PELLI- CULES
Eau
Matières azotées
Théobromine et caféine . .
Beurre •
Amidon
Matières extractives non azo
tées
Cellulose
Cendres. . '
Les amandes contiennent, comme on le voit, environ la moitié de leur poids de substances grasses; celles-ci constituent le beurre de cacao. L'auire moitié est composée des matières azotées, d'amidon, de substances gommeuses et minérales et comprend la théobromine.
Le beurre de cacao est un corps gras, onctueux au toucher, solide à la température ordinaire, opaque, jaune, à cassure cireuse; il est de saveur douce et agréable, rappelant celle du chocolat. 11 se ramollit vers 25 degrés au-dessus de zéro et rancit assez difficilement au contact de Tair.
Il a un^ densité de 0,945 à 0,982 ; le point de fusion du beurre de cacao, est également très variable, d'après la provenance des graines, ou suivant qu'il provient de graines crues ou torréfiées; ce point varierait de 3i,5o à 24, 5o. Ces différences proviennent de ce que le beurre de cacao n'est pas constitué par une seule substance, mais par diverses matières grasses mélangées en proportions variables. On a trouvé dans le beurre de cacao : de Voléine, de la stéarine, de la palmitine, de la taurine et des acides gras libres.
Le beurre de cacao est employé à divers usages, et entre fréquemment dans des préparations médicinales, dans la fabrication des savons et dans la parfumerie.
Pour extraire le beurre, les graines de cacao, soit fraîches, soit rôties, sont pulvérisées ou moulues, mises en sacs et soumises à une pression entre des plateaux chauffés à 70 ou 80 degrés. Le liquide chaud qui s'écoule est filtré; par refroidissement il donne le beurre de cacao.
Ce beurre est, vu sa valeur commerciale, fréquemment falsifié; il est souvent adultéré par du beurre de noix de coco {Cocos nucifera ou cocotier), du beurre de karité {Butyrospermum Parkii ou Bassia Parkii) de l'Afrique centrale, comestible, et par d'autres graisses qui occasionnent une rancissement plus rapide.
Le principe actif du Theobroma cacao est la théobromine ; c'est un alcaloïde découvert en 1840 par Woskressensky ; il est très voisin de la caféine avec laquelle certains auteurs veulent le confondre. La formule donnée pour ce corps est : C'H^Az^O^; celle de la caféine paraît identique à celle de la ihéine extraite des Thêa sinsnsis et assamica; elle est C*H*°Az^O*.
La théobromine est un corps cristallin, de saveur amère, très souvent employé en médecine comme diurétique. Il porte, d'ailleurs, le nom de diuretine et est un médicament très énergique pour les cardiaques. Mais sa faible solubilité dans l'eau et l'alcool Ta fait souvent écarter de la pratique courante; dans ces derniers temps, on a préparé un sel double de théobromine sodée et de salicylate de soude, celui-ci moins caustique que la théobromine sodée est facilement résorbé, grâce à sa solubilité. Depuis, on a préconisé le sel double de théobromine et d'acétate de soude, dénommé « agurine », comme la préparation la plus avantageuse et la pliis rationnelle.
Dans le cacao on trouve également de la caféine en très faible proportion. Celle-ci dérive peut-être de la théobromine car on a pu .transformer cette dernière en caféine en la traitant par une solution ammoniacale de nitrate d'argent et par de l'iodure de méthyle.
La matière colorante, appelée rouge de cacao, est soluble dans l'eau et dans l'alcool; elle se colore en vert par les sels de fer et donne au cacao sa saveur particulière. Ce serait, au dire de certains chimistes, un mélange de résine et de tanin.
Dans les cendres, on a décelé les acides phosphorique, sulfurique et carbonique, du chlore, de la chaux, de la magnésie, de la potasse, de la soude et de la silice; l'acide phosphorique, la magnésie et la potasse sont les trois éléments minéraux dominants, sur lesquels le cultivateur devra fixer particulièrement son attention pour la fumure du sol de sa cacaoyère.
D'après certains auteurs, la valeur nutritive du cacao peut être évaluée par la quantité de calories produites par la digestion. Cette quantité varie suivant les préparations de cacao considérées; comparées aux autres produits de l'alimentation, nous trouvons les chiffres :
I kilo de viande de bœuf, maigre 1,214 calories,
I » )) » grasse 3,o57 »
I litre de lait 672 »
I kilo d*œufs (en moyenne 1 8 œufs i ,678 calories.
