MONTRANT LES 4 COMPARTIMENTS DE CHAQUE CAISSE
dans un espace spécial en dessous du plancher, sur lequel sont étendues les graines. La toiture peut se séparer en deux par son milieu et, au moyen de rails, être amenée sur le côté du séchoir et laisser à nu les graines soumises ainsi à l'action du soleil. Ce séchoir donne de fort bons résultats et est vivement à recommander aux planteurs qui ont à traiter de grandes quantités de produit.
Les séchoirs « Guardiola », construits par la firme Gordon, sont plus compliqués et donnent d'excellents résultats ; ils exigent un séchage préliminaire à Tair.
Un séchoir, basé sur le principe de T appareil Mayfaith et sur celui de Trischler, fonctionne également à Trinidad; nous en donnons ci -contre quelques figures (fig. 46-48).
Le cacao est placé sur des claies dans le bas de l'appareil, puis, après une demi-heure de séchage, il est porté dans le casier supérieur.
On ne laisse jamais les graines sécher d'un seul coup, cela rendrait la pellicule externe cassante.
Après la dessiccation, il ne faut jamais mettre le cacao en sacs pendant qu*il est encore chaud, car, en se refroidissant, il évapore encore une certaine quantité d'eau et il est alors très sujet à se moisir. C'est pour favoriser cette évaporation qu'ont été créés les greniers séchoirs de Suriname.
Dans certaines régions, en particulier au Venezuela et à Trinidad, une autre phase de la préparation, le ferrage, suit la fermentation; il a pour but de donner au cacao de la couleur et du brillant, mais les avis sont très partagés au sujet de l'utilité de ce terrage.
Au Venezuela, les graines sont d'abord étendues dans une chambre de petite dim nsion, appelée « desbavadero », dont le plancher à claire-voie permet l'écoulement des liquides.
Après avoir passé la journée sur des toiles étendues au soleil, les graines sont retranspoitées le soir dans la chambre; le troisième jour, le cacao encore échauffé est saupoudré d'argile rouge ou de brique pilée et exposé de nouveau pendant deux à quatre jours au soleil jusqu'à dessiccation complète de la graine. On procède alors à un tamisage destiné à faire tomber l'excès de matières colorantes. loo kilos de graines retenant sur elles environ 220 grammes de matière colorante. Le teriage, s'il est bien pratiqué, a doux avantages : il préserve les fùvts de la moisissure et les graines obtenues sont plus propies, les frottements qu'elles ont subis ayant enlevé toute la matière gommeuse qui pouvait encore les recouvrir.
Ce procédé est également. utilisé à Trinidad, où il produit la variété de cacao de cette région connue dans le commerce sous le nom de « Fine ».
Un ingénieur américain, de la firme Marcus Mason et C'*, de New- York, aurait inventé une machine prenant la cabosse telle qu'elle vient de l'arbre et rendant du cacao prêt à mettre en sac. Cet ingénieur a passé les dernières années à Trinidad dans le but d'expérimenter lui-même les machines inventées par lui, et est parvenu à des résultats surprenants; le cacao préparé a obtenu un très beau prix sur les marchés, grâce à sa couleur uniforme et à son beau vernis.
Une première machine, dénommée « Pod Opener », est chargée d'ouvrir les cabosses et d*en enlever les fèves; elle peut travailler mille cabosses à l'heure.
