‹ Les plantes médicinales de la PicardieChapitre 5 sur 28 · SEDUM ACRE. L · texte numérisé non relu

SEDUM ACRE. L

(Du latin sedere, s'asseoir ou sedare, calmer.)

Syn. : Sedum âcrcy Orpin. Vermicalaire, Pain d'oiseau y

Poivre de muraille^ Orpin brûlant, Trique-Madame.

(Crassulacées.)

Plante vivace, de 5 à 10 centimètres, croissant en touffes compactes sur les vieux toits de chaume, sur les murs, sur les coteaux exposés au soleil. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont étalées, redressées, radicantes. Les feuilles sont ovoïdes, sessiles. Les fleurs, d'un beau jaune doré, sont en cymes.

L'orpin a été conseillé autrefois comme purgatif, émétique, antiscorbutique et détersif. Il a une saveur acre, poivrée.

Aujourd'hui certains médecins prescrivent l'orpin pilé comme caustique sur les cors, les verrues, le cancer, certains ulcères, dans la gale, la teigne. On préconisait autrefois con-

tre répilepsie, la poudre de feuilles, à la dose de gr. 50 à 2 grammes.

On Tadministrait aussi à Tintérieur, en décoction dans du lait.

SEDUM TELEPHIUM. L.

Syn. : Orpin reprise. Herbe à la coupure, (Crassulacées.)

Plante vivace, de 30 à 60 centimètres, commune dans les bois. Elle fleurit en juillet.

Les tiges sont dressées, robustes, quelquefoisrougeâtres. Les feuilles sont charnues, larges, planes, obovales, dentées, crénelées. Les fleurs sont rouges, en corymbes terminaux.

L'orpin^ reprise a été employé comme vulnéraire. Les feuilles pilées étaient conseillées autrefois comme émoUientes et vulnéraires dans les contusions. On les applique encore aujourd'hui sur les plaies par instrument tranchant, sur les cors et les verrues. On en fait aussi une infusion rafraîchissante.

On mange en salade les feuilles et les racines.

Les campagnards superstitieux des Vosges suspendent un pied de cet orpin avec les racines dans leur chambre à coucher ; si la plante donne de vigoureux rejets à la Noël, c'est un signe de bonheur.

SEMPERVIVUM TEGTORUM. L.

(Du latin semper, toujours, vivurriy vivant.)

Syn.: Joubarbe des toits, Artichaut sauvage, Barbe de Jupiter^ Herbe aax hémorroïdes, Artichaut bâtard. Herbe aux cors, (Crassulacées.)

Plante vivace, de 20 à 40 centimètres, croissant volontiers sur les toits de chaume. Elle fleurit en juillet. C'est une espèce qui devient de plus en plus rare.

Les tiges sont simples, dressées, velues, rougeâtres. Les

fenilles sont charnues, acuminées, planes. Les fleurs, grandes, rosées, sont en épis scorpioïdes.

Les feuilles sont acres, astringentes, vulnéraires et antiscorbutiques. A la campagne, on applique les feuilles pilées sur les cors, les brûlures et les coupures.

Dans ces dernières années, on a préparé un sirop à base de joubarbe des toits (sp. Claron)que Ton conseille contre les angines et la diphtérie. Dom Robbe rangeait la joubarbe dans la classe des épaississantes et rafraîchissantes.

GERASUS VULGÂRIS. IfILL.

(De Cérasonie, ville de TAsie Mineure, patrie du cerisier.)

Syn. : Cerisier commun^ Cerisier à fruits acides, Griottiér,

(Amygdalées.)

Arbre peu élevé, de 6 à 8 mètres, cultivé partout. Il fleurit en avril.

Les feuilles sont elliptiques, ovales, acuminées, dentées, glabres. Les fleurs sont longuement pédicellées. Le fruit est globuleux, d'un rouge vif, à pulpe non adhérente au noyau, à saveur acide.

L'écorce du. cerisier a été conseillée autrefois comme fébrifuge dans la fièvre mtermittente.

L'infusion de fleurs est pectorale. La décoction de feuilles «^- purgative.

On retirait jadis de l'écorce une gomme indigène, peu soluble dans l'eau et qui renferme un tiers de cérasine. Cette gomm3 jouit de propriétés émollientes.

Les fraits sont rafraîchissants, diurétiques et laxatifs. La décoction de pédoncules est ordinairement employée comme diurétique ; on prépare avec les cerises un bon ratafia digestif.

Cerasus avium, Mœnch (Merisier), Cerasus padus.D. C. (Merisier à grappes), Cerasus Mahaleb, Mill. (Qaénot, Malagué, Arbre de Sainte-Lucie) ont les mêmes vertus thérapeutiques. Dans notre région, on fait parfois une infusion théiforme avec les feuilles du cerisier mabaleb. C'est une boisson délicieuse et légèrement excitante.

