‹ Les plantes oléagineuses, colza, navette, œillette, etcChapitre 36 sur 48 · I. Annales agronomiques, i8Rîi · texte numérisé non relu

I. Annales agronomiques, i8Rîi

quantités importantes d'azote, surtout pendant la seconde période de sa végétation.

Le fumier de ferme est presque toujours l'engrais le plus avantageux. Dans le Pas-de-Calais, on l'emploie avant l'hiver et on l'enfouit par le premier labour. Le complément d'azote est fourni par les tourteaux, le nitrate de soude, le sang desséché et même le sulfate d'ammoniaque. A l'École d'Agriculture de Berthonval ces différents engrais nous ont donné, en 1907, les résultats ci-après :

Rendement à l'hectare.

Témoin 19 hectolitres. .

Nitrate de soude (45 kilog. d'azote) 24 —

Nitrate de chaux (45 kilog. d'azote) 25 —

Sulfate d'ammoniaque (45 kilog. d'azote) 24 —

Tourteau de ricin (45 kilog. d'azote) 2i,5 —

Sang desséché (45 kilog. d'azote) 25 —

Nitrate de soude et sang desséché (45 kilog.d'azote). 28 —

Nitrate de soude en deux fois 27 —

Sulfate d'ammoniaque en deux fois 25 —

Nitrate de chaux en deux fois 26,5 —

Toutes les parcelles avaient reçu préalablement du fumier et du superphosphate.

La fumure complémentaire la plus rationnelle consiste à fournir une partie de l'azote nécessaire à l'état de nitrate de soude au moment des semailles, pour satisfaire aux besoins de la première période de végétation et à donner Tautre portion à l'état de sang desséché ou de tourteaux. Les doses de i5o à 200 kilogrammes de nitrate et de 200 à 2S0 kilogrammes de sang desséché, — celui-ci pouvant être remplacé par 400 à 460 kilogrammes de tourteaux de pavot — sont susceptibles de donner les meilleurs résultats.

Le superphosphate minéral, distribué à la dose de 400 à 5oo kilogrammes par hectare, exerce une influence très marquée sur les rendements et la qualité des graines.

39. Semailles. — Le choix des semences présente une réelle importance dans la culture de l'œillette; on doit les prendre dans des capsules bien développées, formées les premières, sur des pieds -vigoureux et bien mûrs choisis au moment de la récolte. Généralement on ne se préoccupe pas de sélectionner la plante, on se contente de prélever la semence dans le tas de graines, sortant du tarare. Cette manière de faire a pour conséquence l'obtention de graines dont la qualité et la productivité sont insuffisantes. Comme la quantité de semences nécessaires pour une exploitation est très faible, on arriverait à d'excellents résultats en consacrant à la culture des porte-

graines* une parcelle spéciale dans une terre parfaitement préparée et fumée, sur laquelle en choisirait à la maturité les pieds les plus vigoureux destiné*s à fournir les meilleurs reproducteurs.

Les semailles ont lieu dans la région du Nord de la fin de février à la fin d'avril. Celles qui sont faites du i5 mars au i5 avril donnent généralement les meilleurs résultats. Les semis échelonnés permettent de répartir plus facilement les façons d'entretien et de ne pas retarder Téclaircissage.

On sème à la volée ou en lignes. La première méthode est encore la plus suivie; mais les sarclages et les binages, qu'on est obliyré d'exécuter complètement à la main, élèvent considérablement le prix de revient. La culture en lignes doit être préférée, c'est non seulement une question économique mais encore une question de main-d'œuvre, car il est parfois difficile de trouver les ouvriers sachant donner à l'œillette les binages qu'elle exige, surtout dans son jeune âge. La culture en lignes est susceptible de fournir un rendement plus élevé par hectare, comme le montrent les résultats des essais que nous avons poursuivis à l'École d'agriculture de Berthonval en içoS :

Semis à la volée 21 hectol. 70 par hectare.

Semis en lignes à o m. 25. 22 hectol. 80

Les semis se font en lignes distantes de 25 à 35 centimètres à l'aide du semoir mécanique. L'emploi du rayonneur qui trace sur le champ de petits rayons dans lesquels on distribue la semence à l'aide d'une bouteille, tend à disparaître. Pour favoriser la répartition, on peut mélanger les semences avec des graines surannées ayant perdu toute faculté germinativc, avec des cendres tamisées ou du sable sec. Le semis exige de 4 à 5 litres de graines par hectare ; celles-ci sont enterrées de 10 à 12 millimètres au maximum.

Derrière le semoir, on peut faire passer le rouleau; un hersage léger suffit pour enfouir les graines dans le cas de semis à la volée.

40. Travaux d'entretien. — La levée de l'œillette se manifeste par l'apparition de deux cotylédons filiformes après quinze ou vingt jours (fig. l5): mais, pendant les premières semaines, la végétation est très lente et ce n'est qu'au bout d'un mois environ que les plantes commencent à se développer.

On donne le premier binage, qui est toujours superficiel, dès que les plantules ont quatre feuilles et se distinguent des herbes spontanées. Cette opération est difficile dans le semis à la

volée et ne doit être confiée qu'à des ouvriers habiles, car l'œillette est délicate et tous les pieds atteints par le fer de la houe languissent et meurent, Dans les semis en lignes on peut employer avantageusement la houe à cheval et notamment la houe à un rang. S'il fait un temps sec. on donne un léger roulage après le premier binage; il raffermit un peu les plantes que ce travail a un peu p,Q ,5

ébranlées et facilite les façons ultérieures. Œillette après

Le deuxième binage peut être exécuté quel- la levée. ques jours plus tard en même temps que l'éclaircissage. Pour le faciliter dans les semis à la volée on fait passer la houe à cheval en réglant les couteaux de façon à laisser des bandes de quelques centimètres où les p antes ne sont pas touchées. La culture est ainsi disposée en lignes.

Les opinions sont partagées relativement à l'espacement à laisser entre les plantes. Dans les terres riches, on a parfois conseillé des écartements .de 3o à 40 centimètres; mais outre qu'on risque d'obtenir trop de ramifications portant des capsules à tous les degrés de développement, on s'expose à voir les pieds abattus lors des grands vents et à perdre une certaine quantité de graines. Par contre, si les plantes sont trop rapprochées, elles donnent peu de ramifications. Les capsules restent petites et renferment des graines plus tines et moins huileuses.

L'écartement à adopter peut varier de i5 à 20 centimètres dans les semis à la volée, de 18 à 20 centimètres dans les semis en lignes.

En même temps qu'on procède à l'éclaircissage et qu'on nettoie le sol, on remue et on ameublit sa surface jusqu'à 5 et 6 centimètres de profondeur environ. Ce travail doit être fait jusqu'au pied des plantes conservées et en prenant grand soin de ne pas endommager les racines.

Un troisième binage est souvent nécessaire; il est e.xécuté, avant que les tiges aient plus de 3o à 40 centimètres, à une profondeur plus grande; il n'exige pas les mômes précautions que les deux premiers. On le complète parfois par un léger buttage qui consolide les tiges et leur permet de mieux résister aux vents. On supprime alors les pieJs maladifs et ceux qui ont une teinte jaunâtre.

Ces divers travaux doivent être exécutés dans l'espace de cinq à six semaines ; après quoi il n'y a plus rien à faire jusqu'au moment de la récolte.

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