‹ Les plantes tropicales de grande culture, Volume 1Chapitre 15 sur 78 · IO · texte numérisé non relu

IO

i,oi6,o5o

20,321,000 5,o8o,25o i.oi6,o5o

io,i6o,5oo 5,080, 25o

io.i6o.5oo 5o8,o25

io,i6o,5oo 25,401,250

Bien que ces chiffres soient actuellement largement modifiés, ils sont intéressants, car ils montrent la grande étendue de cette culture.

La production du café dans le monde pendant Tannée 1900- 1 901 aurait comporté un total de 15,460,000 sacs. Cette production se décomposerait comme suit :

Brésil : Santos

— : Rio de Janeiro ....

— • Bahia, Victoria et Ceara

7,900,000 sacs de 60 kilos.

Total de la production au Brésil . ii,5oo,ooo sacs de 60 kilos.

Guatemala, Costa Rica, Mexico, Nicaragua

et San Salvador i,i5o,ooo sacs de 60 kilos.

Venezuela, Colombie, Equateur et Pérou. . . i,o5o,ooo » »

Porto-Rico et Jamaïque 200,000 *> »

Haïti 450,000 >i ))

Indes Néerlandaises 480,000 » »

Padang et Célèbes 90,000 » »

Indes Anglaises, Ceylan et Manille 3i5,ooo » »

Afrique et Moka 225. 000 » »

Total général . . . 15,460,000 sacs de 60 kilos.

La consommation du café a été évaluée pendant la période de 1900-1901 à 14,117,620 sacs, ce qui fait un surplus de 1,342,380 sacs de café non consommé.

La production de Tannée 1901-1902 était estimée à environ 16 millions 5oo,ooo sacs. Dans ces i6,5oo,ooo sacs, le Brésil devait produire :

Brésil : Santos 7,75o,ooo sacs de 60 kilos.

— Rio 3,750,000 » » »

— Bahia, Victoria, Ceara . 760,000 » » n

Total. . . i2,25o,ooo sacs de 60 kilos.

11 restait donc, pour la production des autres pays, 4,25o,ooo sacs.

En 1906, la surface dévolue à la culture du caféier comportait 2 millions 245,557 hectares, chiffre très voisin de celui occupé par cette culture en 1896, comme le montre le tableau donné plus haut; la production totale a atteint, en 1906 : 16,480,000 balles de 60 kilos, soit 988,800,000 kilos, se répartissant comme suit :

Rio Janeiro 3,5oo,ooo balles.

Santos 8,25o,ooo »

Victoria 35o.ooo »

Bahia 200,000 m

Amérique centrale .... 1,700,000 »

Venezuela 900,000 »

Cuba i3o,ooo »

Haïti 400,000 »

Libéria, Congo 23o,ooo »

Ceylan 10,000 »

Manille. 25o,ooo »

Java Gouvernement . . 25o,ooo »

— Particuliers 35o,ooo »

Padang 5o,ooo »

Célèbes 3o,ooo »

Total. . . 16.480,000 balles.

La production mondiale augmentant constamment, il y a actuellement surproduction ; ceci a eu comme conséquence inévitable la dépréciation de la marchandise qui ne peut plus payer les frais d'exploitation.

D'après des statistiques récentes, le stock mondial de café continue à grossir : il est monté à 686,000 tonnes au 3i juillet 1902. On estime que le monde civilisé arrivera à consommer 17,000,000 de sacs de café, mais cet avis n'est pas partagé, car, d'un autre côté, on estime que la consommation atteindra difficilement plus de i5,5oo,ooo sacs.

Aussi, quand on examine les prix obtenus dans ces dernières années, on voit qu'ils ont considérablement varié et qu'ils ont fortement baissé.

En 1880, le café valait en moyenne 84 francs les 5o kilos.

En 1886 il est tombé à 18 francs; en 1890 il a atteint jusque 109 francs et, dans ces dernières années, il est retombé à moins de 40 francs les 5o kilos.

C'est ainsi qu'en 1901 le prix moyen du café avarié de 59 à 60 centimes, c'est-à-dire une moyenne maximum de 3o francs les 5o kilos.

Le plus haut prix obtenu en 1902 pour le café Santos a été de fr. 39.37 à Hamburg, le plus bas prix fr. 29.12 sur le marché de New-York.

Le plus haut prix obtenu par le café de Java a été obtenu en 1874- 1875, où l'on a payé ce produit jusqu'à i5o francs les 5o kilos.

