‹ Les plantes médicinales de la PicardieChapitre 4 sur 28 · GENISTA TINCTORIA. L · texte numérisé non relu

GENISTA TINCTORIA. L

(Du celtique gen, petit buisson.) Syn.: Genêt des teinturiers, Genêtrolle, Herbe à jaunir.

(P APILION ACÉE s).

Arbrisseau rameux, haut de 30 à 60 centimètres, assez commun à la lisière des bois, sur les coteaux arides et quelque^ fois dans les marais. Il fleurit en juin.

Les tiges sont dressées, non épineuses, à rameaux cylindriques, striés. Les feuilles sont lancéolées, luisantes. Les fleurs sont jaunes, axill aires, en grappes serrées. La gousse est comprimée.

Les feuilles, les fleurs et les graines sont purgatives. En Russie, la décoction de fleurs de genôtrolle est indiquée contre la rage.

Les fleurs et les feuilles servaient autrefois à teindre les étoffes, mais elles ne valent pas la gaude. Aujourd'hui le quercilron, produit d'un chêne des États-Unis remplace toutes ces plantes. Il a un pouvoir tinctorial bien supérieur.

Les feuilles du genista sagittalis, L (Genêt des bruyères, Genistelle, Genêt à tige ailée) jouissent aussi de propriétés purgatives.

SAROTHAMNUS SGOPARIUS. KOGH.

(Du grec saros, balai, thamnos, buisson.)

Syn. : Genêt à balais. Grand genêt, Genêt commun, Genettier, Spartier à balais,

(Papilionacées.)

Arbrisseau de 1 à 2 mètres, assez commun sur les talus des chemins de fer, dans les lieux incultes, dans les bois. 11 fleurit en avril.

La tige présente des rameaux glabres et anguleux. Les folioles sont ovales, oblongues, velues ; les feuilles inférieures sont pétiolées ; les supérieures sessiles, ordinairement unifoliolées. Les fleurs sont grandes, jaunes, axillaires, odorantes, en grappe terminale. La gousse est allongée.

Les fleurs du genêt à balais sont diurétiques, apéritives et purgatives. On les administre en infusion (30 gr. par litre d'eau) dans l'albuminurie. On peut employer de même la plante fraîche à la dose de 50 grammes par litre d'eau. Les empiriques recommandent dans Tascite un vin de cendres de ^enêt (300 gr. de cendres dans 1 litre de vin blanc). Les fleurs renferment un principe particulier, la scoparine, qui

est le principe diurétique du genêt. De celle-ci, Stenhouse a retiré la spariéine, employée dans les affections du cœur ; c'est un bon médicament dans Tinsuffisance mitrale avec arythmie et affaiblissement de la systole (Huchard). Elle jouit aussi de propriétés narcotiques. On a préconisé dans Tascite, les graines de ce genêt, à la dose de 4 grammes tous les deux jours. On les fait macérer dans le vin blanc.

Les boutons, confits dans le vinaigre, peuvent remplacer les câpres. En Auvergne, on met des fleurs de genêt à balais dans les salades de laitue.

GTTISUS LABURNUM. L.

(Cytisosy nom grec du cytise.)

Syn. : Cytise^ Faux ébénier.

(Papilionacées.)

Arbre ou arbrisseau, à écorce verte, assez commune dans les bois, dans les terrains calcaires. Il fleurit en mai.

Les folioles sont ovales, oblongues, pubescentes en dessus. Les fleurs sont grandes, d'un jaune pâle, en grappes axillaires pendantes. La gousse est velue.

Les feuilles, les gousses et les graines du cytise sont purgatives.

L'écorce renferme une substance vomitive, la cytisine^ qui est très amère.

ONONIS SPINOSA. L.

(Du grec ono5,âne, onemf, je délecte.)

Syn. : Bugrane épineuse^ Arrête-bœuf.

(Papilionacées.)

Plante vivace, pubescente, de 20 à 50 centimètres, commune dans les lieux incultes, aux bords des champs. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont dressées, à rameaux nombreux, épineux. Les folioles sont oblongues, denticulées. Les fleurs sont roses, quelquefois blanches. La gousse est pubescente. La racine est longue et rend parfois le labour difficile, d'où le nom d* arrête- bœuf.

