‹ Les plantes tropicales de grande culture, Volume 1Chapitre 26 sur 78 · EXPORTATIONS · texte numérisé non relu

EXPORTATIONS

1902 .... 4,i83 kilos. 1903. . . . 1,017,500 kilos.

ASIE

Arable. — Le café d'Arabie, connu commercialement sous le nom de Moka, est un des plus estimés grâce à sa forte teneur en principes volatils et à son goût parfumé et agréable. La meilleure des qualités du Moka est connue sous le nom de Ca/é du Yemen, elle est récoltée dans la vallée de rOudien et sur les coteaux avoisinants où la culture se fait en terrasses. Le Moka est exporté en grande quantité vers l'Egypte d'où il passe en Turquie d'Europe; c'est à Constantinople qu'il est généralement trié en trois qualités : Bahuri, Saki et Salali, La région de l'Yemen produit annuellement environ 1 3, 000, 000 de livres de café. De cette quantité, les premières qualités passent presque totalement en Turquie; l'Europe reçoit les qualités moyennes et la Perse se contente des sortes inférieures. Quant aux Arabes, ils préfèrent usager la cerise entière séchée, pulpe et graine réunies.

Dans le commerce, les cafés d'Arabie sont parfois signalés sous les noms de : Café d*Aden, Café Moka et Café du Levant, La première de ces qualités proviendrait des environs de la ville d'Aden et serait totalement supérieure.

Les cafés Mokas sont d'un jaune verdâtre, les pellicules d'un jaune vif; ils ont les graines petites.

La préparation est encore très sommaire ; rarement elle est faite à la machine. Quand les cerises mises au soleil sont séchées, on les pilonne, parfois sous le pied. C.e battage est suivi d'un vannage et d'un triage très soignés.

L'emballage du café Moka est spécial, mais on ne peut s*y fier, car très souvent du café d'autres provenances est changé d'emballage dans le port d'Arabie et arrive ensuite sur nos marchés comme café arabe authentique.

Ce sont les graines des branches terminales des caféiers très élevés qui fournissent la majeure partie du Café Moka que nous consommons en Europe occidentale.

L'introduction du caféier d'Arabie dans d'autres régions n'a pas donné de résultats ; la première récolte possédait en général encore le caractère de la plante originelle, mais les récoltes successives perdaient rapidement les caractères spéciaux qui rendent cette variété si estimable.

Indes Anglaises. — En 1903, la superficie totale plantée en café a atteint 204,633 acres (environ 72,807 hectares), soit environ 4,40 hectares de moins que l'année précédente. La production, en 1903, a été évaluée à 25,011,418 Hvres anglaises,soit, en chiffres ronds, i,3oo tonnes de moins qu'en 1902.

A la fin de 1904, on comptait dans les Indes 212,964 acres de terrains cultivés en caféiers, tous, sauf 355 acres, situés dans le Southern India. La production du café est limitée à une aire étroite dans une région élevée au-delà de là côte sud-ouest; les districts : Mysore, Coorg, Madras, Nilgiris. Malabar sont ceux où cette culture est la plus intensive. Le Mysore possède, à lui seul, la moitié des terres cultivées en caféiers. Le plus fort rendement a été obtenu en i885. En 1904- 1905, les exportations ont atteint, pour les Indes, 32,620,448 livres, dont la Belgique a reçu 402,752 livres. Pendant l'année 1904, les plantations de café des Indes ont utilisé, d'une manière permanente, 22,522 personnes et, temporairement, 51,870 personnes.

Malgré cette exportation relativement considérable, les Indes reçoivent du café de l'extérieur : par Burma, du café des Straits par Bombay, du café d'Europe et, surtout, des réexpéditions venant d'Autriche- Hongrie. La quantité reçue varie de 800,000 à i,3oo,ooo livres.

Ceyian. — Le caféier fut introduit à Ce34an par les Hollandais au début du xviie sièle, mais sa culture ne fit vraiment des progrès qu'à partir de 1825. Sous le gouvernement anglais, la production fut pendant quelques années très considérable, mais à la suite du développement de la terrible maladie due à VHemileia vastatrix, Xo. culture du caféier périclita.

En 1896, l'exportation comportait environ 1,016,000 kilos.

OCÉANIE

Philippines. — Manille produit également du café en certaine quantité :

1899 73,634 livres.