Au Havre, le prix des cafés était porté, au début de 1907 (mars), aux chiffres ci -dessous s'entendant par 5o kilos.

Santos, good average . . . fr. 38 5o Malabar fr. 60 »

Rio lavé, supérieur .... 52 » Salem grugé 68 »

Haïti, Port-au-Prince .... 46 » Moka io5 »

Mexique grugé 65 » Java Hollande (bon ocdinaire) . 68 »

Porto-Cabello et La Guayra . 44 » Libéria supérieur de Java . . 5i »

Guadeloupe Hab. (à l.) . . .m » Libéria dit d'Afrique .... 41 »

Porto-Rico 75 » Bourbon 170 »

Costa^Rica, lavé 75 >> Nouméa 95 »

Guatemala, lavé 68 » Kouilou de Madagascar ... 77 «

San-Salvador 5o »

Il ne nous est pas possible d'insister plus longuement sur ces statistiques qui sont comme on le voit, fréquemment en désaccord ; les quelques chiffres notés ici sont suffisants pour permettre de juger de la grande importance de ce produit. Nous aurons d'ailleurs dans les paragraphes suivants, l'occasion d'attirer l'attention sur Tallure du commerce du café dans les pays producteurs les plus importants.

Le café est cultivé en Afrique, en Asie, dans les îles des mers du Sud et en Amérique.

AFRIQUE

Bien que l'Afrique ne fournisse pas actuellement du café en abondance, cette culture se répand petit à petit et Ton voit apparaître sur les marchés d'Europe les cafés du Harar, de l'Uganda et ceux des différentes régions de la côte occidentale.

Le café Harari s'expédie d'Aden sur Londres et New-York où cette qualité est très estimée. Elle porte dans le commerce le nom de Mocha- Longhcrry,

Dans le Harar, on estime la production moyenne de chaque plant à environ 200 grammes de café, la première année de production; la deuxième année, l'arbre peut fournir 400 grammes. La production augmente jusqu'à la huitième année où un caféier peut rapporter dans le pays 8 à 10 kilos; mais on ne peut guère compter en moyenne plus de 5 kilos par pied. Jusqu'à Tâge de 20 ans, le caféier du Harar peut produire cette quantité, mais après cette âge la production diminue. Le café du Harar, Harari^ est toujours expédié par la côte des Somalis. Ce café est très estimé pour son arôme et sa force; sa culture a pris une grande extension dans ces dernières années et les indigènes cultivent les caféiers avec le plus grand soin.

La culture est généralement peu étendue et se fait plutôt en jardins qu'en plantations et le propriétaire cultive lui-même. L'indigène établit d'abord une pépinière; la graine de café en cerise, non décortiquée, est plantée à 10 centimètres environ de profondeur; au bout de quarante jours, la jeune plante sort de terre et on l'abrite contre les rayons du soleil. Au bout d'un an, les plantes sont transplantées et mises en place dans des fosses bien fumées.

Dans les bonnes terres du Harar, un arrosage trimestriel est, en général, suffisant.

Le café d'Abyssinie proprement dit est moins connu chez nous, bien qu'il soit récolté en assez grandes quantités. Il arrive en grande partie par Harar, mais une grande quantité est expédiée vers l'intérieur dans le Soudan, et l'on ne peut dès lors se rendre compte de la production de ces régions.

Le café d'Abyssinfe, qui provient de la région des Gallas, ouest-sudest et sud-ouest de l'Abyssinie, après avoir été déprécié sur les marchés, paraît répandu. Ce produit, à la suite d'un triage convenable des graines moisies et piquées, peut être comparé aux mokas. Des commerçants indigènes l'achètent dans le pays de production et l'apportent sur le marché d'Addis-Abeba et de là à Harar.

La région des Somalis, l'Afrique orientale allemande, l'Afrique centrale anglaise possèdent des cultures de caféiers plus ou moins anciennes, mais, malgré la présence de champs de caféiers assez étendus, l'exportation de ces régions est relativement réduite.

Les avis sont très partagés sur la valeur culturale de cette plante dans certaines de ces régions, en particulier dans T Afrique anglaise et dans TAfrique orientale allemande, où, en 1904, il y avait cependant 3825 hectares consacrés à cette culture. L'exportation durant cette même année a atteint au total 401,935 kilos, d'une valeur de 523, 618 marks; en 1905, la valeur de cette exportation atteignait 43i,6o3 marks.

