VARIÉTÉS D'ŒILLETTE
Le pavot œillette ordinaire est le plus répandu. Il en existe plusieurs races à capsules diversement colorées et plus ou moins volumineuses. Par la sélection nous en avons créé une
FiG. 14. — Pavot blanc a opïum.
à rÉcole d'Ag-riculture du Pas-de-Calais qui est remarquable par la régularité et la g^rosseur de ses capsules, par l'abondance et la qualité de ses produits.
34. Climat. — L'œillette peut être cultivée dans toute la P'rance; mais en raison des soins minutieux qu'elle réclame, sa culture s'est surtout localisée dans les régions où l'agriculture est le plus avancée. Elle craint l'humidité excessive, les vents froids et secs lorsqu'elle est jeune; mais elle supporte assez bien les chaleurs de l'été. Les journées sèches et brûlantes aux approches de la récolte précipitent la maturation et nuisent à la grosseur et à la qualité des graines
35. Sol. — L'œillette réclame une terre profonde, saine, douce et propre. Elle réussit bien sur le diluvium silico-argileux qui couvre de grandes surfaces dans la région du Nord. Elle redoute les terres fortes, imperméables, où ses racines sont exposées à la pourriture; il est impossible, du reste, qu'elle y trouve le degré d'ameublissement nécessaire et les façons qu'on lui donne sont plus coûteuses. Dans les sols trop légers, l'humidité n'est pas suffisante et l'œillette y donne peu de produits. Comme le fait remarquer M. Berthault » il est indispensable que la couche meuble soit profonde pour assurer la conservation de la fraîcheur pendant l'été et que le soussol soit perméable pour que l'assainissement au printemps soit rapide.
36. Place dans la rotation. — L'œillette est souvent semée comme plante tête d'assolement et remplit le rôle de culture sarclée. On la considère, du reste, comme une excellente récolte préparatoire pour le froment. PJlle peut venir après toutes sortes de récoltes, pourvu que la terre soit meuble, propre et fertile ; mais il en est quelques-unes après lesquelles la réussite est plus certaine, notamment le trèfle, qui laisse un sol largement pourvu d'azote dont elle profite;
I. Dictionnaire d'Agriculture de Barral et Sagnier (tome III).
Les assolements suivants sont adoptés par les cultivateurs du Nord de la France :
Région de Saint-Foi. Région d'Arras.
I" année Œillette. Œillette.
2' année Blé (avec semis de trèfle). Blé.
3* année . .* . . . Trèfle. Avoine.
37. Préparation du sol. — Quels que soient le précédent et la nature du terrain, il est indispensable que la couche arable soit parfaitement préparée. Les cultivateurs du Pas-de-Calais attachent une grande importance à l'émiettement parfait de la surface du sol tout en laissant le fond ferme, dans le but de permettre aux plantes d'avoir une g-rande stabilité et de mieux résister aux vents violents.
Après une céréale, on donne un labour de déchaumage sur lequel on répand le fumier, puis un labour avant l'hiver et enfin un labour léger au printemps pour enterrer les engrais complémentaires.
La préparation est terminée par des façons superficielles, au cultivateur, à la herse et au rouleau, de façon à obtenir une couche parfaitement pulvérisée et meuble. Après trèfle on donne deux labours : le premier avant l'hiver, aussitôt après l'ensemencement des céréales d'automne, et le deuxième au printemps, dès que la terre est ressuyée et au moment des semis.
38. Engrais. — L'œillette est une plante exigeante, aussi ne peut-elle donner de bons produits que dans les terres bien pourvues d'éléments nutritifs facilement absorbables. Nous avons calculé, en nous basant sur les analyses de M. Pagnoul, que 100 kilogrammes de produits, tiges et feuilles, renferment: