II
Mai . . .
Juin . . .
ii3 »
Juillet . .
1,104 Ol/l
Août . . .
Septembre .
Octobre . .
Novembre .
Décembre .
Totaux .
Importation et exportation se continuent donc pendant tout le courant de Tannée; le commerce est cependant le plus actif d'octobre à mai; le trafic est moins considérable de juin à septembre, époque de la récolte.
Dans le pays d'Aschanti et dans le Yoruba, il y a deux périodes de récolte, la forte récolte de septembre à janvier, la petite récolte de mai à août. Dans une plantation à Agege, M. L. Bernegau a pu observer, en janvier, sur une des faces d'un arbre, des fruits mûrs, sur l'autre des fleurs.
Sur les marchés de Lagos, Abeokuta, Ibadan, on trouve les colas suivants :
Gbanja-kola provenant du Cola vira;
Ab ATA- KOLA » Cola acumifiata ;
Orogbo-kola ou Coi.a-Amer Garcinia-Kola.
Mais ce dernier n'a rien de commun avec les vrais colas ; comme nous l'avons dit, il est privé de caféine. Les Gfmnja-Kola se comportent comme les colas d' Agege.
Le Gbanja-kola est surtout consommé par les Haussas et importé au Soudan, tandis que les Yorubas à Lagos (100,000 habitants), Abepkutp (25,000 habitants), Hadren (aoo,ooo habitants), consomment uniquement TAbata-cola, c'est-à-dire la noix du Cola acum%nata,a
Ce dernier cola provient des districts entre Abeokuta et I^gos, ainsi que du Dahomey; il est généralement de couleur rosée. Le cola joue un très grand rôle dans la vie des Yorubas. Rien ne se perd dans le cola. Acheteur et vendeur reçoivent chacun deux cotylédons de cola ; à la mort d'un indigène deux cotylédons sont enterrés avec lui et les autres restent la propriété de la famille, constituant un trait d'union entre les morts et les survivants. Le cola joue également un rôle important entre les mains des féticheurs.
La mastication de l'Abata Kola laisse dans la bouche un goût non astringent et amer, mais d'une amertume douceâtre et aromatique.. Le résidu de la mastication des noix de Cola, que l'on rencontre sur les marchés d* Yoruba, est d'un blanc grisâtre et se colore rapidement à l'air et à la lumière.
Le Orogbo-kola ou Cola amer, le fruit du Garcinia Kola Heck., est acheté pour son goût amer, mais ne renferme pas de caféine. Par la mastication on perçoit un goût astringent amer, résineux, à arrière-goût légèrement douceâtre; le résidu de cette mastication est blanc.
Les prix de ces divers colas étaient :
Gbanja-kola, rouge, 200 pièces . . . 3 à 3.6 shelling.
» blanc, )) ... 4.6 »
Abata-kola, » ... 3 à 3.6 »
Orogbo-kola, » ... 2 »
A Kano, les prix atteignent par 200 pièces : i3.2 shelling, et à Tripoli le kilo de noix, soit environ 77 noix, vaut en moyenne 6 francs.
Les colatiers existent à l'état spontané ou cultivés dans toute l'Afrique occidentale, depuis le 5* degré de latitude nord jusque vers le lo^ degré de latitude sud, c'est-à-dire du Rio Nunez à l'Angola. Mais la zone la plus riche en colatiers se trouve entre 6 et 7°3o.
Dans toutes ces régions, les colatiers sont nombreux et se rencontrent surtout dans le voisinage des habitations où ils ont été plantés par l'indigène.
Pour tous les noirs de l'Afrique occidentale, les Maures, les Touaregs, les Sénégalais comme les Soudanais, le cola est l'excitant par excellence; il calme la soif, diminue la fatigue, permet les longues marches, chasse le sommeil; il est même considéré comme aphrodisiaque.
Le colatier est un arbre sacré pour certaines tribus de l'Afrique. On le désigne sous le nom d'arbre d'or, et les lois de certaines tribus du Sénégal punissaient de mort toute personne qui aurait détérioré un de ces arbres. Dans certaines régions, les colatiers sont chargés d'amulettes et de gris-gris, destinés à éloigner les malintentionnés.
Les noix de cola sont tantôt rouges, tantôt blanches à l'intérieur. Le cola rouge était, croyait-oii, fourni par le Cola acuminata; le cola blanc par le Sterculia macrocarpa, mais celui-ci doit être considéré comme synonyme du Cola acuminaia. Les noix rouges sont souvent plus estimées que les blanches; elles possèdent cependant toutes deux les mêmes propriétés. Au dire de certains observateurs, les colatiers fournissant uniquement des graines blanches ou des graines rouges, sont très rares et en général, les follicules renferment des graines blanches et des graines rouges mélangées.
Mais l'indigène attribue des symboles opposés aux detix sortes de graines. Le cola blanc est donné en signe d'amitié, le cola rouge déclare la guerre.
C'est par le cola que dans certaines régions se font les mariages : lé cola blanc teçu et renvoyé indique que le prétendant est accepté ; si c'est un cola rouge qui revient, tout est rompu.