Les fruits sont jetés sur une trémie et brisés par une sorte de marteau, et la pulpe est poussée entre deux cylindres, puis tombe dans une cuve où un appareil détache les fèves. Celles-ci encore munies de la pulpe sont transportées dans un « séparateur », constitué par un cylindre tournant perforé de manière à laisser passer uniquement les fèves. De là, les fèves sont transportées dans un nouveau cylindre où s'opère la fermentation. Ce cylindre, de bois, est disposé de façon à permettre au suc acide de s'écouler; on le remplit aux deux tiers et deux fois par jour on lui imprime une rotation d'un quart de tour, qui suffit pour donner une autre position aux graines. De cette façon, on réduit considérablement la main-d'œuvre. Les fèves sortant du tube, après fermentation, forment une masse compacte, étant agglutinées par une sorte de gomme épaisse,
dénommée u bave du cacao m à Trinidad. Par suite de la présence de cette matière gommeuse, il est difficile de sécher à Tair les graines de cacao, et surtout d'obtenir un produit régulier; le « séchoir Mason » surmonte ces inconvénients : il se compose d'un grand cylindre tournant, à l'intérieur duquel se trouve une doublure en bois. Un système particulier refoule les graines contre le sommet et force la pulpe à sortir. De là, les fèves privées de gomme tombent dans un récipient, où une bouffée de chaleur les sèche en 35 heures environ. Le cacao est, à la sortie du séchoir, d'une brillante couleur et toujours entier.
On a cependant présenté contre cet appareil des critiques paraissant assez justifiées : une d'elle réside dans le fait qu'il faut apporter les cabosses à l'endroit où se trouvent installées les machines, cela pouvant amener de grands frais de manutention et, dans certains cas, il y aurait avantage à transporter les graines de cabosses ouvertes sur le terrain. Une autre critique pourrait être adressée à ce séchoir, c'est une perte de lo p. c. en poids quand on compare le cacao passé à la machine à celui séché à l'air. Mais cette diminution est due certainement en grande partie à l'enlèvement de la bave, et cela est un bien, car si la matière mucilagineuse est conservée à la surface des graines, elles sont très sensibles à l'humidité et, par suite, à la moisissure.
Enfin, le cacao préparé doit être trié, suivant la grosseur de ses graines, les plus grosses acquérant la plus grande valeur commerciale. Dès lors, la graine est prête à être expédiée ; elle peut servir directement à la préparation du chocolat et à l'extraction du beurre.
Le cacao a beaucoup d'ennemis et est sujet à beaucoup de maladies. Bien des animaux sont friands de ses graines et le planteur doit faire une chasse continuelle aux singes, aux écureuils, aux antilopes, aux rats et aux oiseaux. Les éléphants peuvent aussi occasionner de grands dégâts aux cultures et on a signalé, dans les plantations du Cameroun, la mise à sac, par une bande d'éléphants, de plantes déjà bien développées.
Les insectes qui s'attaquent à l'arbre pénètrent bien souvent par les blessures faites accidentellement ou lors de la taille ; aussi faut-il avoir soin de recouvrir ces dernières d'un enduit protecteur, formé par un mélange de coaltar et d'argile jaune. On pourra aussi employer, pour combattre les maladies dues aux insectes, différents liquides à appliquer sur le tronc ou sur les feuilles. La bouillie bordelaise, des liquides à base de savon de Marseille et de pétrole, de savon noir, de jus de tabac, de térébenthine, de benzine et de pétrole, de poudre de pyrêthre, peuvent servir à cet effet.
Les insectes attaquent non seulement le tronc, les rameaux et les feuilles, mais aussi souvent les cabosses. Ils appartiennent à tous les groupes ; on rencontre des coléoptères, des lépidoptères et des hémiptères.
Un des plus terribles ennemis des cacaoyères est VHelopeliis Antonii qui a, dans ces derniers temps, fait des ravages considérables à Ceylan et
à Java. Il fut observé en 1884 à Ceylan, et dix ans plus tard à Java. Mais certains auteurs ont cru pouvoir rapporter Tinsecte de Java à une autre espèce du même genre, YHelopeltis Bradyi.
