‹ Les plantes tropicales de grande culture, Volume 1Chapitre 54 sur 78 · kilos · texte numérisé non relu

kilos

L'exportation des cacaos javanais, dans le premier semestre de igoS, a été de 419,072 kilogrammes, contre 323, 5io en 1904 et 3i5,76i kilogrammes en 1903.

Le principal port d'exportation des cacaos de Java est Samarang, qui expédie environ 60 p. c. des envois, le reste se partageant entre Batavia et Soerabaja. Les exportations se dirigent surtout vers la Hollande.

Les territoires de Makassar, Menado, Ternate, Amboine et Sumatra ont donné, en 1903, une production totale de 89,205 kilogrammes, représentant 53,524 florins, contre 62,177 kilogrammes et 37,3o6 florins en 1902. Les exportations de ces territoires se chiffraient en 1902 et 1993 :

kiloi florins de Hollande kiloc florins de Hollande

Makassar

Singapour . . . 3,5oo 2,100 6,665 3,999

Menado

Singapour . . . 5o,573 30.344 62,101 37,261

Manille. . . 1,210 726 1,643 986

Hollande ...» » 12,282 7» 369

Ternatb

Singapour . . . 444 266 1.736 Xt042

Amboine

Singapour. . . 6,355 3.8i3 4.500 2,700

Sumatra

Penang .... » » 60 36

Singapour ... 95 57 218 i3i

Totaux. . . 62,177 37,306 89,205 53,524

Les marchés principaux du cacao en Hollande sont toujours Amsterdam et Rotterdam. Un sixième environ de la production se dirige vers Singapour, d'où le cacao gagne Manille, où les grains sont pulvérisés et entrent dans la consommation indigène.

Si Ton jette un coup d'oeil sur les statistiques de répartition du cacao de Java et Madoera, on voit que. dans ces dernières années, le commerce avec l'Amérique a particulièrement augmenté; la statistique suivante le montre clairement :

Exportations de Java et Madoera

vers 1904 190^

Hollande 75o,3i8 kilos i,i56,975 kilos.

Singapour 182,1 15 « 2ii.38i »

Angleterre 8.536 » — >»

Manille 2,121 » — »

Allemagne ... .... 795 » — »

Australie i,558 » — »

Amérique 31,974 » 12,868 »

En 1902, la France se trouvait dans les tableaux statistiques pour

248 kilos; depuis cette époque, le commerce de cacao entre Java et la France semble avoir complètement cessé.

La culture du cacaoyer a fait, à Samoa, de notables progrès, grâce à l'énergie des colons allemands et à de fortes sociétés coloniales, qui se son* occupées, soit uniquement de ce produit, soit de cultures mixtes de cacaoyers et de cocotiers.

En 1905, 1,407 hectares étaient consacrés dans ce groupe d'îles ^ la culture du cacaoyer et les récoltes ont été, depuis 1900 :

1900 .... 1,552 kilos. 1903 .... 4,614 kilos.

1902 .... 9,595 » 1905 .... 27,5oo »

L'introduction de cette culture date de i883 et de 1884; les premiers plants (i883) provenaient de Ceylan, ceux introduits en 1884 venaient des Indes Néerlandaises.

En Nouvelle-Calédonie, le cacaoyer a été introduit par les Français; l'exportation, en 1904, a été de 2,090 kilos.

AFRIQUE

Parmi les cacaos d'Afrique, ceux de San Thomé et de Principe sont exportés pour le moment en plus forte quantité.

Le cacao a été introduit à San Thomé en 1822 ; en 1869, les exportations comportaient seulement 5o,868 kilos ; en 1895. elles atteignirent 5 millions 670,000 kilos; Principe produisait, en 1869, trois fois plus de cacao; actuellement, elle en fournit 3, 000 tonnes, environ sept fois moins que San Thomé.

A San Thomé, il y a actuellement 3o,ooo hectares de cacaoyers en rapport et de nombreuses plantations jeunes. Certaines des plantations, telles : Rio de Ouro, Aqua Tzi, Uba-Buda, Monte Café produisent annuellement 1,000 tonnes de cacao et pourront produire davantage.