Dans la haute Côte d'Ivoire, le colatier dénommé Go ou Toute est la principale ressource des indigènes, non parce qu'ils la consomment euxmêmes en grandes quantités, mais parce que les noix servent aux échanges sur les marchés du Nord. Il est assez intéressant de donner la Valeur qu'atteignent, sur ces marchés, les divers objets par rapport à la noix de cola, telle-ci étaiit pour ces peuplades l'unité la plus usitée. -La noix vaut environ 5 centimes; un fusil : de i5oo à 2000 noix; une lance : 5oo colas ; i couteau : de 200 à 400 colas; i sabre : 600 à 700 noix ; I pagne : 1000 colas; i bœuf : 700a à 8000 colas; i captif : 10,000 colas; I natte : de 40 à 5o colas; i kilo de riz : 20 colas seulement; i poulet : 60 à 125 colas; I kilogr. de sel : 5oo à 600 colas; i bague en cuivre : 100 colas; I bracelet en cuivre ; 200 à 800 colas; la poudre nécessaire pour un coup de fusil : 5o colas; i bouteille vide : i25 colas; i boîte d'allumettes : 125 colas et la même boîte vide : 2 colas; la toile légère vaut de i5o à 200 colas les 5o<:entimètres.
Les plantations, si on peut donner ce nom aux quelques séries de colatiers entourant les villages, appartiennent fréquemment à la com-
munauté; dans ce cas, nul n'a le droit d'arracher une branche de l'arbre ou d'enlever des graines. Au moment de la récolte, les fruits sont distribués; le nombre de colas obtenu varie suivant l'âge et la situation sociale de l'individu, mais tous, même les captifs, reçoivent des fruits.
Dans la plupart des régions à colas du nord de l'Equateur, les amendes infligées par les tribunaux indigènes se paient en nature et il entre toujours dans les redevances des noix de cola en plus ou moins grandes quantités.
Dans la Guinée Française, le cola est mêlé aux cérémonies religieuses et il est planté pour commémorer tout événement heureux.
Dans la région du Niger, les indigènes consomment le cola frais, ils ne veulent se servir du fruit sec; pour garder la fraîcheur des noix, ils les conservent avec soin dans des pots en terre. La graine est surtout employée par les tribus mahométanes; elle est désignée sous le nom de Gourou et offerte comme gage de paix à tous les visiteurs.
A Sierra- Leone, on estime la valeur de la production annuelle d'un colatier à environ 2 livre? sterling.
Citons encore quelques coutumes de certaines régions du Soudan. Les indigènes placent auprès de la noix de cola, qu'ils plantent, des graines de Fini {Panicum longiflorum H 00k.), du coton et du charbon; six ans après la maturation des graines du Fini, le colatier donnera des fruits, le coton et le charbon doivent empêcher les graines de pourrir. A la naissance d'un enfant, le père plante une noix de cola entourée du cordon ombilical du nouveau -né; l'arbre qui se développera et tous ceux issus de ses fruits tombés à terre, forment le patrimoine de l'enfant, tous les autres biens du père passant après la mort de ce dernier à l'aîné des oncles.
M. Pierre, directeur du Jardin d'Essai de Libreville, a été le premier à signaler cette plante dans le Congo belge et il rapporte avoir vu dans rOgoué, au moins trois sortes de cola, facilement différenciées par les noirs mais sur lesquelles il n'a malheureusement pas donné de renseignements. Les indigènes de l'Ogoué soignent particulièrement les colas : ils lavent les graines avec la décoction d'une plante vénéneuse pour tuer tous les insectes qui pourraient les attaquer.
On rencontre des colatiers, non seulement dans la région côtière occidentale de l'Afrique, mais Stanley en a aussi signalé l'usage près de l'Édouard-Nyanza; « nous mâchions, dit-il, jusqu'à la noix de cola, bien plus, il faut l'avouer, pour la santé de nos bouches que pour calmer les tourments de l'estomac » ; mais l'espèce de colatier qui a fourni cette noix, si elle était indigène à la région, n'est probablement pas le Cola acuminata ou le Cola vera, tous deux paraissant endémiques dans l'Afrique occidentale; peut-être avait-elle été introduite dans cette région par la culture.
Dans le pays des Niams-Niams, M. Schweinfurth a vu employer un cola qui doit être fourni par le Sierculia iomeniosa, mais la constitution de la noix est tout à fait différente de celle des vrais colas; le nom indigène de « cola ï) attribué aux .graines de cette plante fait voir, que l'on ne peut se baser sur des noms vernaculaires pour définir avec certitude l'origine d'un produit.
Grâce aux efforts de la direction des Jardins royaux de Kew, à ceux de M. le professeur Éd. Heckel et à la direction du Jardin botanique de Berlin, on doit l'introduction du colatier dans la plupart des possessions tropicales. Bien que certains pays, la Jamaïque par exemple, puissent exporter des tonnes de noix si on voulait s'occuper de cette production, c'est dans ces dernières années seulement que du cola a été envoyé d'Amérique sur les marchés d'Europe.
Tous les jardins botaniques tropicaux sont actuellement pourvus de cette plante, dont la culture, réduite il est vrai, est surtout solidement établie dans les Indes occidentales.
En 1891, il y avait déjà à la Réunion 10,000 plantes de cola.
Cette culture mérite d'être poussée, car on en retirera certainement de grands bénéfices; grâce aux facilités de transport, les noix fraîches peuvent actuellement être rapidement amenées sur les marchés d'Europe et d'Amérique, et les producteurs n'ont pas seulement à compter avec ces deux grands consommateurs, mais aussi avec le centre de l'Afrique.
Les pays de la Méditerranée, peuplés par les Mahométans arabes, paraissent un bon débouché pour la noix de cola fraîche. Les Arabes paraissent vouloir consommer plus de noix de cola que de thé s'ils peuvent les obtenir fraîches dans de bonnes conditions.
C'est dans la Colombie que l'on a signalé, pour la première, fois le colatier (C. acuminaia) en Amérique, et Karsten, dans sa célèbre Flore dt Colofnbie, a décrit cette espèce sous le nom de Siphoniopsis monoica Karst., la considérant comme spontanée près de Curiepe où les indigènes la nomment « Ecla ».
