‹ Les plantes oléagineuses, colza, navette, œillette, etcChapitre 29 sur 48 · CHAPITRE VIll NAVETTE IKKIVER · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIll NAVETTE IKKIVER

24. TFaitemeat cnltural. — La navette est plus rustique que le colza; elle supporte plus facilement les hivers rig-oureux et souffre moins des sécheresses et des ravages de Taltise. On lut réserve les sols lég-ers, surtoirt s'ils sont cafcaires ; ellie est au colza ce qu'est le seigle au froment, en ce qui concerne son appropriation à la nature des terres.

La navette, étant susceptible d'être semée plus tard que le colza, laisse plus de latitude pour préparer le sol, et on peut la cultiver après une céréale et notamment l'avoine. Dansées conditions on prépare te sol par un labour de déchaumage, suivi d'un labour ordinaire qui enterre les engrais.

La préparation chimique est la même que pour le colza, le fumier de ferme constitue souvent le seul engrais empk)yé; toutefois, lorsque la terre n'est pas naturellement sèche, il est nécessaire de donner une fumure complémentaire par le nitrate de soude ou le sulfate d'ammoniaque et le superphosphate. Sur défrichement de trèfte, une faible fumure de iSooo à 20000 kflogrammes de fumier coHiplétée par 3oo à 400 kilogran»mes de superphosphate est suffisante pour assurer la réussite de la récolte.

La navette se sème fin août et surtout en septembre. « Cette époque tardive des semailles, dit M. Berthault, penwet l'introduction de la navette dan^ les assolements les plus variés et est une des causes d« nmintien de la culture malgré les prix décroissants des graines oléagineuses ». On aurait tort, cependant, de faire les semis trop tard, en octobre notamment, comme cela se pratiquait autrefois. L'expérience a démontré, en effet, qu'il était avantageux d'avoir des plants vigoureusement enracinés avant les grands froids. Les pieds courts, traptts, bien garnis de feuilles sont ceux qu'il faut regarder comme les plus rustiques et les metWeurs.

Les semis se font toujours en place; la culture en pépinière avec transplantation, qui était en usage il y a plus d'un siècle en Angleterre, occasionne des dépenses supplémentaires peu en rapport avec la valeur du produit.

Les graines doivent être pures, bien noires, lourdes, provenir

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de pieds ramifiés, vigoureux, récoltés à maturité complète.

Les semences sont g-énéralement répandues à la volée à raison de 6 à 7 litres par hectare; on les recouvre par un hersage. Les semis en lignes distantes de 40 centimètres facilitent les binages mécaniques et doivent être préférés. Les façons d'entretien se réduisent à un hersage que l'on exécute lorsque la navette a 4 à 5 feuilles, il permet d'éclaircir très économiquement les semis trop drus. L'éclaircissage à la houe à main serait trop onéreux, à moins d'être pratiqué dans les semis en lignes ; il est alors très facile et s'exécute rapidement en laissant les pieds de navette à o m. 20 ou o m, 25.

La navette fleurit en avril, les siliques se développent en mai, et en juin on peut récolter. La maturation est indiquée par le jaunissement des tiges, le dessèchement des feuilles, et la couleur brune que preanent les siliques les plus anciennes.

Une récolté prématurée donnerait des graines rouges, pauvres en huile et peu appréciées du commerce; par contre une récolte tardive causerait des pertes sensibles par égrenage.

On coupe à la faucille ou à la faux, parfois môme on arrache. C'e dernier procédé, qui est plus expéditif, est à conseiller dans les terres légères et dans les récoltes peu abondantes. Lorsque la plante végète en sols compacts, on eff'ectue la coupe à la faucille ; la faux permet d'aller plus vite, mais lorsqu'on s'en sert, on se trouve dans la nécessité d'opérer le matin ou le soir pour éviter l'égrenage. Quel que soit le procédé employé, les tiges sont réunies en javelles qu'on dépose en lignes orientées de façon que le pied des tiges soit dirigé du côté des vents dominants. La durée du javelage varie entre cinq et six jours suivant les régions ; on peut y renoncer et mettre la récolte en petites meules ou moyettes.

Les procédés de battage et de conservation sont les mêmes que pour le colza, les rendements sont inférieurs.

25. Rendements. — La statistique de 1906 donne, comme moyejine de la production française, 1 1 hectol. 5o. Les produits sont faibles en raison du peu de soins apportés à la culture de la navette; mais on peut réaliser des rendements de 25 à 35 hectolitres dans les bonnes terres ; le poids de l'hectolitre varie de 65 à 68 kilogrammes. La graine, plus petite que celle du colza, donne environ 32 à 33 pour 100 d'huile. Avec un rendement moyen de 25 hectolitres par hectare et un prix de vente de 19 francs l'hectolitre, c'est une valeur brute de 450 francs par hectare. Pour les terres de qualité moyenne, ce produit est satisfaisant en culture cxtensive.

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