C'est un hémiptère dont le corps est rouge sang, les élytres brunâtres et Tabdomen jaune ; il s'attaque non seulement au cacaoyer, dont il perfore les fruits et les rameaux, mais aussi au théier et au quinquina; on le rencontre surtout dans les régions basses et son apparition coïncide avec celle des premières pluies. Tous les détails de la biologie de cet insecte ne sont malheureusement pas connus. Si Tarbre est légèrement attaqué, il suffira d'enlever la branche ou le fruit qui porte le parasite et de les brûler, mais si le tronc lui-même est attaqué, il faudra supprimer tout l'arbre et le brûler immédiatement. Si à la même place on veut planter un nouveau cacaoyer, il faudra enlever avec soin toutes les racines anciennes et désinfecter la place par un chaulage sérieux.
Parmi les insectes, on doit encore citer le Deimaiosiages contumax, déterminé en 1906 par le D^ Kuhlgatz, c'est un capside, fort probablement répandu dans toute l'Afrique occidentale, et voisin des Pachypeliis et Helopeltis, reconnus comme parasites dangereux de beaucoup de plantes de grande culture. La lutte contre ce parasite pourra être efficace si elle est faite régulièrement. Il faudra chercher les insectes les tuer, supprimer les parties malades des cacaoyers et les détruire par le feu, employer les liqueurs insecticides, telle, par exemple, le vert de Schweinfurt.
Pour tous les insectes, très nombreux, qui attaquent les cacaoyers, on peut donc recommander l'emploi de solutions de savon au crésol, de savons mous et de savons résineux, et l'on a également obtenu de bons résultats avec des décoctions de tabac pures ou mélangées à des savons.
Les insectes indiqués ci dessus sont loin d'être les seuls qui puissent attaquer les cacaoyers, on en rencontre toute une série dans le sol et sur les parties aériennes, et les revues spéciales de pathologie végétale se sont occupées à diverses reprises de cette question.
On a également indiqué de nombreux champignons occasionnant des maladies du cacaoyer, mais on possède sur eux des données encore très incomplètes.
Le Phytophtora omnivora est le champignon parasite du chancre du cacaoyer, ayant occasionné des dégâts graves dans les plantations de Ceylan.
Il est très difficile de donner la date exacte de l'apparition du chancre dans les cultures. Cette maladie a probablement causé des ravages longtemps avant d'être signalée. C'est seulement vers 1896 qu'elle a été indiquée dans plusieurs régions et, actuellement, les auteurs ne sont pas d'accord sur les dangers du chancre.
Suivant les uns, ce parasite n'est pas grave ; suivant les autres, la maladie doit être considérée comme des plus dangereuses, car elle se transmet rapidement d'une plante à l'autre. Il faut, en tous cas, pour prévenir les dégâts, avoir soin de ne pas laisser séjourner sur le sol des cabosses dont les graines ont été enlevées, mais les enterrer ou mieux encore les brûler. Il en sera de même de toute partie malade. Pour prévenir la maladie,
Fig. 5o. — Terrage du cacao a Trinidad.
(Fauchârb, Culture pratiqu* du Cacaoyer, — Paris, A. Challamel, 1906.)
M. Carruthers, du Jardin botanique de Ceylan, conseille de régler avec soin l'ombrage, afin que le soleil et l'air puissent arriver à toutes les parties de Tarbre, et de veiller à ce que ses feuilles n'ombragent pas trop le sol.
Dans ces derniers temps, on a signalé à Ceylan un procédé très spécial pour guérir radicalement le chancre. L'écorce, jusqu'à 4 pieds au-dessus du sol, est enlevée complètement. De la blessure s'écoule un suc, qui se dessèche ; le chancre est détruit, la nouvelle écorce formée est dure et lisse et ne pourrait plus être attaquée?
Une de ces maladies, sur laquelle il convient d'insister, est la hrunissure des cabosses; elle peut être produite, comme l'a démontré antérieurement M. Busse, par deux organismes : un Phytophtora ei un CoUetoirichtim Le premier de ces organismes est le plus répandu sur les fruits malades.
La bouillie bordelaise, qui s'est montrée très efficace contre des maladies similaires en Europe, n'a guère donné de résultats en Afrique; il faut employer ces bouillies d'une façon très judicieuse; elles ne doivent pas être considérées comme un remède, mais plutôt comme un préventif.
