‹ Les plantes médicinales de la PicardieChapitre 6 sur 28 · AMMI MAJUS. L · texte numérisé non relu

AMMI MAJUS. L

(Du grec ammos, sable.)

Syn. : Ammià larges feuilles,

(Ombellifêres.)

Plante annuelle de 30 à 60 centimètres, croissant surtout dans les champs de jeune luzerne. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, striée, rameuse. Les segments des feuilles inférieures sont ovales, lancéolés, les segments des supérieures sont linéaires, dentés. Les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons nombreux. Le fruit est petit.

Les fruits de Tammi sont toniques et carminatifs. On les recommande habituellement en infusion ou en macération dans le vin.

ŒGOPODIUM PODAGRARIA. L.

(Du grec aix, aigos^ chèvre, pous^ pied : allusion à la forme des feuilles.)

Syn. : Podaffraire, Egopode des goutteux^ Herbe aux goutteux, Pied^de-^chèvre, Pied^e-bouc, Pied-d'aigle, Fausse angélique sauvage.

(Ombellifères.)

Plante vivace, glabre, de 50 à 80 centimètres, affectionnant les lieux ombragés. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, robuste, fistuleuse. Les feuilles sont palmatiséquées, les inférieures sont longuement pétiolées, à segments ovales lancéolés, les supérieures, sessiles. Les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons nombreux.

La racine et les feuilles ont été autrefois conseillées dans la goutte.

On mange les jeunes feuilles en salade. On en ajoute quelquefois à d'autres plantes potagères pour les aromatiser.

PETROSELINUM SATIVUM. HOFFM.

(Du latin petra, pierre, selinum, persil.)

Syn. : Persil cultivé, Ache persil,

(Ombellifères.)

Plante bisannuelle, glabre, de 40 à 80 centimètres, cultivée dans les jardins. Elle fleurit en juin.

La tige est rameuse, striée. Les feuilles sont d*un vert luisant ; les inférieures ont des segments ovales, cunéiformes, incisés, les supérieures, des divisions linéaires. Les fleurs sont d'un jaune-verdâtre, en ombelles, à rayons nombreux.

Les semences de persil sont carminatives, apôritives et stomachiques. On les administre en infusion (5 grammes par litre d'eau).

La racine du persil est diurétique et apéritive. Elle entre dans la composition du sirop des cinq racines qu'on emploie ordinairement à la dose de 60 grammes pour édulcorer les tisanes diurétiques. On en fait un infusé (10 gr. pour 1 litre d'eau).

Les feuilles de persil sont quelquefois appliquées sur les parties contuses et sur les seins des nouvelles accouchées pour faire passer le lait. Certaines personnes conseillent le persil contre les maux de dents. On pile quelques feuilles et on les introduit dans le conduit auditif du côté malade.

Les fruits renferment de Thuile grasse, du tannin, de Vapiine et une essence formée surtout d'apiol. Ce dernier est un principe cristallisable, du camphre de persil. Il jouit de propriétés emménagogues. On le prescrit à la dose de 15 à 50 centigrammes dans les aménorrhées et les dysménorrhées. On Ta ordonné aussi comme fébrifuge.

APIUM GRAVEOLENS. L.

(Du grec apion^ nom donné par les Grecs à diverses ombellifères.)

Syn. : Ache odorante ^ Célerî^Ache des maraiSyEprault,

(Ombellifères.)

Plante vivace,'de 30 à 90 centimètres, croissant spontanément surtout dans la région maritime. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, cannelée, sillonnée, creuse, rameuse. Les feuilles inférieures sont pinnatiséquées,à segments rhomboïdaux incisés, les supérieures à trois segments. Les fleurs sont d'un blanc-verdâtre, en ombelles nombreuses.

La racine de céleri est diurétique. Elle a une saveur aromatique, acre et amère. Elle entre aussi dans la composition du sirop des cinq racines. On en prépare une décoction (50 gr. par litre d'eau) qui est stimulante, apéritive, sudorifique et diurétique.

Les feuilles renferment de la mannite. On les met souvent confire dans le vinaigre.