Dans ces derniers temps les plus forts chargements étaient expédiés sur Hong-Kong.

Indes Néerlandaises. — La culture du café se fait sur une grande échelle, non seulement à Java, mais encore dans les îles avoisinantes; la production est loin d'atteindre celle du Brésil. Il y a eu dans l'exportation de ce produit des fluctuations nombreuses, mais les dernières statistiques accusent un rendement supérieur à celui de la plupart des années antérieures.

Le caféier a été introduit à Malabar, en 1696, par le nommé Hendrik Zwaardekroon. Sa culture occupe à Java une étendue de plus de 120,000 hectares, environ 3o,ooo à Sumatra et 5ooo à Célèbes, où se produit le café appelé Menado.

Celui-ci possède des grains percés de trous et vidés par un insecte, Araeocerus fascicnlatus ; il y a donc une perte de poids considérable, mais il y aurait augmentation de qualité. Les fèves de ce café sont très grandes et de couleur orangée. Avant d'être expédiées, elles sont emmagasinées pendant deux ans dans des granges, où on les garde en tas de i mètre de hauteur que Ton remue de temps en temps à la pelle. Pendant cette opération, une grande quantité d'insectes s'envolent, et quand le café est prêt pour l'expédition, il a parfois perdu les neuf dixièmes de son poids.

Le café Menado est expédié par voiliers et en sacs fermés ; aussi, dès que le café est embarqué, les insectes logés dans les grains meurent. Ce café est particulièrement estimé en Scandinavie, et c'est vers ce pays qu'est expédiée la presque totalité du produit.

Remarquons ici que le coléoptère, qui troue les grains de cette variété de café, s'attaque également aux graines de plantes d'autres régions. Il a été trouvé dans les patates de la Guinée française, dans des noix de muscade, dans des fruits de Canarium et dans des graines de légumineuses diverses provenant de Java.

L'espèce cultivée ordinairement dans les Indes néerlandaises était le Coffea arabica, mais à la suite des maladies qui ont attaqué cette plante, on a essayé la culture en grand des Coffea liberica et stenophyîla, tous deux provenant de la côte occidentale d'Afrique. On a aussi essayé le greffage du Coffea arabica sur le Coffea liberica.

Le greffage du caféier de Java sur le Coffea liberica réussit fort bien, et les fruits des sujets greffés ne le cèdent en rien aux fruits des types de café Java, si, bien entendu, on emploie pour la greffe des sommités. L'emploi d'extrémités de rameaux latéraux comme greffons n'a pas donné de bons

résultats, les rameaux croissant presque horizontalement. Le grefïage des Coffea arabica, Maragogype, Mokka et Java sur Coffea liberica, fait avec des sommités, a toujours bien réussi. Le greffage d'hybrides sur Libéria ne semble pas réussir aussi facilement. Le greffage des Coffea stenophyîla et arabica sur le Coffea liberica réussit fort bien et, dans ces derniers temps, on a obtenu des résultats par le greffage sur les types africains : Coffea canephora et variétés.

Les nombreux efforts tentés par le Département de TAgriculture des Indes Néerlandaises relèveront cette culture qui semblait péricliter.

La production s'est chiffrée comme suit :

Java (cultures gouvernementales) .

Id. ( id. privées) ....

Sumatra (cultures gouvernementales)

Id. ( id. privées) . .

Célèbes ( id. gouvernementales)

Id. ( id. privées) .

Bali et autres petites îles. .

Totaux .

Kilof. Kilos. KUof.

l,235,îoo 1,296,960 61,760

De cette production, 59,289,600 kilos furent exportés, en 1894 principalement, vers la Hollande; une partie assez importante du reste aux États- Unis.

En 1900,1a Hollande reçut 36,962,935 kilos; la Belgique a reçu 960 kilos de cette provenance.

Les prévisions de la récolte du café, en 1902, indiquent (récolte du Gouvernement et récoltes des particuliers) un total de 1 8,638, 367 kilos de café Java et 25,438,586 kilos de café Libéria, donc ensemble 44,076,954 kilos, chiffre supérieur à ceux indiqués précédemment.

A Sumatra la culture a été commencée quelques années après l'introduction du caféier à Java; actuellement, cette île peut produire une variété aussi estimée que celle de Java.

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