Par le froissement du bois et des feuilles de Parbre de Sainte-Lucie, il se dégage une odeur assez agréable.

On se sert des jeunes rameaux pour faire des tuyaux de pipes.

PRUNUS SPINOSÂ. L.

(Nom latin du prunier, dérivé du grec proumnon.)

Syn. : Prunellier, Épine noir ; en picard de Proyart, Fordreigni.)

(Amygdalées.)

Arbrisseau de 1 à 2 mètres, très épineux, souvent en buisson, à jeunes rameaux pubescents, très commun le long des chemins, à la lisière des bois. 11 fleurit en avril.

Les feuilles sont ovales, lancéolées, denticulées. Les fleurs sont blanches et paraissent avant les feuilles. Le fruit {prunette, en picard, fordrèné) est petit, globuleux, d'un noir bleuâtre, à saveur acerbe.

On a employé Pécorce du prunellier contre les fièvres intermittenles. Toutes les parties de cet arbrisseau renferment un principe astringent.

Les fleurs et les feuilles sont purgatives. On les administre en infusion.

Les fruits sont astringents : leur acerbité disparaît lorsqu'ils ont subi une gelée. On les emploie en décoction. On en prépare aussi une liqueur, la Prunelle. Les fruits du prunellier fournissent aussi par la distillation une eau-de-vie supérieure au kirsch de cerises.

On falsifie souvent le cachou avec le suc des fruits verts du prunellier. *

PRUNUS DOMESTIGâ

Syn. : Prunier^ en picard : Prongni,

(Amygdalées.)

Arbre ordinairement peu élevé, non épineux, cultivé dans presque tous les jardins. Il fleurit en avril.

Les feuilles sont alternes, elliptiques, denticulées, acuminées, glabres en dessus, pubescentes en dessous. Les fleurs sont blanches et paraissent en même temps que les feuilles. Le fruit (prune ou en picard pronne d'apronnette) est assez gros, oblong, noir ou violet, lisse, glabre, recouvert d'une légère poussière.

Les prunes fraîches ou sèches sont laxatives, diurétiques et môme dépuratives. Elles ont une saveur douce et sucrée. A la campagne, on fait cuire ces fruits au four, on les passe ensuite au tamis de crin et on obtient une pulpe très agréable qu'on remet au four ; c'est ce qu'on appelle, en Picardie, d'ell pronnée, qui passe pour laxative.

Le pruneau est une prune desséchée. Le fruit est beaucoup plus sucré. On emploie en médecine la décoction de pruneaux comme tisane laxative (100 grammes de fruits pour 500 grammes d*eau).

La pulpe de pruneaux se prépare en faisant cuire ces fruits dans un peu d'eau et en pulpant sur un tamis de crin : c'est un bon laxatif qui peut remplacer le tamarin.

L'amande des noyaux de prunes possède des vertus sédatives et vermifuges. Les feuilles et la seconde écorce sont diurétiques, fébrifuges et anthelminthiques. On les administre sèches, en décoction, à la dose de 25 à 50 grammes par litre d'eau.

PERSIGA VULGARIS. MILL.

(Du latin persicus, de la Perse.) Syn. : Pêcher, (Amygdalées.)

Arbre peu élevé, de 2 à 4 mètres, planté dans presque tous les jardins. Il fleurit en mars.

Les feuilles sont alternes, lancéolées, étroites, aiguës, dentées, glabres. Les fleurs sont d'un rose vif et paraissent avant les feuilles. Le fruit est une drupe, globuleux, ovoïde, creusé d'une gouttière longitudinale, velouté, d'un vert jaunâtre ou rougeâtre, rouge du côté exposé au soleil, à saveur sucrée, douce et parfumée.

Le noyau est ovoïde, pointu, rugueux, creusé de sillons. La graine est amère.

Les fleurs de pêcher jouissent de propriétés laxatives et antheiminthiques. Il faut éviter de les employer fraîches car elles sont moins actives. On les administre en infusion, mais surtout en sirop qui est souvent prescrit dans la médecine des^ enfants, à la dose de 20 à 50 grammes. Le D' Antonia préconisait rinfusion de feuilles de pêcher comme calmante dans les affections de Testomac. Dongo vantait la même préparation dans la coqueluche. Cette action est due à la présence de l'acide prussique.

Les fleurs et les feuilles sont purgatives et émollienles.

La décoction de feuilles fraîches et de seconde écorce (30 gr. pour 1/2 litre d'eau) est purgative et diurétique.

Il faut récolter les fleurs avant leur épanouissement.

On retire aussi du pêcher de la gomme indigène. L'amande renferme beaucoup d'acide prussique. Elle se rapproche beaucoup, par ses propriétés, de l'amande amère. On l'employait jadis comme sédative.