Le SUC des feuilles, administré à la dose de 150 à 200 grammes préviendrait et enrayerait les accès de fièvre paludéenne.

La pulpe de feuilles mêlée au sel fin est recommandée en frictions dans la gale. L'infusion de semences de céleri agit comme stomachique et comme tonique du système nerveux. Un auteur très sérieux vante le céleri comme aphrodisiaque (de la Roche).

On mange les feuilles et les pétioles en salade , crus ou cuits^ ainsi que les racines. On les ajoute aussi à d'autres légumes pour les aromatiser.

Les racines et les feuilles sont excitantes et antiscorbutiques.

Le céleri jouissait d'un grand crédit chez les Grecs comme aliment et comme médicament. Ils en faisaient des couronnes pour orner le front des vainqueurs et pour déposer sur les tombes de leurs morts.

SIUM ANGUSTIFOLIUM. L.

(Du celtique siw, eau.)

Syn. : Berle à feuilles étroites^ Bérule à feuilles étroites^ Persil des marais, Ache aquatique,

(Ombellifères.)

Plante vivace, de 40 centimètres à 1 m. 20, commune aux bords des eaux, dans les fossés, dans les marais. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont dressées, striées, fistuleuses, rameuses. Les segments des feuilles sont ovales, aigus. Les fleurs sont blanches, en ombelles latérales, pédonculées, opposées aux feuilles.

On vend souvent la berle pour le cresson ; elle jouit du reste des mêmes propriétés. On peut sans crainte la manger en salade. Elle est stimulante, diurétique, antiscorbutique et emménagogue. La meilleure préparation est le suc des feuilles (dose : 60 gr.).

La racine est très vénéneuse ; elle est narcotico-âcre.

LES PLANTES MÉDICINALES DE LA PICARDIE lit

Il faut empêcher les vaches de brouter les feuilles de cette berle : elle donne au lait un goût désagréable.

PIMPINELLA SAXIFRAGA. L.

(Les feuilles radicales ressemblent à celles de la pimprenelle.)

Syn. : Boucage saxifrage, Pimprenelle saxifrage, BouquetinCy Pied'de-bouc,

(Ombellifères.)

Plante vivace, de 20 à 60 centimètres, commune aux bords^ des chemins, dans les endroits herbeux. Elle fleurit en juin.

La tige est un peu striée, subcylindrique. Les feuilles inférieures présentent des segments ovales, incisés; les supérieures, des segments linéaires ; les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons grêles ; le fruit est petit, ovoïde.

La racine fraîche a une odeur de bouc et une saveur piquante, aromatique. On l'employait autrefois en décoction pour gargarismes dans la paralysie de la langue. Dans ce cas, on la faisait aussi mâcher. On l'a conseillée comme digestive.

ŒTHUSA GYNAPIUM. L.

(Du grec aithusso, j'enflamme.)

Syn. : Éthuse ache des chiens. Petite Ciguë y Ciguë des jardins^ Faux persilj persil des fous.

(Ombellifères.)

Plante annuelle, glabre, d'un vert sombre, de 25 centimètres à 1 mètre, très commune dans les jardins et les lieux cultivés. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, striée, rameuse ; les feuilles sont bi- Iripinnatiséquées, à segments incisés ; les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons nombreux.

Les feuilles ont été autrefois employées dans les affections nerveuses, dans le cancer. C'est un médicament trop actif et trop vénéneux pour être prescrit. La plante renferme un principe toxique très énergique, la conicine. Quelques grammes de feuilles ou de fleurs fraîches suffisent pour donner la mort. Cependant certains auteurs ont douté de la toxicité de cette ciguë.

