‹ Les plantes tropicales de grande culture, Volume 1Chapitre 59 sur 78 · V. Giullanetti F, M. bailey · texte numérisé non relu

V. Giullanetti F, M. bailey

Distrib, — Nouvelle Guinée.

*V. grandifolia Lindl. — Forte liane à tiges assez épaisses, de 8 millimètres de diamètre. Feuilles courtement pétiolées. largement elliptiques-ovales ou suborbiculaires, rétrécies assez brusquement au sommet, de i5 à 22 centimètres de long et de 10-17 centimètres de large. Bractées de 12 millimètres de long, pédicelles de 5 à 6,2 centimètres de long. Sépales et pétales de 5 à 6,2 centimètres de long. Colonne de 3o millimètres environ. Capsule de i5-3o centimètres de long et de 2 centimètres de diamètre, à graines luisantes brunâtres.

Distrib. — Afrique tropicale : Ile des Princes, Bas-Congo,

V. Qriffithii Reichb.f. — V. albida Griff. — Feuilles elliptiques-oblongues ou lancéolées oblongues, de 7-18,5 centimètres de long et 3-8 centimètres de large. Sépales et pétales de 2o-3o millimètres de long; labelle de 18-24 millimètres de long. Colonne de 12 millimètres environ de long. Capsules de 6-7,5 centimètres de long.

Distrib. — Malacca, Penang, Perak, Singapour.

V. guianensis Splitg. — Tige robuste, feuilles courtement pétiolées, à pétiole de o,5-i.5 centimètre de long, elliptiques-oblongues, longuement acutninées, subarrondies à la base, de i5 à 21 centimètres de long et 4-7,5 centimètres de large. Bractées de 5-12 millimètres de long et 3-7 millimètres de large Sépales et pétales de 5,5-6,5 centimètres de long et de 8-1 1 millimètres de large. Colonne de 3 centimètres de long. Fruit de i5 à 20 centimètres de long et de 2.5-3 centimètres de diamètre.

£)i5/rf6.— Amérique tropicale : Suriname, Guyane Anglaise, Brésil septentrional.

V. hamata Klotzsch, — Feuilles obovales courtement pétiolées, rétrécies à la base, arrondies au sommet, de i5 centimètres environ de long et de 7-10 centimètres de large. Fleurs et fruits inconnus.

Distrib. — Pérou.

Mi Hartii Rolfe. — Tiges assez grêles. Feuilles couftement pétiolées, ovales-oblongues, acuminées, de 5-6 centimètres environ de long et de i8 millimètres environ de large, épaisses, à pétiole de 6 millimètres environ de long. Racèmcs de 10-16 millimètres de long. Fleurs à colonne de 3 centimètres environ de long, à labelle de 3 centimètres environ de long.

Distrib, — Trinidad.

Observation. — Cette espèce serait voisine de V. Sprucei Rolfe, dont elle différerait surtout par ses feuilles et fleurs plus petites.

V. Hostmanni Rol/e, — Tiges assez épaisses, feuilles courtement pétiolées, lancéoléesoblongues, de i3-22,5 centimètres de long et de 5,5-6,8 centimètres de large. Sépales et pétales de 5,8-7 centimètres de long. Colonne de 3 centimètres de long. Capsule inconnue.

Distrib, — Amérique tropicale : Brésil, Guyane Hollandaise.

V. Humblotii Reichb,/. — Tiges aphylles. Fleurs assez grandes. Diffère des V. Roscheri et Phalaenopsis par l'absence de poils sur la base du labelle. Sépales lancéolés-oblongs, subaigus de 5-6,8 centimètres de long. Labelle de même longueur. Colonne de 18 millimètres de long.

Distrib, — Iles Comores.

V. imparialis Krânsl. — Tiges épaisses, feuilles supérieures apiculées, de i5 centimètres environ de long et de 8,5 centimètres environ de large. Bractées ovales-aiguës, de 20-24 millimètres de long. Sépales et pétales de 8 centimètres de long et 1,6-1,8 centimètres de large. Colonne de 36 centimètres environ de long.

Distrib, — Afrique tropicale : Cameroun.

V. inodora Schiede. — Epidendrum VanillaL.; V. Mexicana Mill.; V. aromatica Sw. (pr.p.); V. EPIDENDRUM iVirô.; V. guianensis S/»///^. (pr. p.); V. surinamensis i?«VAi. /. (pr. p.); V. ANAROMATICA Griseb. (pr.p.). — Tiges épaisses; feuilles subsessiles ovaleselliptiques ou elliptiques-oblongues courtement acuminées de 7,5-27 centimètres de long et 3-10,5 centimètres de large. Sépales et pétales de 4-5 centimètres de long et de 10-14 millimètres de large ; labelle de 3,5-4,5 centimètres de long. Capsule de 12-25 centimètres de long.

Disttib. — Amérique centrale : Mexique ; Indes occidentales : Jamaïque. Cuba, Porto-Rico, Saint-Domingue, Trinidad, Guyanes et Nicaragua.

V. Laurantiana De Wiîd. — Tiges assez grêles. Feuilles à pétioles de i,5-2 centimètres de long, à limbe de io-i5 centimètres de long et 3,5-5,5 centimètres de large. Pétales et sépales de 3,8 centimètres de long et 6 millimètres de large. Labelle de 16-17 millimètres de long. Colonne de 16 millimètrss environ de long.

Distrib. — État Indépendant du Congo : Nala.

— — var. Gillatil De Wild. — Feuilles à limbe de 7-1 1 centimètres de long et 3,5-5.5 centimètres de large. Sépales et pétales de 2,5 centimètres environ de long et 5-6 millimètres de large. Colonne de 17-18 millimètres de long.

Distrib, — État Indépendant du Congo : Ravin de Kimpese.

V. Lujae De Wild. — Tiges épaisses. Feuilles sessiles atteignant 28 centimètres de long et 10 centimètres de large. Fleurs à sépales et pétales de 4,5-5 centimètres de long et 2 centimètres environ de large. Labelle de 5 centimètres environ de large. Colonne de 3-5 centimètres de long.

Distrib. — État Indépendant du Congo : Kasai.

V. madagascariansis Rolfe, — Feuilles inconnues. Sépales et pétales lancéolés, subaigus, de 3 centimètres de long. Labelle entier de 5 centimètres de long. Colonne de 20 millimètres de long. Fruit inconnu.

Distrib, — Madagascar, Bamatoe.

V. marowynansis Puîle. — Tiges épaisses, feuilles coriaces, acuminées, de i2-i5 centimètres de long et 4.5-6 centimètres de large. Bractées petites, obtuses, concaves. Sépales de 5 centimètres de long et de 16 millimètres de large, pétales de 5 centimètres de long et de 14 millimètres de large. Labelle de 4,5 centimètres de long et de i,5 centimètre de large. Colonne de 3 centimètres de long.

Distrib. — Amérique tropicale : Guyane Hollandaise.

V. Mathonica Reichb. /. et Warsz. — Tiges assez fortes, feuilles oblongues, à pétiole de 10 millimètres environ de long. Bractées ovales apiculées. Fleurs un peu plus grandes que celles du V. Pompona. Capsule de i2,5-i5 centimètres de long.

Distrib. — Amérique tropicale : Nouvelle-Grenade.

Observation. — Diaprés Warscewicz, cette espèce produirait une des plus fines vanilles du commerce.

V.Moonii Thw. — Feuilles elliptiques, linéaires oblongues ou falciformes, obtusément acuminées, de i2,5 à 17,5 centimètres de long. Bractées de 6 millimètres de long. Sépales de 25 millimètres environ de long. Capsule linéaire de 10 centimètres de long et 14-18 millimètres de diamètre.

Distrib. — Ceylan.

V. odorata Presl. — Feuilles courtement pétiolées, linéaires, lancéolées, aiguës, de 12,5-17,5 millimètres de long et de 12-16 millimètres de large. Capsule linéaire-lancéolée de 15-17.5 centimètres de long, aromatique.

Distrib. — Amérique tropicale : Equateur, Guyaquil.

Observation. — M. Rolfe, dans son étude sur les Vanilliers [Kew BuîL 1895,', fait remarquer que cette espèce est connue seulement de nos jours par sa description ; les gousses auraient conservé, d'après Presl, leur parfum pendant trente-six ans.