Le C. acuminatase rencontre également au Brésil où il a été, sans aucun doute, introduit par suite des rapports établis entre l'Angola et cette partie de l'Amérique méridionale, lors de la traite des esclaves, l'influence de l'Angola sur le Brésil ayant été à cette époque très manifeste.
En dehors de l'Afrique, la culture du colatier s'est particulièrement développée aux Antilles; le cola pousse là depuis le niveau de la mer jusqu'à i,5oo mètres d'altitude, mais se plaît .surtout entre 3oo et 600 mètres. Mais le cola ne fait pas l'objet d'un commerce important dans ces régions. A la Jamaïque, un arbre rapporterait à chaque cueillette, et il y en a deux par an, de 5oo à 600 fruits, c'est-à-dire de 46 à 5o kilos par arbre et par an. On a même prétendu qu'à la Trinidad et à la Jamaïque les fruits sont plus gros que ceux obtenus en Afrique; cependant, dans certaines régions de la Sénégambie, on a observé des arbres donnant jusque 100 kilos de noix fraîches d'une valeur de 460 francs.
Dans ces dernières années, des essais de culture du colatier ont été tentés aux Seychelles, dans les îles de l'Océan Indien, en Asie, en Cochinchine, dans les Indes Néerlandaises, à Maurice, à Zanzibar, à Madagascar, aux États-Unis et même dans le nord de l'Australie.
Le colatier n'est pas très exigeant, il demande un climat chaud et humide ; il peut se développer en terrain découvert, mais redoute des terres trop humides et exposées aux inondations. Il se multiplie par semis
et par bouturage; on choisit de préférence les grosses graines fraîcheâ^ et on les sème en place ou en pépinières.
l^ dimension des noix que Ton trouve sur les marchés européens et sur les marchés indigènes varie notablement: elle est probablement en rapport avec les espèces ou les variétés productrices. En France, on trouve, en général, des noix fraîches du poids de i5 à 3o gramn^es; sur les marchés indigènes de la Guinée et du Soudan, on en trouve, mais rarement pesant jusque 45 grammes. A la Côte d'Ivoire, M. Chevalier a trouvé des noix du poids moyen de 5o grammes, et certaines graines atteignaient le poids de 65, 82, 83 et même 96 grammes.
Les noix de cola destinées à la plantation doivent être, au dire de personnes compétentes, recueillies de juin à septembre et être immédiatement mises en terre; celles récoltées en février se gâtent rapidement et ne peuvent guère se transporter.
D'après M. Wright, les noix de cola de grandeur au-dessous de la moyenne seraient les meilleures pour la plantation. On prend les noix avec la pulpe qui les entoure, on les laisse pendant trois jours, puis oh les plante. Les plates-bandes reçoivent les graines, distantes de un pied, à un doigt de profondeur. Le sol est en partie de Targile rouge, en partie un sol riche en humus foncé; on le tient très humide. Matin et soir les platesbandes sont copieusement arrosées. Pendant le milieu de la journée il est utile d'abriter la pépinière sous une légère toiture de feuilles de palmier . Les noix germent au bout de trois ou quatre semaines environ.
Quelle que soit la couleur de la noix, elle devient verte pendant la genhination, mais cette dernière n'est plus guère possible après 5o ou 60 jours.
Au bout de trois à quatre mois, au début de la saison des pluies, les jeunes plants sont mis en place avec motte; il y a avantage à transplanter en paniers.
D'autres agronomes estiment de grande importance de ne pas planter la noix en pépinière, car, lors de la transplantation, la plante périt fréquemment et, en tout cas, est retardée de un an à un an et demi dans sa croissance.
M. Teissonnier, du Service des cultures de la Guinée Française, a également insisté sur la difficulté de la transplantation des colatiers et conseille de les mettre en place durant leur germination.
Il conseille dès lors d'opérer comme suit :
Après avoir fait choix du terrain, on sème en planches, en mettant les rangs à o m. 20, et en conservant une distance de o m. 10 sur le rang. Les noix sont recouvertes de 2 à 3 centimètres de terre, les planches ombragées avec des feuilles de palmier seront arrosées quand le besoin s'en fait sentir. La levée a lieu au bout de 5o à 60 jours, et la mise en place doit se faire dès que la tige a 10 à 12 centimètres de hauteur. En semant fin février, les colatiers lèvent dans la deuxièm-e quinzaine d'avril, et on peut procéder à la mise en place dans la première quinzaine de mai.
Par cette méthode il ne se formerait aucun vide dans la plantation : on obtiendrait, dès la deuxième année, des plantes de i m. 60 et la fructification se trouverait notablement avancée.
D'après les résultats des expériences faites dans les colonies allemandes, une excellente méthode pour la multiplication des colatiers consisterait à mettre les vieilles noix en terre pendant quelques semaines, ce qui active leur germination, puis de les planter dans des pots en bambou et dans des paniers tressés en feuilles de palmier et de les planter sous ombrage. Si les graines sont fraîche?, le ferrage peut être supprimé.
Depuis 1903, les colatiers sont plantés à Misahohe, dans la forêt, dans le but d'éviter les frais de déboisement. Cette forêt est plutôt buissonnante; on y trace tous les 7 mètres des sortes de tranchées parallèles de i mètre de largeur. Dans ces tranchées, on fait tous les 7 mètres des trous dans lesquels la terre est enlevée sur 5o centimètres de largeur et de profondeur. De cette façon, la plante à suffisamment d'ombre et, au fur et à mesure de sa croissance, on enlève d'autres arbres jusqu'à ce que le fourré primitif soit remplacé par une forêt de colatiers. »
Les soins sont peu importants; deux fois par an on passera dans la plantation pour supprimer les plantes inutiles ou nuisibles.
