‹ Les plantes médicinales de la PicardieChapitre 7 sur 28 · HEDERA HELIX. L · texte numérisé non relu

HEDERA HELIX. L

(Du latin hœrere, s'attacher.)

Syn. : Lierre grimpant^ Lierre à cautère^ Herbe à dents, Herbe à cors,

(Hérédacées.)

Arbrisseau grimpant s' attachant aux arbres ou aux murs au moyen de racines adventives, véritables petits crampons qui fixent solidement la tige. Il fleurit en octobre.

La tige est ligneuse ; les feuilles sont coriaces, luisantes, glabres, à lobes triangulaires ; celles des rameaux florifères sont ovales, allongées, acuminées ; les fleurs sont verdâtres, en ombelles subglobuleuses. La baie est noire.

On peut retirer de la tige, par incision, une sorte de gommerésine qui répand, quand on la brûle, une odeur semblable à celle de l'encens. Dans le commerce, elle est en morceaux

opaques, d'un brun foncé, à cassure vitreuse, transparente. On l'employait autrefois comme résolutive et cmménagogue. On la conseillait en fumigations.

. Les feuilles, froissées entre les doigts, répandent une odeur forte, aromatique et résineuse. On les administre en infusion comme excitantes. Elles sont, en outre, vulnéraires et détersives. Elles sont indiquées, en décoction, dans le traitement de la teigne et de la gale.

On en fait des bains locaux. On appliquait autrefois les feuilles de lierre sur les plaies produites par les vésicatoires pour faire suppurer, sur les plaies contuses, les brûlures, les jérysipèles. Elles donnent une sensation agréable de fraîcheur.

Les fruits sont purgatifs à la dose de dix à quinze. Ils sont vénéneux et produisent souvent des vomissements. On employait jadis contre certaines fièvres les fruits mûrs, pulvérisés et macérés dans du vin ou du vinaigre.

Il paraît que la résine du lierre arrête la chute des cheveux.

On fait des filtres avec le bois qui est léger et poreux.

Les Grecs avaient choisi le lierre comme le symbole de la jeunesse parce que cet arbuste est toujours vert. Ils en ornaient Bacchus et les Bacchantes.

Disons en terminant que pour nettoyer et remettre à neuf les étoffes de drap noir, il suffit de les laver avec une décoction de feuilles de lierre.

VISGUM ALBUM. L.

(Du latin viscus, glu.) Syn, : Gui, Gui des Druides, Gui à fruits blancs,

(LORANTHACÉES.)

Arbrisseau de 20 à 50 centimètres, formant de petites touffes arrondies sur les branches d'arbres. Il fleurit en mars.

La tige présente des rameaux dichotoraes, articulés, glabres, d'un vert jaunâtre.

Les feuilles sont opposées, oblongues, épaisses, coriaces, persistantes. Les fleurs sont jaunâtres ; la baie est blanche.

Cette plante est parasite et propagée surtout par les merles et les grives qui sont très friands des baies. Ils frottent leur bec aux branches des autres arbres et y déposent ainsi la graine.

Les fruits et Técorce sont antispasmodiques. On les a employés contre l'épilepsie, l'asthme, le hoquet, la coqueluche, etc. On emploie la plante sèche en décoction (30 grammes par litre d'eau), comme tonique, astringente et fébrifuge. Les baies sont purgatives.

Dernièrement, René Gaultier a administré le gui du chêne contre Thémoptysie. Il s'est servi avec succès d'extrait éthéré qu'il a fait prendre en pilules à la dose de gr. 80 par jour. Il a noté, sous Tinfluence de cette médication, un abaissement de la pression artérielle avec accélération du pouls.

On fait une glu avec la seconde écorce et les fruits du gui.

En Angleterre, une jeune fille vue à Noël sous une branche de gui (mistletoc) doit se laisser embrasser par celui qui Ta rencontrée ainsi.

En Normandie, les marchands de cidre suspendent à leur porte une branche de gui.

Dans notre pays, chacun veut avoir, à son foyer, comme porte-bonheur, un rameau de cet arbrisseau.

RIBES UVA CRISPA. L.

(Du latin rubus, buisson.)

Syn. : Groseillier à maquereau, en picard de Proyart :G. lintè^

(Grossulariées.)

Arbrisseau très rameux, de 80 centimètres à 1 m. 50, muni d'épines tripartites, assez commun dans les haies. Il fleurit en avril.

Les feuilles présentent des lobes obtus, incisés. Les fleurs sont verdâtres. La baie est ovoïde ou globuleuse, couverte de poils rudes et d'une couleur verdâtre ou rosée vineuse, d'une saveur sucrée.

Le^ fruits de ce groseillier sont légèrement excitants. A vaal

leur maturité, ils sont très acides ; on s'en sert pour relever certaines viandes ou certains poissons, notamment le maquereau, d'où son nom.

Les feuilles sont toniques, astringentes. On les administre en infusion ou en poudre. La décoction d'écorce est fébrifuge. On fait un vin avec les jeunes pousses et avec les fruits.

On cultive dans les jardins la variété grossularia^ à fruits beaucoup plus gros.

En pâtisserie, on confit ces groseilles dans du sucre.

Page 1