Les noyaux, calcinés en vase clos, fournissent une belle couleur noire employée en peinture. L'huile extraite dea noyaux est un remède populaire contre les bourdonnements^ d'oreilles.

SPIRŒÂ ULMARIA. L.

(Du grec speira, spirale : les carpelles de la Reine des pré^ sont contournés en spirale.)

Syn. : Reine des prés, Barbe de chèvre, Ormière, Herbe aux abeilles, Vignette,

(Rosacées.)

Plante vivace, de 60 centimètres à 1 m. 20, commune dans les prés et les marais. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont dressées, glabres. Les feuilles sont pinnatiséquées, à segments ovales, dentés, inégaux, le terminal plus grand. Les fleurs sont blanches, petites, en corymbes. Les carpelles sont contournés en spirale.

Les fleurs renferment du salicylate de méthyle, de l'acide salicylique,une essence et une matière colorante jaune. Elles jouissent de propriétés diurétiques. On emploie ordinairement rinfusion (10 gr. pour 1 litre d'eau).

La racine est tonique, astringente, fébrifuge et diurétique. On la préconise contre les hémorragies, les diarrhées, l'ascite et le rhumatisme. Les feuilles ont à peu près les mômes vertus que la racine. On fait souvent une décoction de racines et de feuilles (30 à 60 gr. par litre d'eau). On prépare avec les fleurs une infusion théiforme très agréable.

Les ruches, enduites de suc de reine des prés, attirent les abeilles.

Spirœa filipendula. L. (Filipendule) possède les mêmes propriétés. On indique surtout la racine comme tonique.

RUBUS FRUTIGOSUS. L

(Du latin ruber, rouge.)

Syn. : Ronce commune. Ronce noire; en picard de Proyart:

Erouince,

(Rosacées.)

Sous-arbrisseau grimpant de 2 à 3 mètres et au delà, très commun dans les haies, les bois et les lieux incultes. Il fleurit en juin.

Les tiges sont ordinairement décombantes, arquées au sommet, souvent anguleuses, rougeâtres, à aiguillons assez robustes. Les feuilles sont palmatiséquées, souvent tomenteuses en dessous. Les fleurs sont grandes, rosées ou blanches, en panicules. Le fruit (mure, en picard meuron) est doux, sucré, subglobuleux, glabre, à carpelles petits.

On administrait autrefois les sommités de cette ronce en décoction comme astringentes, toniques et détersives. On

emploie encore aujourd'hui Tinfusion de feuilles de ronces (15 à 20 gr. par litre d'eau) en gargarismes,dans les amygdalites. Il faut éviter de la prescrire au début de Tinflammation.

Le suc du fruit de la ronce est souvent ajouté à celui du morus nigra pour faire le sirop de mûres (Magnés) qui est indiqué dans les angines.

Le meuron est légèrement astringent. On en prépare d'excellentes confitures et des sirops astringents. Il est vraiment trop délaissé dans notre pays. Le sirop de meurons est indiqué dans la diarrhée des enfants.

Les feuilles de toutes nos ronces ont les mêmes propriétés.

Rubus Idœus, L. fournit la framboise, dont la saveur est sucrée et parfumée. On en fait un sirop et un suc qui sont tempérants. Les fleurs de framboisier sont sudorifiques. On les emploie en infusion (20 à 25 gr. par litre d'eau).

GEUM URBANUM. L.

(Du grec geuo, j'assaisonne.)

Syn.: Benoîte commune. Benoîte des villes^ Herbe de saint Benoît, Benoîte officinale, Herbe de saint Roch,

(Rosacées.)

Plante vivace, de 40 à 70 centimètres, commune dans les^ bois et auprès des habitations. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont dressées, velues, rameuses. Les feuilles inférieures sont lyrées, pinnatiséquées. Les fleurs sont jaunes,, dressées. Le calice est vert et présente des divisions réfléchies après la floraison.

La racine fraîche de la benoîte a une forte odeur de girofle qu'elle perd par la dessiccation. Elle renferme une grande^ quantité de tannin, une résine, une huile volatile, de l'adragantine, une matière gommeuse, des sels de potasse et de chaux, etc. (Trommsdorif). Elle a une saveur amère et styptique. Buchhave, médecin de Copenhague, qui a beaucoup conseillé cette plante dans son pays, prétend qu'elle donne

de Tappétit, qu'elle rend les digestions plus régulières et -qu'après son emploi on se trouve plus fort, plus agile.

On Ta vantée tour à tour comme tonique, excitante, amère, astringente, vulnéraire, fébrifuge, antispasmodique, sudorifique, emménagogue, antiscorbutique. On Ta administrée -contre la fièvre intermittente, la diarrhée, la dysenterie.