L'expérience a appris qu'il vaut mieux planter les arbres à une distance de 3o pieds. Les arbres qui se trouvent dans le voisinage des cours d'eau se développent le mieux.
L'humidité est naturellement nécessaire pour le développement des colatiers. A Lagos, des arbres de douze ans, plantés en terrain sablonneux sec, ne donnent pas de fruits.
La propagation des colatiers peut également se faire par boutures, et c'est un excellent moyen de sélectionner les colatiers pour conserver et améliorer les races particulièrement productives et riches en principes actifs. La production serait également hâtée: une bouture de cinq ans serait probablement, au point de vue de la maturité, beaucoup plus avancée que la plante de s' mis.
Les colatiers paraissent devoir être traités comme les cacaoyers ; placées côte à côte dans une même culture, ces deux plantes se développent fort bien. Dans les stations naturelles, le colatier recherche plutôt les terrains humides situés à peu près au niveau de la mer; à Sierra- Leone on rencontre encore de fort beaux arbres de cola à 3oo mètres d'altitude. Vers 35o, ils deviennent plus rares et, à 400, ils disparaissent.
A partir de la cinquième année le colatier commence à donner un certain rendement; vers neuf à dix ans il est. en général, en plein rapport et, s'il est bien soigné, il donnera pendant longtemps de beaux fruits, en grandes quantités. La production moyenne annuelle des colatiers varie de 5oo à 6000 noix, se répartissant sur deux récoltes. Les fortes récoltes ne sont à espérer que tous les deux ans.
Jusqu'à ce jour on n'a guère employé d'engrais dans la culture du colatier; cependant, dans le Niger, les indigènes arrosent la plante avec le sang des moutons qu'ils consomment, et cela constitue une fumure excellente.
En résumé, le cola demande un climat tropical, chaud et humide; son développement se fait, en général, mal au-dessus de 400 à 5oo mètres ; les terres peu compactes, riches et profondes, lui conviennent te mieux,
maïs il redoute, comme nous Tavons dit, Teau sta^ante. les sols marécâ* geux et ceux sujets à de fréquentes inondations; il faudra aussi soigner l'ombrage qui est absolument nécessaire.
Parmi les insectes qui attaquent les feuilles, sans causer trop de dommage aux plantes, il faut citer les fourmis; on peut les attraper à l'aide de sirop.
Parmi les vrais parasites, il faut citer le Balanogastris Colae, observé sur tous les colatiers de l'Afrique occidentale. Le ver mesure 5 centimètres delong ; il est blanchâtre, pointu et à tête brune ; il préfère les fruits jeunes et pénètre dans les amandes, laissant en lieu et place des cotylédons une poudre brunâtre.
On peut combattre l'action de cet insecte en chaulant les arbres et en employant des seringuages à base de décoction de quassia et de savon créosote. On supprimera les fruits malades.
Le plus grand ennemi des plantations de cola dans le Misahohe est l'antilope, pour laquelle les feuilles doivent être une vraie friandise. On a vu parfois des plantations totalement détruites ou fortement arrêtées dans leur croissance par manque de surveillance, vis-à-vis de ces herbivores. Il pourra donc être très utile d'entourer les plantes par des fils ronces.
La maturité du fruit de cola se reconnaît à sa coloration brunâtre et à ce qu'il s'ouvre le long de la suture ventrale.
La récolte se fait avec de grandes précautions, et, dans la plupart des pays producteurs de la côte occidentale d'Afrique, les femmes s'occupent de la récolte et du commerce; à certaines époques et dans certaines régions, ce dernier et si intense, que les femmes sont absentes pendant plusieurs mois de leurs foyers.
Les graines sont enlevées du follicule; on les laisse reposer en général pendant quelques jours dans le but d'amollir l'épisperme qui doit être séparé.
La noix est alors soigneusement lavée ; il ne doit plus rester la moindre trace d'épisperme sur la graine. Après un rapide séchage, on emballe les graines en écartant toute noix endommagée ou piquée par les vers. Chez les Sousous (Guinée Française), les noix séchées au soleil sont entourées de feuilles et conservées 'dans des paniers» Dans les grands centres de production de la Haute-Guinée, l'emballage est formé par des feuilles d'autres espèces du genre Cola, entre autres les Cola cordifolia et heterophylla ou « bal » . Les indigènes de Tapa entourent les noix de feuilles de Thaumatococcus Danielli Benth., dénommé « Fita ») ou « Aworom » par les indigènes. L'emballage se fait souvent dans de grands paniers tendus de peaux et recouverts de sacs. Il est possible de maintenir les noix fraîches pendant trois ou quatre mois, si l'on conserve l'emballage dans un état constant d'humidité ; mais en changeant de temps en temps les feuilles de « bal » et en lavant les noix à l'eau fraîche, elles se conservent pendant huit à dix mois.
Les noix de cola qui arrivent à Lagos, et proviennent presque exclusivement de l'Aschanti, sont expédiées, à l'état frais, par Accra. Cape Coast Castle, Saltpond. Elles appartiennent au Kola vera K. Schum., qui porte le
nom vernaculaire de Gbauja kola; elles sont emballées dans des sortes de paniers dont le poids varie de 75o à i,ooo kilos.
A Lagos, les noix sont mises dans des paniers plus réduits et portées à dos d'âne^ par des marchands Haussa, dans le Soudan méridional, en particulier à Kano, dans TÉtat de Sokoto, d'où ils rapportent diverses marchandises : sel, antimoine, bêtes de somme et produits de l'industrie indigène.