V. opganansis Rolfe. — V. aromatica Lindl. — Tiges grêles, feuilles subsessiles, lancéolées-oblongues, subacuminées, de 6-12, 5 centimètres de long et 1,8-4,2 de large. Racèmes pauciflores. Sépales et pétales de 6-12.5 centimètres de long; labelle de même longueur ou un peu plus court. Colonne de 2 centimètres de long. Capsule allongée linéaire, de 12 centimètres environ de long.

Distrib. — Brésil.

V. ovallfolia Rolfe. — Tiges grêle-, feuilles à pétioles de 8-12 millimètres de long, de 7,5 à 9 centimètres de long et de 4-5 centimètres de large. Bractées de 2 millimètres environ de long. Sépales et pétales de 16 à i8 millimètres de long, labelle de 14-16 millimètres de long. Colonne de 12-14 millimètres de long. Fruit inconnu.

Distrib, — Afrique tropicale : Vieux-Calabar, Congo Français.

V. ovfita Rolfe, — Tiges grêles, feuilles courtement pétiolées, ovales, subaiguës, de i6 centimètres environ de long et lo centimètres de large. Sépales et pétales de 3,7 centimètres environ de long et 6-8 millimètres de large ; labelle de même longueur que les pétales. Colonne de 2,5 centimètres de long. Fruit inconnu.

Distrib. — Guyane.

V. palambanioa Teysm et Binn, — Feuilles ovales, acuminées, arrondies à la base, de 9 centimètres environ de long et de 4,5 centimètres de large. Bractées petites, ovalessquamiformes. Fruit de 10 centimètres environ de long, obscurément triquètre, lisse, charnu.

Distrib. — Palembang (Sumatra).

V. palmarum Lindl. — Epidendrum Palmarum Salzm. — Tiges assez grêles, feuilles subsessiles, petites, elliptiques-oblongues, obtuses au sommet ou subarrondies, arrondies ou subcordées à la base, de 5-i2 centimètres de long et de 2-4,5 centimètres de large, à pétiole de 25 millimètres de long. Bractées de 4-14 millimètres de long et de 3-IO millimètres de large. Sépales et pétales de 4-4.5 centimètres de long et de 8-9 millimètres de large, labelle de 5 centimètres environ de long et de 22-24 millimètres de large. Colonne de 3-3,5 centimètres de long. Fruits de 4-4,5 centimètres de long et de 7-9 millimètres de diamètre.

Distrib. — Amérique tropicale : Brésil, Suriname, Guyane Anglaise.

— — var. grandifolia Cogn. — Tige un peu plus robuste, feuilles triangulairesoblongues, de i2-i3 centimètres de long et de 4,5-5 centimètres de large.

Distrib, — Amérique tropicale : Cuba.

V. Paris hil Reichb. f. — Aphylle. Fleurs plus grandes que celles du V. aphylla Bl. de 25 à 37 millimètres de long. Labelle de 24-36 millimètres de long; colonne de 18 millimètres. Fruits inconnus.

Distrib. — Tenasserim.

V. parvifolla Barb.-Rodr. — Tiges robustes, feuilles sessiles, concaves, recourbées au sommet, ovales-lancéolées, aiguës au sommet, subarrondies à la base, de 5-8 centimètres de long et de 3-4 centimètres de large. Bractées nulles. Sépales et p>étales de 4,5-5 centimètres de long et de 13-17 millimètres de large. Labelle de 4 centimètres de long. Colonne de 2 centimètres de long. Fruits de io-i5 centimètres environ de long et de 8-9 millimètres de large.

Distrib, — Amérique tropicale : Brésil (Parana).

V. Pfaviana Reichb. — Tige grêle, feuilles oblongues, brusquement acuminées, de i5 centimètres environ de large. Bractées aussi longues ou plus longues que les ovaires. Fleurs assez grandes. Fruits inconnus.

Distrib. — Amérique tropicale : Mexique.

V, phaaantha Reichb./. — V. planifolia Griseb. (pr. p.) ; V. planifolia ^ macrantha Griseb, — Tiges grêles, fiexueuses comme dans le V. planifolia. Feuilles oblongues, ovales aiguës. Bractées de ii-i 4 millimètres de long et de 4-8 millimètres de large. Sépales et pétales de 5,5-7 centimètres de long. Capsule de 7,5 millimètres de long et de 12 millimètres de diamètre.

Distrib. — Amérique tropicale : Cuba, Saint-Vincent, Trinidad.

Observation. — Le fruit de cette espèce aurait peu de parfum et peu de valeur au point de vue commercial.

V. Phalaanopsis Reickb. /. — Tiges assez robustes, feuilles nulles, bractées de i5 millimètres environ de long. Sépales et pétales de 5-6 centimètres environ de long. Colonne de i8 millimètres de long. Capsule de io-i3 centimètres de long.

Distrib. — Asie tropicale : Zanguebar.

V. philippinansis Rolfe. — Feuilles elliptiques-oblongues. courtement acuminées, de i5-22,5 centimètres de long et 4,3-6,7 centimètres de large. Sépales et pétales de 4,2 centimètres de long, labelle un peu plus court, velu. Colonne de 2-4 centimètres environ de long. Capsule de 6,2 centimètres de long et 18 millimètres de large.

Distrib. — Philippines.

V. pianifolla Andr, — Epidendrum Vanilla L. (pr. p.); V. mexicana Mill. (pr. p.); V. AROMATiCA Sw. (pr. p.); V. Epidendrum Mirb. (pr. p.); Myobroma fragrans Salisb,; V. viridiflora Bl,\ V. sativ a Schiede; V. sylvestris S chiede; V. majaijensisB/. — Tiges grêles, flexueuses, feuilles subsessiles, oblongues, aiguës ou courtement acuminées, de 10 à 17,5 centimètres de long, et de 35 à 65 millimètres de large. Bractées de 4-12 millimètres de long. Sépalees et pétales subégaux, linéaires, oblongs. subobtus, de 5 centimètres environ de long. Colonne de 28 à 3i millimètres de long. Fleurs peu odorantes. Fruit allongé-linéaire, obscurément trigone, de 1 5-22, 5 centimètres de long et de 12-14 millimètres de 'diamètre.

Distrib. — Amérique tropicale : Mexique, Honduras, Guatemala, Costa-Rica, Guyane Hollandaise. — Cultivé dans presque toutes les régions tropicales.

Observation. — C'est le vrai producteur de vanille, connu déjà en i6o5 par Clusius qui le découvrit sous le nom de Lobus obhngus aromaticus. Mais comme nous l'avons fait remarquer, l'histoire de ce vanillier est des plus obscures et bien des plantes ont été rapportées à cette espèce.

V. Poitaal Reichb.f. — Sépales et pétales ligules, aigus. Feuilles et fruits non décrits. Distrib. — Saint-Domingue.

V. Pompona Schiedt. — V. grandiflora Lindl.; V. guianensis Splitg. pr. p.: V. lutescens Moq.; V. suRiNAMENsis Reichb.f. pr. p. — Tige assez robuste, feuilles ovales-oblongues, aiguës au sommet, contractées, subcordées à la base, de 14-27 centimètres de long et de 3,5-11,5 centimètres de large Bractées de 10-18 millimètres de long. Sépales et pétales de 7,5-8,5 centimètres de long et de 12-16 millimètres de large. Labelle à 9-9,5 centimètres, de long. Colonne de 6-7 centimètres de long. Capsule de 12-17,5 centimètres de long et de i6-3o millimètres de large.

Distrib. — Amérique tropicale : Mexique, Nicaragua, Panama, Colombie, Venezuela, Trinidad, Guyane Anglaise, Suriname, Cayenne, et cultivée dans beaucoup de régions tropicales, en particulier à la Martinique et à la Guadeloupe.

Observation. — Cette espèce fournit une vanille qui a, pendant fort longtemps, été très répandue dans le commerce où elle était connue sous le nom de Vanillons u grosse vanille », vanille des acquales ou Baynilîa Pompona. Comme on a pu le voir, en comparant les mensurations des fruits, les gousses de cette espèce sont beaucoup plus grosses ; elles exigent plus de soin dans la dessiccation et atteignent en général un moins beau prix sur le marché, tout en étant cependant très employées.