On doit surtout l'employer comme tonique et astringente, ^n infusion (15 gr. de racines pour l litre d'eau).C'est un médicament assez énergique^ qu'on délaisse trop, un véritable succédané du quinquina.

On en a préparé un vin, un extrait, une teinture.

Dans certains pays, on mange les jeunes feuilles en salade.

A la campagne, on fait macérer des racines de benoîte <lans l'alcool et on obtient un excellent cordial qu'on conserve soigneusement.

Les brasseurs du nord la font aussi entrer dans la composition de la bière.

FRAGÂRIA VESGA. L.

(Du latin fragrans, odorant.) Syn. : Fraisier commun, Fraisier des bois. Fraisier de table,

(Rosacées.)

Plante vivace, stolonifère, de 10 à 30 centimètres, commune sur les coteaux, dans les bois. Elle fleurit en avril.

Les tiges sont dressées et ne dépassent presque pas les feuilles. Les folioles sont ovales, dentées, soyeuses en dessous. Les pétioles ont des poils étalés. Les fleurs sont blanches, en cymes irrégulières, pauciflores. Les pédicelles sont munis dei poils appliqués. Le fruit est rouge, rarement blanc (fraise)^ ovoïde, globuleux.

La racine épaisse, grosse, noirâtre, a une saveur styptique. Elle est astringente, diurétique, apéritive et dépurative. La décoction (25 à 50 gr. par litre d'eau) est d'une belle couleur rouge brique. Les malades qui en boivent beaucoup ont les selles rouges. On a contesté, avec raison, les propriétés

diurétiques de la racine. II est certain qu'un malade absorbant une grande quantité de tisane urinera abondamment.

Les anciens conseillaient la racine de fraisier dans les hémorragies, la dysenterie et la diarrhée.

On l'administre en infusion et en décoction.

Les feuilles de fraisier jouissent des mêmes propriétés que les racines. Certains en font des infusions théiformes.

Les fraises sont légèrement astringentes. Elles ne conviens nent pas aux dyspeptiques et produisent quelquefois de l'urticaire. Dupuytren les a conseillées dans la goutte et le rhumatisme. D'autres médecins les vantent dans la gravelle.

On en fait des confitures. Les feuilles et les tiges, séchées et pulvérisées, constituent une excellente poudre dentifrice.

Les variétés de fraisiers à gros fruits proviennent du Chili et de Virginie. Les fruits n'ont ni le parfum ni la saveur de notre petite fraise des bois.

POTENTILLA REPTANS. L.

(Du latin potens^ puissant.)

Syn. : Potenlille rampante^ Quinte feuille,

(Rosacées.)

Plante vivace, commune à la lisière des bois, dans les clairières. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont simples, grêles, rampantes, radicantes. Les feuilles présentent un long pétiole. Les folioles sont obovales. oblongues, dentées. Les fleurs sont jaunes, assez grandes, solitaires. Les pédicelles dépassent les feuilles.

La racine est allongée, cylindrique, d'un rouge-brun ; elle a une saveur styptique, amère.

La décoction de racines de quintefeuille a été conseillée dans les diarrhées, la dysenterie, comme astringente. Elle jouit aussi de propriétés vulnéraires.

On administre la racine en poudre et en décoction. On en fait des gargarismes. Elle a été de tous temps employée

en médecine. Hippocrate s'en servait, dit-on, comme fébrifuge.

Les feuilles ont à peu près les mêmes propriétés.

Les empiriques conseillent pour le traitement des panaris, une pâte composée d'un jaune d'oeuf et de poudre de racine de potentille.

La quintefeuille jouissait d'une grande vogue au xv« siècle. Elle avait un pouvoir merveilleux, d'où son nom depotensy puissant. Elle purifiait les maisons, chassait les araignées, guérissait les maux de dents, la jaunisse, la sciatique, les affections de peau, l'épilepsie, etc.

Les autres potentilles ont à peu près les mômes propriétés.

Dans la Somme, les nourrices se servent souvent pour leurs nourrissons de l'espèce anserina (argentine, ansérine). Elles appliquent les feuilles de cette plante sur les parties atteintes d'érythème.

La racine a une saveur analogue à celle du panais ; elle est comestible.

Les oies mangent Tansérine avec avidité, d'où anserina {ansery oie).

POTENTELLA TORMENTILLA. SEBTH.

Syn. : Tormentille^ Potentille officinale.

(Rosacées.)

Plante vivace, herbacée, de 10 à 40 centimètres, assez commune dans les bois et les marais. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont grêles, couchées, non radicantes; les folioles sont ovales, oblongues, dentées supérieurement ; les fleurs sont petites, jaunes, encymes terminales; elles ont un calice et un calicuie à quatre divisions.

