CHAPITRE XVII RÉCOLTE ET RENDEMENTS DE LÀ CAMELINE
54. Procédés de récolte. — C'est en août ou "en septembre, selon l'époque à laquelle la semaille a été opérée, qu'on procède à la récolte. On l'entreprend quand les tig-es présentent une teinte jaunâtre, et lorsque les silicules provenant des premières fleurs renferment des g-raines mûres. On ne doit pas attendre que toutes les semences soient arrivées à maturité, si . l'on veut prévenir l'égrenage.
On arrache les tig'es, parfois on les coupe à l'aide de la faucille. L'arrachag"e est très expéditif quand la camehne occupe des terres un peu lég-ères; il a l'avantage d'éviter la chute d'une certaine quantité de semences. Les tiges arrachées ou coupées sont déposées en javelles et abandonnées à elles-mêmes pendant quelques jours. Lorsque des pluies sont à craindre, on forme des moyettes que l'on protège par une couverture en paille ou au moyen d'un paillasson.
Dès que les tiges ont perdu la nuance verdâtre qu'elles avaient au moment de la récolte, on bat sur une bâche dans les champs ou sur l'aire d'une grange, en prenant la précaution de ne pas briser les tiges. Cette opération est généralement faite au moyen de gaules flexibles ou de fléaux ; on peut aussi se servir de machines à battre, mais alors on brise davantage les tiges qui perdent de leur valeur.
D'après M. de Dombasles, l'époque de la maturité de la graine de cameline étant la même que celle de la moutarde blanche, lorsque les deux plantes ont été semées à la même époque, il y a avantage à les associer ensemble dans le même terrain, le produit est ainsi plus abondant et la graine mélangée ne perd rien de sa valeur pour la fabrication de l'huile ; on la sépare d'ailleurs facilement par le criblage. Cette pratique est généralement peu suivie.
La semence de cameline est mise à sécher en couche mince, dans un local bien fermé, répandue sur un plancher couvert d'une toile, afin qu'elle conserve toutes ses qualités.
55. Rendements. — D'après la statistique de 1902, le rendement moyen en France s'est élevé à 14 hectol. 74; elle accuse les rendements suivants pour les différents départements producteurs.
Nord 21 hectol. 10
Somme ^ i3 — 00
Pas-de-Calais 12 — o5
Meuse 8 — 39
Haute-Marne 8 — 25
Nièvre 5 — 65
L'ensemble de la production française s'élève à 3 166 hectolitres représentant une valeur de 49360 francs.
Lorsque la cameline végète dans de bonnes conditions et en terre fertile, elle peut donner jusqu'à 25 hectolitres par hectare, mais la moyenne dépasse rarement 18 à 20 hectolitres pesant 65 à 70 kilogrammes, soit 1200 à 1400 kilogrammes de semences.
En général, on obtient 25o kilogrammes de tiges pour 100 kilogrammes de graines; un hectare dont le rendement s'élève à 1200 kilogrammes de graines donne environ 3ooo kilogrammes de tiges sèches.
Si on admet une récolte par hectare de 20 hectolitres, au prix moyen de i5 francs, c'est un produit brut de 3oo francs; on comprend que, dans ces conditions, la culture de la cameline soit abandonnée, car elle n'est pas suffisamment rémunératrice, surtout avec les prix actuels de la main-d'œuvre et du loyer des terres*.
I . Il y a quelques années encore, la vente des balais de tiges de cameline était rémunératrice. Un hectare fournissait de i5ooà 1800 balais qui se vendaient dans la région du Nord et en Belgique au prix de 8 à 10 francs le 100; la confection étant payée de 2 fr. 5o à 3 francs, il en résultait un produit brut supplémentaire de 70 à 100 francs par hectare.