V. ramosa Rolfe. — Tige assez grêle, feuilles à pétioles de 12 à 18 millimètres, oblonguesou elliptiques-oblongues, courtement acuminées, subobtuses, de 18 à 25 centimètres de long et de 2,5 à 5,5 centimètres de large. Bractées de 2 à 4 millimètres de long. Sépales et pétales de 20 à 24 millimètres de long, labelle de 14 à 16 millimètres. Colonne de 14-16 millimètres de long. Capsule inconnue.

Distrib. — Afrique tropicale : Lagos, Niger, Congo Français.

V. Rcscharl Reichb. — Tige forte privée de feuilles. Fleurs à sépales et pétales de 7,5 à 8 centimètres de long, labelle de 6 à 7 centimètres de long. Colonne de i5 millimètres environ de long. Capsule allongée-linéaire, de i5 à 17,5 centimètres de long.

Distrib. — Afrique tropicale : Mozambique.

V. Ruiziana Klotzsch. — Feuilles allongées, rétrécies aux deux bouts, nettement pétiolées, terminées en crochet, de 17 centimètres environ de long et de 3-4 centimètres de large. Fruits et fleurs non décrits.

Distrib, — Pérou.

V. Spruoai Roîfe, — Tiges grêles, flexueuses. Feuilles pétiolées, lancéolées ou oblongues, lancéolées, acuminées-subobtuses, de lo-ii centimètres de long et 2,4-3,6 centimètres de long; pétiole de 10-12 millimètres de long. Sépales et pétales de 5-6,2 centimètres de long et 5-6 millimètres de large. Labelle de 5,5 centimètres environ de long. Colonne de 4,3 centimètres environ de long. Capsule inconnue.

Distrib. — Colombie : Haut- Amazone.

V. tolypaphora RicU. — Tige assez épaisse, canaliculée. Feuilles ovales ou ovaleslancéolées, aiguës, de i5 centimètres environ de long et de 7,5 centimètres de large. Fleurs grandes, odorantes. Fruit de la grandeur de petites bananes, douceâtre et presque comestible.

Distrib. — Penang, Ile Pulau Ubin (entre Singaporeet lohore) et Selangor.

V. Vallozii Rolje. — Epidendrum Vanilla Vell.\ V. Chamissonis var. B. -— Tiges épaisses; feuilles subsessiles, oblongues, obtuses, de io-i3 centimètres de long et 3-4,3 centimètres de large. Sépales et pétales de 4-5 centimètres de long. Labelle aussi long que les pétales. Colonne de 3 à 3,6 centimètres de long. Fruit inconnu.

Distrib. — Brésil.

V. Walkarlaa Wight, — Plante aphylle, tige forte. Bractées de 10 millimètres environ de long. Sépales et pédales de 5-6 centimètres de long, labelle un peu plus court. Fruit cylindrique de i2-i5 centimètres.

Distrib, — Asie tropicale : Ceylan.

V. Wightiana Lindl. — V aphylla Lindl. non. Bî.; V. Wightii Lindl. — Tiges aphylles, assez épaisses. Bractées de 10 millimètres environ de long. Pétales et sépales de 1,8-2 centimètres environ de long, colonne de 1,4 centimètre. Fruit cylindrique de 1 5-1 7,5 centimètres.

Distrib, — Asie tropicale : Travancore.

V. Wrightii Reich. f.^V. claviculata Lifidl.; V. pai.marum Griseb : V. lutea Wright; V. PALMARUM Cogrt. p.p. — Tiges grêles, feuilles pétiolées subcordées à la base ou arrondies, ovales, brusquement acuminées, de 4,5-7 centimètres de long et 1.5-3 centimètres de large; bractées ligulées, courtes, de 5 millimètres de long. Sépales ligules, obtusément aigus, pétales linéaires acuminés de 5-6 centimètres de long, labelle cucullé, bilobé. Fruit cylindrique de i3-i5 centimètres de long et 3-5 millimètres de large.

Distrib. — Amérique tropicale : Guyane Anglaise et Guyane Hollandaise; Cuba.

Le vanillier pousse en général dans une terre riche, de o à i,ooo mètres d'altitude; il ne dépasse guère cette altitude et. déjà, à 5oo mètres il ne domie plus un produit de première qualité et fleurit d'ailleurs moins abondamment.

Nous donnons ci-dessous, sans nous appesantir sur le sujet, et d'après les observations de M. le docteur O. Burger, qui a étudié avec soin la distribution des végétaux dans les régions tropicales de l'Amérique du Sud, un tableau de la répartition de certaines espèces végétales suivant l'altitude :

Plantes en général o à 4,5cx3 mètres.

Herbes o à 4,200 »

Arbres o à 3,5oo »

Vignes 2,000 à 2,600 »

Arbres à caoutchouc o à 400 »

Cotonnier o à 1,900 »

Tabac o à 2,000 »

Pommes de terre 1,800 à 3, 200 »

Manioc o à 1,000 »

Papayer o à 1,200 )>

Psidium o à 2,100 »

Cacaoyer o à 400 »

Caféier 5oo à 2,200 «

Vanillier. . o à 1,000 »

Canne à sucre o à 1,800 »

Bananier o à 1,000 »

Pour établir une vanillerie, il faut naturellement planter des arbres tuteurs, et, comme la plante est habituée à végéter en forêt, il est nécessaire de l'abriter du vent.

Il faut donc créer autour de la plantation une lisière d'arbres et si, dans certains cas, les essais de plantations de vanilleries n'ont pas été couronnés de succès, c'est en grande partie à cause des mauvaises conditions dans lesquelles les vanilliers se sont trouvés au point de vue de l'abri.

Cependant, il résulte de certaines observations qu'il y a lieu de bien définir la portée du terme abri; il ne s'agit pas de créer un fort ombrage autour des vanilliers, mais bien de les protéger légèrement. Il semble aussi prouvé que les vanilliers en plein soleil, à la lisière d'une forêt, donnent des fruits plus longs et plus parfumés que ceux conservés sous le couvert.

L'ombrage est difficile à .définir d'une manière générale, son intensité dépendra de diverses conditions : sol et climat.

Le bananier est une excellente plante d'ombrage pour le vanillier, surtout dans les débuts de la culture.

Cependant, certains auteurs, malgré les avantages sérieux du bananier comme plante d'abri, le déconseillent grandement, car ils le considèrent comme une plante peu solide, facilement renversée par les vents et, par suite, capable d'arracher, en tombant, des plantes de vanilliers. L'argument dont on a voulu faire état contre l'emploi du bananier, et qui réside dans le fait que cette plante est épuisante et enlève au sol des éléments

utiles pour le développement des vanilliers, ne peut être maintenu en totalité, car le vanillier se nourrit, en partie du moins, en saprophyte.

Sans traiter cette question à fond, nous croyons important de signaler ici les conditions que doivent remplir les arbres tuteurs du vanillier. Il faut faire choix d'arbres ne se développant pas trop en hauteur, car un développement trop considérable du tuteur amènerait un ombrage pernicieux; il faut aussi un arbre dont l'écorce ne soit pas trop dure et sur laquelle les racines puissent se fixer facilement et, comme cela se conçoit aisément, il ne faut pas choisir un arbre dont Técorce tombe annuellement; Tarbre doit aussi conserver au moins une partie de ses feuilles pendant la saison sèche.

Une autre raison, et la plus importante peut-être, pour conseiller l'emploi comme tuteur d'un arbre à écorce persistante, réside, comme l'ont établi les études de M. Jacob de Cordemoy, dans la présence à l'intérieur des racines du vanillier, d'un mycélium de Champignon, une mycorhize, mettant en relation morphologique et physiologique la vanille et son support. Le même phénomène se présente d'ailleurs chez d'autres plantes, par exemple chez plusieurs espèces de poivriers. Il avait été démontré depuis longtemps par l'expérience que les poivriers, dont les racines aériennes s'appliquent sur des supports vivants, fleurissent et fructifient abondamment, par contre ceux à racines aériennes grimpant sur bois mort, donnent beaucoup moins.

Chez le Piper nigrum L. ou poivrier noir, chez le Piper cubeba ou cubèbe, chez le Piper Bette ou poivrier Betle. comme chez le vanillier, les racines aériennes naissant plus ou moins nombreuses aux nœuds de la tige, sont associées en symbiose avec des mycorhizes, et celles-ci établissent un rapport étroit entre elles et les tuteurs vivants contre lesquels elles s'appliquent. Ce mycélium ^////o/'Av/^ des racines envoie directement des rameaux vers l'extérieur (ectophyte) et ces rameaux pénètrent dans le liège du support; il est certain que l'association favorise la végétation et, grâce à cette union intime de la plante grimpante et de son support, les matières nutritives arrivent plus facilement au vanillier et aux poivriers; ils deviennent dès lors de vrais parasites.