En 1906, Powder et Tuton ont repris Tétude de cette plante au point de vue toxicologique, dans le but de fixer définitivement les idées à cet égard. La petite ciguë a été recueillie au moment où les fruits étaient complètement développés, mais encore verts. Par la distillation avec Teau, elle a fourni une petite quantité d'essence incolore, prenant rapidement une couleur brun sombre ; le liquide distillé contenait un peu (T acide formique. Le produit resté dans le vase à distillation était un liquide aqueux très coloré et un peu de résine. Les auteurs réussirent à extraire de cette résine un hydrocarbure cristallisé et un alcool. Le reste de la résine, fondue avec de la potasse, fournissait les acides formique, butyrique et protocatéchique. Le liquide aqueux, débarrassé de la résine, contenait de la mannite avec du nitrate et du chlorure de potassium, de la glucose, une matière colorante amorphe et une quantité très faible d'un alcaloïde volatil ayant l'odeur de la conicine.

On confond quelquefois la petite ciguë avec le persil. Pour reconnaître la plante, froisser une feuille entre les doigts et se rappeler que le persil a une odeur aromatique, agréable, les fleurs sont d'un jaune clair et les feuilles d'un beau vert ; la petite ciguë a, au contraire, une odeur fétide, vireuse ; les fleurs sont blanches, les feuilles d'un vert foncé bleuâtre ; la base de la tige est roussâtre.

La sauce dans laquelle on met de la ciguë devient verte ; cette coloration ne se produit pas avec le persil (D"" Richer d'Amiens).

Socrate, philosophe grec, condamné à mort par ses compatriotes, fut empoisonné avec une décoction de petite ciguë.

ŒNANTHE PHELLANDRIUM. LMK.

(Du grec oinos, vin, anthos, fleur ; les fleurs ont l'odeur du vin.)

Syn. : Œnanthe phellandrie, Phellandrie aquatique, Ciguë aquatique, Fenouil d'eau.

(Ombellifèbes.)

Plante herbacée, glabre, vivace, à souche munie de fibres nombreuses, filiformes, non charnues, de 50 centimètres à Im. 50, assez commune dans les marais, les rivières, les fossés. Elle fleurit en juillet.

Les tiges sont couchées, radicantes, submergées, rameuses, fîstuleuses. Les feuilles sont bi-tripinnatiséquées, à segments ovales incisés. Les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons grêles.

En Allemagne on a beaucoup employé les fruits de la phellandrie dans les bronchites chroniques et la tubercu-

On les administre en poudre à la dose de gr.50 à 2 grammes plusieurs fois par jour, en infusion à la dose de 10 grammes pour 1 litre d'eau. On en prépare aussi un électuaire, (Sandras).

On leur attribue des propriétés apéritives, diurétiques, fébrifuges et antiscorbutiques. Ils jouissaient autrefois d'une grande vogue dans le squirrhe et la gangrène.

Les feuilles sont vénéneuses. On réduit souvent toute la plante en poudre. On en fait un sirop contre la tuberculose.

Œnatithe fistulosa, L. (Œnanthe fistuleuse) était autrefois employée comme diurétique.

Œnanthe pimpinelloïdes. L. (ŒCnanthe à feuilles de boucage) espèce vénéneuse, a des tubercules radicaux qui sont comestibles. On mange à Angers, sous le no m dejouanettes, les tubercules de cet œnanthe.

Caussin

FŒNICSULUM OFFICINALE. ALL.

(Du latin fœnumy foin, ou funiculas, petit filet.)

Syn. : Fenouil officinal,

(Ombellifêres.)

Plante bisannuelle ou vivace, un peu glauque, de 1 à 2 mètres, assez commune sur les talus des chemins de fer, sur les coteaux calcaires. Elle fleurit en juillet.

La tige est robuste, cylindrique, dressée, striée, rameuse. hes feuilles sont bi-tripinnatiséquées, à segments filiformes. Les fleurs sont jaunes, en ombelles à rayons nombreux.

La racine de fenouil est une des cinq racines diurétiques. Elle est aussi apéritive (25 gr. de racines en infusion dans 1 litre d'eau).

Les fruits sontemployés comme aromatiques, stomachiques, carminatifs et diurétiques. Ils renferment une huile essentielle verte qui est excitante. On recommande souvent aux nourrices une infusion de graines de fenouil (30 gr. pour 1 litre d'eau. Deux verres par jour) pour augmenter la sécrétion lactée. Son action est certaine, mais il ne faut pas oublier que l'huile essentielle passe dans le lait et peut occasionner des convulsions chez Tenfant. Cette infusion jouit aussi de propriétés apéritives.