Un planteur de la région, le Comte de Valle-Flor, possède à lui seul environ le quart de la surface de cette île. Des centaines de kilomètres de chemin de fer sillonnent ses propriétés et des vapeurs affrétés spécialement permettent à ses agents de concentrer les récoltes, elles ont produit, en 1905, un rendement valant net plus de 4,000,000 de francs.

Le cacao est, d'ailleurs, la grande richesse de ces deux îles : sur une exportation d'une valeur totale de 33, 000,000 de francs en 1904, le cacao figurait pour 3 1 millions.

C'est surtout vers Lisbonne que se dirigent les cacaos de San Thomé ; ce port a reçu, en 1905 et 1906, en sacs :

X905 . 427,822 sacs.

et pour les cinq premiers mois des années 1904 à 1907 :

1904 109,903 sacs

La culture du cacaoyer est installée depuis assez longtemps à Fernando-Po, mais depuis peu, les Espagnols, ayant vu le succès obtenu à San Thomé, se sont occupés du développement de cette culture. En 1904, l'exportation du cacao aurait atteint pour cette île 2,260 tonnes, embarquées toutes à destination de Barcelone.

Cameroun. — Les plantations de cacaoyers ont assez bien réussi au Cameroun grâce aux efforts du Comité économique allemand et, en particulier, à ceux de MM. Preuss et Busse qui ont entrepris plusieurs expéditions dans le but d'introduire des variétés nouvelles ou de rechercher les moyens de combattre les maladies attaquant ces plantes.

L'introduction de cette culture date de 1886 et, dix ans plus tard, 460 hectares se trouvaient déjà consacrés à cette culture; celle-ci produit actuellement plus de 1000 tonnes par an.

Cote d'Or. — Dans maintes circonstances, la culture du cacao par les indigènes de la Côte d'Or (sur le territoire des Achantis) a appelé l'attention par suite de son importance et de la rapidité de son développement.

Les premières plantations de cacaoyers furent faites en 1879; les plantes furent importées de Fernando Po. Après la première récolte, on distribua les graines aux indigènes de la région. En i885, on récolta les premières 121 livres et, à partir de 1891, commença une exportation régulière.

En 1895, l'exportation s'élevait déjà à 65o, 000 kilogrammes, soit pour i55 contos de reis ^= 775,000 francs: et, en 1902, à 2,700,000 kilogrammes, d'une valeur de 533 contos de reis = 2,665,ooo francs; en 1904, elle dépassait 5ooo tonnes valant plus de 5, 000, 000 de francs.

A partir de l'époque de production, le Gouvernement s'intéressa spécialement à cette culture et installa, à Aburi, une Station botanique qui commença des recherches sur cette plante. Dès 1898, le chef du Jardin botanique se rendit dans l'intérieur des terres pour enseigner aux indigènes la manière de cultiver rationnellement le cacaoyer, et fit distribuer des milliers de jeunes plantules. Actuellement, le Gouvernement commence à prendre en mains l'expédition des récoltes des indigènes, et a même établi une nouvelle station d'essai à Tarkwa, où des essais de culture vont être tentés pour déterminer les meilleures distances à laisser entre les plants. •

L'administration anglaise n'a cessé de protéger et de veiller au développement de cette culture par les indigènes, mais malgré tout, la qualité, et par suite les prix, sont restés assez médiocres.

Le grand facteur du développement de cette culture est le Jardin botanique d' Aburi, qui, créé depuis 1890, a fait tous ses efforts pour étendre

et améliorer cette culture qui s'est d'ailleurs étendue dans les autres colonies anglaises de la Côte occidentale d'Afrique.

Vu les succès obtenus dans cette région, il n'est peut-être pas sans intérêt d'insister ici sur les procédés culturaux.