Il y a tout avantage à prendre des arbres à racine pivotante et profonde; ils résistent mieux aux intempéries et n'épuisent pas la couche superficielle du terrain dans laquelle le vanillier puise une partie de sa nourriture.

On peut aussi tâcher de trouver, parmi les arbres tuteurs, une plante capable de donner un rendement accessoire.

Parmi les plantes le plus souvent employées en guise de tuteur dans la culture du vanillier, on peut citer : le pignon d'Inde ou Jatropha curcas ou Curcas purgatts, le Dragonnier ou Dracacua Draco, VAlhiszia lebbek ou bois noir, le Moringa pterygosperma^ le Filao ou Casuarina (quisetifoîta et quadrivaîvis^ le Spondias mombin ou lutea^ le Persea gratissima ou Avocatier, le Crescentia cujete ou Calebassier, l'arbre corail ou Erythrina indica, le Cola ou Stercnlia tragacantka^ le Mangifera indica ou Manguier, le Sang Dragon ou Pterocarpus indicus, VArtocarpus integri/olia. et bien d'autres dont nous ne croyons pas devoir faire l'énumération.

Le Casuarina n'est guère à conseiller : son écorce s'enlève par plaques et ne peut dès lors servir de soutien pour la Vanille. En outre, cette plante demande beaucoup d*eau et beaucoup d'engrais ; on n'a donc aucun intérêt à s'en servir comme tuteur dans la culture du vanillier. On a employé, dans certains cas, comme tuteurs, le cacaoyer et le caféier.

Enfin, on a encore préconisé la culture simultanée de la Vanille et du Kickxia ou Funtumia elasiica (le caoutchoutier d'Afrique). L'avantage de l'emploi de cette dernière essence comme sou lien de la vanille, particulièrement en Afrique tropicale, serait d'obtenir, après lo ans de culture du vanillier, époque à laquelle les vanilleries ne peuvent plus guère produire, une plantation de caoutchoutiers en plein rapport.

Ou avait également conseillé, il y a peu de temps, l'emploi d'espaliers au lieu de tuteurs vivants. Ce mode de culture aurait surtout comme avantage de permettre au vanillier d'absorber, pendant la période sèche, l'humidité du sol, prise par les tuteurs vivants au grand détriment de la liane. Mais ce mode de culture impose une grande dépense au colon, et l'on préférera, pendant longtemps encore, planter des suppoits vivants, ne demandant aucun soin, au lieu d'espaliers à renouveler souvent.

D'ailleurs, l'association intime entre le support vivant et le vanillier ayant été reconnue, il faut considérer cette dernière innovation comme sans grande valeur.

Pour installer une vanillerie, on devra donc d'abord préparer le sol, enlever les broussailles,- planter les bananiers, les autres arbres d'ombrage et ceux qui serviront de soutien à l'Orchidée. Les soutiens se placent à environ i mètre sur les lignes, celles-ci distantes de i™5o environ, soit 6,600 vanilliers par hectare; mais ce chiffre est rarement atteint, cardans beaucoup de plantations, à Bourbon, par exemple, on préfère planter les vanilliers à une distance un peu plus grande, soit i"*5o en tous sens, soit à I mètre de distance sur les lignes, celles-ci distantes de 2 mètres; on peut alors placer 4,5oo à 5, 000 vanilliers à l'hectare. Des distances plus grandes ou plus faibles ne sont pas à conseiller : dans le premier cas, la croissance régulière des plantes est entravée par le mélange des tiges, et la récolte devient plus difficile ; dans le second cas, le terrain n'est pas employé comme il pourrait l'être.

On plante généralement deux à trois ans après l'installation des supports; les bananiers sont installés un peu après la plantation des tuteurs; il leur suffit de dix-huit mois pour être en état de donner à la plantation l'ombrage suffisant. Pendant cette période de début, on prendra des précautions pour éviter l'envahissement des mauvaises herbes, et on veillera à ce que la couche supérieure du sol conserve son humus — on cherchera même à augmenter le terreau superficiel. La vanille n'est pas très exigeante durant sa croissance ; il faudra naturellement éviter la multiplication des mauvaises herbes, elles pourraient étouffer les boutures; il faudra travailler deux ou trois fois la terre afin de lui conserver sa struc-

ture et veiller à ce que Thumus soit renouvelé. Il faut aussi, si faire se peut, et si les conditions climatériques ne sont pas favorables, irriguer la plantation^ surtout au début. Si des boutures périssent, il faut les remplacer et dans ce but, il n'est pas mauvais d'avoir une pépinière à sa disposition.

Il faut éviter également de laisser prendre aux plants des vanilliers un trop grand développement : on taillera donc, et même on pincera, pour favoriser la floraison et hâter le complet développement des fleurs.

Après un pincement, Tapparition des fleurs est souvent considérable ; mais il faut bien se garder de laisser se nouer ou de féconder toutes les fleurs : une trop forte production épuiserait notablement les plantes.

Une vanillerie est, en général, assez rapidement épuisée; beaucoup d'agronomes coloniaux estiment qu'une plantation ne peut guère donner plus de quatre à cinq bonnes récoltes; la limite d'âge serait, comme nous le disons, de dix années environ. Il faut donc veiller à avoir toujours sous la main des plantations jeunes, capables de continuer la production.

On a parfois, et peut-être avec raison, attribué l'épuisement d'une plantation à la forte production obtenue par fécondation directe, et Ton s'est demandé si le croisement ne pourrait pas avoir une bonne influence sur les plantes. Rien, dans ce sens, n'a sérieusement été tenté ; la fécondation croisée et les semis parviendraient peut-être à rendre à certains vanilliers un peu de la vigueur perdue, mais il faut probablement rechercher les causes de l'épuisement rapide des vanilliers dans les conditions mêmes de la culture. Au Mexique, d'ailleurs, comme dans les autres régions productrices, on n'observe pas une grande résistance chez les plantes; et même de nos joui s, les vanilleries mexicaines se trouvent dans un pitoyable état; la culture des vanilliers y est de plus en plus abandonnée.

La culture du vanillier est, somme toute, très délicate, elle doit être appropriée à ta région ; les méthodes varieront donc suivant le pays où cette culture sera faite : au planteur de choisir les modes opératoires.

Comme toutes les plantes de grande culture, la vanille a ses parasites animaux et végétaux.

Un insecte causant de grands torts aux plantations de la Réunion est le « Trioza », un hémiptère qui vit sur le LHsea lauri/olia. Cet arbre, de la famille des Laurinées, est abondamment naturalisé à la Réunion. Le Trioza émigré, de son support primitif, sur les bourgeons floraux et les fleurs du vanillier dont il amène souvent, assez rapidemwity la pourriture.

Parmi les ennemis du vanillier, on signale aussi une punaise de bois verte, et une teigne (microlépidoptère) qui, si elles ne détruisent pas les gousses de vanille, les déprécient commercialement.

Des dégâts causés par la chenille d'un autre lépidoptère, la Plusie dorée ou Plusia aurifera, ont été signalés à Madagascar, à Maurice, en Abyssinie, au Sénégal, à Sainte- Hélène et à Ténériffe.

Certains coléoptères paraissent attaquer également la vanille, entre

autres un CurcuUionide trouvé à Nossi-Bé. Cet insecte creuse des galeries à l'intérieur de la liane, faisant mourir assez rapidement toute la partie de la plante au-dessus de la piqûre. Les vanilles sont aussi parfois déformées par les fourmis dont la présence provoque des excoriations, peut-être par l'action de l'acide formique qu'elles sécrètent. L'escargot (Hélix) doit aussi être considéré comme un des ennemis les plus redoutables du vanillier.

