites.
Les empiriques prescrivaient aulrefois les grains de raisins broyés contre les vomissements de sang et la dysenterie.
Les cendres de la tige sont diurétiques.
Les feuilles de vigne séchées à l'ombre et pulvérisées étaient autrefois conseillées dans les hémorragies rebelles.
Aujourd'hui on recueille encore des jeunes sarments coupés, un suc que certains emploient dans l'inflammation des paupières et de la conjonctive.
On ne peut clore ce chapitre sans dire quelques mots du vin, de l'alcool et du vinaigre qui sont les principaux produits de la vigne.
Le viu est fabriqué avec le jus du raisin. C'est une boisson tonique et excitante. Le tannin et les matières colorantes
qu'elle renferme paraissent exercer une action Ifavorable sur l'économie. Le vin agit surtout par Talcool qu'il contient. Il est absorbé moins rapidement que l'eau-de-vie. A dose égale d'alcool, le vin rouge enivre moins et produit moins d'effet sur le système nerveux.
Dans la glycosurie, l'usage du vin est tout à fait indiqué et donne de bons résultats. Dans les convalescences longues, un bon vin répare les pertes de l'organisme. Quand l'estomac ne peut pas le supporter, on le donne en lavements.
Le vin blanc est un excellent diurétique, utile dans bien des cas. L'alcool a été, dans ces dernières années, très vanté dans le traitement des maladies aiguës. Tood disait :« L'alcool peut être employé dans toutes les maladies où il y a tendance à la dépression des forces vitales : et il n'est point de maladie aiguë, où cette dépression fasse défaut. » Béhier a aussi beaucoup conseillé Talcool dans les pneumonies, à la dose de 80 à 120 grammes dans 120 grammes d'eau édulcorée. Une cuillerée à soupe toutes les deux heures. Le mêm? traitement a été indiqué dans la fièvre typhoïde, dans l'érysipèle. Trastour le vantait aussi dans la pneumonie, chez les vieillards, lorsqu'il y avait du refroidissement, de la pâleur de la face et de la dépression. Pécholier proscrivait l'alcool chez les sujets jeunes et vigoureux, lorsque le pouls était plein et surtout dans les pneumonies qui se déclaraient en hiver.
Gaillard recommande l'alcool dans le choléra, sous forme de rhum. La médication alcoolique doit être employée avec une grande prudence. Il faut la surveiller attentivement et la suspendre au premier symptôme d'intolérance gastrique.
Sous aucun prétexte, on ne donnera aux enfants ni vin, ni alcool. La femme elle-même doit boire peu de vin. Il est au contraire très utile à l'adulte et au vieillard.
Pour l'usage externe, Talcool est recommandé en frictions excitantes. On l'appUque en lotions sur les entorses, les contusions, les brûlures.
Le vinaigre, produit par la fermentation du vin, n'est plus guère usité en médecine. Autrefois on l'administrait à Tintérieur à petites doses, comme rafraîchissant. On le donnait aussi mélangé à l'eau contre certaines hémorragies, en gar-
garismes dans les angines, en bains de pieds et contre les brûlures légères. On s'en sert très peu aujourd'hui, sinon en application sur les piqûres de cousins et de guêpes.
GERANIUM ROBERTIANUM. L.
(Du grec geranos^ grue.)
Syn. : Bec de grue commun. Herbe à Vesquinancie^ Épingles à la Vierge, Herbe à Robert.
(Gébaniacées.)
Plante annuelle, rougeâtre, de 20 à 50 centimètres, très commune le long des haies, à la lisière des bois. Elle a une odeur de bouc très prononcée. Elle fleurit en avril.
Les tiges sont diffuses, rameuses, velues, glanduleuses au sommet. Les feuilles sont pétiolées, opposées, palmatiséquées. Les fleurs sont rougeâtres. Le calice est anguleux, serré au sommet. Les pétales dépassent le calice.
L'Herbe à Robert était réputée jadis « par sa grande vertu à conglutiner les playesi^. Elle renferme une certaine quantité de tannin et est astringente. Elle était autrefois employée en infusion dans les angines. Elle passe pour être tonique et détersive.DomRobbe la rangeait dans les vulnéraires astringentes.
ERODroM GIGUTARroM. L'HÉRIT
(Du grec erodios, héron.)
Syn. : Bec de héron, Bec de cigogne.
(Géraniacées.)
Plante annuelle, velue, de 10 à 50 centimètres, commune aux bords des chemins, très variable dans la couleur des fleurs et les dimensions des feuilles. Elle fleurit en avril.
Les tiges sont étalées, nombreuses. Les feuilles sont pinnatiséquées, à segments nombreux finement découpés. Les fleurs sont ordinairement d'un rose-lilas, rarement blanches, disposées en ombelles. Les sépales sont acuminés.Les pétales dépassent le calice.
Les feuilles du bec de héron renferment du tannin et sont quelquefois employées contre les hémorragies en nappe.
