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CHAPITRE II

Sol, climat et culture

Généralement, les sols qui donnent de bonnes récoltes de plantes de grande culture et de plantes potagères conviennent également bien à la culture des plantes médicinales, mais il y a des exceptions. Les plantes, comme l'hydraste du Canada par exemple, poussent naturellement dans l'humus, à l'ombre des arbres de la forêt, et ne peuvent être cultivées avec succès lorsqu'elles sont exposées à la pleine lumière du soleil. La menthe ne vient pas bien non plus lorsqu'elle est cultivée dans un sol sec et sablonneux, qui pourrait convenir à une autre récolte.

Quant à certaines plantes annuelles comme l'anis, il est probable que l'on pourrait les cultiver, même dans les localités où l'hiver est très rigoureux, à condition qu'elles puissent mûrir leurs graines avant les premières gelées automnales. Les plantes que nous venons de mentionner appartiennent à la même famille que le persil et la carotte, et leurs graines germent très lentement; il sera donc nécessaire dans ce cas de faire des semis précoces ; on obtiendra peutêtre des résultats encore meilleurs en semant la graine à la fin de l'automne, avant que le sol gèle.

Quant à l'hydraste du Canada et aux autres plantes de la forêt, il faut, de toute nécessité, pour obtenir les meilleurs résultats, les semer dans un endroit partiellement abrité; on y arrive en faisant des treillis artificiels avec des lattes fixées horizontalement sur des soutiens verticaux et convenablement espacées. Il serait probablement beaucoup plus économique de défricher une surface de terrain dans la forêt, d'en enlever toutes les plantes herbacées et d'y faire pousser l'hydraste dans des conditions naturelles. On pourrait peut-être aussi le cultiver en rangées sous les arbres, dans un vieux verger.

Pour toutes les plantes mentionnées dans ce bulletin, la meilleure manière de les cultiver est celle qui consiste à leur fournir des conditions aussi semblables que possible à celles dans lesquelles elles poussaient à l'état sauvage; ce n'est

qu'en s'y prenant ainsi que l'on obtiendra les meilleurs résultats: Nous indiquons autant que possible l'habitat de chaque espèce. Les graines de plantes vivaces doivent être semées clair, sur une couche spécialement préparée en automne; plus tard les jeunes plantes doivent être mises dans le sol qu'on leur réserve; cette transplantation doit se faire autant que possible par un temps pluvieux.

Il est très difficile, pour un bon nombre de ces plantes, de se procurer des graines ou des racines, car les grainetiers et les pépiniéristes réguliers n'en ont pas; ceci s'applique particulièrement aux espèces européennes.

Quant aux arbres et aux arbrisseaux que l'on emploie en médecine, il est tout probable qu'ils se trouvent en quantité suffisante à l'état sauvage pour satisfaire à la demande, à l'exception du nerprun. Il est très peu probable également que leur culture vaudrait la peine d'être entreprise sur des terrains qui peuvent être utilisés pour des récoltes ordinaires, car ils ne rapportent qu'au bout d'un nombre considérable d'années.

Certaines plantes médicinales sont très vénéneuses; on devra donc prendre les plus grandes précautions pour empêcher les enfants et les animaux de les manger.

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