I kilo d'arachides 5,184 »
I kilo de pois 2«7io >»
I kilo de pain blanc 2,528 »
I kilo de cacao en graines 5,iio »
I kilo de cacao en pâte 5,967 »
I kilo de cacao en poudre 4.167 w
I kilo de chocolat 4.763 m
Le faible pouvoir nutritif du cacao en poudre, le cacao du commerce, est dû à la séparation de la plus grande quantité de graisse ou beurre de cacao contenu dans la graine, celle-ci, à l'état brut, en contient environ 5o p. c. de son poids.
Mais ce n'est pas là Topinion de tous les physiologistes. D'après une étude de M. le professeur Neumann, de Heidelberg, qui a examiné dans quelles circonstances la plus grande quantité de matières nutritives contenues dans le produit est assimilée, on doit déduire toute une série de données parmi lesquelles nous insistons sur le fait que la consommation du cacao, en mélange avec d'autres substances alimentaires, diminue la proportion des substances assimilées en augmentant les déchets. La valeur nutritive brute du cacao n'est donc pas la valeur nutritive réelle. Mais où les conclusions sont concordantes, c'est au sujet de la matière grasse; une certaine teneur en matières grasses favorise l'assimilation; aussi le Prof. Neumann estime-t-il qu'en cas de réglementation, il faudrait exiger une teneur minimum de 3o p. c. de matières grasses dans le cacao du commerce.
Le cacao se cultive actuellement surtout dans l'Amérique centrale (continent et îles), dans le nord de l'Amérique méridionale, dans l'Afrique occidentale et orientale ainsi qu'aux Seychelles, à Madagascar, à La Réunion, dans les Indes anglaises, à Ceylan, dans les Indes néerlandaises.
Les cacaos américains proviennent du Venezuela, de l'Equateur, du Guatemala, de la Colombie, du Costa-Rica, du Brésil, du Mexique, de la Guyane et des îles de l'Amérique centrale, dont certaines fournissent du cacao en assez notable proportion.
Le cacaoyer existe aussi dans d'autres régions américaines, par exemple en Bolivie. Mais l'exportation des graines de cette provenance est presque nulle, malgré la fréquence de l'arbre et la qualité tout à fait supérieure de ses graines, contenant 52 p. c. de beurre.
Les cacaos des Guyanes, du Venezuela, du Mexique sont les plus recherchés ; ils valent sur les marchés jusque 200 francs les 5o kilos. Ils portent dans le commerce le nom de caraque ou cacao de Caracas.
Nous jetterons un coup d'oeil général sur les transactions auxquelles donnent lieu la culture et l'exportation de ce produit dans les divers pays de production.
AMÉRIQUE
La Guyane hollandaise fournit une bien plus forte quantité de cacao que la Guyane française; en 1899, la première a produit 3,859.880 kilos de cacao en fèves, tandis que la possession française n'a fourni que 11,817 kilos.
La production de Suriname qui avait, dans le temps, été des plus
Fig. 52. — Thî OBKOMA PENT/VGONUM OU « ALLIGATOR »
Cultivé dans certaines i'arties dk l'Amérique centrale et donnant
UN PRODUIT I>K bonne QUALITÉ (Fai'CHKrr. La Culture du Cacaoyer. — Paris, A. Challamcl, 1906).
considérables et avait fortement diminué par suite de maladies, est en bonne voie de reprise.
Les maladies avaient annihilé pendant quelques annéeô la production; elles paraissent rétrograder, mais, malgré les efforts de la direction de l'Agriculture, installée depuis peu d'années à Paramaribo, on n'a pu détruire partout les KruUoien. On peut estimer la production de 1906 à en-
viron i ,600,000 kilos, alors qu'en 1904 elle n'était guère que de 85o,ooo kilos environ, et en 1900, 320,i2i kilos.
D'autres statistiques portent les chiffres à :
i9o3 2,224,668 kilos.
1906 (ler janvier au 3o octobre) 1,407,453 n
Les terrains argileux, riches en potasse et en azote, que Ton rencontre dans la Guyane française, se prêteraient très bien à la culture de cette plante, existant d'ailleurs à l'état indigène dans plusieurs régions. Des essais de relèvement de cette culture sont tentés actuellement.
En 1904, 9,246 kilos de cacao furent exportés de la Guyane française.