La racine est grosse, dure, brune. Elle est très riche en tannin (17 0/0), donc très astringente. On l'emploie dans la diarrhée, la dysenterie, la métrorrhagie, l'amygdalite. Elte avait aussi autrefois une grande vogue. Ludwig prétendait qu'avec la tormentille on pouvait se passer de tous les astringents.

On l'administre en poudre, en extrait, en infusion et en décoction (5 à 6 gr. par litre d*eau).

ROSA GANINA. L.

(Nom latin du rosier et de la rose.)

Syn. : Églantiery Rosier sauvage. Rosier de chien.

(Rosacées.)

Arbrisseau muni d'aiguillons robustes, de 1 à 3 mètres, assez commun dans les haies et les bois. Il fleurit en juin.

Les tiges sont rameuses ; les folioles sont ovales, dentées ; les stipules supérieures dilatées. Les fleurs sont roses ou blanches, à odeur suave.

Le calice présente des divisions pinnatifides. Le fruit est ovoïde ou subglobuleux, rouge {Cynorrhodon),

Les feuilles, les fruits et les petites pelotes laineuses jaunâtres qu'on observe souvent sur Téglantier sont toniques et astringentes.

La racine a été employée autrefois contre la morsure des chiens enragés, de là le qualificatif canina.

Les boutons de roses sont astringents et toniques. Ils sont indiqués contre les fleurs blanches et les diarrhées chroniques. (Infusion de 15 gr. par litre d'eau). On emploie de môme les pétales (20 gr. par litre d'eau.)

A la fin de l'automne, on fait une excellente confiture avec les fruits bien mûrs de l'églantier. 11 faut bien avoir soin de les débarrasser de leur épicarpe (petite pellicule qui les recouvre) et surtout de leurs graines qui sont enveloppées de poils bien connus sous le nom de poil à gratter ou gratte-^ul. Il suffit seulement de bien faire bouillir les fruits. En Alsace, on connaît cette préparation sous le nom de coafitnre de Kina, On l'emploie dans la diarrhée.

Le miel rosat, la conserve de roses, le vin rosat, le vinaigre rosat, le sirop de roses pâles, l'eau distillée sont préparés avec la rose de Provins (Rosa gallica).

L'essence de roses a été découverte, paraît-il, en 1602, par Caussin 7

la princesse Nour-Djihan, femme du grand mogol, dans une promenade avec l'empereur sur le bord d'un canal rempli d'eau distillée de roses. Cette princesse vit surnager une sorte d'huile qu'elle fît recueillir et qu'on reconnut pour une essence extrêmement suave {Moquin- Tandon).

Elle nous vient donc de l'Orient. Pour sa préparation, on choisit les espèces les plus odorantes : le rosier musqué, le rosier à cent feuilles, le rosier de Damas.

Pour obtenir 1 kilo d'essence, il faut 6.000 kilos de fleurs. Aussi le parfum est-il d'un prix élevé Dans ces dernières années, il valait 3.000 francs le kilo.

AGRIMONIA EUPATORIA. L.

(Du grec agrios, sauvage, montas, solitaire.)

Syn. : Aigremoine, Eupatoire des Grecs, Herbe de Saint-Guillaume, Thé des bois, Thé du nord, Sorbelette, en picard : Agrimoine,

(Rosacées.)

Plante herbacée, vivace, de 30 à 90 centimètres, commune au bord des chemins, à la lisière des bois. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, souvent simple, velue. Les feuilles sont pinnatiséquées, pubescentes. Les stipules sont incisées, dentées. Les fleurs sont jaunes, en longues grappes spiciformes. Les pédoncules sont courts.

La plante fraîche répand une odeur agréable, aromatique. Elle a un goût amer.

. On a employé l'aigremoine en infusion contre les catarrhes bronchiques, les hémorragies, l'incontinence d'urino et la dysenterie. Elle jouit de propriétés toniques, astringentes et vulnéraires. L'infusion de sommités est conseillée en gargarisme dans les angines et les stomatites. Elle est réellement utile lorsque l'inflammation décroît. On a beaucoup vanté le vin d'aigremoine.

Chomel recommandait la plante en décoction dans les maladies de foie, les gastrorrhagies.

On se servait aussi de l'infusion pour déterger les plaie s.

Dans nos régions, cette plante jouit d*un très grand crédit. Tous les ans, chacun récolte sa petite provision d'aigremoine. On en fait des infusions théiformesd'un goût fort agréable.

ALGHEMILLA VULGARIS. L.

(De VsLTahe alkemeliehj alchimie.)

Syn. : AlchémiUe commune, Pied-de^lion, Perche-pied^ Mantelet des dames.

(S ANGUISORBÉES. )

Plante vivace, pubescente, de 10 à 30 centimètres, croissant surtout dans les allées herbeuses des bois, dans les pâturages. Elle fleurit en mai.