On emploie la racine de bugrane comme diurétique etsudorifique;sa saveur est un peu sucrée, son odeur désagréable. Elle a été conseillée autrefois dans la goutte, le rhumatisme, l'obstruction intestinale, l'ictère et l'ascite. On l'ordonne aujourd'hui dans la lithiase. On la recommande en décoction comme apéritive.

Dans certains pays, on mange les jeunes feuilles en salade; dans d'autres, on les prépare comme les épinards. Les Grecs les faisaient macérer dans le vinaigre.

MEULOTUS OFFIGINALIS. LMK.

(Du grec meli^ miel, lotos, lotier : les fleurs ressemblent à celles des lotiers et ont Todeur du miel.)

Syn. : Mélilot des champs, Mélilot officinal, Trèfle de cheval, Couronne royale.

(Papilionacées.)

Plante annuelle et bisannuelle, de 20 à 50 centimètres, commune dans les champs, les lieux incultes, aux bor^s des chemins. Elle fleurit en juillet.

Les tiges sont étalées, ascendantes, diffuses ; les folioles sont obovales, oblongues, denticulées ; les fleurs sont d'un jaune pâle, odorantes. La gousse est glabre.

Lés sommités du mélilot des champs sont adoucissantes, émoUientes, carminatives et calmantes. Les feuilles renferment de la coumarine, de l'acide mélilotique et du mélilotol . On en prépare une huile et une eau distillée.

L'infusion de sommités (30 gr. pour 1 litre d'eau) est indiquée dans les inflammations légères du larynx, de la trachée et des bronches. Cette infusion est aussi employée en fumigations dans la laryngite.

On ordDnae souvent Tinfusion pour l'usage externe : en lavements et surtout en lotions dans les blépharites et en compresses dans l'érysipèle.

Pour donner à la chair du lapin domestique le parfum du lapin de garenne, il suffit de mettre à l'intérieur de celui-là, après ravoir vidé, une bonne poiguée de sommités de mélilot bien sèches, d'envelopper le tout dans un linge et de faire cuire deux heures après.

Les fleurs du mélilot préservent aussi des mites les fourrures et les vêtements ; elles leur communiquent, en outre, une odeur agréable. Melilolus allissima^ Thuill. (Grand mélilot), Melilotus alba, Lmk (Mélilot blanc), jouissent à peu près des mômes propriétés.

LOTUS GORNIGULATUS. L.

(Du grec lotos, lotier.)

Syn. : Lotier corniculé^ Trèfle cornu, Cornette, Lotier.

(Papilionacées.)

Plante vivace, glabre ou velue, de 10 à 30 centimètres, commune dans les prés, aux bords des chemins. Elle fleurit en juin. Les tiges sont étalées, ascendantes, anguleuses. Les folioles et les stipules sont obovales. Les fleurs sont jaunes, quelquefois rougeâtres; elles deviennent vertes par la dessiccation. Le calice présente des divisions triangulaires, subulées, dressées.

Les sommités du lotier so^t employées en infusion comme vulnéraires.

ROBmiA PSEUDO-ACACIA. L.

(Dédié par Linné au jardinier Robin.)

Syn. : Robinier, Faux acacia,

(Papilionacées. )

Arbre élevé, épineux, àécorce crevassée, d'une hauteur de 10 à 15 mètres. On le plante sur les talus des chemins de fer,

le long des routes. Il est naturalisé dans quelques bois. Om connaît des acacias qui ont plusieurs siècles. II fleurit eu mai.

Les folioles sont obovales, oblongues, entières, pubescentes. Les fleurs sont blanches, en grappes axillaires, pendantes, odorantes. La gousse est oblongue, comprimée.

La sève de la racine est toxique et produit des empoisonnements semblables à ceux de la belladone. Celle des rameaux a un goût sucré qui rappelle celui de la réglisse.

Les fleurs du robinier sont dépuratives et calmantes. Elles sont administrées sous forme de sirop. Certaines ménagères en mettent dans leurs beignets pour les parfumer.

GLTGTRRHIZA GLABRA. L.

(Du grec glycys, doux, rhiza, racine.)