Quant aux maladies occasionnées par des champignons, elles semblent moins importantes; l'une d'elles cependant, due au Calospora Vanillae, observée aux Seychelles, à la Réunion, à Maurice, à la Nouvelle-Grenade, paraît assez grave. Elle se manifeste par de petites taches de couleur rouge sombre à la face supérieure des feuilles et occasionne le dépérissement rapide et souvent la mort de la plante. Le parasite se présente à divers stades, dont plusieurs évoluent sur les feuilles mortes; il faudra donc détruire avec soin toutes les feuilles mortes tombées sous les plantes. Il est assez intéressant de faire remarquer que tous les vanilliers malades dans les plantations de la Réunion et dont les analyses ont pu être faites, se trouvaient dans des conditions de végétation défavorables; leur manquait de la potasse et de l'acide phosphorique. Les maladies ne sont dortc probablement pas dues directement à l'action du parasite, mais leur cause première réside dans l'affaiblissement de la plante. Ce ne sera pas en prenant uniquement des mesures pour détruire le parasite que l'on parviendra à supprimer les maladies, mais bien en rendant au sol, par des engrais appropriés, les éléments consommés par la plante.

Une maladie des feuilles a fait son apparition à Tahiti ; elle est occasionnée par un champignon ColUtotrichum Vanillae dont on avait signalé la présence à Maurice où les feuilles seules étaient attaquées; à Tahiti, les fruits sont endommagés. De nombreux planteurs ont perdu la moitié de. leur récolte et même leur récolte entière.

Comme nous l'avons dit, la pollinisation de la fleur du vanillier ne peut se faire directement, il faut l'intervention des insectes ; mais si ceux-ci peuvent intervenir dans l'habitat naturel de la plante, il faut dans toutes les cultures, même dans celles du Mexique, avoir recours à la pollinisation artificielle pour assurer la récolte. Dans les pays où l'on rencontre des vanilliers indigènes et où. par suite, doivent exister des insectes capables d'opérer la fécondation, on rencontre beaucoup de fleurs stériles; c'est la raison pour laquelle les fruits de tant d'espèces du genre Vanilla sont encore si mal connus.

On a bien prétendu quelque part, au Guatemala, pensons-nous, que le planteur avait intérêt à faire, en concordance avec la culture du vanillier, l'élevage des abeilles pour aider à la fécondation des fleurs, mais nulle part nous n'avons vu de preuves de la fécondation des fleurs des espèces du genre Vanilla par des abeilles.

La fécondation artificielle fut opérée pour la première fois dans les

serres d'Europe. C'est à un Belge, né à Gand, Charles Morren, professeur aux Universités de Gand et de Liège, que nous devons le procédé de pollinisation artificielle encore universellement employé de nos jours. On a voulu revendiquer la découverte pour Neumann, un jardinier du Muséum d'Histoire naturelle de Paris: lui aussi aurait trouvé déjà en i83o le moyen de faire fructifier la vanille dans les serres, mais Neumann n'a jamais publié le résultat de ses observations. En 1837, Charles Morren fit paraître ses Premières Recherches sur la fructification du Vanillier en Europe. Peu après, en 1841, un jeune créole de la Réunion, Edmond Albius, aurait également découvert le moyen de faire fructifier la vanille.

Dans la pratique, cette opération se fait facilement et très rapidement. Une seule personne peut arriver à polliniser 2000 fleurs en quelques heures de travail. Le seul instrument nécessaire est une baguette rigide constituée par un éclat de bambou effilé, par un fragment de nervure d'une feuille de

a. Anthère; 6. Languette recouvrant le stigmate; s. Stigmate. Fig. 44. — Diverses phases de la pollinisation de la fleur du vanillier.

palmier, etc.; muni de ce stylet, l'opérateur écarte le labelle, puis relève la languette supérieure du stigmate de manière à la passer sous l'étamine ; il presse alors légèrement sur le capuchon qui contient l'organe mâle et le pollen se répand sur le stigmate. L'intervention de l'homme est terminée; le pollen déposé sur le stigmate y germera et ira féconder les ovules.

Pour donner une idée de la quantité de fleurs qui peuvent être poUinisées, il suffira de citer les chiffres suivants obtenus, en 1896, dans une vanillerie de Mayotte :

Du ler juin au 20 juin 5, 280

Du 21 juin au 20 juillet 8,820

Du 21 juillet au 20 août 233, i5o

Du 21 août au 20 septembre 1,209,640

Du 21 septembre au 20 octobre 524,840

ToTAX. . . 1,981,230

Le vanillier donne donc le plus de fleurs pendant la période d'août à septembre; celles-ci s'ouvrent toujours la nuit et, comme la floraison n'est

pas de longue durée, la pollinisation doit se faire le jour même de l'épanouissement, si possible avant-midi, car il résulte d'eiqpériences faites par divers planteurs que l'après-midi est beaucoup moins favorable pour la fécondation.

L'humidité atmosphérique influe également très fortement sur la quantité de fleurs produite et sur la fructification.

M. le docteur Galbraith a donné, comme preuve de cette action, les rendements suivants obtenus dans une seule et même plantation des Seychelles :

1893 (floraison de 1892, favorisée par une longue sécheresse) . 1,800 livres.

1894 (pluies continues) 120 »

1895 (résultat des pluies en 1894) 40 »

1896 (pluies précoces après beau temps) 5oo »

1897 (mêmes conditions qu'en 1896) ... 600 »

Si l'excès d'humidité est un défaut, la sécheresse est également désastreuse pour la fructification ; il faut, pour la réussite des récoltes, avoir plutôt de la pluie à l'époque de la fécondation.

Si la fécondation a réussi, on verra l'ovaire se développer ; si au contraire, elle n'a pas réussi, l'ovaire tombe assez rapidement. Les 40 p. c. des fleurs fécondées arrivent en moyenne à maturité et, d'une façon générale, il faut féconder 800 fleurs pour récolter 3 kilos 575 grammes de vanille verte ou I kilo de vanille préparée.

Les enveloppes florales persistent en général assez longtemps au sommet du fruit et on désigne ces vestiges sous le nom de « nombril ».

Après un mois, l'ovaire a atteint sa longueur maxima, mais ce n'est guère que 6 ou 7 mois après la pollinisation que le fruit est mûr ; il devient brunâtre et,à maturité complète, s'ouvre en 2 ou 3 valves à partir de l'extrémité. Les fruits doivent être cueillis quand l'extrémité de la capsule, appelée improprement « gousse », commence à jaunir; de cette extrémité partent alors des lignes jaunes, faisant apparaître les côtes du fruit ; si Ton attendait plus longtemps, les fruits seraient ouverts et perdraient de leur valeur commerciale. Les gousses récoltées avant maturité manquent de parfum et sont beaucoup plus sujettes que les autres à moisir. Il faut apporter le plus grand soin à la récolte, d'elle dépend la valeur commerciale du produit; elle se fera à la main et l'on veillera à ce que l'extrémité du pédicelle ne soit pas endommagée; de telles gousses ne fournissent jamais de vanille de bonne qualité. Comme la floraison, la cueillette du fruit s'échelonne pendant plusieurs mois, mais la récolte est la plus abondante d'avril au milieu de juin.

A Madagascar, où la culture de la vanille a fait de grands progrès, on escompte une production de 25o grammes de gousses vertes par plant, soit en moyenne 10 fruits par liane, et i,25o kilos de gousses fraîches à l'hectare, si celui-ci comporte 5,ooo plants.

On laisse alors bien rarement plus de dix gousses sur un pied.

Un tel rendement serait déjà très rémunérateur; malheureusement, la

fructification de la vanille est loin d'être régulière, elle se trouve influencée par toutes sortes d'agents et les récoltes successives sont parfois 'loin d'être équivalentes.

Le fruit du vanillier arrivé à maturité ne dégage aucun arôme ; pour obtenir l'odeur caractéristique de la vanille, la capsule restée sur la plante doit se crevasser, ou, séparée, elle doit subir une préparation spéciale dont le but est de développer la vaniiline.

Dans l'état de nos connaissances, il n'est pas possible de donner un exposé des phénomènes chimiques intervenant dans la production de l'arôme de la vanille.

Il paraît cependant prouvé actuellement, grâce aux recherches de M. H. Lecomte, que la formation de la vaniiline est due à une oxydase, dont on a pu déceler la présence dans toutes les parties de la plante et à un ferment hydrolysant; ce dernier dédoublerait la coniférine en alcool coniférylique et en glucose et le ferment oxydant transformerait cet alcool en vaniiline.

Il faut donc, pour obtenir la vanille commerciale, faire subir une certaine préparation à la gousse; de cette prépaiation dépendra grandement la qualité du produit.