L'huile essentielle de fenouil est quelquefois prescrite à la dose de quatre à cinq gouttes comme excitante.

Les semences pulvérisées associées à la poudre de charbon et de quinquina constituent un excellent dentifrice. On conseille les cataplasmes de feuilles fraîches de fenouil contre les engorgements laiteux.

On a conseillé autrefois la décoction de racines et de graines dans les fièvres éruptives. Certains empiriques la préconisent pour conserver la vue .

Les feuilles et la tige de fenouil servent de condiment et d'assaisonnement.

SILAUS PRATENSIS. BESS.

(Nom donné par Pline à diverses ombellifères.)

Syn. : Silaûs des prés, Silave des prés. Persil bâtard. Fenouil des chevaux.

(Ombellifères.)

Plante vivace, de 40 à 60 centimètres, croissant dans les marais et les lieux humides. Elle fleurit en juillet.

Les tiges sont dressées, striées, rameuses. Les feuilles inférieures sont bi-tripinnatiséquées, à segments divisés en lanières allongées.

Les fleurs sont jaunâtres, en ombelles à rayons intérieurs plus courts que les extérieurs.

Les feuilles, la racine et les graines sont diurétiques et étaient autrefois employées dans la gravelle.

ANTHRISGUS GEREFOLmM. HOFFM.

(Du grec anthos, fleur, ruschos, haie.)

Syn. : Anthrisque cerfeuil, Cerfeuil cultivé.

(Ombellifères.)

Plante aromatique, annuelle, de 30 à 70 centimètres, cultivée dans les potagers. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, striée, rameuse. Les segments des feuilles sont courts, pinnatifides. Les fleurs sont blanches, en ombelles, sessiles ou subsessiles.

Le cerfeuil jouit de propriétés excitantes, emménagogues, antiscorbutiques, diurétiques et résolutives. On a préconisé le suc de cerfeuil ou la décoction de feuilles dans le petit lait contre les obstructions intestinales, la jaunisse, l'asthme, les catarrhes chroniques, dans les maladies de la peau, le scorbut. Geoffroy recommande le suc dans Tascite, comme diu-

rétique. On se sert aussi du suc frais de cerfeuil contre les piqûres de guêpes et d'abeilles.

On applique aussi la plante en cataplasmes sur les engorgements laiteux, ganglionnaires.

Les semences sont stimulantes et stomachiques.

Les feuilles de cerfeuil servent d'assaisonnement. On prend généralement les jeunes pousses. Elles entrent dans la composition des sucs d'herbes, du bouillon aux herbes. Dans ce dernier cas, Tébullition fait perdre tous les principes essentiels.

MTRRHIS ODORATA. SGOP.

(Du grec myrrouj parfum.)

Syn. : Cerfeuil musqué,

(Ombellifères.)

Plante vivace, de 50 centimètres à 1 mètre, cultivée dans quelques jardins et subspontanée autour des habitations. Elle fleurit en juin.

La tige est robuste, creuse, cannelée. Les feuilles sont grandes, molles, à segments lancéolés. Les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons assez nombreux.

La plante exhale une odeur qui rappelle celle de l'anis. Elle est stimulante.

Le suc dépuré de cerfeuil musqué a été conseillé dans l'ascite. comme diurétique. On fait quelquefois aussi macérer les feuilles dans du vin.

GONIUM MAGULATUM. L.

(Du grec co/iw, poussière.)

Syn. : Ciguës Ciguë maculée. Grande Ciguë, Ciguë officinale ^ Ciguë de Secrate, Ciguë des Anciens.

(Ombellifères.)

Plante vivace, d'un vert sombre, à odeur vireuse, de 60 centimètres à 1 m. 20, assez commune aux bords des chemins, <lans les bois, les lieux incultes. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, robuste, cylinçlrique, striée, rameuse, flstuleuse, glabre, avec des taches d'un pourpre foncé. Les feuilles sont alternes, très grandes, à segments allongés, quelquefois tachées. Les fleurs sont petites, blanches, en ombelles terminales à rayons nombreux.Le fruit est ovoïde, comprimé.