De Kano, les commerçants tripohtains amènent les colas à Tripoli, mais cette importation par caravane a considérablement diminué par suite de l'augmentation notable de la consommation dans le Soudan par les mahométans, qui mâchonnent des noix de cola, comme succédané des boissons alcooliques et comme dépuratif du sang.
A côté de la noix des Aschanti, le « cola Mandinge » est préféré par le Soudanais; il provient de l'intérieur du Sierra-Leone et de Libéria; de Sierra-Leone on expédie environ par an pour 760,000 marks de noix fraîches.
Dans les environs de Mellacorée, pour permettre une conservation plus longue, on ajoute à l'eau de lavage la poudre d'une racine jouissant, paraît-il, de la propriété d'écarter la larve appelée « tembone », qui attaque surtout les noix; ainsi préparée, la noix se conserve fraîche pendant un an. Quand il s'agit d'ejcpédier la noix vers l'Europe, l'indigène ne prend pas toutes ces précautions ; les noix destinées à nos marchés sont simplement emballées dans des paniers tressés en lianes et garnis de feuilles; si l'emballage a été fait dans de bonnes conditions, les noix arrivent sur les marchés de Londres ou de Marseille dans un très bel état de fraîcheur et exemptes de moisissures.
Si la conservation des noix est chose relativement facile dans la période humide, dans la saison sèche elle devient très difficile; les noix se tachent rapidement et perdent leurs propriétés caractéristiques; ainsi la traversée du désert n'est pas aisément supportée par les noix de cola, ce qui en augmente beaucoup le prix dans l'Afrique du Nord. Dans cette région, où la noix est beaucoup consommée, elle existe seulement à l'état sec. Cette dessiccation se fait simplement au soleil ; les nojx deviennent dures, d'un brun foncé, perdent en grande partie leur goût et leurs propriétés masticatoires. Les traitants qui font la traversée du Sahara écartent de leurs bagages les noix ridées et les réduisent en poudre fine. Celle-ci est* encore recherchée par les indigènes, car en la mélangeant à du lait et à du miel, ils fabriquent une boisson nourrissante et tonique.
Dans les plantations de Cola à Agege et aux environs se trouvent 1000 pieds de Cola vera et 1000 pieds de Cola acuminata; en outre, il existe encore quelques vieux pieds de Cola acuminata croissant aux environs des huttes indigènes.
Comme culture intercalaire, on peut employer : coton, Dioscorées, maïs, patates douces, ananas; comme arbres d'ombrage : bananiers, papayers, etc.
A Agege, un arbre de sept ans donne annuellement 5o marks de rente,
c'est-à-dire environ 35oo noix, tandis qu'un cacaoyer du même âge, exigeant plus de soins et, par suite, plus de frais, a rapporté un mark.
La plantation d'Agege se trouve à loo mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les arbres croissent tantôt lentement, tantôt vite, et cela dans une même plantation. Il faut leur donner de Tespace; ils ne peuvent se gêner.
A Agege, les arbres portent dès l'âge de six à sept ans et donnent deux récoltes par an : la plus forte, de septembre à janvier; la seconde, plus faible, de mai à juillet.
Le colatier peut porter des fruits pendant très longtemps, et quand il a servi à plusieurs générations, son bois est encore d'excellente qualité; on peut en faire des canots.
D'après M. Bemegau, la culture du colatier parait être, dans les conditions actuelles, des plus productives, et bien que l'on doive envisager une baisse de prix par suite de la création de plantations en Afrique, aux Indes et en Jamaïque, cette culture est fortement à conseiller, car là consommation augmentera au Soudan et pourrait augmenter en Europe.
Le meilleur moyen de faire cette culture est donc de faire de la culture intercalaire, celle du caoutchoutier Funtumia elastica est particulièrement recommandable. On peut aussi, au début, mettre entre les rangées de Cola des sésames ou d'autres végétaux; ils varieront d'après les conditions locales.
Au Congo Français les indigènes procèdent d'une façon très particulière pour avoir toujours en leur possession des noix en bon état de conservation, car jamais ils ne consomment la noix séchce La récolte se fait dans la brousse vers la fin de décembre; on cueille les fiuits avant maturité dès qu'il est possible de séparer facilement la graine de la gousse. Le rendement paraît être en moyenne de 20 à 25 kilos par arbre. Après préparation, les graines sont enfoncées dans une termitière où les fourmis dévorent la partie mucilagineuse qui entoure les cotylédons et la remplacent par la sorte de ciment de glaise battue, avec lequel elles raccommodent les brèches faites à la termitière. Lorsqu'on désire usager des noix, on en enlève la quantité nécessaire, les fourmis réparent bien vite le dégât. .
Par ce mode de terrage, les noix sont à l'abri de l'air et des fermentations et peuvent conserver pendant des années leurs propriétés actives.
Le cola exporté vers l'Europe est en général séché, mais on peut actuellement, comme nous l'avons dit, recevoir des noix fraîches possédant toutes leurs propriétés. La dessiccation avait cependant un grand avantage : elle permettait une grande économie des frais de transport, les graines perdant, par la dessiccation, plus de 5o p. c. de leur poids.
Si l'exportation ne peut se faire à l'état frais, il est recommandable de sécher la noix à l'ombre, dans un courant d'air, en séparant les cotylédons. Il faut rejeter tout séchage à l'aide de la chaleur.
On compte en moyenne 80 graines au kilo. A la côte (Guinée Française), 25o à 3oo graines valent cinq francs, à Siguéri un peu plus; au Nord, la valeur augmente et pour la même somme on obtient au plus 80 à
loo colas. Certains auteurs ont même prétendu que la plantation de
colatiers serait plus rémunératrice que celle de caféiers, un arbre de bonne
taille pouvant rapporter 3o francs pendant une mauvaise année et 60 francs
dans les bonnes années.
