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CHAPITRE III Récolte et séchage

Celui qui se propose de cultiver des plantes médicinales doit avoir bien soin de s'assurer tout d'abord qu'il a la bonne espèce de plantes. Lorsqu'il se procure ces graines ou ces racines chez un grainetier ou un pépiniériste, il peut généralement compter que l'espèce est authentique, mais le producteur qui obtient son premier stock de plantes par l'arrachage des espèces sauvages, devrait comparer soigneusement ces plantes avec les descriptions et les illustrations données dans ce bulletin, et s'il n'est pas tout à fait sûr, il devrait envoyer des spécimens (feuilles, fleurs et fruits, et dans le cas des herbes, les racines également) au botaniste du Dominion, à Ottawa, pour connaître exactement les noms des espèces.

Nous supposons que le producteur a l'espèce de plante désirée; il s'agit de savoir maintenant quelle partie de la plante est employée dans la médecine. Dans certains cas, la racine seule est utilisée; dans d'autres, ce sont les feuilles, ou l'écorce, ou les fruits. Il faut avoir soin d'enlever toutes les parties qui ne sont pas utilisables car tout mélange occasionnerait certainement une réduction dans le prix de vente.

Avant d'arracher les racines ou les parties souterraines de la plante, il faut d'abord ameublir le sol avec une fourche, puis en tirer la racine soigneusement afin de ne pas l'endommager ou la casser, et en laisser une partie dans le sol. Une fois les racines arrachées, on les lave soigneusement et on les fait sécher aussi vite que possible à une température modérée.

Il est important de connaître exactement l'époque à laquelle les plantes médicinales doivent être récoltées, car la composition de ces plantes et les quantités exactes des principes actifs qui s'y trouvent varient suivant la période de l'année. Nous indiquons, pour chaque plante, l'époque exacte de la récolte, mais les indications qui suivent s'appliquent à toutes les plantes en général.

Les racines des plantes bisannuelles doivent être arrachées dans l'automne de la première année, et celles des plantes vivaces, dans l'automne de la deuxième année de leur croissance, ou plus tard. Dans certains cas, la récolte peut se faire aux premiers jours du printemps, avant le départ de la floraison. Les tiges et les rhizomes souterrains doivent être récoltés à la même époque de l'année que les racines vivaces.

L'écorce doit être récoltée au printemps, avant que la sève commence à couler, mais cette opération peut se faire à tout moment en hiver; cependant,

il est plus difficile de détacher l'écorce en cette dernière saison. Les parties de Parbre ou de la branche qui se trouvent au-dessus de la partie écorcée meurent; il sera donc plus simple d'abattre l'arbre en entier ou d'en scier une branche, et l'écorçage pourra se faire sous abri. Dans certains cas, l'écorce s'enlève mieux lorsqu'on la bat au maillet avant de la détacher. Sur certains arbres, comme l'orme rouge et le cerisier sauvage, il faut d'abord enlever l'écorce extérieure, car on n'emploie que la seconde écorce ou l'écorce intérieure. Dans le fusain d'Amérique, l'écorce de la racine est seule utilisée.

Les feuilles doivent en général être ramassées lorsque la plante est en fleurs, et on ne doit choisir que les feuilles saines et vertes.

Lorsque toute la plante verte doit être utilisée, il faut rejeter les vieilles tiges fortes et ne prendre que les plus jeunes branches, fleurs et feuilles.

Les fleurs doivent être récoltées dès qu'elles sont ouvertes et avant qu'elles aient commencé à se faner.

Les fruits, à moins d'indications contraires, doivent être récoltés lorsqu'ils sont tout à fait mûrs.

Les graines doivent être récoltées lorsqu'elles sont tout à fait mûres, et juste avant que les récipients qui les contiennent se fendent ou s'ouvrent. Pour certaines plantes qui ont beaucoup de petites graines, mûrissant à tour de rôle, comme le carvi, il faut en couper les branches dès que la majorité des graines sur ces branches sont mûres.

La plupart des' drogues se vendent une fois sèches, et le séchage doit être conduit avec le plus grand soin. Lorsque la température est chaude et sèche, les plantes peuvent être étalées en couches minces à l'air, mais il ne faut pas les exposer aux rayons brûlants du soleil; on les met sous abri pendant la nuit pour les protéger contre la pluie et contre la rosée jusqu'à ce qu'elles soient très sèches; on peut également les étendre sur le plancher sec d'une grange et les retourner fréquemment. En automne, et pendant les jours pluvieux, il faut les faire sécher au moyen de la chaleur artificielle; ce séchage artificiel se fait dans un séchoir spécial, muni de rayons, ou dans une serre. Les grosses racines doivent être fendues dans le sens de la longueur avant d'être mises à sécher. Il faut trois semaines ou plus pour faire sécher certaines espèces, suivant la température et l'époque de l'année. Le séchage doit être conduit d'une telle manière que les plantes puissent conserver autant que possible leur couleur naturelle. Lorsqu'elles sont sèches, elles se cassent généralement facilement. Si le séchage n'est pas fait avec soin et parfaitement, des moisissures peuvent se produire qui détruiront toute la récolte.

Avant de faire la récolte des plantes médicinales, il faut en envoyer un échantillon à l'acheteur en indiquant le nom de la plante et de la drogue, et en demandant la quantité qu'il désire se procurer et à quel prix. S'il n'y a pas de demande, on peut laisser les herbes et les arbustes vivaces dans le sol jusqu'à la saison suivante. Quant aux plantes annuelles ou bisannuelles, que l'on ne peut conserver, il vaut mieux s'en débarrasser, même à bas prix.

Quelques-uns des grands manufacturiers de drogues cultivent eux-mêmes les plantes dont ils se servent pour faire leurs médicaments. Cependant, certains cultivateurs du voisinage pourraient peut-être s'entendre avec quelqu'une de ces maisons pour cultiver certaines des espèces qui leur sont nécessaires.

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