La tige est assez grêle, ascendante ou dressée. Les feuilles, palmatilobées, recouvertes d'un duvet soyeux, sont très élégantes. Les fleurs sont verdâtres, petites, en cymes corymbiformes. La racine est assez grosse.

Les Arabes attribuaient à Talchémille des vertus magiques.

La racine et les feuilles sont toniques, astringentes et vulnéraires. On en fait une infusion (50 gr. par litre d'eau) qu'on recommande contre les fleurs blanches et les métrorrhagies»

On a cru voir dans la forms de la feuille une ressemblance avec l'empreinte de la patte du lion, d'où le nom de pied-de-lion. Les crénelures et les plis de la feuille ont à peu près l'aspect d'un petit manteau, d'où son autre nom, mantelet^ des^ames.

En Suisse, les femmes se frottent les joues avec les feuilles d*alchémille couvertes de rosée pour guérir les taches de rousseur ou s'en préserver.

Les feuilles de l'alchémille des champs (alchemilla arvensis, Scop.) ont été employées en infusion comme diurétiques.

POTERIUM DIGTYOGARPUM. SPAGH.

(Du grec poterion^ coupe : forme du calice.)

Syn. : Pimprenelle.

(Sanguisorbées.)

Plante vivace, de 30 à 60 centimètres, commune sur les coteaux arides, aux bords des champs et des routes. Elle fleurit en mai.

La tige, quelquefois rougeâtre, est ascendante, anguleuse, pubescente à la base. Les folioles sont dentées, un peu cordées à la base. Les fleurs sont rougeâtres, sessiles, en épis terminaux, subglobuleux. Le fruit présente quatre angles arrondis.

La pimprenelle est aromatique et astringente. Administrée en infusion chaude, après le repas, elle facilite la digestion. Dom Robbe la rangeait dans les vulnéraires apéritives.

Elle parfume la soupe et sert d'assaisonnement aux salades*

GRATŒGUS OXYAGANTHA. L.

(Du grec cratos^ force : dureté du bois.) Syn. : Aubépine^ Epine blanche^ Epine, Bois de mai.

(POMACÉES.)

Arbrisseau épineux, très rameux, de 1 à 5 mètres, assez commun à la lisière des bois et aux bords des routes. Il fleurit en mai.

Les feuilles sont glabres, obovales, cunéiformes, à nervures convergentes. Les fleurs sont ordinairement blanches, odorantes, en corymbes. Le fruit est rouge, pulpeux, fade (en picard, pierretté), souvent à deux noyaux.

Le fruit est astringent et jouit aussi, paraît-il, de propriétés diurétiques. La décoction de perirettes sèches est indiquée

dans la diarrhée. Les feuilles sont astringentes et Técorce fébrifuge. On emploie celle-ci en poudre, à la dose de 4 à 8 grammes ou en infusion (40 gr. par litre d'eau).

Les fruits sont quelquefois administrés en infusion. On en fait aussi une boisson alcoolique.

MESPILUS GERMANIGA. L.

(Du grec mesos, moitié, pilos, boule.j Syn. : Néflier.

(POMACÉES.)

Petit arbre de 3 à 5 mètres, au tronc tortueux, difforme, à rameaux ordinairement épineux, assez commun dans certains bois. Il fleurit en mai.

Les feuilles sont oblongues, entières, lancéolées, pubescentes en dessous. Les fleurs sont blanches, grandes, terminales, subsessiles. Le fruit (nèfle) est pubescent, brun, charnu^ gros, arrondi en toupie, largement ombiliqué, couronné par les lobes du calice dressés.

Les nèfles ou môles ont une saveur acerbe. Elles jouissent de propriétés astringentes ainsi que Técorce et les feuilles.

On récolte les fruits en octobre et on les étend sur de la paille où on les laisse pendant une vingtaine de jours. Quand ils sont blets, on les emploie contre la diarrhée ; ils ont alors un goût sucré très agréable.

On recommande contre la goutte et la gravelle la poudre de noyaux mêlée au vin blanc.

Dom Robbe rangeait le néflier dans les vulnéraires astringentes.

GTDONIA VULGARIS. FERS.

(De Cydon, ville de Crète, dont les coings étaient estimés.) Syn. : Cognassier,

(POMACÉES.)

Arbre de taille moyenne, présentant une tige et des rameaux tortueux, planté dans quelques jardins. Il fleurit en avril.

Les jeunes branches sont blanchâtres, cotonneuses. Les feuilles sont ovales, arrondies, obtuses entières, pubescentes en dessous. Les fleurs sont d'un blanc rosé, solitaires, très ; grandes. Le fruit, connu sous le nom de coinffy est assez gros, pyriforme, présentant souvent des côtes, ombiliqué, d'une belle couleur jaune, très odorant et âpre au goût.