Les cacaos de l'Equateur sont fréquemment désignés sous le nom de « cacaos de Guayaquil »: il en existe plusieurs variét6s commerciales, telles : Arriba (Province de los Kios), Arriba et Ballao (Province de Guayas), Machala (Province del Oro), Caraguez (Province de Nanali) et Esmeraldas (Province d'Esmeraldas). L'Equateur possède actuellement plus de 58,5oo,ooc arbres à cacao et a fourni, dans ces dernières années, plus de 450,000 quintaux de cacao par an. Le terrain de la région se prête admirablement à \i\ culture, mais l'Equateur manque de main-d'œuvre et de capitaux pour mettre de grands espaces de terrain en valeur.
L'exportation du cacao de l'Equateur comporte :
1905 40,321,619 livres.
De janvier à juin 1907, les exportations par Guayaquil comportaient de 1905 à 1907 :
1905 233,900 quintaux
Le cacao du Guatemala arrive rarement sur les marchés européens; il a, paraît-il, une saveur très délicate. Quant aux cacaos brésiliens, dont une variété paramaragnan est assez estimée, ils sont importés en assez grandes quantités en France.
Depuis quelques années on parle beaucoup d'un cacaoyer oiiginaire de Colombie, introduit dans le commerce par Godefroy-Lebeuf, de Paris. Ce cacaoyer, dénommé « cacao Penon », du nom de la personne qui le découvrit en premier lieu, posséderait de nombreuses qualités le mettant au premier rang des producteurs de bon cacao. On ne peut rapporter pour le moment, avec certitude, cette plante à une des espèces connues : elle n'a pas été étudiée au point de vue systématique.
Les exportations de Colombie se chififrent, pour igoS, 1906 et les cinq premiers mois de 1907, à :
1905 ' 68,195 sacs de 85 kilos
Cliché M. J. Dybowski.
Fig. 53. — Fruits du cacaoyer de San Thome, var. amelonado.
(Chalot et Luc, Le Cacaoyer au Congo Français, — Paris, Challamel, 1906).
Les données comparatives des cinq premiers mois des années 1905 à 1907 montrent une diminution dans l'exportation. Ce sont :
1905 40,896 sacs
Pérou. — Le cacao pourrait être cultivé en notable quantité dans les divers districts de ce pays, s'il ne manquait de bras et de moyens d'irrigation.
C'est dans le département de Cuzco que l'on trouve le meilleur cacao ; il peut être comparé à celui de l'Equateur et du Venezuela; il est surtout consommé dans le pays. Une partie du cacao vendu au Havre et à Hambourg sous le nom de « cacao de Para » provient de la zone orientale du Pérou. On estime la production à 2.000,000 de kilogrammes, dont une faible partie pourtant a été exportée dans ces dernières années. Cependant, l'exportation a sensiblement augmenté comme le montrent les valeurs ci-dessous :
Années 1896 58,952 francs
On a essayé l'extraction du beurre sur place; cette industrie pourrait devenir rémunératrice et tenter certains capitalistes.
Brésil. — Le cacaoyer existe à l'état indigène au Brésil et, depuis quelques années, sa culture a fait des progrès, comme le montrent d'ailleurs les statistiques ci-dessous :
Années 1897 7,784,450 kilogrammes
Le cacao brésilien s expoite par Bahia, Para, Itacoatiara et Manaos. En 1 905-1907 (juin), les arrivées à Bahia se chiffraient, en sacs de 60 kilos environ à :
Les exportations se chifiErèrent en totalité à
se décomposant :
Europe 207,016 240,937
Amérique du Nord 66,609 134,1 36
Les exportations de Para, Itacoatiara et Manaos comportaient en kilos :
1906 1907 (juin)
Pendant les mois de janvier à avril 1906 et 1907, les exportations de cette origine se sont décomposées :
Europe ... 160,719 kilos 354,894 kilos
Amérique du Nord 4^,024 » 160,939 »
Totaux. . . . 2o6,'843 » 4i3,833 »
Il y a donc une augmentation sérieuse en 1907.
Dans rÉtat de Bahia le gouvernement a, d'ailleurs, insisté sur la valeur de la culture de cette plante, et des rapports spéciaux, étudiant les conditions de la végétation de cette plante, ses maladies et les moyens de les combattre, ont été à diverses reprises présentés au secrétariat de l'Agriculture.
La production du Mexique est estimée annuellement à 200,000 kilos, mais presque rien ne sort du pays, tout étant consommé sur place.