On plante à une distance de 4,5 m. X 4,5 m. On a employé pour l'ombrage V Erythrina corallina, mais M. Johnson a remarqué que l'ombrage fourni par cette plante est trop considérable, et d'après lui, le cacaoyer moins abrité fournit un rendement meilleur; c'est le résultat auquel sont arrivées les études de M. van Hall à la Guyane Hollandaise, nous avons insisté sur elles plus haut. Cet Erythrina a encore un autre désagrément, pendant la' saison sèche, époque où l'abri est le plus nécessaire, elle laisse

Fig. 54. — Cacaoyer de 5 ans,

DANS LES PLANTATIONS DE L'A. P. C. A TeMVO, PORTANT DES CABOSSES MURES.

tomber ses feuilles. M. Johnson croit avoir mis la main sur un arbre d'ombre préférable et fait, en ce moment, une série d'expériences sur ce sujet.

Voici comment on opère à Aburi. On élève les plantules en pots de bambou, et, six mois après semis, on les transplante. Peu de temps avant la transplantation, des trous, de 3 pieds de large et de i à 2 pieds de profondeur suivant le terrain, sont ménagés, et on plante des bananiers en même temps que les arbres d'ombrage définitifs; on plante, de préférence, de petits bananiers, les grandes variétés poussent trop vigoureusement et donnent trop d'ombre. Dans les espaces laissés vides, on plante la cassave et le taro qui ombragent le sol. Les cacaoyers sont plantés à i5 X i5 pieds;

toutes les trois rangées, on plante les arbres d'ombrage. Au bout de deux ans, bananier et taro sont enlevés. Aussi longtemps que les plants sont jeunes, on nettoie soigneusement un cercle autour de chaque pied; plus tard, ce soin devient inutile; on laisse même Therbe croître entre les arbres et former un tapis épais qui empêche le lavage de la couche superficielle et retient Thumidité de celle-ci ; on aura cependant soin de faucher ces herbages s'ils devenaient par trop hauts.

C'est, comme on le voit, le système de protection du sol tel que nous Tavons préconisé plus haut.

Mais M. Johnson recommande de laisser ces herbes fauchées, les cabosses privées de leurs graines, les feuilles pourries sous les arbres afin de constituer de Thumus. Cette pratique peut être excellente aussi longtemps que la plantation n'a pas à souffrir de maladies, car, dès ce moment, il y a avantage à brûler tout ce qui provient des plants malades afin d'éviter la propagation de la maladie.

Nous ne pouvons donc la conseiller en totalité. Il faudra retourner les herbes dans le sol et non les laisser pourrir à la surface, et l'enveloppe des cabosses sera réduite en matières utilisables pour la plante par un des procédés indiqués plus haut.

On conseille encore à Lagos, avec raison, si on laisse de l'humus se former sous les arbres, de travailler le sol de la plantation deux fois par an au moyen de râteaux et non de bêches, car ces derniers instruments pourraient couper ou endommager les racines superficielles du cacaoyer. Ce mode opératoire a donné de très beaux résultats comparativement à celui qui consistait à nettoyer soigneusement le sol. Quant à la taille, elle doit se faire de façon à empêcher une trop forte croissance en hauteur et amener plutôt un développement en largeur, pour permettre à la lumière d'atteindre plus facilement les rameaux et de hâter la fructification

Les statistiques ci-dessous font voir l'accroissement de la culture du cacaoyer à la Côte d'Or et, en même temps, la baisse de la valeur du produit.

X891 80 livres d'une valeur de

1903 — 2,3x2.456 kilos.

80 mark

Pour 1905, 1906 et les trois premiers mois de 1907, les exportations se chiffrent, en livres anglaises :

ï9o5 ii,32i,99ï livres.

Ï906 2o,oo9,5o3 »

Le Lassos a exporté en 1904 et 1905 respectivement : 821,732 et 663,588 livres, valant 13,892 et 10,899 livres sterling.

Dans le Nis^érie du Sud, Texportation avait atteint en 1904 : i65 tonnes.

A la Côte d*Ivolre, la production du cacao est encore très réduite.

Fig. 55. — Caravane transportant les sacs de cacao

a la station d*embarqubment

(Temvo, État Indépendant du Congo).

Elle était, en 1903, de 523 kilogrammes qui ont été envoyés directement en France; en 1904, elle atteignit 980 kilogrammes.