Les jardiniers se servent des fruits contournés en spirale pour constater le degré d'humidité des serres.
La capucine {Tropœolum majus, L.) qui appartient aussi à la famille des géraniacées, possède des propriétés stimulantes, apéritives et diurétiques. Braconnot, de Nancy, a trouvé dans cette plante une assez grande quantité de phosphates de chaux et de potasse.
Les feuilles et les graines ont une saveur acre et un arôme pénétrant. La décoction de feuilles fraîches (8 à 15 grammes par litre d'eau) est apéritive et diurétique. On la conseille dans le scorbut et la scrofule. On préconise aus^i le suc frais de la plante à la dose de 15 à 30 grammes. La poudre de semences est purgative à la dose de 60 centigrammes.
On fait macérer dans le vinaigre les fleurs et les fruits qui servent ensuite d'assaisonnement.
On met souvent dans les salades de laitue des fleurs de capucine pour en relever le goût.
OXALIS AGETOSELLA. L.
(Du grec oxas, acide, als, sel : cette plante renferme un principe acide qui fournit le sel d'oseille ou oxalate de potasse.)
Syn. : Sarelle, Allel uia^ Petite oseille, Vinaigrette^ Pain de
coucou.
(OXALIDÉES.)
Plante vivace de 5 à 10 centimètres, assez commune dans les bois humides, surtout dans les terrains siliceux. Elle fleurit en avril.
Les feuilles sont trifoliolées, à folioles obcordées, à pétioles articulés ; les fleurs sont blanches, striées de jaune à Tonglet; les pédoncules sont radicaux, uniflores ; la capsule est ovoïde, acuminée.
La surelle était autrefois conseillée comme tonique, astringente, dépurative et rafraîchissante. La décoction de feuilles (20 grammes par litre d'eau) est surtout indiquée contre les maladies de peau. On en prépare aussi une limonade.
On a beaucoup vanté contre la gale la pommade d^alleluia (parties égales d'axonge, de soufre et de racine d'àlleluia râpée).
Oxalis stricta. L, (Oxalide droite) jouit des mêmes propriétés. Lorsque la graine de cette plante est mûre, elle est projetée à une certaine distance comme par un ressort. En comprimant les fruits à leur maturité, on voit les grainp bondir de tous côtés.
EVONTMUS EUROPŒUS. L.
(Du grec eu, bien, onoma, nom : allusion au nom de Bonnet
de prêtre,)
Syn. : Fusain^ Bonnet de prêtre , Bonnet carré.
(CÉLASTRINÉES.)
Arbrisseau de 2 à 5 mètres, assez commun dans les bois et les haies. Il fleurit en mai.
Les feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, lancéolées^ acuminées, dentées, glabres. Les fleurs sont petites, verdâtrès. La capsule présente ordinairement quatre angles à loges souvent monospermes. Elle devient rose à la maturité. Les graines sont blanchâtres ; leur goût est acre, très désagréable.
L'écorce et les feuilles de fusain sont émétiques, purgatives et détersives. Elles sont souvent administrées en décoction comme purgatives. On emploie aussi cette décoction ea lotions contre la gale. Les capsules jouissent des méme& propriétés que les feuilles. Séchées au four et pulvérisées^
elles ont été indiquées contre les parasites de la tête : poux, etc.
L'alcaloïde du fusain est Vévonymine, purgative aux doses de 5, 10 et 15 centigrammes. Calciné en vase clos, le bois constitue le fusain des dessinateurs. Ce charbon entrait aussi dans la fabrication des plus fines poudres de chasse.
Les ouvriers tourneurs qui travaillent ce bois ont quelquefois des voinissements. Il est probable que la poussière que produit le fusain renferme un principe émétique.
BUXUS SEMPEBVIRENS. L.
(Du grec puxos, gobelet, boîte.) Syn. : Buisy Bois bénit, Ozanne,
(BUXACÉES.)
Arbrisseau de 2 à 5 mètres, à écorce jaunâtre, écailleuse, à rameaux nombreux. Il est assez commun dans les jardins où on emploie souvent en bordures la variété su/fruticosa. Il fleurit en mars.
Les feuilles sont ovales, entières, dures, luisantes en dessus, pâles en dessous, odorantes. Les fleurs sont petites, jaunâtres. La capsule est grosse, luisante.
Toute la plante est employée en médecine. Elle est sudorifique. L'écorce est fébrifuge et les feuilles sont purgatives à la dose de 4 grammes. On fait aussi une infusion de feuilles (30 grammes par litre d'eau). L'écorce et la racine étaient surtout utilisées autrefois contre les accidents syphilitiques. L'écorce a été conseillée dans le rhumatisme chronique. Elle renferme un principe particulier, très toxique, la buxine, qui est soluble dans leau et l'alcool.
Le vin de buis est digestif. On le prépare en faisant macérer 30 grammes de buis dans 500 grammes de vin blanc.