Vers la fin du wii® siècle (16761685), le naturaliste Dampier décrivit la première fois le procédé très simple que les Indiens de Campêche employaient pour préparer la vanille. Quand les fruits commençaient à prendre sur pied une teinte jaune, on les cueillait et on les exposait au soleil jusqu'à ce que les gousses eussent acquis une teinte brune. Les gousses étaient ensuite reprises en mains, écrasées entre les doigts et vendues aux Espagnols qui les enduisaient généralement d'huile.

Dans des travaux ultérieurs, on trouve la description d'un procédé de préparation déjà un peu plus compliqué. Les gousses recueillies sont mises en tas pendant trois jours environ et abandonné, s à une fermentation. On les sèche ensuite au soleil; après dessiccation, on les presse entre les doigts, on les frotte avec de l'huile de ricin ou du beurre de cacao, puis on les réexpose au soleil pour les enduire encore à nouveau d'huile.

La vanille mexicaine, qui atteint actuellement la plus haute valeur sur le marché, est préparée de deux manières. Après la récolte, elle est légèrement desséchée au soleil, puis commence la préparation, désignée au Mexique sous le nom de « bénéficie ».

Dans le premier procédé, les fruits sont apportés dans une chambre spéciale abritée de la pluie, où les poussières atmosphériques ne peuvent venir s'appliquer sur les fruits qu'elles gâteraient, et là, disposés sur des claies, on les laisse reposer 24 heures; pendant ce temps, des ouvriers s'occupent de trier les fruits et d'écarter tous ceux en mauvais état.

Le second jour, les fruits sont mis au soleil sur des nattes et sous des couvertures, et ces installations ou « asoleadores » , sont disposées si possible le long d'un mur refléchissant fortement la chaleur sur les fruits.

Avant le coucher du soleil, on place la vanille dans des caisses en bois doublées de couvertures de laine bien chauffées par un séjour en plein

soleil, le^ fruits eux-mêmes étant à une température telle qu'il est à peine possible de les tenir dans la main. Les fruits sont recouverts par d'autres couvertures et la caisse est refermée. Au bout de i6 à 22 heures, les gousses sont devenues brun foncé. Le jour suivant, les fruits sont retransportés au soleil si le temps le permet, ou replacés dans la chambre à dessiccation. Tous les fruits restés verts sont enlevés et soumis à une nouvelle préparation. La dessiccation des gousses dure de 20 à 3o jours, parfois même 60 jours, et se fait de préférence au soleil pendant les heures de midi ; en outre, on repasse les fruits 4 ou 5 fois dans la caisse pour les faire suer.

Si le temps est douteux, on emploie le second procédé, c*est-à-dire la préparation au four ou « poscoyon » ; celle-ci exige beaucoup de soins. Le four peut être un four ordinaire pourvu que l'on puisse obtenir une température convenable persistant pendant un certain temps. Les gousses y sont placées en paquets ou a matelas» contenant de 100 à 400 fruits. Au Mexique, la température du four varie de 89 à 1 25" centigrades, suivant le nombre de paquets introduits, et la préparation est terminée au bout de 16 à 22 heuies. Quand la vanille a atteint le degré de coloration voulu, on la retire du four, on l'enveloppe avec soin et on l'expose au soleil, ou dans la chambre à dessiccation si le temps est défavorable.

Les fruits sont pendus pendant 20 à 3o jours à l'air et on les fait suer 4 ou 5 fois, comme dans le procédé précédent; pendant le séchage, on trie avec soin les fruits pour écarter les gousses moisies ou défectueuses.

Le huilage que nous signalions plus haut n'est plus guère employé. Cette phase de la préparation n'a guère sa raison d'être; la vanille renferme elle-même de l'huile en suffisance et en amener sur sa surface une plus grande quantité, c'est empêcher dans une grande mesure l'évaporation de l'eau et, par suite, la dessiccation de la vanille : or, celle-ci est nécessaire pour l'obtention d'un bon produit commercial.

Sous le nom de Vanilla ettgarrada, les Mexicains désignent les fruits attaqués par une moisissure spéciale, garra. Si la moisissure n'est pas trop abondante, on l'enlève aisément en frottant les gousses avec le suc de fruits mûrs; mais, si le fruit est trop endommagé, il faut le plonger, pendant une heure au moins, dans de l'eau chaude et le faire sécher à nouveau.

La vanille cueillie, par suite de la saison, avant d'avoir pu arriver à maturité complète, est difficile à préparer. Il ne se forme pas à sa surface les cristaux particuliers de la vanille normale ; le givre qui la recouvre est argenté et porte au Mexique le nom de plateo, mais, malgré cette différence, cette vanille est très appréciée dans ce pays.

Les Mexicains trient les fruits préparés, suivant leur consistance, leur couleur et leur longueur; ils les réunissent en « mazos » de 5o fruits environ et, en général, 60 de ces paquets, constituant « 3 millares », sont emballés dans une caisse se fermant bien, pour être expédiés.

Le premier mode de préparation sommairement décrit ci -dessus est suivi, dans sa marche générale, à Java et à Tahiti.

Le second mode est employé aussi à la Réunion, mais avec de petites variantes.

Les planteurs de la Réunion se servent, du reste, de plusieurs modes de préparation ; il n*est pas inutile de les passer en revue, car cette île est un des grands centres de production. Ce sont : Procédé à l'eau; à l'étuve; au four; au calcium; procédé F, Bouquet et procédé J, Potier.

De tous ces procédés, le premier est le plus répandu ; le dernier ne paraît guère employé.

Procédé à Veau. — Ce procédé a été amélioré par les Français, mais il est originaire de l'Amérique du Sud où il était déjà eti^ployé au xvme siècle.

Les gousses récemment cueillies sont placées dans des paniers en rotin et plongés dans de Teau dont la température varie de 80 à 85». Certains planteurs immergent les gousses une fois pendant i5 à 20 secondes; d'autres, à deux ou trois reprises, pendant 5 à 7 secondes chaque fois. Après avoir été retirées du panier, les gousses sont égouttées sur des nattes., puis, pendant i5 minutes sous des couvertures et, enfin, exposées au soleil dans une autre couverture de laine. Le soir, quand la vanille est encore chaude, elle est mise dans une caisse à fermeture hermétique. L'exposition au soleil est reprise tous les jours jusqu'à acquisition par les gousses d'une couleur brune ; les fruits ne doivent plus renfermer de parties dures et doivent pouvoir être tordus à la main ; ils arrivent à cet état au bout de deux à six jours, parfois davantage suivant le volume de la gousse. A partir de ce moment, il faut procéder au séchage; celui-ci dure de dix jours à deux mois : il se fait dans un local bien aéré et peut être cessé quand la gousse pressée entre les doigts ne donne plus l'impression d'un corps humide et que la crosse^ c'est-à-dire la partie basilaire du fruit, ne présente plus trace d'humidité.

Procédé au four. — MM. Lefray et Leroux au Bois-Blanô (Sainte-Rose- Réunion) ont préconisé ce procédé.

Le four à employer a exactement la forme de celui qui sert à cuire le pain. Il est chauffé à i5o ou 200** et, après avoir écarté les cendres, on laisse redescendre }a température vers 65®. On introduit alors des caisses de ferblanc bien fermées contenant chacune environ 10 kilos de fruits, enveloppés d'abord dans une chemise de lainage. Après un séjour de quinze heures dans le four, les caisses sont ouvertes pour reconnaître l'état de la préparation et elles sont laissées dans le four jusqu'au moment où la gousse a acquis la couleur désirée. Le séchage s'opérera ensuite comme précédemment.

Ce procédé peut donner d'excellents résultats, surtout si l'on a de petites quantités de vanille à préparer.

Procédé Bouquet. — Dans ce procédé, la vanille est passée à l'eau chaude comme dans le procédé à l'eau, mais l'installation nécessitée est un peu plus compliquée ; l'auteur conseille d'employer des cuves à échauder dans les-

quelles sont disposés des serpentins maintenant la température de l'eau à un même degré.

Au lieu de dessécher les gousses à Tair, sur des claies, on se sert d'armoires spéciales chauffées par des tubes de vapeur d'eau.