A Suriname et à Trinidad on a observé, dans ces dernières années, une maladie nouvelle occasionnée par un Exoascus (Exoascus Theobromae), provoquant la formation de « balais de sorcières » sur les branches du cacaoyer. Il faut naturellement, dès que la présence de cet organisme est remarquée, détruire les rameaux déformés et pulvériser sur l'arbre une solution à base cuprique.
On a encore insisté dans ces derniers temps sur un autre champignon, Diplodia cacaoicola, qui peut se développer sur la canne à sucre et sur les écorces et les cabosses du cacaoyer, provoquant chez les deux plantes des maladies graves.
Au Cameroun, on a récemment observé une maladie des racines, elle semble occasionnée par un parasite voisin de notre Armillaria mellea; c'est peut être la même espèce qui a été obser\^ée dans certaines régions congolaises (Congo Indépendant); au Congo aussi une détermination rigoureuse n'a pas encore pu être faite.
Aucun remède ne semble très efficace contre cette maladie; il faudra enlever les plantes malades avec toutes leurs racines et les détruire, afin de diminuer les chances de dispersion du parasite. Une des causes favorisant le développement de ce champignon paraît être l'humidité du sous-sol par suite d'un niveau d'eau trop élevé.
Une autre maladie du cacaoyer a été signalée à Sainte-Lucie (Barbados- West-Indies) : il s'agit d'un champignon dont les hyphes sont réunis en un filament rappelant par sa couleur et son épaisseur un crin de cheval. Les hyphes peuvent entourer les branches et se prolonger sur les feuilles; dans leur portion jeune ces hyphes sont blanches. Une maladie analogue aurait été observée aux Indes et à Ceylan sur le théier, on aurait pu la combattre en enlevant les parties malades et en employant en lavages une solution de soufre et de chaux.
Au Brésil, à Saint-Domingue et à Trinidad, on a signalé une maladie des tiges et des racines due à un Lasiodiplodia, qui pourrait
végéter sur les manguiers, le planteur sera donc obligé de surveiller ces essences.
On a encore indiqué, soit sur les feuilles, soit sur les cabosses, d'autres espèces de champignons appartenant à la plupart des divisions de ce grand groupe d'organismes.
Les Champignons qui attaquent le cacaoyer se multiplient, comme la plupart des organismes de ce groupe», par les temps humides et à l'abri de
Fig. 5i. — Cacaoykr malade;
LE 1»IEI) A ÉTÉ DÉCHAUSSÉ; ON VOIT AU COLLET Dh LA RACINE LES CHAPEAUX d'UN CHAMlMCiNON.
la lumière, par conséquent sous un ombrage trop considérable, augmentant rhumidité atmosphérique et empêchant l'aérage.
Aussi les résultats seront-ils déjà très satisfaisants si l'on diminue, dans une plantation, dont les pieds sont malades, la force de l'ombrage et si on laisse pénétrer les rayons solaires. Cela, naturellement, n'empêchera pas le planteur de rechercher avec soin toutes les parties de plantes malades et de les détruire, non pas en les jetant au fumier, mais en les
brûlant ou, si cela ne peut se faire, en les enterrant avec.de la chaux; mais le feu est cependant le meilleur moyen pour détruire sûrement les parasites de toutes les plantes de culture.
On a souvent essayé de se soustraire à cette pratique en alléguant que la main-d'œuvre exigée augmentait trop considérablement les prix, et, d'un autre côté, que la coupe des parties malades ne pouvait se faire en toutes saisons, en particulier durant les périodes de pluie, les plus favorables à la dispersion de la maladie. Le premier argument est de bien faible valeur, car si la main-d'œuvre exigée pour ce nettoyage revient cher, la perte occasionnée par la maladie n'est pas à laisser dans l'oubli ; on a vu, en effet, dans certaines plantations, la production diminuer dans des proportions considérables. La seconde objection est plus exacte, mais si la surveillance ne peut être établie durant toute Tannée, ce n'est pas une raison pour ne jamais la faire.