• La graine de cola est excitante et réputée aphrodisiaque. Ses propriétés excitantes ont été rapportées à la caféine et à la théobromine présentes dans la graine en fortes proportions ; elles semblent être dues à la présence d'un principe particulier la « Kola ti ne » ; les propriétés aphrodisiaques résideraient dans une huile essentielle, mais elles n'ont pas été prouvées. La noix n'a pas d'odeur, son goût rappelle celui des glands, mais elle est plus astringente. En mastiquant pendant longtemps un morceau de cola fi"ais, provenant soit du Cola vera, soit du Cola acuminata, on perçoit un goût sucré, dû probablement à la transformation d'amidon en sucre par suite de l'action de la salive.
La chair du fruit du Laboshi-Kola cultivé à Agege est acide et douceâtre; les cotylédons peuvent être d'un rouge plus ou moins foncé, rosés, d'un blanc rosé, carminés ou blancs dans la même gousse Au point de vue chimique, ces noix de couleur différente se comportent différemment. Si l'on fait bouillir des noix rouges avec de l'eau distillée, on obtient un décocté qui devient rouge par l'addition d'acide chlorhydrique, tandis que le décocté obtenu avec les noix blanches, de la couleur du sherry, se décolore par le même réactif.
Pour environ 100 noix colorées, on trouve une noix blanche. La coloration des noix paraît due à l'action des acides de la pulpe sur les tanins de la noix; les rayons et. probablement, les rayons invisibles jouent un rôle dans cette coloration apparemment facilitée par réchauffement. Ces recherches sont naturellement à pousser plus avant, car il n'est pas possible actuellement de déduire quel est le facteur prédominant dans ce résultat.
Les Colas d* Agege, soit blancs, soit rouges, possèdent deux cotylédons comme le Cola vera décrit par K. Schumann; elles se colorent rapidement en violet quand elles sont laissées à l'air, grâce à l'oxydation de phloblaphène ; si l'exposition à l'air est de plus longue durée, la noix se durcit, se lignifie et devient brune, qu'elle soit rouge ou blanche.
La noix d'Agege est amère, mais non astringente comme celle de plusieurs formes que l'on doit rapporter au Cola vera, puis le goût devient douceâtre, aromatique et, au bout de quatre minutes environ, le goût devient plus amer (caféine), l'amertume augmente jusqu'au bout de la huitième minute. Après 10 minutes de mastication, le goût redevient douceâtre (phloroglucine); après i5 minutes, douceâtre aromatique, rappelant le géraniol; après 25 minutes, l'amertume a disparu, le goût douceâtre persiste et se conserve même après 3o minutes; après 5o minutes de mastication, la noix est sans goût.
Le résidu de la mastication est d'un jaune safran ponctué de blanc et à l'air se colore rapidement en brun; pendant la mastication, les dents blanchissent, la langue se colore en jaunâtre ainsi que les lèvres ; cette mastica-
tion demande beaucoup de salive et calme la soif, particularité que les mahométans mettent à profit pendant leurs voyages à l'intérieur et dans le désert. Les noix de cola laissent un goût frais dans la bouche et n'altèrent pas le souffle, ce qui serait dû à l'action des tanins désodorisants. Le rafraîchissement obtenu par la mastication de la cola fraîche ne pourrait être obtenu ni par l'infusion du café, ni par celle du thé.
Si Ton boit de l'eau pendant la mastication lors de l'apparition du goût douceâtre et aromatique, le breuvage est particulièrement rafraîchissant ; les mahométans usagent toujours le Kola de cette façon et prétendent qu'ils peuvent boire de l'eau quelconque sans préjudice pour la santé si, en même temps, ils peuvent mâchonner des colas.
Si les indigènes emploient de nombreuses espèces de colas, les noix qui arrivent sur nos marchés d'Europe semblent fournies principalemeilt par les deux espèces déjà citées : le Cola acuminata et le Cola ver a.
K. Schumann, d'après les données de botanistes-voyageurs au Cameroun, indique également, comme pouvant fournir des noix comestibles, les deux espèces : Cola lepidota et Cola anomala; au point de vue botanique, ces deux plantes diffèrent sensiblement des vrais colatiers.
Nous donnons, des principaux colatiers, une courte description.
Le genre Cola^ créé en i832 par les botanistes Schott et Endlicher et appartenant à la famille des Sterculiacées, est endémique en Afrique tropicale; d'après les dernières recherches il renferme six sous-genres et plus de 3o espèces. Plusieurs des espèces de ce genre ont été fréquemment rapportées au genre Sierculia, qui se différencie cependant nettement par la disposition de ses étamines. Chez les Sierculia elles sont disposées sans ordre, formant une tête au sommet de l'androgynophore ; chez les Cola elles se trouvent toujours disposées en cercles. Le genre Sierculia existe dans toutes les régions tropicales du globe, les Cola sont spéciaux à l'Afrique; les deux genres sont bien représentés dans la flore de l'État Indépendant du Congo.
Ce sont en général des arbres assez développés, à tronc élancé, à feuillage épais, à fleurs privées de calice, les unes mâles, les autres femelles, ces deux genres de fleurs réunis sur un même pied ; parfois on rencontre des arbres uniquement à fleurs mâles, ce qui a permis d'expliquer l'absence de fruits observée chez les colatiers de certaines régions.
Cola acuminata (Pal. Beauv.) R. Brown.
Syn. : Sierculia acuminata Pal. Beauv.
Sierculia nitida Vent.
Sierculia verticillata Schum. et Thonn.