Les feuilles contiennent des alcaloïdes très dangereux, la conicine ou conine^ la méthylconicine et de l'huile essentielle.

Brandes désignait sous le nom de co/im,une résine particulière qu'il avait découverte dans la ciguë. Geiger et Giesecke ont affirmé que la plante doit ses propriétés vénéneuses à la cicutine que Berzélius appela conicine. Cet alcaloïde a l'apparence d'une huile jaunâtre, soluble dans Talcool et l'éther; il est plus léger que l'eau : son odeur est forte, pénétrante, vireuse, elle rappelle celles delà ciguë, du tabac et de la souris ; sa saveur est acre et corrosive. La conicine produit une irritation locale ; déposée sur la conjonctive, elle détermine de la rougeur et de la douleur. C'est un poison paralysant du système nerveux moteur, un modificateur du sang. A dose physiologique, elle ne produit aucune altération des tissus ; elle exalte la motricité des nerfs pour la diminuer ensuite et môme la suspendre ; à petite dose, la conicine trouble les fonctions des organes; à dose toxique, elle amène rapidement la mort , elle dilate la pupille, ralentit les sécrétions après les avoir exagérées, produit de Tanesthésie ou de Thyperesthésie, de l'engourdissement, de la pâleur destéguments et du refroidissement des extrémités.

La conicine est peu usitée en France; elle Test plus en Allemagne, Wertheim l'a vantée conlreles fièvres intermittentes et le typhus. Il paraît qu'elle n'est pas plus efficace dans le premier cas que dans le second.

Elle a été indiquée dans les bronchites chroniques et la tuberculose. Elle calme la toux et les névralgies, mais elle réussit moins bien que l'opium. Elle a été préconisée dans la coqueluche aux doses de 1/2 à 2 milligrammes, toutes les six heures.

Onaextrait des fleurs de la grandeciguëun autre alcaloïde, la conhydrine, qui est beaucoup moins toxique que la coni- <îine.

Hippocrate, Arétée, Avicenne employaient déjà la ciguë. StorckTa surtout prescrite dans le squirrhe,les engorgements ganglionnaires, dans la coqueluche, les toux rebeiles.

Certains prétendent que la grande ciguë est anaphrodisiaque, ténifuge. Les anciens la donnaient contre le priapisme et la nymphomanie. Des observateurs ont prétendu que loin d'être anaphrodisiaque, la ciguë stimule l'appareil génital et éveille des désirs vénériens. Bergius cite un cas d'impuissance guérie par l'usage de cette plante.

Cette ciguë est surtout calmante; ses propriétés antispasmodiques sont contestées. On l'a conseillée aussi dans les affections syphilitiques et les maladies de la peau.

On prépare un suc de ciguë, une teinture, un alcoolature et une huile. On administre aussi la ciguë en pilules, en poudre et en extrait. Cette dernière préparation est encore très usitée aujourd'hui comme fondante. Trousseau prescrivait le cataplasme de feuilles de ciguë dans la tuberculose et contre certaines tumeurs. L'efûcacité de la ciguë est incontestable chez les sujets scrofuleux atteints d'engorgement mono-articulaire chronique (Laboulbène).

Quand on veut se servir des feuilles, il faut les récolter avant Tépanouissement des fleurs. Quelques grammes de poudre de feuilles donnent la mort à un adulte.

Les semences de ciguë ont joui d'un grand crédit dans le cancer.

Ladé, un pharmacien de Genève, a trouvé que les semences contenaient plus de conicine avant leur maturité. Devay et Guillermond prétendent que les fruits de la ciguë doivent remplacer toutes les préparations de cette plante. On emploie aussi les cataplasmes de feuilles comme calmants et résolutifs.

La ciguë ne procure pas l'effet calmant de l'opium. On ne pourra jamais la substituer à ce médicament. Elle cause toujours de l'agitation et de l'insomnie.