Certains opposants ont également prétendu que la coupe de rameaux favorisait la dispersion des spores du champignon dans les parties saines, mais cette dispersion accidentelle est nulle ou presque nulle en comparaison de celle qui se fait par les insectes et par le vent.
D'ailleurs, le planteur a à sa disposition les diverses bouillies à base cuprique; elles permettront d'empêcher, dans une très grande mesure, le développement ultérieur des spores tant sur les blessures et les jeunes fruits que sur les autres parties de l'arbre. Nous n'avons pas à entrer ici dans le détail des nombreuses formules préconisées pour cet usage, toutes ont leurs mérites. Le planteur aura à choisir la formule la plus facile à exécuter dans les conditions où il se trouve. Il aura soin, naturellement, de répéter assez souvent la pulvérisation et devra, pour cela, se procurer autant que possible un appareil de pulvérisation ; il économisera d'ailleurs par ce mode opératoire beaucoup de liquide et sera plus ceitain de son action.
La culture du cacaoyer, si elle n'est pas difficile, demande des soins constants. C'est une culture d'arbres fruitiers pour laquelle il ne faut pas ménager ses peines : engrais, taille, luttes contre les maladies et surtout remèdes préventifs, cueillette, doivent être appliqués ou faits avec précision si l'on veut obtenir de bons résultats.
Pour éviter la propagation des diverses maladies cryptogamiques qui sévissent dans les cacaoyères, il y aura avantage à suivre ponctuellement les règles suivantes :
I. Les enveloppes des cabosses seront enterrées avec de la chaux, dès que les graines auront été extraites. Les fruits malades seront enterrés loin des plantes ou brûlés. — 2. Les arbres morts, le bois mort seront récoltés et brûlés, les cendres semées sous les arbres. — 3. Les arbres malades seront sciés à la base et brûlés.
2® Les branches attaquées sur un arbre sain seront enlevées et détruites. Les surfaces de coupe seront recouvertes par de la poix, afin de prévenir la pourriture et une infection ultérieure.
3o Les fragments d'écorce décolorés, signe d'une infection, et une partie d'un pouce de largeur autour de la tache seront enlevés et détruits par le feu.
4® Lors de la taille, toutes les coupes seront couvertes de poix. Il est à recommander également de ne pas employer pour la taille des couteaux ou autres instruments ayant servi à enlever des parties malades, sans qu'ils aient été nettoyés sérieusement et stérilisés; sans ces précautions, des spores pourraient s'introduire dans les blessures et infecter la plaie.
50 II est préférable de faire la taille en saison sèche ; à ce moment, le soleil peut mieux avoir accès dans la plantation, et on le considère, à Ceylan, comme capable d'empêcher la germination des spores et de faciliter la cicatrisation des plaies
6^ Il est également désirable de détruire les enveloppes des cabosses, car le champignon peut se développer sur ce substratum.
70 Dans le cas de la maladie des racines, les arbres seront isolés par des tranchées, les racines brûlées avant la plantation d'un nouvel arbre.
8** Les blessures faites par accident lors de la récolte, ou pendant la culture, seront toujours enduites de poix.
90 On n'emploiera pas les graines des fruits malades pour le semis.
10** Si l'arbre dépérit, on veillera à son rétablissement en soignant, suivant le cas, l'amendement, le drainage, etc.
En général, la plupart des maladies, sévissant dans les plantations du cacaoyer, sont dues aux mauvaises conditions de végétation des arbres par suite d'un drainage insuffisant du sol, de l'appauvrissement du terrain ou du manque d'air et de lumière.
Si le planteur suit soigneusement ces diverses indications, il parviendra certainement à diminuer, dans une notable mesure, les dommages causés dans sa plantation par les champignons parasites.