Qabon-Cons^o. — La culture du cacaoyer paraît relativement ancienne dans la région, mais les essais sérieux n'ont guère été faits avant 1887, époque où fut installé le Jardin d'essai de Libreville. Les premières plantations un peu importantes furent créées par la Nieuwe Afrikaansche Handels- Vennootschap à Cayo, près de la rivière Loeme, mais cette plantation n'a pas donné les résulltats espérés.

Le Cons^o Français commence à produire du cacao en assez notable quantité. L'exportation totale de 1898 se chiffrait par i5,569 kilos; depuis elle a augmenté et était :

1896 5,143 kilos. 1901 46,970 kilos.

La plantation de M. Jeauselun, de Tlle aux Perroquets, une des seules en plein rapport, a donné, elle seule, plus de 3o tonnes de cacao, produit par des plants originaires de San Thomé, et dont la qualité, comme le montre une des analyses ci-dessous, est très belle.

L'analyse de deux échantillons, faite par M. Balland. a donné, pour les amandes, le résultat suivant :

Eau

Matières azotées

— grasses

— amylacées et extractives

Cellulose

Cendres

KOUILOU.

Ile aux Perroquets

[Estuaire tiu Gabon).

Le poi s moyen de 100 fèves variait de 90,90 à 96.20, le plus fort poids étant celui du cacao du Kouiiou.

De l'avis de tous ceux qui connaissent cette colonie et qui ont pu étudier la production du cacao dans les divers pays du monde, le Congo français peut figurer parmi les plus favorables à la culture.

C'est à im agronome allemand, Teusz, que Ton doit l'introduction du cacaoyer, en 1884 dans l'Etat Indépendant du Cons^o; les graines avaient été semées dans la région du Stanley- Pool et, en 1887, M. L ebrechts, ayant retrouvé des pieds semés par Teusz, en propagea les graines. Depuis, l'État Indépendant du Congo s'est fortement occupé de la culture de cette plante.

En 1897, un arrêté a prescrit l'établissement de plantations de caféiers et de cacaoyers dans les cheiferies indigènes; le noir reçoit une indemnité en rapport avec les plantations faites et le produit de la récolte est remis à l'État. Les graines ayant servi à établir les plantations du Congo, proviennent de San Thomé, de Caracas et de Colombie, et les centres de cultures sont à peu près les mêmes que ceux du café ; des cultures d'essai avec différentes variétés ont été entreprises au Jardin botanique d'Eala.

En 1894, on comptait 13,867 cacaoyers au Congo; en 1897, il y en avait plus de 100,000 et, en 1900, on en comptait plus de 490,600; en 1906, le

(i) Chiffre approximatif

nombre s*est trouvé réduit à 25o,ooo. Cette diminution est due au fait que les essais tentés un peu dans tous les districts n'ont pas donné partout de bons résultats, soit à cause de la nature du sol, soit par suite d'un climat peu favorable. Les districts où le cacao est actuellement propagé sont : Boma (Mayombe), (fig. 54 et 55), Equateur, Aruwimi, Province orientale. On plante annuellement dans le district de TAruwini et dans celui de rÉquateur, environ 5o,ooo cacaoyers par an.

La statistique des cacaoyers existant au Congo a été donnée comme suit dans les documents officiels :

13,867 cacaoyers.

. 386,269 cacaoyers

. 25o,ooo »

Certaines de ces plantations ne sont pas établies depuis assez longtemps pour pouvoir être mises en exploitation régulière.

De bons plants de cacaoyers peuvent produire, en moyenne, au Congo, 1,200 grammes de graines sèches par plant et par an.

Le rapport au Roi-Sou vèrain, donnant la statistique des produits exportés de rÉtat pendant l'année 1900, renseigne 8,911 kilos de cacao, ayant été vendus au prix total de fr. 12,475.40.

En 1902, la quantité de cacao exportée du Congo a été moins considérable : elle a été de 4,390 kilos seulement, ayant valu 6,146 francs.

Depuis lors, les exportations ont augmenté comme le montrent d'ailleurs les données du tableau ci-après :

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