En 1900, l'Afrique orientale allemande avait exporté 148,785 kilos de café, c'est-à-dire 97,000 kilos de plus que Tannée précédente.

Malgré certains avis peu favorables, la culture du caféier s'est développée assez fortement dans l'Afrique tropicale an^^laise. Les graines importées par les missionnaires anglais dans l'Uganda ont fourni, en 1899. 100 tonnes de café. Le café de Blant}Te est réputé un des meilleurs et très demandé en Angleterre. Ce qui empêcherait dans une certaine mesure le développement de cette culture, c'est le manque de moyens de transport à la côte ; le chemin de fer de l'Uganda facilitera ce transport et augmentera sans doute la production.

Dans l'Afrique orientale anglaise, cette culture, qui occupait en 1904 une superficie de 16,917 acres, n'occupait plus en 1906 que 5,273 acres; les exportations se chiffraient :

1904- 1905 i,3o3,655 livres.

Dans la région du Mozambique, les Portugais ont installé des cultures assez importantes, mais, jusqu'à ce jour, l'exportation paraît réduite.

Le Natal, dont une partie des terrains, situés dans les environs de Durban, sont appropriés à la culture du caféier, a rapidement augmenté sa production qu'elle a maintenue en moyenne, dans ces dernières années, à plus de 100,000 kilos, dont le cinquième environ est exporté à destination de l'Angleterre.

De nombreux essais d'introduction de caféiers de Libéria dans d'autres zones de la Colonie du Cap ont été tentés par le Département de l'Agriculture, mais s'il a été démontré que la culture de cette plante est possible, il a été également prouvé que cette culture ne peut devenir la source d'une industrie rémunératrice.

Congo français et Dépendances. — Sans être très considérable, la production du café au Congo français entre pour une certaine quantité dans le tableau des exportations; les chifFres de l'exportation ont cependant baissé dans ces dernières années, comme le prouvent les données du tableau ci-dessous :

1897 3o,ooo kilos. 1902. .... 30,475 kilos.

1898 57,000 » 1903 38,ooo »

1900 43,ii5 »» 1905 34,000 »

Cette exportation se fait totalement vers la France.

Elle se décompose comme origine :

Quantité. Valeur. Tonnes. Valeur.

Moyen Congo (y compris Ubangi,

Chari -Tchad) 17,000 12,288 fr. 3o,ooo 20,970 fr.

Gaine 4,000 2,571 » 1,000 75 »

C'est dans le nord du Congo français, dans la région de la Kotto, affluent du Chari, que M. Aug. Chevalier a découvert le C exelsa, particulièrement intéressant par le produit qu'il est susceptible de fournir à l'alimentation. La forme des grains plats rappelle celle du Moka; 100 de ces grains pèsent de 7 à 14 grammes environ et 100 grammes de café renferment de 1020 à 1060 grains. A l'état spontané, un pied de 5 ares, de 8 mètres de haut, a fourni 1200 grains, soit 120 grammes, par an.

L'analyse de ce café a donné :

Eau 7.66

Caféine. 1.89

Azote 3. II

Matières grasses 12.58

Cendres ... 3.75

Cote d'Ivoire. — La culture des caféiers peu intense a cependant permis d'exporter, dans ces dernières années, un certain nombre de tonnes dont la plus grande partie s'est dirigée vers la France.

1902 . . . 24,722 kilos.

1903 . . . 75,652 kilos, dont 73,902 vers la France.

En 1904 la valeur de l'exportation du café atteignait 71.278 francs, en 1905 elle était tombée à 32, 601 francs.

État Indépendant du Con^^o. — Dans tout le domaine du Congo, on trouve des caféiers à l'état sauvage; le professeur Laurent en a retrouvé, durant son dernier voyage, une série intéressante et M. Aug. Chevalier a pu en observer un certain nombre sur place, près des frontières.

Certaines de ces espèces ou formes ont même acquis une importance culturale qui semble destinée à augmenter.

Outre les Coffea arabica et liberia cultivés, on connaît actuellement, dans l'État Indépendant du Congo, les espèces et variétés suivantes :

Coffea ArnoJdiana De Wild.

— aruwimietisis De Wild.

— canephora Pierre var. Wildemanii Pierre.

— — f. sankuruensis De Wild.

— var. crassifolia Ém. Laurent.

— congensis Froehner.

— — var. CJialoln Pierre.

— — — Froehneri "Pierre,

Coffta Dewevrei De Wild. et Th. Dur.

— Laitrentii De Wild.