Au lieu de brûler les parties atteintes par la maladie, ce qui est le remède énergique pour s'en débarrasser, on peut aussi mélanger ces débris à de la chaux vive fraîche pour former un compost; ce serait là un excellent moyen d'employer ces débris comme amendement, la chaux détruisant sûrement les organismes. Mais il n'est pas toujours facile de se procurer, dans une région tropicale, de la chaux en quantité pour constituer un compost suffisamment privé de germes nocifs.
La direction du Gesuudheiis Amt, de Berlin, a insisté sur un autre moyen qui pourrait donner des résultats; il suffirait de saupoudrer des tas de cabosses malades avec du sulfate de fer et de recouvrir la masse de terre. Dans ces conditions, de l'acide sulfurique est mis en liberté et agit fortement sur les champignons.
D'un autre côté, cet engrais sera excellent, car il apportera au sol un produit des plus utiles. Mais, malgré le peu de valeur du sulfate de fer, il
faudra encore Timporter dans les colonies, et cela sera parfois assez difficile et onéreux.
M. Busse conseille une méthode qui donnerait d'excellents résultats ; elle consiste dans l'incinération des déchets et dans le réemploi des cendres, celles-ci renfermant les éléments minéraux enlevés au sol Mais cette incinération rationnelle présente certaines difficultés dans les régions tropicales, d'abord par le fait que la récolte coïncide souvent avec la saison des pluies ; il faudrait donc veiller à mettre les tas de cabosses et autres déchets à l'abri des intempéries.
Le cacaoyer n'a pas seulement à redouter des ennemis parmi les animaux et les végétaux inférieurs, mais il est souvent envahi par des Phanérogames de grande taille, qui, tantôt parasites, épuisent l'arbre en lui enlevant par leurs racines les matières nécessaires à sa croissance, telles les Loranthacées, tantôt épiphytes comme les Broméliacées, les Aroidées, les Pipéracées, entravent sa croissance régulière.
On se débarrassera facilement de ces hôtes étrangers en raclant avec soin l'écorce des arbres.
La plante vivante a des ennemis, et le cacao préparé n'en est pas exempt. Il est attaqué par des rongeurs et par des insectes, et ceux-ci font souvent de grands dégâts dans les réserves commerciales. On a préconisé, pour éviter l'attaque des insectes, l'emploi de fumigations de soufre, de benzine ou de naphtaline, mais ces divers moyens ne semblent pas avoir donné de résultats; aussi, pour éviter les dégâts, le planteur fera bien d'expédier les graines le plus vite possible après leur préparation, laissant aux entrepositaires le soin de veiller à la conservation des qualités des produits.
Comme nous l'avons dit en passant, la graine ou fève de cacao est constituée par une coque fragile et par l'amande, seule partie utilisée pour la fabrication du chocolat et l'extraction du beurre.
La coque renferme les mêmes substances actives que l'amande, c'està-dire de la théobromine, de la caféine, des tanins, du rouge de cacao et les différents corps simples que l'on rencontre dans tous les produits végétaux.
Dans certains pays, en Irlande, en Suisse, en Italie, on emploie parfois les coques pour faire une boisson qui remplace le thé. Dans certains cas, des industriels ont broyé la graine entière, introduisant ainsi les coques dans la pâte de chocolats de qualité inférieure. Les coques constituent environ les i5 pour cent de la matière première, et sont en général employées comme fourrage ou comme engrais; leur incinération donne une potasse très estimée; aussi à Haïti et en Amérique seivent-elles à fabriquer ce produit.
Il est très difficile de donner la composition chimique exacte des fèves de cacao, car cette composition varie d'après la variété examinée et suivant son pays de provenance. D'après Hervett, auteur d'un traité anglais sur le
chocolat et le cacao, paru à Londres en 1862, la composition moyenne du cacao serait :
Eau 5
Cellulose . . 4
Théobromine 2
Substances azotées 20
Beurre de cacao 5o
Gommes 6
Amidon 7
Substances minérales et colorantes ..... . . 6
D'autres analyses donnent :