Nous répétons ici la recommandation faite au sujet de la petite ciguë. Quand vous n'êtes pas fixé sur le nom de la plante, que vous ignorez si c'est du persil, du cerfeuil ou de la ciguë, froissez une feuille entre vos doigts, si Vodeur qui se dégage est agréable, aromatique, concluez en faveur du persil

OU du cerfeuil; si, au contraire^ Vodeur est nauséabonde j vlreusCy rejetez la plante, c'est la ciguë.

SELINUM GARVIFOLIA

(Du grec selinon, persil.)

Syn. : Sélin des marais

( Ombellifères .)

Plante vivace, glabre, de 30 à 90 centimètres, affectionnant surtout les prés humides, les marais. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, anguleuse, rameuse. Les feuilles sont bi-tripinnatiséquées, à lobes linéaires mucronés ; les pétioles des feuilles supérieures sont dilatés. Les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons nombreux.

Le sélin des marais a été employé autrefois en Courlande contre Tépilepsie (Trimius). On administrait la poudre de racine à la dose de 1 à 5 grammes, matin et soir, dans un demi-verre d'eau chaude sucrée. On peut augmenter la dose graduellement, s'il n'y a pas de vomissements. Herpin conseillait aussi ce médicament.

ARGHANGELIGA OFFIGINALIS. L.

(Du grec archi^ au-dessus, aggelos auge.)

Syn. : Angélique officinaley Racine du Saint-Esprity Angélique des jardins,

(Ombellifères.)

Plante bisannuelle, de Om« 80 à 1 mètre, cultivée dans beau coup de jardins. Elle fleurit en juillet.

La tige est cylindrique,grosse,dressée, rameuse, fistuleuse, striée, glabre. Les feuilles sont grandes, bipinnées. Les fleurs sont blanches, en ombelles, à rayons nombreux. La racine est grosse, allongée, charnue, noirâtre à l'extérieur.

Toute la plante dégage une odeur aromatique très agréa-' ble. On remploie comme excitante, diurétique et sudorifique. On a administré la racine en infusion (20 gr. par litre d*eau) dans la dyspepsie, les vomissements, les coliques flatueuses, les céphalées, les vertiges, la paralysie, la goutte, les maladies aiguës ou chroniques, le scorbut, contre la morsure des chiens enragés. On Tordonne quelquefois dans la chlorose. Elle est indiquée comme expectorante à la fin des bronchites, comme emménagogue. C'est un excellent digestif et un antidyspeptique précieux trop peu connu des praticiens (Bâillon). Les médecins allemands la prescrivent à la fin des fièvres ataxiques. La racine a une saveur un peu musquée, amère et renferme un peu d'inuline. Elle entre dans la composition du Baume du Commandeur. On en fait aussi une teinture.

On conseille les semences d'angélique officinale en infusion (10 gr. par litre d'eau) dans les mêmes cas. Elles contiennent plus d'huile volatile ; avec les graines et la racine on prépare un vin qui est très actif.

On confit au sucre les tiges et les nervures des feuilles.

PEUGEDANUM PALUSTRE. MŒNGH.

(Du grec peuce, pin, danos, combustible : allusion à l'odeur résineuse),

Syn. : Peucédan des marais,

(Ombellifères.)

Plante vivace, glabre, de 60 centimètres à 1 mètre, qu'on rencontre parfois dans certains marais. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, striée, rameuse. Les feuilles sont bitripinnatiséquées, à lobes lancéolés, acuminés. Les fleurs sont blanches, en ombelles à rayons très nombreux et inégaux.

La racine et la tige ont été employées comme antispasmodiques et calmantes dans Tépilepsie et la gastralgie. Elles ne sont plus usitées.

PASTINAGA STLVESTRIS. MILL.

(Du latin pasius, nourriture.)

Syn. : Panais sauvage^ Pastenade.

(Ombellifères)

Plante bisannuelle, de 30 centimètres à 1 mètre, très commune dans les terrains calcaires. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, striée, rameuse. Les feuilles sont pinnatiséquées, pubescentes en-dessous. Les fleurs sont jaunes, en ombelles à rayons nombreux.