Les coings renferment de la pectine, de l'acide malique, de l'acide gallique et du tannin. Ils sont très astringents. On les donne dans les diarrhées, sous forme de sirop de suc de coings, de gelée, d'eau de coings. Us sont aussi conseillés comme stomachiques.

Les feuilles et Técorce des jeunes rameaux sont fébrifuges. On en prépare une décoction (15 à 20 gr. pour 50 gr. d'eau).

Les semences de coings sont utilisées en décoction dans l'eau, comme adoucissantes. Elles contiennent un mucilage très abondant. On les emploie encore en macération dans Teau tiède. La décoction et la macération peuvent être administrées en lavements.

MALUS GOMMUNIS. LMK.

(Nom latin du pommier, dérivé du grec melon et malon pomme.)

Syn.: Pommier sauvage, en picard de ProyaLri^Pomme-lotihi.

(POMACÉES).

Arbre épineux, de 8 à 10 mètres, assez commun dans les haies et les bois. Il fleurit en avril. L'écorce est d'un grisbrun et se détache par plaques.

Les feuilles sont ovales, acuminées, dentées, pétiolées. Les fleurs sont blanches ou rosées, fasciculées. Les anthères sont jaunâtres. Le fruit (pomme) est charnu, subglobuleux, ombiliqué à la base et au sommet.

L'infusion de fleurs (30 gr. par litre d'eau) est pectorale et antispasmodique.

L'écorce du pommier a été conseillée comme fébrifuge

dans les fièvres intermittentes (80 gr. en décoction dans 1 litre d'eau). Elle contient un principe particulier, la phloorhidzine. qui est un excellent fébrifuge et ressemble à la salicine. Il paraît que cette substance est surtout précieuse quand la quinine échoue.

Les pommes sont acidulées, douceâtres. Elles jouissent de propriétés tempérantes, rafraîchissantes, émoUientes, laxatives et diurétiques. La variété qu'on emploie habituellement pour faire la tisane est la reinette blanche. On fait bouillir jusqu'à cuisson 125 grammes de pommes pour 1 litre d'eau. C'est une préparation tempérante très agréable, indiquée dans l'inflammation de Testomac et de l'intestin.

On prépare aussi un suc, un sirop, une gelée et une pulpe. Dans nos campagnes, on emploie surtout la pulpe. On coupe ordinairement les pommes en quatre, on les met dans un pot en terre et on les fait cuire au four, on les pulpe ensuite sur un tamis de crin et on obtient le cafarou (en picard de Proyart). Cette pulpe a une action purgative sûre.

Les pommes fournissent aussi une boisson très recherchée, le cidre qui est laxatif lorsqu'il n'a pas encore fermenté. Il est aussi diurétique et recommandé aux goutteux par certains médecins.

Ces fruits renferment, paraît-il, une certaine quantité d'acide phosphorique et jouissaient d'une grande réputation chez les anciens. Ils prétendaient qu'elle désinfecte la bouche et procure le sommeil. Ils la conseillaient dans les maladies de la gorge. Les médecins recommandaient même à leurs malades d'en manger à leur repas du soir.

SORBUS TORMINALIS. GRANTZ.

(Du celtique sormel; sor, rude, mely pomme.) Syn. : Sorbier terminai^ Alisier des bois, Alisier commun,

(POMACÉES.)

Arbre de 10 à 15 mètres, à écorce lisse, roussâtre, assez commun dans les bois. Il fleurit en mai.

Les feuilles sont grandes, dentées, d'abord pubescentes, puis luisantes, glabres, cordiformes. Le fruit (alise ou alossé) est assez petit, ovoïde, brunâtre, pulpeux, de saveur vineuse, devenant acidulée, puis suc/ée.

La décoction d'alises est tempérante et diurétique. L'écorce d'alisier est astringente ; on remploie en décoction (40 gr. par litre d*eau) contre la diarrhée et la dysenterie.

On fait aussi avec les fruits une piquette assez agréable.

EPILOBIUM SPIGATUM. LMK.

(Du grec épi sur, lobos silique.)

Syn. : Epilobe en épif Laurier de Sainte Anloi ne , Osier fleurie

(Onagrariées.)

Plante glabre, vivace, de 50 centimètres à 1 m. 50, assez commune sur les talus des chemins de fer, dans les bois à terrain sablonneux. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, cylindrique. Les feuilles sont sessiles, lancéolées. Les fleurs sont grandes, purpurines, en longuesgrappes spiciformes.

La racine renferme du tannin et est astringente. Elle est rarement employée. Certains brasseurs falsifient la bière avec les feuilles. Les Grecs croyaient que le laurier de Saint- Antoine rend Tivresse gaie et faisaient macérer dans leur vin la racine de la plante.

Les jeunes feuilles sont comestibles.

