ARACHIDE
59. —h'aracititieiArachis hypogea){f\^. 24), ou pistache de terre, est une légumineuse annuelle de o m. 3o à o m. 40 de hauteur, cultivée au Sénégal, au Congo, en Egypte, dans les Indes anglaises et en Amérique. Elle réussit en Espagne et en Italie, mais c'est principalement dans les régions tropicales et intertropicales qu'on la rencontre. En France, elle ne mûrit parfaitement ses graines que dans l'extrême sud, car les froids tardifs du printemps et ceux d'automne lui sont très nuisibles.
L'arachide présente des fruits cylindriques, étranglés vers le milieu et renfermant deux graines, rarement trois. L'arachide en coque contient de 28 a 32 pour 100 d'huile, mais la proportion de celle-ci s'élève à 45 pour 100 dans l'arachide décortiquée.
L'huile d'arachide est insipide, légère et peu altérable, de couleur jaune verdàtre ; elle sert à ?a consommation humaine et sa qualité, quand elle est fraîche, lui permet de concurrencer l'huile d'olive. Lorsque la graine est traitée dans sa coque, elle livre une huile moins fine qui est utilisée dans la fabrication des savons et dans le graissage des machines. Son pouvoir éclairant est faible.
Le tourteau d'arachide, qui renferme 6 à 7,3 pour 100 d'azote, est employé dans la nourriture du bétail. Les coques sont vendues pour falsifier les autres tourteaux et notamment le tourteau de lin.
L'amande d'arachide est mangée crue ou cuite ; on en fait, en la mélangeant après torréfaction avec du cacao et du sucre, une façon de chocolat.
AKACHIDE. Gi
L'arachide présente pendant sa végétation une anomalie très curieuse: après la fécondation des fleurs, le style de l'ovaire s'allonge, puis se recourbe en dirigeant le fruit en lormation vers le sol, dans lequel il pénètre pour y grossir a 5 ou 6 centimètres de profondeur. Les fleurs situées au sommet des ramifications, et qui ne parviennent pas au sol. avortent et ne donnent pas de fruits.
L'arachide réclame beaucoup de chaleur pour mûrir ses gousses ; elle réussit très bien dans les terres légè- "^
res, riches et fraîches?; dans les sols secs, il faut irriguer.
En raison même du mode de développement du fruit, il convient que la terre soit parfaitement ameublie par plusieurs labours et hersages. Les semis se font lorsque la température moyenne est de 14 à i5 degrés, ce qui t^e présente vers la mi-mai dans le midi de la France et à la fin d'avril en Algérie. Les semailles efl'ectuées à la mi-mai sont souvent trop tardives. Au Sénégal, la plantation n'a lieu qu'après les premières pluies, c'est-à-dire en juillet; au Congo, elle s'elïectue en octobre.
L'opération s'exécute en lignes espacées de o m. 26 à m. 3o ou en poquet ; les gousses sont disposées à une distance de G m. 20 à o m. 3o sur rang, et à une profondeur de 4 à .S centimètres. Dans les semis en poquets, ceux-ci réclament 2 ou 3 gousses. On emploie 70 à 80 kilogrammes de
fruits en coques par hectare Fig. 24. — Arachidr.
ou 20 kilogrammes de graines ^^ nettr; b fruit.
décortiquées. ' '
La levée a lieu environ trois semaines après la plantation; la végétation est longue et on compte qu'il faut 4 à 6 mois à la plante pour mûrir ses fruits. Le sol est tenu propre et meuble par de iréquents binages, et, dans les terres sèches et les régions sans pluies, on donne plusieurs arrosages en juillet et août.
Pour favoriser la formation des gousses on butte la plante à diff"érentes reprises.
La récolte a lieu lorsque les tiges et les ramifications ont pris une teinte jaune ; en septembre, octobre ou novembre, on arrache les pieds à la main ou au moyen d'une bêche ou d'une fourche à dents plates et on les meta sécher dans des lieux secs ou sous des hangars. Le battay:e a lieu ultérieurement soit à la gaule soi: au fléau.
Les rendements varient de i5<K)à 4500 kilogrammes de gousses par hectare, les produits moyens oscil ent entre 1800 et 25oo kilogrammes. L'hectolitre de fruits pèse de .^o à 3 kilogrammes à l'état de coques et 60 kilogrammes après décortication. Avec des gousses provenant du Sénégal et cultivées dans le
département des Landes, Chaise a obtenu*» en 1889, 2200 kilogrammes d'arachides par hectare. On a, parait-il, abandonné cette culture par suite de la difficulté rencontrée dans la vente des produits.
Les importations françaises sont considérables; elles se sont élevées en 1905 à I02Q00 00O kilogrammes d'arachides en cosses et à 4007400(5 kilogrammes d'arachides décortiquées.