Certains brasseurs remplacent quelquefois le houblon par les feuilles de buis.
ILEX AQUIFOLIUM. L.
(Du celtique ac, pointe.) Syn. : Houx.
(Ilicinées.)
Arbrisseau glabre, rameux, toujours vert, haut de 2 à 3 mètres, assez commun dans les bois montueux. Il devient quelquefois, dans certains terrains, un arbre de 5 ou 6 mètres. Il fleurit en mai.
Les feuilles, épineuses, sont ovales, coriaces, luisantes en dessus, ondulées, dentées. Les fleurs sont blanches. Les baies sont rouges.
Le houx jouit de propriétés sudorifiques, fébrifuges et éméto-cathartiques. Les feuilles ont été conseillées dans le rhumatisme, la goutte et les fièvres intermittentes. On les administre en poudre à la dose de 10 à 15 grammes par jour. Elles peuvent, à la rigueur, remplacer le sulfate de quinine. Elles ont une saveur amère, très forte. On a remarqué que la décoction de feuilles provoquait l'appétit. Selon Rousseau, l'action fébrifuge de la poudre de feuilles de houx n'est pas douteuse. Il faut mettre 10 grammes de cette poudre dans un verre de vin blanc, laisser macérer pendant douze heures et administrer le breuvage deux ou trois heures avant l'accès.
Les fruits sont purgatifs à la dose de dix à douze. Les racines sont émoUientes et résolutives.
Hugo Mohl prétendait qu'avec les feuilles de houx bien desséchées, on pe ut préparer une excellente infusion théiforme, légèrement excitante.
En faisant macérer l'intérieur de Técorce de houx, on obtient une espèce de colle verte, la glu.
RHAMNUS GATHARTIGÀ. L.
(Du grec rabdos, baguette.)
Syn. : Nerprun, Noirprun, Bourguépine,
(Rhamnées)
Arbrisseau de 2 à 3 mètres, croissant dans les bois et les haies.
Il fleurit en juin.
La tige est droite, très rameuse, à écorce lisse, grise. Les rameaux sont ordinairement opposés et présentent une épine très dure à leur bifurcation. Les feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, dentées, acuminées, glabres, disposées en rosettes sur les rameaux florifères. Les fleurs sont petites, verdâtrès. La baie est noire, globuleuse, luisante.
L'écorce du nerprun est laxative. Les baies sont purgatives et hydragogues. Elles ont une saveur amère et une odeur désagréable. Elles renferment un principe immédiat, la rhamnine. D'après certains auteurs, on extrait de ces baies trois glucosides : la rhamnociirine, la rhamnolutéine et la rhamnochrysine. Leur suc devient rouge par les acides et vert par les alcalis. (On obtient le vert de vessie en ajoutant de la chaux au suc des baies). Vingt-cinq ou trente de ces fruits suffisent pour obtenir une bonne purgation ; il faut, au contraire, plus de 30 grammes de suc pour avoir le môme résultat, ce qui prouve que la matière purgative est peu soluble dans l'eau. Sa nature est très mal connue. Hubert croit que c'est de la calhartine,
Sydenham a employé le sirop de nerprun à la dose de 30 grammes par jour dans les cas d'ascite. La dose purgative est de 60 grammes. On le recommande souvent dans la congestion cérébrale.
Les baies peuvent être administrées à la dose d'une vingiainç par jour. C'est un purgatif sûr. Après l'absorption de ces fruits, il est bon de prendre une boisson émoUiente. Schwilgué préconisait aussi une sorte de rob de nerprun.
RHAMNUS FRANOULA. L.
Syn. : Aulne noir, Bourdaine, Bourgène, Bois noir, (Rhamnées.)
Arbrisseau de 2 à 3 mètres, à écorce d'un brun noirâtre, mouchetée de gris-clair, à rameaux dépourvus d'épines. Il est commun dans les bois et au voisinage des étangs. Il fleurit en juin.
Les feuilles sont pétiolées, ovales, elliptiques, à nervures nombreuses, parallèles. Les fleurs sont d'un blanc verdâtre. La baie est rougeâtre, puis noire.
L'écorce de bourdaine est un violent purgatif, souvent conseillé par les empiriques. Elle a été recommandée dans la goutte et l'amygdalite, mais elle n'a pas plus d'efficacité que les autres purgatifs. La décoction concentrée de racine de bourdaine est conseillée en lotions contre la gale et la teigne. La décoction d'écorce de tige est surtout indiquée contre la constipation des vieillards (20 grammes d'écorce pour 1 litre d'eau). Il est préférable d'employer l'écorce sèche en infusion (25 à 40 grammes par litre d'eau). On peut encore administrer 1 ou 2 grammes d'écorce pulvérisée dans un peu de miel. On prépare aussi un extrait fluide.
Il y a des exemples d'empoisonnements d*enfants, morts peu de jours après avoir mangé quelques baies de cet arbrisseau.