Syn. : Réglisse, Bois doux, Bois sucréy en picard, Régolisse.)

(Papilionacées.)

Plante vivace de 50 centimètres à 1 mètre, herbacée, stolonifère, cultivée dans les jardins. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, robuste, glabre, cylindrique. Les feuilles sont imparipennées ; les fleurs sont petites, nombreuses, rougeâtres ou bleuâtres, en grappes spiciformes. La gousse est oblongue, très comprimée.

La racine, longue de 1 à 2 mètres, de la grosseur du doigt, cylindrique, jouit de propriétés pectorales, adoucissantes, diurétiques et calmantes. On l'administre en infusion (12 gr. par litre d'eau). La tisane commune des hôpitaux est préparée avec la réglisse, l'orge et le chiendent. Il ne faut jamais employer la décoction de racine qui renferme une huile résineuse d'une grande âcreté. On recommande de préférence le macéré (10 gr. pour 1 litre d*eau). L'infusion est indiquée dans les bronchites légères.

On extrait de la racine, le sac de réglisse, remède populaire contre Tinflammation des bronches. Cet extrait est noir el

Caussin 6

luisant. Il est adoucissant. On en fait des bâtons de 12 à 15 centimètres de longueur qu'on enveloppe avec des feuilles de laurier.

La racine est aussi employée pour édulcorer les tisanes.

On en prépare une poudre, un sirop et une pâte.

La racine de réglisse renferme de l'amidon, des phosphates et malates de chaux, de la magnésie, une huile résineuse brune, très acre, un principe particulier, la glycyrrhizine^ soluble dans l'eau et Talcool, un autre principe, Vagédoïle, soluble dans Teau.

La saveur de la racine est douce, sucrée, un peu acre.

ANTHTLLIS VULNERARIA. L.

(Du grec anthos, fleur, iouloSy duvet.) Syn. : Vulnéraire, Trèfle jaune.

(Papiuonacées.)

Plante vivace, pubescente, de 10 à 40 centimètres, commune sur les coteaux arides, calcaires. On la cultive en grand dans certaines régions. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont étalées, rameuses, ascendantes. Les folioles sont oblongues, les feuilles inférieures à foliole terminale plus grande. Les fleurs, en capitules, sont jaunes ou rougeâtres. Le calice est velu, renflé, vésiculeux. La gousse est stipitée.

On emploie encore aujourd'hui les sommités du trèfle jaune comme vulnéraires. Elles entrent dans la composition du Thé suisse.

Les anciens appliquaient sur les plaies pour hâter leur cicatrisation la poudre de feuilles ou la plante fraîche pilée. Quelques-uns conseillent de faire des lotions sur les parties contuses avec une décoction de vulnéraire.

ASTRAGALUS GLTGTPHTLLOS. L.

(Du grec astragales^ os du talon.) Syn. : Réglisse bâtarde, Réglisse sauvage, Fausse réglisse. (Papïlionacées.)

Plante vivace, de 50 centimètres à 1 mètre, à grosse souche rampante, subligneuse, assez commune à la lisière des bois, sur les voies ferrées, dans les pâturages. Elle fleurit en juin.

Les liges sont étalées, ascendantes, anguleuses. Les folioles sont ovales, oblongues, entières. Les stipules sont acuminées. Les fleurs sont d'un jaune verdâtre, en grappes axillaires. Les pédoncules sont plus courts que les feuilles. Les gousses sont linéaires, presque trigones, arquées.

La racine a un goût légèrement sucré. Elle est indiquée coinine émolliente et calmante.. On la donne en infusion dans les bronchites légères. La réglisse doit lui être préférée.

HIPPOGREPIS GOMOSA. L.

(Du grec hippos, cheval, crépis, chaussure ; forme de la graine.)

Syn. : Hippocrépide en ombelle, Fer a cheval,

(Papïlionacées.)

Plante glabre, herbacée, vivace, de 20 à 40 centimètres, commune dans les clairières des bois, sur les coteaux, surtout dans les terrains calcaires. Elle fleurit en mai.

Les tiges sont nombreuses, diffuses, étalées. Les folioles sont oblongues linéaires, mucronées. Les fleurs, jaunes, axillaires, sont en ombelles. La gousse est rugueuse, flexueuse.