Sierculia macrocarpa Don.
Siphoniopsis monoica Karst.
Edwardia lurida Raff.
Edwardia acumifiaia O , Kuntze.
Lunanea Bichy DC.
C*e8t un bel arbre, il peut atteindre 3o mètres de hauteur ; son tronc cylindrique, droit,
ramifié assez fortement, forme une couronne étendue dont les rameaux retombent parfois jusque terre. Le bois est léger, blanchâtre et poreux, solide, à grain fin, et pas facilement attaqué par les insectes. Il peut donc être employé dans la charpente et la menuiserie et même dans les constructions navales. Les feuilles très variables dans leur grandeur sont glabres sur les deux faces à l'état adulte, mais présentent à Tétat jeune parfois quelques poils étoiles, principalement sur les nervures. Les feuilles sont pétiolées. à pétiole de i à 6 centimètres de longueur, à limbe de lo à 25 centimètres de longueur et 3 à 9 centimètres de large. Les fleurs sont disposées en cymes axillaires ou terminales, de 5 à 8 centimètres de long, et à pédicelle de io-i5 millimètres environ de long, velu, à poils étoiles, elles possèdent 5 lobes plus ou moins étalés, velus, à poils étoiles sur les deux faces ; les fleurs mâles présentent des étamines réunies en une colonne centrale plus courte que le calice, dont les anthères sont disposées en deux séries superposées dans les fleurs hermaphodites, le centre est occupé par un ovaire subglobuleux formé de 5 ou 6 loges, contenant chacune deux rangées d'ovules. L*ovaire est surmonté de 5 ou 6 stigmates sessiles, subulés et plus ou moins réfléchis; il est entouré à la base par un cercle d'anthères en 2 séries superposées. Le fruit est constitué par des follicules au nombre de i à 6, oblongs. sessiles, plus ou moins acuminés au sommet, coriaces, rugueux, brunâtres â maturité, de 8-16 centimètres de long et de 6-7 centimètres de large; ils peuvent renfermer de 1 à 16, en moyenne 6 ou 8 graines oblongues, possédant de 4 à 6 cotylédons^ blanchâtres ou colorés plus ou moins fortement en rouge et mesurant 3 â 3^5 centimètres de diamètre.
M. le professeur K. Schumanh admet cinq variétés dont les différences ne sont pas des plus faciles à saisir d'après les descriptions. Nous en donnons ci-dessous Ténumération, sans entrer dans le détail des caractères.
Cola acuminata f. typica K. Schum.
Disirih. : Niger, Cameroun, Sao Thomé ; cultivé au Brésil, à Saint-Domingue et en Guyane.
— — var. kamerunensis K. Schum.
Distrib. : Cameiroun.
— — var. Ballayi (Cornu) K. Schum.
Distrib. : Gabon, Bas-Congo.
Observation. — C'est la plante répandue dans le Bas-Congo ; elle est mastiquée par les indigènes. Nous n'avons pas eu jusqu'à ce jour l'occasion de voir, dans les plantes du Congo Indépendant, une autre variété de colatier ; nous n'avons également aucun renseignement précis sur la dispersion de cette espèce à l'intérieur des terres.
— — var. g^randiflora K. Schum.
Distrib. : Cameroun.
Observation, — Les graines de cette variété, connue sous le nom de « lepoe » ou « leboe », sont employées, comme masticatoire et comme remède contre les maux de tête et d'estoitiac, par les indigènes des environs de la station de Yaunde, où le botaniste allemand Zenker a pu étudier leurs usages.
— — var. latifolia K. Schum.
Distrib. : Femando-Po.
Cola acuminata var. trichandra K. Schum.
Distrib, : Gabon, Angola.
Observation, — Cette variété constitue peut-être une espèce; elle n'a pas encore été rencontrée dans l'État Indépendant du Congo, où elle existe fort probablement, car elle a été trouvée par le voyageur allemand Buchner tout près des frontières du Congo.
Cola vera K. Schum.
Arbre atteignant lo mètres de haut et bien caractérisé par sa forte couronne. Les feuilles sont pétiolées,à pétiole de i,5-9 centimètres de long, à limbe de i2-25 centimètres de long et de 5 à lo centimètres de large, obiong ou subobovale-oblong, courtement et obtusément acuminé, cunéiforme à la base, glabre, coriace, à nervures bien apparentes. Les fleurs sont disposées en panicules axillaires, courtes, de 6 centimètres environ de long, courtement pédicellées, à p>édicelle de i centimètre environ de long. Le calice est divisé en 5 lobes, plus ou moins fortement pubescents extérieurement, glabrescents intérieurement ; dans la fleur mâle il mesure 9 millimètres de long, les anthères sont bisériées, portées sur un pédicelle très court ou subsessiles et ne s'étalent pas au sommet comme dans le C. acuminata; dans la fleur femelle, le calice atteint 11 millimètres de long. L'ovaire est velu, globuleux, à 5 loges, à 6 ovules par loge, surmonté de stigmates fortement appliqués sur l'ovaire. Les follicules sont assez grands, ils peuvent atteindre 10 centimètres de long et mesurent parfois 7-8 centimètres de diamètre. Les graines d'un rouge carmin mesurent jusque 5 centimètres de diamètre, mais elles sont généralement plus petites, et toujours dicotylidonées.
Distrib, : Sierra-Leone, Lagos.
Observation, — C'est, d'après le professeur K. Schumann, le vrai Colatier, celui dont les noix ont le plus de valeur sur le marché.
C*est cette plante que le professeur É. Heckel avait cru devoir rapporter au type de Palisot de Beauvois, mais elle en diffère très sensiblement, non seulement par ses graines plus grosses, à deux cotylédons seulement, mais par la disposition particulière des étamines et des stigmates.