Procédé au chlorure de calcium. — Cette préparation est basée sur la propriété absorbante de ce corps. La vanille est d'abord mise dans des boîtes en fer-blanc doublées de laine et mesurant en général 22 X 22 X 35 cm. et pouvant se fermer hermétiqyement. Ces caisses sont alors plongées dans une cuve remplie d'eau chaude et maintenues au niveau de l'eau. Elles séjournent pendant une nuit dans cette cuve; le lendemain, les gousses sont exposées à l'air aiin de perdre l'excès de liquide qu'elles contiennent, puis sont disposées dans des caisses plates mises en plein soleil et recouvertes d'une couverture de laine La vanille est alors placée dans la caisse à dessécher. Celle-ci est faite en fer galvanisé et possède une porte latérale, se rabattant, munie de bordures de caoutchouc formant joint étanche.

La vanille est disposée sur des tiroirs superposés, un tiroir du milieu et le fond de la caisse étant occupés par le chlorure de calcium. Les appareils usagés, dans certaines vanilleries de la Réunion, mesurent un mètre cube et peuvent contenir environ 45 kilos de vanille. Après avoir introduit les fruits dans la caisse, on la ferme hermétiquement et, au bout de 25 à 3o jours, l'opération est terminée. On vérifie de temps en temps l'état des gousses.

Après cette phase de la préparation, la vanille n'est pas encore prête pour l'exportation. On la dispose pendant plusieurs jours dans un endroit couvert et bien ventillé, puis dans des caisses d'oii elle est enlevée tous les deux ou trois jours pour être soigneusement essuyée; elle doit encore subir un dernier trempage dans l'eau chaude à 60°, puis, être séchée à l'ombre, avant d'être enfermée dans des caisses en étain; tous les trois jours, les gousses sont examinées soigneusement, celles endommagées par la moisissure sont retirées. Si l'opération est bien conduite, on pourra obtenir un excellent produit.

Procédé J, Potier, — Ce procédé a été conseillé, mais ne paraît guère suivi ; il est d'ailleurs assez dispendieux.

On commence par mettre les gousses pendant 20 à 3o jours dans du rhum, puis on les expose à l'air pendant 36 à 48 heures sans les faire sécher complètement; on les remet ensuite dans le rhum et on les expédie directement. Les auteurs de ce procédé prétendent qu'il y a grand avantage à préparer la vanille de cette façon, car la conservation est indéfinie et l'alcool peut servir aux mêmes usages que la vanille. Ce procédé ne semble pas recommandable.

A Mayotte, on suit une méthode par la voie humide rappellant celle décrite plus haut. La vanille est enfermée, par 7 à 8 kilos, dans des caisses métalliques et celles-ci sont mises dans une cuve où Ton a introduit de l'eau

bouillante. Après 12 à i5 heures de séjour dans cette cuve, les caisses renfermant la vanille sont ouvertes et les gousses mises, pendant trois à quatre jours, au soleil dans une couverture de laine, puis elles sont séchées pendant deux mois environ.

Les procédés de préparation en usage à Madagascar sont en grande partie semblables à ceux de la Réunion ; on y emploie l'ébouillantage destiné à tuer le fruit; il se fait, soit à Taide d'une marmite que l'on plonge dans l'eau bouillante pendant 40 a 120 secondes, soit au moyen d'un tonneau ou d'une caisse quelconque, dans la partie supérieure desquels on place la vanille, l'eau bouillante se trouvant dans la partie inférieure. Le récipient est fermé hermétiquement et, après le temps nécessaire à l'ébouillantage, les gousses sont égouttées rapidement, puis placées dans un autr^,» récipient pouvant aussi se fermer hermétiquement. Au bout de vingtquatre heures, les gousses auront acquis une couleur bronzée uniforme ; elles sont alors exposées au soleil pendant les heures les plus chaudes de la journée sur des nattes ou des claies en bambou, puis desséchées à l'ombre, placées sur des cadres en bambou ou garnis de filets à petites mailles. Cette dernière dessiccation durera de quatre à six semaines.

En Guyane, on suit encore un autre mode de préparation : il consiste à mettre les fruits fraîchement récoltés dans de la cendre jusqu'à ce qu'ils soient devenus ratatinés et sillonnés; on les frotte ensuite avec soin, puis on les enduit d'huile d'olive et on les pend pour sécher.

On a signalé tout récemment dans les Indes Néerlandaises une méthode de dessiccation de la vanille : elle donnerait de bons résultats et serait des plus simples. Les fruits. recueiUis aussi mûrs que possible, sont disposés sur des claies, au soleil du matin, puis mis dans de la flanelle. Celle-ci doit avoir trois quarts d'aune environ de large, elle est plissée sur 3 centimètres et, dans chacun des replis, on place un fruit de vanille. On laisse alors la vanille se dessécher dans un courant d'air, on en forme ensuite des bottes enroulées dans de la flanelle. La' dessiccation s'opère à l'ombre, elle est arrêtée quand les fruits sont ridés.

Les fruits réunis par cent sont alors placés dans des bouteilles bouchées au Hège. Il est de toute importance que le fruit soit bien mûr; on ne doit jamais récolter une gousse dont l'extrémité ne serait pas noire. Si, pendant la dessiccation, la gousse a des tendances à se diviser au sommet, il suffira de la lier par un fil mince, pour l'empêcher de se fendre complètement.

Il y a encore beaucoup de variantes dans la préparation de la vanille, chaque pays ayant modifié légèrement l'un ou l'autre des procédés dont nous avons parlé.

Au dire de certains agronomes coloniaux, le procédé à l'eau bouillante et les procédés employés au Mexique paraissent être supérieurs à tous les autres.

Quel que soit le procédé employé, il a toujours pour base une fermentaion. Cette fermentation doit être conduite de façon à ne pas détruire les

ferments et à éviter tout ce qui pourrait retarder, suspendre ou altérer les résultats. Le rôle du préparateur consiste donc à provoquer les fermentations et à s'assurer de la conservation des produits, celle-ci est, comme' Ta démontré M. H. Lecomte, une condition indispensable pour l'obtention d'une bonne vanille commerciale.

Quant la vanille est bien sèche, il reste, quelle que soit la façon dont elle aura été préparée, à la trier, à la classer et à en faire des bottes qui diffèrent d'aspect suivant les lieux d'origine.

Le classement se fait dans certaines régions sur une table à compartiments. Les gousses sont réunies par bottes de cinquante environ et enfermées dans des boîtes en fer-blanc soudées soigneusement et emballées à leur tour dans des caisses en bois.

La substance aromatique caractéristique de la vanille a été appelée vanilUne; elle a été découverte en i858 par Gobley. La première formule donnée est C^^H^O* et à la suite des travaux du chimiste Caries, on a pu déterminer la formule définitive C^H^O^.

Si la vanille produite par le V . pîanifoUa contient de la vanilline, les vanillons obtenus du V. Pompona renferment, d'après les recherches de Goeller, de l'héliotropine. Cette héliotropine empêche l'emploi de ce vanillon comme succédané de la vraie vanille, mais permet son usage en parfumerie D'autres vanilles renfermeraient du piperonal au lieu de vanilline.

La vanilline forme les cristaux de la surface du fruit bien préparé; extraite du fruit, elle fond à 76° et se volatilise à i5o.

En 1874, ^®s chimistes Tiemann et Haarmann ont réussi à préparer artificiellement un produit semblable à la vanilline en oxydant la coniférine; cette découverte a été, comme on le comprend, de grande importance pour l'industrie des parfums artificiels.

La vanilline se présente sous forme d'aiguilles cristallines, incolores, groupées en étoiles, légèrement solubles dans l'eau à la température ordinaire, solubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carboçe, les huiles et l'eau bouillante; avec l'acide sulfurique contenant de l'acide nitrique, elles se colorent en rouge; par les persels de fer, elles se colorent en bleu.

On a utilisé pour le dosage de la vanilline, dans les extraits de vanille, dans les produits vanillés et dans la vanille, la M-nitrobenzhydrazide qui, en solution aqueuse, précipite quantitativement la vanilline (i). Cette méthode est à recommander, elle est la seule qui puisse d'ailleurs donner une appréciation exacte sur la valeur des vanilles; elle est d'une grande exactitude, car, même en présence des falsifications habituelles : acetanilide, acide benzoïque. sucre, acide salicylique, elle donne les mêmes résultats Elle ne peut être employée s'il existe dans les fruits d'autres aldéhydes et surtout du piperonal.

(i) Zeitschr, Uni, Nahrungs-und Genussmititl K (iQoS), p. 585.

