CHAPITRE IV
Explications des termes
Dans les descriptions des plantes médicinales données aux chapitre VI et VII, les noms populaires français, anglais ou américains, viennent en premier lieu, suivis des noms scientifiques ou latins. Le nom latin de la
plante est toujours en double, et il est suivi du nom de la personne qui l'a appliqué (souvent en abréviation). Après le nom scientifique vient le nom de la famille à laquelle la plante appartient.
Viennent ensuite les parties utiles de la plante . — racines, feuilles, etc., puis le nom de la médecine d'après la pharmacopée des Etats-Unis (indiquée par les lettres E.-U.), et la pharmacopée britannique, édition de 1898 (indiquée par les lettres P.B.).
Vient ensuite l'époque de la récolte, autant que cette époque est connue, puis une description de la plante et, dans certains cas, une illustration. Nous nous sommes servi dans cette description de termes aussi simples que possible; cependant certaines connaissances botaniques sont nécessaires pour les comprendre. Les définitions sommaires suivantes faciliteront l'intelligence de ces termes. On comprendra mieux ces explications en se rapportant aux gravures.
Une herbe est une plante dont la tige,- verte et droite, ne vit qu'une saison puis meurt. Les herbes se divisent en trois groupes:
(1) Les herbes annuelles qui complètent leur évolution, du semis à la production de la graine, dans le cours de l'année ou moins, et qui meurent ensuite. Exemple: la moutarde noire ou sénevé.
(2) Les herbes bisannuelles qui produisent généralement un collet de feuilles près de la surface du sol, et une ou deux racines épaisses la première année. La deuxième année, elles émettent une tige dressée, qui produit des graines, puis toute la plante meurt. Le carvi en est un exemple.
(3) Les herbes vivaces qui poussent pendant plusieurs années et qui émettent tous les ans de nouvelles racines d'une partie souterraine de la plante, comme l'hydraste du Canada et la menthe.
Les arbrisseaux et les arbres ont généralement une tige plus élevée que les herbes, et cette tige s'épaissit tous les ans par la formation de cercles ou d'anneaux de bois. Us ont généralement des bourgeons d'hiver. L'hamamélide de Virginie en est un exemple.
Un rhizome est une tige souterraine et rampante, portant de petites écailles qui représentent les feuilles, et des racines qui en naissent à intervalles. Exemple: la pomme de mai.
Les feuilles sont sessiles lorsqu'elles n'ont pas de queue (pétiole). Exemple: le polygale de Virginie.
Les feuilles sont dites simples lorsque toute la feuille se compose d'une seule pièce comme la menthe poivrée.
Lorsque la partie la plus large de la feuille est celle qui se trouve le plus près de la base, la feuille est dite ovée, comme dans la jusquiame, mais lorsque la partie la plus large de la feuille se trouve près du sommet, elle est obovée comme dans le chimaphile.
Quand le contour d'une feuille entière ne porte aucune dent, mais qu'il forme une courbe régulière et continue, la feuille est dite entière comme dans le chanvre noir indien.
Lorsque le contour d'une feuille est denté comme les dents d'une scie, on dit que la feuille est dentée comme dans le cerisier noir.
Lorsque la feuille est plus profondément découpée, elle est dite lobée, et dans ce cas, les lobes peuvent se trouver le long des deux côtés de l'axe ou de la nervure centrale, comme dans la moutarde; on la dit alors lobée pennée; ou les lobes peuvent partir d'un point central pour rayonner vers l'extérieur; dans ce cas, la feuille est dite lobée palmée comme dans l'hydraste.
Une feuille composée est divisée en plusieurs segments ou folioles qui, pour la plupart, ont la même forme. Lorsqu'il se trouve une foliole de plus à l'extrémité et que les autres sont par paires, elle est inégalement pennée comme dans le sumac.
Quant à leur disposition sur la tige, les feuilles peuvent être seule à seule; dans ce cas, elles sont dites alternes comme dans la moutarde; elles peuvent aussi se trouver par paires, et sont dites alors opposées comme dans la menthe; elles peuvent aussi se trouver en cercle comme dans le genévrier.
Le terme inflorescence se rapporte à la façon dont les rieurs sont groupées autour de l'axe central ou de la tige.
Une grappe se compose de fleurs portées sur des queues disposées autour d'un axe central, long, comme dans le cerisier noir.
Dans un épi, les fleurs sont arrangées de la même façon que dans une grappe, mais elles n'ont nas de queue. Ex. le polygale de Virginie.
Une omt ,,ve simple se compose de fleurs sur queues, partant toutes d'un même point.
TTne ombelle composée se compose d'ombelles simples, attachées aux extré- VL-^es de branches rayonnantes, comme dans le carvi.
Un capitule se compose de fleurs sans queues étroitement serrées l'une contre l'autre, et portant à la base une série de bractées, comme dans la camomille.
Dans les plantes supérieures, les fleurs se composent de quatre parties distinctes, savoir:
(a) Un calice, généralement de couleur verte, formé de parties séparées ou unies, appelées sépales.
(b) Une corolle, généralement à vives couleurs, formée de parties séparées ou unies appelées pétales.
(c) Les étamines qui se composent d'une queue et d'une partie supérieure étalée qui contient la poussière fertilisante, ou pollen.
(d) Les carpelles qui peuvent être séparés ou unis, et qui ensuite forment le fruit. Ils sont séparés dans l'hydraste du Canada; unis dans la stramoine.
Parfois les carpelles ou les étamines sont absents; dans le premier cas, on dit que les fleurs sont staminées (fleurs mâles) ; dans le deuxième, les fleurs sont dites carpellées, (fleurs femelles), comme dans le sassafras. Souvent la corolle est absente comme dans l'orme rouge.
Un fruit indéhiscent est un fruit qui ne s'ouvre pas quand il est mûr; il en est ainsi pour le pissenlit.
Une capsule est un fruit sec qui se fend à maturité pour laisser sortir la graine qu'il renferme comme dans la stramoine. Certaines capsules ont un couvercle qui s'ouvre comme dans la jusquiame.
Une baie est un fruit charnu qui contient généralement beaucoup de petites graines.
Un drupe ou fruit à noyau est un fruit charnu qui contient une ou plusieurs graines; chacune de ces graines se trouve dans une enveloppe dure ou noyau comme dans le cerisier noir sauvage.
Après la description de la plante, nous indiquons sa distribution au Canada, et les conditions dans lesquelles elle pousse.
On se servait autrefois en médecine d'un grand nombre d'espèces de plantes; les catalogues des marchands de drogues contiennent les noms de beaucoup d'autres plantes indigènes au Canada et qui ne sont pas mentionnées dans les pages suivantes. Ces plantes se vendent en petites quantités, et il est peu probable que ceux qui les récolteraient seraient payés dé leurs peines.
Nous ne mentionnons pas dans ce bulletin l'emploi que l'on fait des médecines. Beaucoup de plantes médicinales sont vénéneuses et si nous donnions leur emploi, il faudrait également indiquer la dose et la méthode de préparation.
Or, dans les mains de personnes inexpérimentées, des accidents fatals pourraient en résulter; il vaut donc mieux laisser l'application médicinale de ces plantes à un médecin compétent.