Les cacaos des îles de l'Amérique, Cuba, Trinidad, Martinique, Sainte-Lucie, Haïti, Guadeloupe, sont en général moins estimés actuellement qu'ils ne l'étaient dans le temps ; cependant, des envois de la Guadeloupe ont atteint une valeur plus considérable que les cacaos brésiliens, et ils tendent à se rapprocher des caraques. Ces cacaos renferment beaucoup de tanin et sont très âpres, même ceux de Trinidad, très appréciés il y a quelques années, ont subi depuis peu une grande dépréciation ; celle-ci serait due, d'après M. Hart, Directeur du Jardin botanique de la Trinidad, aux mauvaises conditions d'installation d'un grand nombre de nouvelles plantations.
On a voulu, en effet, introduire dans cette région des plantes à production rapide et peu attaquées par les parasites. Il en est résulté une culture nombreuse de variétés généralement toutes de valeur secondaire.
La culture du cacaoyer à la Trinidad date depuis fort longtemps; elle paraît avoir pris pied vers 1700 dans cette île et n'avoir cessé, depuis cette date, de donner de bons rendements.
La Trinidad a exporté, d'après certaines statistiques, en 1895, 25,845,200 livres anglaises, ce qui équivaut à environ 12 millions de kilos provenant de la région elle-même, plus 3,6 13,609 livres provenant du Venezuela ; Trinidad seul a fourni à ce moment plus que l'Angleterre ne consommait de cacao, soit 24,484,000 livres; mais, d'après d'autres auteurs, les récoltes de 1897 auraient rapporté environ 3,727 tonnes seulement et, en 1900, 11,952 tonnes (la tonne anglaise valant 1,016 kilos 48 grammes.
Enfin, des documents statistiques plus récents estiment l'exportation du cacao de la Trinidad, en 1900, à un total de 3o, 283, 808 livres, d'une valeur de 852,568 livres sterling.
Cette exportation se décomposait comme suit :
Angleterre .... . , 104,795 quintaux (i). 340,584 livres sterl.
États-Unis 74, 721 » 236, i5o »
Allemagne 3,oii » 9,128 »
Colonies anglaises 3,432 » 7*442 »
Hollande 3,o83 » 8,467 »
Divers 65o » 2,197 »
Totaux . . . 271,284 quintaux. 852,568 livres sterl.
En 1905 et 1906, l'exportation s'est chiffrée en sacs de 90 kilos :
Dans les cinq premiers mois des années 1905, 1906,1907, les exportations par Port of Spain se sont chiffrées toujours en sacs :
La plantation la plus ancienne de la Martinique avait été créée en 166 1, croit-on, par Benjamin da Costa. La culture du cacao était localisée dans le nord de Tile et les plantations qui entouraient le Mont Pelé ont été entièrement détruites par Téruption. A Saint-Pierre, se tenait le marché du cacao, exporté presque en totalité vers la France. Ce marché était important car, en 1900, le cacao exporté avait atteint environ sept cent trente tonnelet, en 1901, 1 exportation avait atteint une valeur de i,3oo,ooo francs. Depuis lors, l'exportation aurait, il est vrai, baissé comme le montrent les statistiques
1898 635,000 kilos. 1902 .... 435,462 kilos.
A Cuba, le rendement du cacaoyer est estimé à 65o kilos de graines par hectare, mais le prix de vente du produit est inférieur à celui des cacaos des autres pays producteurs, la plante productive de qualité moindre, mais la préparation de la graine est défectueuse.
En Jamaïque, la production du cacao a également augmenté ; on cite pour 1905-1906 une production (et exportation) de 32,687 cwt (cwt = 5o kilos 8) supérieure de 10.000 cwt à celle de Tannée précédente. Pour 1906-1907, on estime la production à 41,000 cwt, et il semble rester encore
(i) Le quintal vaut 112 livres.
bien des terrains favorables à c6tte culture. Depuis 1901, les exportations se sont chiffrées :
1901-1902 39,953 cwt. o livres.
1903-X904 22,oo8 » 58 »
1906-1907 (9 mois) 38,556 » 3 »
Actuellement^ la Quadeloupe possède une culture plus intensive de cacaoyers. Le sol profond et fertile de certaines parties de cette île conr vient particulièrement à cette culture. Les exportations de cacao de cette provenance ont atteint en :
1901 35i,4o3 kilos. 1903 ..... 335, x 10 kilos.
Des soins apportés à la culture et à la préparation, feraient du cacao des Antilles françaises un produit de valeur qui pourrait concourir sur les marchés européens avec les meilleurs produits du continent américain.