Ce dernier se laisse facilement déceler par l'eau de brome sous Faction duquel il donne rapidement des aiguilles soyeuses.

Mais la vanille n'est pas la seule plante qui puisse fournir de la vanilline ; Todeur caractéristique de la vanille se rencontre dans un très grand nombre de plantes, non seulement des régions tropicales, mais encore de nos régions tempérées. Elle a pu être décelée dans des cryptogames, dans des mousses du genre Hypnum, dans des Fougères, dans des Cypéracées et dans divers autres planérogames.

Récemment, la présence de la vanilline a même été signalée dans les tubercules du Dahlia ; depuis assez longtemps on avait remarqué dans les extraits de ces tubercules un arôme vanillé, et en 1906. après dix années de repos, M. E.-O. Lippmann a pu obtenir une cristallisation caractéristique de vanilline dans un extrait éthéro-alcoolique de ces tubercules.

D'après des recherches de ces dernières années, la vanilline existerait, associée à la coniférine, dans toutes les membranes lignifiées. Elle peut aussi être extraite du goudron de houille ; le produit obtenu est une poudre jaunâtre dont Todeur est très semblable à celle de la vanille naturelle.

En 1876, la vanille valait 7,5oo francs le kilo, actuellement, par suite de la découverte de procédés chimiques de préparation, ce prix est tombé à environ 76 francs.

La vanilline artificielle fait une grande concurrence à la vanille naturelle. Les producteurs de Madagascar, la Réunion, les Comores, Tahiti et autres régions coloniales françaises produisant de la vanille, ont fondé une Ligîu de la défense de la Vanille, et ont adressé au Ministère des Colonies françaises une pétition dans laquelle, s'appuyant sur les inconvénients, au point de vue alimentaire, de la vanilline artificielle, ils expriment les vœux de voir la vente de la vanilline fortement réglementée. Le vendeur de substances alimentaires employant ce produit serait tenu de le faire savoir au consommateur, en inscrivant sur l'étiquette : a Parfumé à la vanille artificielle ». Ils voudraient également que le droit d'entrée de 104 francs au kilog. de vanilline, contenue dans les gousses de vanilles importées, soit également perçu sur la vanilline artificielle fabriquée en France, et que ces droits soient portés au double, soit 208 francs, pour la vanilline venant de l'étranger (i).

Cette lutle contre la vanilline artificielle se justifie d'autant plus que ce produit est employé fréquemment, dans certains centres commerciaux, pour préparer de la vanille bon marché de Tahiti, et que cette vanilline est elle-même très souvent falsifiée. Des vanillines commerciales analysées en 1905, dans le laboratoire de la Maison Schimmel de Miltitz, étaient constituées pour 5o p. c. d'hydrate de terpine.

Les vanilles renferment, suivant leur provenance, de 0,75 à 2,90 pour

(i) Les droits d'entrée se paient en France à raison de 2,08 francs par kilo, mais, pour obtenir i kilo de vanilline. il faut traiter 5o kilos de gousses, celles-ci renfermant environ 2 p. c. de vanilline; c'est donc 104 francs que Ton paie par kilo de vanilline naturelle importée.

cent de vanilline, mais une même qualité de vanille peut avoir une teneur très différente en vanilline suivant la plante et suivant Tannée, comme le démontrent les chiffres obtenus par les chimistes allemands Tiemann et Haarmann, et Th. et G. Peckolt :

Analyses de Tiemann et Haarmann

Vanille mexicaine Vanilline

Qualité supérieure, récolte de 1873 1,69 p. c.

i> moyenne

Vanille Bourbon

Qualité supérieure, récolte de 1874 >» » >• 1875

» moyenne

.» inférieure, récolte de 1874 » » » 1875

Vanille de Java

Qualité supérieure, récolte de 1873 2,75 p. c.

» moyenne, » 1874 . ■ • ... i, 56 »

Analyses de T. et G. Peckolt

Vanilles brésiliennes Vanilline

Goyaz i,25 p. c.

Santa-Catharina ..... 1,34 »

Para ... 0,95 »

Rio-de- Janeiro i,5o-i.68 »•

M. le D*" Busse a obtenu par l'analyse des vanilles suivantes :

Afrique orientale allemande, 1894 2,16 p. c.

Ceylan 1,48 »

Tahiti i,65-2,02 »

Dans les vanillons produits, comme nous l'avons vu, par le V, pompona, la teneur en vanilline peut descendre à 0,129 pour cent. C'est ainsi que les analyses de M. le D"^ Busse ont produit :

Vanille de la Guyane anglaise 0,12 p. c.

» du Brésil. 2,12 »

La vanille contiendrait encore de Tacide vanillinique dont la constitution a été peu étudiée

Un autre produit odorant se forme en même temps que la vanilline et, dans certains cas se trouve en telle quantité que son odeur cache celle de la vanilline, c'est le pipéronal à odeur d'héliotrope.

Le pipéronal est un éther méthylénique de l'aldéhyde protocatéchique dont la formule est C^H^O^; ce corps est en très faible proportion dans les meilleures vanilles du Mexique, en forte proportion dans le vanillon.

Cependant, dans certaines vanilles provenant du V. planifolia, le pipéronal pourrait apparaître sous certaines conditions en quantité assez notable, comme cela s*est produit dans les cultures de Tahiti.

Il reste là un problème intéressant à étudier : Dans quelles conditions la vanilline prend-elle naissance, et quels sont les facteurs qui empêchent sa formation en favorisant sa transformation en pipéronal ou aldéhyde méthylprotocatéchique de la formule C^H^O^COH?

D'autres substances existent encore dans les gousses de vanille; on y trouve des corps gras des séries oléique, palmitique et stéarique, variant dans des proportions de 7,99 à 21,24 pour cent.

V. Leutner et le D' Busse ont déterminé les pourcentages suivants de matières grasses dans les vanilles d'origine :

Pérou 21,24 p. c.

Tahiti .... 7,99 »>

Ceylan 10,16 >»

La vanille épuisée par Téther donne encore de la résine et un sucre réducteur. On a également indiqué dans la vanille : du tanin, les acides oxalique^ tartrique, citrique et malique, et dans les cendres : du carbone, du chlore, les acides phosphorique, sulfurique et silicique, des phosphates de fer et d'alumine, de la chaux, de la mapiésie, de la potasse et de la soude.

M. Balland a publié les analyses suivantes des diverses vanilles :

Eau

Cendres

Matières grasses. .

II, 3o »

Sucre

Extrait éthéré. . .

Cellulose . . . .

Matières azotées. .

La chaux et la potasse se trouvent, dans 1 s cendres, en plus fortes proportions que les autres substances minérales, comme le montre l'analyse ci-dessous de V. Leutner, faite sur les cendres qui se trouvent dans la proportion de 4 à 5 pour cent.

Acide carbonique .... 28,275 p. c.

Chlore 0,564

Acide sulfurique 0,1007

Acide phosphorique ..... 9«45i

Phosphate de fer 0,491

Phosphate terreux .... 4,657

Acide silicique 0,172

Chaux 19,661

Magnésie 9i6ii

Potasse . . 16,209

Soude 6,681

Total 98,8127 p. c.

La vanille commerciale est souvent altérée, surtout si elle n'est pas conservée à Tabri de l'humidité; elle se moisit avec grande facilité et peut être envahie par de nombreux champignons des genres Mucor, Pénicillium, Aspergillus et SUrigmatocystis,

Pour se débarrasser de la moisissure de la surface des gousses, on doit les plonger dans Teau chaude, puis les frotter soigneusement.

On peut aussi, pour prévenir la réapparition des moisissures, traiter les gousses par Taldéhyde prussique ; mais si les champignons peuvent disparaître par ces procédés, rien ne peut enlever Todeur spéciale de moisi que les gousses ont contractée.

M. H. Lecomte a démontré que la vanille bien préparée se laisse envahir très difficilement par les moisissures. La présence d'une certaine quantité d'eau, due à un arrêt dans la phase de dessiccation, favoriserait, fortement la moisissure des vanilles.

M. H. Lecomte a été amené à faire quelques recherches sur la teneur en eau de diverses variétés commerciales de vanille; il les a pesées au début, puis desséchées en étuve, en présence de l'acide sulfurique, à une température variant de 38 à 42° centigrades pendant, une dizaine de jours, il a obtenu le tableau suivant :

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