‹ Les plantes oléagineuses, colza, navette, œillette, etcChapitre 30 sur 48 · CHAPITRE IX NAVETTE D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX NAVETTE D'ÉTÉ

26. Importance. — La navette d'été, encore appelée navette précoce, navette de mai, navette quarantaine, navette annuelle, est bien moins répandue que la navette d'hiver. Elle offre surtout l'avantage de pouvoir être semée très tard et de remplacer, par suite, les plantes oléagineuses printanières ou même les céréales mal venues. Elle est peu répandue dans le midi, en raison des chaleurs intenses et prolongées qui y régnent et nuisent au développement des fleurs et à la maturation des siliques. On la rencontre surtout en Bourgogne, en Alsace et en Lorraine, dans les parties montagneuses du Dauphiné où la navette d'hiver réussit difficilement. En Allemagne, elle était encore l'objet, il y a quelques années, d'une culture spéciale et assez étendue.

27. Exigences. — La navette d'été est plus exigeante que la navette d'hiver et doit être cultivée sur des sols de bonne qualité. Elle réussit bien cependant dans les terres légères, calcaires ou sablonneuses qui conservent un certain degré de fraîcheur pendant les chaleurs.

Le préparation mécanique et chimique est la même que pour l'^ navette d'hiver; mais la fumure est souvent négligée. Dans les terres qui ne sont pas naturellement riches, le fumier de ferme doit être complété par des engrais pulvérulents. Le nitrate de soude ou le sulfate d'ammoniaque, les superphosphates ont, dans ce cas, un rôle tout indiqué pour approprier la restitution aux exigences spéciales de la plante. La poudrette est à conseiller, car elle a la propriété d'éloigner les altises.

28. Traitement cultural. — Les semis se font généralement à la volée sur des terres bien préparées par des labours et des hersages. Dans des sols nécessitant des binages, les semailles en lignes distantes de o m. 36 à o m. 40 devraient être préférées pour permettre à la. houe à cheval de fonctionner et de nettoyer économiquement les champs.

Les semailles ont lieu de mai à juin en employant de 10 à 12 litres de graines par hectare. Il n'y a pas d'inconvénient à

3o LES PLANTES OLÉAGINEUSES.

ce que les plantes soient un peu drues, car elles couvrent mieux la terre et résistent davantage à la sécheresse et aux attaques de l'altise.

La navette d'été semée en mai est mûre vers la fin d'août. Lorsque les semailles ont eu lieu en juin, la récolte n'est bonne à faire que dans le courant de septembre.

On coupe les tiges à la faucille ou à la faux et on les 'réunit en javelles qu'on laisse sur le sol pendant plusieurs jours. Lorsque les siliques sont sèches et les graines mûres on procède au battage. Cette dernière opération ne présente rien de particulier; elle se fait sur le champ ou dans une grange. La navette ayant des tiges moins développées que celles du colza, elle passe facilement entre le batteur et le contre-batteur des machines, surtout si ce dernier est mobile.

Les graines sont déposées dans un grenier avec une certaine quantité de siliques ; on le^ remue assez souvent pour éviter qu'elles ne s'édhauffent et perdent de leur valeur marchande. Lorsqu'elles sont sèches on les nettoie à l'aide d'un tarare ou d'un crible, puis on les accumule en tas de o m. 3o à o m. 5o d'épaisseur en attendant la vente. Il est utile de les retourner de temps à autre, car les g-raines qui s'échauffent dans les magasins prennent une teinte blanchâtre et une odeur de moisi qui les font déprécier par les huiliers, parce qu'elles donnent toujours moins d'huile. Les graines que l'on conserve plusieurs mois après la récolte perdent de i/5 à i/io de leur poids; c'est pourquoi il convient de les vendre le plus tôt possible.

29. Rendements. — Les produits de la navette d'été sont toujours très faibles. En terres fraîches et fertiles, on n'obtient pas par hectare plus>de'i5 à i6 hectolitres, les rendements tombent fréquemment à 7 et 8 hectolitres. Le poids de l'hectolitre varie de &:> à 65 kilogrammes, on retire de 27 à 29 kilogrammes d'huile par quintal de graines. Un hectare qui produit i5 hectolitres au , prix de 19 francs l'hectolitre donne un produit brut de 285 francs.

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