Saint-Domingue. — Il y a à Saint-Domingue un assez grand nombre de plantations de cacao, mais il en existe fort peu possédant cent mille pieds d'un seul tenant ; ces plantations appartiennent à des étrangers. Les cacaoyères qui méritent d*être signalées sont celles de : i<* M. Goussaid, un Français fixé à Kiguey, province de Seylo; 2** M. L. Bogaert, un Belge fixé à Santiago de la Caballeros; 3*» M. Descombes, un Suisse fixé à Savana de la Mar. Le produit de ces trois plantations est très estimé, semble- t-il, sur les marchés français, où 5o kilos de graines valent en moyenne yS francs. En 1900 et 1901, les exportations de ces régions se sont élevées à :
Santo Domingo 5, i88.85 francs. 5,286.41 francs.
Monte Cristy 4.98 » i.5o »
Puerto Plata 22,498.73 » 30,208.45 »
Samonia 5,63i.o5 >» 9,830.71 »
Samchez 78,900.11 » 72,878.70 »
Macoris 938.42 » 1,646.97 »
Totaux. . . 112,316.70 francs. 119,852.75 francs.
Ce cacao est bon, mais il est généralement mal conditionné, ce qui a contribué à le discréditer, dans une certaine mesure, sur les marchés d'Europe.
Le rendement des cultures de l'ensemble de la République Dominicaine s'élève à :
X9o5 37»792,744 livres.
Les deux premiers mois de 1907 ont fourni à Texportation 3 millions 565, 039 livres de cacao, qui se sont dirigés :
Janvier 1907 :
Allemagne i,2o3,4i3 livres
États-Unis 808,595 »
France i88,2o3 »
Février 1907 :
Allemagne 682,482 livres
États-Unis 4o6,568 »
France 275,828 »
C'est généralement sous les noms de a Samana cacao » ou de « Sanchez cacao » que les cacaos de la République Dominicaine arrivent sur les marchés, exportés par les ports Sanchez, Puerto Plata, Santo Domingo, Samana, San Pedro de Macoris.
ASIE et OCÉANIE
A Ceyian, la culture du cacaoyer ne prospère pas encore beaucoup ; dans cette île, les grandes cultures se sont d'ailleurs succédé et plusieurs ont dû être abandonnées.
La première culture fut celle du café en 1874- 1875, ®^^® couvrait 400,000 acres produisant 1,000,000 de quintaux, mais l'apparition de VHemileia, fit disparaître cette culture. Le café fut remplacé par le quinquina, celui ci, de 1884 à 1888, produisit 1 3, 000, 000 de livres, mais cette production, par trop considérable pour la consommation, rendit la culture impossible, car elle n'était plus rentable. On essaya ensuite le cacao5'er, le cardamome, le caoutchoutier, mais ces cultures ne produisirent pas grandement au début. Seul, le thé a acquis une importance capitale et sa production augmente toujours; actuellement, 400,000 acres sont plantés en thé : la production de 1900 ayant été de 148,569,477 livres, celle de 1899 de 129,147,894 livres. Mais depuis, la culture des H^wa a repris le dessus.
Les cacaos de Java et de Ceylan sont les plus estimés en Asie et en Océanie. A Ceylan, la production du cacao augmente; cette augmentation est due en grande partie à la diminution de la maladie; en 1901, la production a dépassé de 2.41 1 tonnes celle de l'année antérieure.
L'Indo-Chine fournit des quantités assez peu considérables de ce produit.
Le cacao du Tonkin semble cependant acquérir une certaine importance sur le marché asiatique; en 1899, les exportations se sont chiffrées
par un total de 5,849,992 kilos ayant valu 586, 060 francs, et réparties comme suit :
France 3,786 kilos.
Chine, Japon, Siam 340,732 »
Hong-Kong 5,507,540 »
Mais, en 1904, l'exportation signalée n'était que de 264 kilos.
D'après les statistiques récentes, les exportations de cacaos des Indes Néerlandaises se sont montées, en 1900. à 1.342,248 kilos, ayant atteint une valeur de 1,006, 586 florins, et de cette exportation 1,018.740 kilos ont été absorbés par les Pays-Bas. Le reste a été expédié sur Singapore (317,732 kilos) et sur Manille (5,776 kilos).