— Royauxii De ^^'ild.

— rohmta Linden.

Cette liste est loin de représenter Ténumération de toutes les espèces indigènes du Congo Indépendant.

On trouvera ci-dessous la description des espèces et variétés récemment décrites, trouvées dans l'État du Congo; nous renvoyons pour les autres aux descriptions originales, renseignées dans Ténu mération des espèces du genre Coffea que nous donnons plus loin.

Coffea Arnoldiana De Wild.

Feuilles d'un vert plus ou moins fonce, à pétiole fort, de 12 Jl i5 millimètres de long, de i3 à 24 centimètres de long et 6 à 12 centimètres de large, obovales ou oblongues, brusquement atténuées au sommet en un acumen court, obtus, atteignant au maximum i centimètre de long, obtusément cunéiformes à la base, légèrement ourlées sur les bords, très luisantes sur la face supérieure, devenant* d'un brun rougeàtre foncé en se desséchant, à 8-10 nervures de chaque côté de la nervure médiane, anastomosées en arc avant d'atteindre le bord et nettement proéminentes sur la face inférieure. Domaties creusées dans l'épatement de la nervure latérale, s'ouvrant assez largement, garnies de poils courts, formant sur la face supérieure des renflements plus ou moins visibles. Fleurs disposées en inflorescences axillaires, à pédicelle court, à involucres superposés dont l'un porte parfois des bractées foliaires atteignant 25 millimètres de long et 6 millimètres de large et présentant même les cavités glandulaires axillaires. Fleurs au nombre de i à 5 dans un involucre, courtemcnt pédicellées, à pédicelle dépassant légèrement les calicules. Calice privé de dents, lisse, plus ou moins luisant. Disque très nettement proéminent, dépassant le bord du calice de 0,5 millimètre environ. Corolle luisante sur la face externe dans le bouton, à tube de 7 à 9 millimètres de long sur environ 2 millimètres de diamètre, à limbe divisé en 5 à 8 lobes, elliptiques-obtus, de 10-12 millimètres de long et de 4 millimètres environ de large.

Coffea aruwimiensis De Wild.

Feuilles très variables, oblongueslancéolces ou oblongues, à limbe de 14 à 34 centimètres de long et 4,5 à 17 centimètres de large, brunâtre à l'état sec, plus pâle en dessous qu'au-dessus, à pétiole atteignant i5 millimètres de long et 5 millimètres d'épaisseur, légèrement canaliculé supérieurement ; nervures latérales au nombre de 8 à 12, anastomosées en arc asse^ près du bord ; limbe très courtement acuminé, obtus au sommet, plus ou moins cunéiforme à la base, parfois, dans les grandes feuilles, presque arrondi. Domaties logées dans la base de la nervure, largement ouvertes, ciliées sur les bords,. à ouverture arrondie, ovale ou elliptique à l'état adulte. Entre-nœuds très variables, de 2,5 à 7 centimètres de long. Fleurs en glomérules denses à l'aisselle des feuilles, à calicules superposés, courts, ciliés, dépassés par le calice, très courtement pédicellées, à pédicelle légèrement acresccnt et dépassant alors les calicules. Calice entier dépassé de o,5 à 0,7 millimètre par le disque restant proéminent. Corolle pentamère, à tube de 11-14 millimètres de long, à lobes de i2-i5 millimètres de long. Fruits de i5 millimètres de long, courtement pédicellés, à pédicelle dépassant les calicules persistants, à i ou 2 graines, surmontés par un disque courtement cylindrique, entouré par le calice libre dressé, atteignant plus de i millimètre de haut et 2,5 millimètres de large, occupant toute la trace circulaire ou elliptique qui occupe le sommet du fruit.

Coffea canephora Pierre.

Feuilles à pétiole de i,5 centimètre environ de long, à limbe atteignant 3o centimètres de long et ii centimètres de large. Fleurs en i-3 capitules axillaires bicaliculés, calicule externe à deux lobes triangulaires courts et deux -lobes allongés, au moins deux fois aussi longs que les autres, calicule interne court, à lobes peu marqués, à 3-5 fleurs courtement pédicellées, à calice courtement lobule, corolle à tube plus court que les lobes. Fruits nombreux, formant des glomérules atteignant jusque 5 centimètres de diamètre ; les fruits sont courtement pédicellés et portent à la base le reste des bractées caliculaircs.

Cette espèce est très variable (cf. infra) ; les variétés proposées par Pierre sont :

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