La racine renferme de la mannite et est légèrement laxalive. Les graines sont fébrifuges et carminatives.

Le genre Pastinaca nous fournit Topopanax et le panais cultivé qui est un excellent aliment.

HERAGLEUM SPHONDTLIUM. L.

(Du grec Héraclès^ Hercule ; genre consacré à Hercule.)

Syn. : Grande Berce ^ Branc-iirsine^ Spondyle^ Panais des vaches. Acanthe d'Allemagne.

(Ombellifères)

Plante bisannuelle, de 50 centimètres à l m. 50, très commune dans les endroits humides, le long des haies. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, robuste, sillonnée, fîstuleuse, rameuse. Les feuilles sont pubescentes en-dessous, pinnatiséquées. Les fleurs sont blanches, en grandes ombelles à rayons nombreux. Le fruit est glabre et a une odeur aromatique.

Les graines de la grande Berce sont carminatives. Elles remplacent souvent celles de l'angélique officinale.

La décoction de racine de Berce (25 à 50 gr. par litre d'eau) est digestive, carminative et vermifuge. La poudre de racine (8 gr.) a été indiquée contre Tépilepsie.

La racine et la tige, dépouillée de son écorce, fournissent par la distillation une liqueur alcoolique. En Pologne et en Lithuanie, on en fabrique une espèce de bière (parst).

En médecine populaire, on emploie la racine contre les durillons.

DAUGUS GAROTA. L.

(Du grec daucos, nom donné par les Grecs à diverses ombellifères.)

Syn. : Carotte sauvage^ Racine jaune.

(Ombellifères.)

Plante bisannuelle, de 30 à 80 centimètres, très commune dans les prés, les champs, au bord des chemins. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée, rude, striée, rameuse. Les feuilles sont molles, les inférieures bipinnatiséquées, à segments ovales ou oblongs. Les fleurs sont blanches ou rosées, en grandes ombelles. La fleur centrale est toujours purpurine. On reconnaît facilement Tombelle de la carotte : avant son épanouissement, elle ressemble à un petit nid d'oiseau.

La racine de carotte sauvage a une odeur forte et aromatique. On emploie les graines comme diurétiques.

La racine de la carotte cultivée est utilisée en médecine. Vauquelin Ta analysée et y a trouvé : du gluten, de Talbumine, de la mannite, du sucre, de la gomme, du ligneux, de Tacide malique, de Tacide pectique et une résine molle, d'une couleur jaune, d'une saveur très forte et d'une odeur pénétrante. Cette résine contient, selon Osanne, de la carottine, principe cristallisable, d'un jaune rouge.

La racine de carotte est mucilagineuse, adoucissante, apéritive et diurétique. On a conseillé la décoction contre la jaunisse et les maladies du foie. Elle est légèrement excitante. Le suc frais de la carotte est recommandé contre la goutte et la gravelle.

On applique des cataplasmes de carotte râpée sur certains

cancers, sur les gerçures des mameloDS de nourrices. Il paraît qu'ils calment les douleurs produites par les brûlures.

Certaines personnes vantent l'infusion de carotte coupée de lait et édulcorée avec du miel, dans les bronchites légères. Les asthmatiques éprouvent, affirment-ils, un grand soulagement après Tabsorption de ce breuvage.

La carotte favorise, par la mastication, la sortie des dents chez les jeunes enfants. Dubois la préconisait contre le carreau. Il la prescrivait comme nourriture exclusive. Ne seraitce pas plutôt pour donner raison à l'onomatopée : Carotte ote-caro (De la Roche).

On emploie aussi les graines de la carotte cultivée comme diurétiques et carminatives. Elles renferment une huile volatile qui est excitante, diurétique et emménagogue.

La racine de carotte est un de nos meilleurs légumes. Elle est d'une digestion facile.

On se sert du jus pour colorer le beurre. A la campagne, on prépare souvent avec la carotte torréfiée et pulvérisée un simili-café très agréable.

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