On confectionnait autrefois des mèches de lampes avec la matière cotonneuse qui entoure les graines.

SANIGULA EUROPŒA. L.

(Du latin sanare, guérir.) Syn. : Sanicle commune, Sanicle d'Europe, Herbe de Saint- Laurent (Ombellifères.)

Plante vivace, glabre, d'un vert foncé, de 30 à 60 centimètres, commune dans les bois ombragés. Elle fleurit en mai^

La tige est simple, dressée. Les feuilles sont luisantes, radicales, palmatipartites, pétiolées. Les fleurs sont blanches ou rosées, disposées en ombelles.

La sanicle est encore employée quelquefois comme tonique.

On Ta conseillée jadis comme vulnéraire, apéritive, diurétique, astringente et détersive. On l'administrait en infusion (40 gr. de plantes sèches pour 1 litre d'eau) contre la goutte, l'ictère, les hémorragies, etc.

On lui attribuait d'innombrables propriétés. Exemple :

Qui a bugle et sanique Au chirurgien fait la nique.

Le remède ne vaut guère mieux que les vers.

ERYNOIUM GAMPESTRE. L.

(Du grec erygma, éructation : allusion à certaine propriété médicinale.)

Syn. : Panicaut des champs, Chardon Roland, Chardon roulant, Barbe-^de-chèvre.

(Ombellifêres.)

Plante vivace, glabre, d'un vert blanchâtre, raide, striée, de 20 à 60 centimètres, très commune aux bords des chemins, dans les endroits incultes. Elle fleurit en juillet.

La tige présente de nombreux rameaux étalés. Les feuilles sont dures, réticulées ; les radicales bipinnatipartites, à lobes incisés, à dents épineuses. Les fleurs sont blanchâtres. Les folioles de l'involucre dépassent le capitule.

La racine est diurétique, emménagogue, expectorante, apéritive et aphrodisiaque. Elle est aussi, paraît-il, comestible.

Deux parasites se développent sur la racine du chardon roulant, un cryptogame et un phanérogame. Le premier, Pkurotus eryngii DG (Oreille de chardon, Bérigoule), est un excellent champignon qui ne croît que sur cette plante ; le second, Orobanche ameihystea Thuil. (Orobanche violet), se montre au mois de juillet.

ERYNGIUM MARmMUM. L.

Syn : Panicaut maritime, Chardon Roland maritime, (Ombellifères.)

Plante vivace, robuste, bleuâtre, de 30 à 60 centimètres, assez commune dans les sables maritimes. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont rameuses. Les feuilles sont bleuâtres, coriaces, réticulées, à dents épineuses, les radicales sont réniformes, les caulinaires sont amplexicaules, sinuées, lobées. Les fleurs sont bleuâtres. Les folioles de Tinvolucre dépassent le capitule.

On emploie la racine en décoction comme diurétique et expectorante. Elle est indiquée dans Tascite et la gravelle.

On mange les racines cuites, comme les asperges. Elles provoquent la salivation.

BUPLEURUM ROTUNDIFOLIUM L.

(Du grec, hous, bœuf, pleuron, plèvre : allusion à la consistance des feuilles.)

Syn. : Buplèvre à feuilles rondes, Percefeuille, Oreille-de-dièvre, Bec~de- lièvre.

(Ombellifères.)

Plante annuelle, glabre, de 20 à 60 centimètres, rare en Picardie. Elle fleurit en juin.

La tige est rameuse supérieurement. Les feuilles sont larges, perfoliées, mucronées, les inférieures amplexicaules. Les fleurs sont jaunes, en ombelles terminales. L'involucre est nul, les folioles des involucelles sont d'un jaune pâle ouverdâtres.

On employait autrefois les feuilles comme vulnéraires et astringentes.

GICUTA VIROSA.. L.

(Du grec cicos, force, puissance).

Syn. : Cicutaire aquatique. Ciguë aquatique, Ciguë des ma-' rais, Ciguë (Veau, Persil des crapauds, Persil des fous.

(Ombellifêres.)

Plante vivace, glabre, de 50 centimètres à 1 mètre, croissant aux bords des rivières, des fossés. Elle fleurit en juillet. Les tiges sont dressées, fistuleuses, rameuses. Les feuilles sont bitripinnatiséquées, à segments lancéolés, aigus, incisés ; les inférieures longuement pétiolées. Les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons nombreux. La racine est blanche, grosse, creuse, cloisonnée, à odeur vireuse.

Les feuilles de la ciguë aquatique ont été employées comme calmantes. C|est un médicament trop dangereux pour être conseillé.

On se servira plus sûrement de la cicutine, alcaloïde de la cicutaire et excellent calmant du système nerveux. Elle est recommandée dans les névralgies, Tasthme, Tépilepsie.

Page 1