Les premiers plants de cacaoyers des Indes Néerlandaises furent importés, vers le commencement du xvn** siècle, par les Espagnols, à Célèbes. Au xvin® siècle, la plante fut cultivée à Amboine, puis à Ternate; enfin, pendant le courant du xix« siècle, le gouvernement des Indes s'est efforcé de rendre cette culture plus générale, et, dans ces derniers temps, on a vu à Java beaucoup de planteurs de caféiers abandonner cette culture pour la remplacer par celle du cacaoyer. On cultive surtout un hybride entre le cacaoyer de Java et une variété du a Forastero de Caracas », à fruits orangés. Cet hybride résiste beaucoup mieux aux différents ennemis du cacaoyer et peut être cultivé à une altitude variant de 75 à 1,800 pieds.
Le rendement de cet hybride est en moyenne de 3 kilos pour des arbres de 6 à 7 ans. On recommande de planter le cacaoyer entre les lignes de caféiers, qu'il pourra remplacer au bout de 4 ans environ, mais si la plantation se fait sur un sol de caféerie déjà ancienne, il faudra amener de l'engrais. Le meilleur moyen est d'organiser à cet effet des pâturages dans la plantation, en ayant soin, bien entendu, de séparer le bétail des jeunes plants, car il pourrait les brouter.
Déjà, en 1900-1901, on comptait dans les Indes néerlandaises un total de 60 exploitations s'occupant de la culture du cacaoyer, tandis que, dans le Handhoek voor Cultuur en Handelsondernemingen pour 1903, on trouve cité un chiffre double. Outre quelques grands exploitants, on trouve un assez grand nombre de particuliers, de cultivateurs et de petits propriétaires de terrains qui s'occupent de cette culture, dont les produits sont achetés par des commerçants chinois, pour l'exportation. Il est difficile de déterminer la surface dévolue à cette culture dans les Indes Néerlandaises. Le D^Zehntner, ancien directeur de la station de recherches de Salatiga, l'évalue à 10,000 bouws,soit 7,000 hectares, et estime que chaque bouv^, renfermant 5oo arbres, il y aurait dans les Indes Néerlandaises 5 millions de cacaoyers qui, par suite de maladies diverses, donnent seulement un rendement de 3,000,000 de livres.
L'exportation de cacao de Java seul se chiffre comme suit à partir de 1890:
189X .... 375,749 kilos. 1899
1,060,354 kilos.
Ces chiffres ne concordent pas totalement avec ceux que nous donnons plus haut.
D'après l'estimation du professeur Zehntner, le rendement du cacaoyer serait, à Java, d'environ 35o grammes de cacao prêt à être vendu pour un arbre.
Ce faible rendement serait dû, d'après M . Zehntner, en partie à ce fait que le cacaoyer a été uniquement cultivé sur des terrains où le caféier n'était plus rentable, en partie à ce que les planteurs traitent ir rationnellement l'arbre et, enfin, aux dégâts occasionnés par les insectes et les maladies. Le cacaoyer est cultivé surtout dans les résidences de Samarang et de Préanger et, depuis, peu dans l'est de Java, principalement à Malang et Kédiri où il remplace le café.
Les essais de culture de cacaoyers ont vivement attiré l'attention du Département de l'Agriculture de Java et des nombreuses sociétés, et des études sérieuses ont été faites à Java sur ce sujet. Ces études scientifiques y ont déjà fait faire des progrès indiscutables à la culture du cacaoyer, mais il reste encore bien des desiderata à remplir : les dégâts causés aux plantations par les maladies, le défaut de précaution dans la récolte, dans la taille, ont empêché les producteurs d'obtenir les brillants résultats espérés et, dans certaines régions, ils se sont crus obligés d'abandonner leurs plantations pour cultiver des plantes plus rémunératrices. Cela n'a heureusement pas été le cas partout. Mais le cacaoyer est une plante sensible, elle ne peut végéter dans toutes les conditions ; pour la réussite de cette culture, il faut des soins constants; c'est là ce que l'on oublie ou ce que Ton néglige trop souvent. La preuve, bien évidente d'ailleurs des progrès sérieux de cette culture, est l'augmentation notable de la quantité de cacao arrivée sur les marchés hollandais depuis 1904; en 1 901, l'importation du cacaodejavaatteignait, en Hollande, 22. 000 balles environ, pour les années 1904 à 1906, les chiffres sont en nombres ronds (balles de 5o kilos) :
1906 i5,ooo balles.
1904 i3,5oo »
Voici la statistique de l'exportation des Indes Néerlandaises pour les dix dernières années :
1,018,006 kilos.