Les sommités d'hippocrépide ont été employées en infusion comme vulnéraires et astringentes.

ONOBRTGHIS SATIVA. LMGK.

(Du grec onos, âne, hruchein^ braire.)

Syo. : Sainfoin, Esparceite^ Gros- foin,

(Papilionacées.)

Plante vivace, de 25 à 60 centimètres, qui croît spontanément sur les coteaux calcaires et qui est cultivée en grand. Elle fleurit en mai.

Les tiges sont dressées, pubescentes. Les folioles sont oblongues. Les fleurs sont purpurines, striées. Les pédoncules dépassent les feuilles. La gousse est pubescente.

On employait autrefois, en infusion, les sommités de sainfoin comme laxatives dans la constipation. Elles ne sont plus guère usitées aujourd'hui.

On retire la manne athagi d'une espèce de sainfoin.

Dom Robbe rangeait Tesparcettedans les plantes résolutives.

Les poules sont très friandes des graines.

GOLUTEA ARBORESGENS. L.

(Du grec colulaOy je fais du bruit.)

Syn. : Baguenaudier, Faux-séné^ Séné bâtard.

(Papilionacées.)

Arbrisseau de 2 à 5 mètres, spontané sur certains coteaux: calcaires. Il fleurit en juin.

Les jeunes feuilles sont pubescentes. Les folioles sont obovales ou obcordées, glauques en dessous. Les fleurs sont jaunes^ grandes. La gousse est très grande, vésiculeuse.

Les feuilles jouissent de propriétés purgatives. On emploie ordinairement la décoction (60 gr. de feuilles pour 1 litre d'eau). La poudre de semences est plus active.

Lorsque Ton comprime entre les doigts la gousse du baguenaudier, elle éclate. Il paraît qu'elle renferme plus d'oxygène que Pair atmosphérique.

LTTHRUM SÂLIGARIA. L.

(Du grec lythron^ sang des blessures),

Syn. : Salicaire.

(Lythrariées)

Plante vivace, de 60 centimètres à 1 m. 20, assez commune dans les marais. Elle fleurit en juillet.

Les tiges sont quadrangulaires, dressées, presque ligneuses à la base, pubescentes au sommet. Les feuilles sont lancéolées, aiguës, cordées à la base, souvent opposées. Les fleurs sont rouges, en glomérules axillaires et disposées en épis terminaux. Le calice est pubescent. Les pétales le dépassent longuement.

Les sommités de salicaire sont toniques et astringentes. Elles renferment une certaine quantité de tannin. Desmartis employait surtout la décoction contre la diarrhée des enfants. Celte préparation est très agréab'e au goût. Elle est aussi conseillée dans l'entérite et la dyspepsie.

Oq administre la salicaire en poudre (1 à 10 gr.) et en infusion (10 gr. par 500 gr. d'eau). Selon dom Robbe, cette plante est vulnéraire.

PORTULAGA OLERAGEA. L.

(Du latin portula, petite porte.) Syn. : Pourpier,

(PORTULACÉES.)

Plante annuelle, de 10 à 20 centimètres, assez commune dans les décombres, sur les voies ferrées, surtout dans les gares. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont couchées, ascendantes, quelquefois rougeâtres. Les feuilles sont opposées ou éparses,oblongues, cunéiformes, sessiles, charnues, gluantes. Les fleurs sont jaunes,

sesàiles et ne s'épanouissent qa*an soleiL Le calice présente des dÎTiâions inégales, comprimées. Les graines sont luisaoles, noires, chagrinées.

Les feailles du pourpier jouissent de propriétés vermifuges, dépuralives, anliscorbutiques, laxatives, diurétiques, sédatives et rafraîchissantes.

On les emploie surtout en décoction comme vermifuges et dépuratives On les conseillait autrefois dans la convalescence des fièvres intermittentes, contre l'hypertrophie de la rate, contre la scrofule.

On les mange en salade ; on les prépare comme les épinards. On les conserve aussi dans le vinaig^ et elles servent alors de condiment.

Les graines faisaient autrefois partie des semences froides mi ne ares.

Les empiriques vantent l'onguent de pourpier contre les hémorroïdes.

Page 1