— — var. sublobata (Warb.) Busse.
Cette espèce parait originaire du pays des Achantis où elle aurait été récoltée par Cummins. Elle est connue sous le nom de Cola de Tapa. C'est comme les autres espèces du genre, un arbre, dont les fleurs mâles, au lieu de présenter les étamines réunies en une masse centrale globuleuse, forment un androcée plus ou moins lobé d'où le nom de sublobata.
Cola astrophora Warb.
C'est le Cola de Kpandu, caractérisé par la forme très spéciale de son androcée porté sur un pied au milieu de la fleur mâle, et la cupule divisée en 5 branches bilobées. Les graines ont 2 cotylédons, ce qui permet de les différencier du Cola acuminata et de ses variétés dont les graines sont toujours pluricotylédonées. Les Allemands posséderaient donc là 2 colatiers de valeur, car ces graines obtiennent, fraîches, sur le marché de Lagos, un prix équivalent à celui des noix de Sierra-Leone.
Comme ces deux plantes existent dans les cultures des Colonies allemandes, de même . que le Cola vtra, la défense édictée par le Gouvernement des colonies anglaises, qui ne permet plus le passage des noix du pays des Achantis par le domaine allemand, ne peut avoir grand effet. Les vrais Cola vera, plantés il y a un peu plus de 10 ans, donnent des fruits qui pourraient, si même les colatiers nouveaux ne donnent pas un produit utilisable, être employés pour faire de nouvelles cultures.
Cola lepidota K. Schum.
Cette espèce constitue un arbrisseau ou même un arbre dont les rameaux jeunes sont recouverts de poils en écusson. Les feuilles au lieu d*étre entières sont trifoliolées, chacune des folioles rappelant par sa forme celle des feuilles des Cola vera et acuminata.
Les fleurs naissent sur le tronc et les grosses branches. Les étamines de la fleur mâle sont portées au sommet d'un androgynophore et disposées en une série de nombreuses anthères parallèles; l'ovaire est ovoïde dans les fleurs femelles, à 5 loges, surmonté d'un style terminé par un stigmate court et légèrement recourbé, toute la surface de l'ovaire et du style recouverte des poils étoiles caractéristiques. Les follicules atteignent 22 centimètres de long et 5 à 5,5 centimètres de diamètre, à indûment à poils en écusson; les graines mesurent 2,5 centimètres de long et 4 centimètres environ de diamètre.
Distrib. : Cameroun.
Observation, — Des renseignements obtenus à Berlin permettent d'affirmer que les graines de cetteespèce, différant par de très nombreux caractères des colatiers signalés plus haut, sont mangées par les indigènes, absolument comme celles des Cola vtra et acuminata ; malheureusement, il n'a été fait aucune analyse chimique des graines et Ton ne sait si elles jouissent de propriétés analogues à celles des Cola vera et acuminata.
Cola anomala K. Schum.
Cette plante, tout à fait caractéristique, forme un arbre rappelant nos arbres fruitiers. Elle se différencie de tous les autres colatiers par ses feuilles verticillées par 3; elles sont oblongues, lancéolées, courtement et obtusément acuminées, mesurant 6-12 centimètres de long et 2-5,5 centimètres de large. Les fleurs sont disposées en panicules axillaires très fortement pédicellées et entourées par deux bractées caduques qui enveloppent les fleurs jeunes.
La fleur adulte a une longueur de 6-8 millimètres ; les étamines sont disposées sur deux rangs superposés à l'extrémité d'un très court androgynophore, l'ovaire globuleux est surmonté de stigmates courts, étalés. Les fruits ne sont pas décrits.
Distrib, : Cameroun.
D'après les renseignements reçus à Berlin, cette plante, dont les feuilles restent verticillées, produit des graines employées par les indigènes, aux mêmes usages que les noix des Cola vera et acuminata.
Cola Supfiana Busse.
C'est le « Wasser-Kola >> ou <c Avatime-Kola », caractérisé par son port-pleureur. Les lobes de la fleur mesurent de 22 à 26 millimètres de long et 6 à 7,5 millimètres de large ; ils possèdent des poils étoiles sur les bords. L'ovaire est globuleux, à 5 lobes, à stigmates étalés-dressés. Les étamines sont portées sur un gynophore plus ou moins étoile au sommet. Les graines possèdent plus de 2 cotylédons.
Cette espèce, encore peu connue, est sans valeur pour la culture, car ses fruits sont, comme nous l'avons rappelé plus haut, pauvres en matières actives.
L'étude chimique du cola a été entreprise depuis longtemps par différents auteurs. Déjà, en 1864, un chimiste anglais, Attfield, y avait reconnu une huile essentielle et une substance qu'il avait rapportée à la sléine, mais c'est vers i883 que des recherches plus approfondies de MM. Heckel et Schlagdenhaufen ont démontré la présence de deux alcaloïdes : la « caféine » et la « théobromine », le premier des deux se trouvant en forte
proportion. Ces analyses ont décelé également la présence de tanin, de corps gras et de matières colorantes.
On put donner de la composition de la noix de cola le tableau ci -dessous : '
Matières solubles dans le chloroforme ....
Matières solubles dans l'alcool
Caféine 2,349
Théobromine. . . . o,023
Tanin 0,027
Corps gras o,585
Tanin 1,591
Rouge de cola . . . 1,290
Glucose. 2,875
Sels fixes 0,070 |
Amidon 33,754
Gomme 3,040
Matières colorantes 2,56i
» protéiques 6,761
Cendres 3,325
Eau 11,919
Cellulose par différence
Des graines de Cola reçues récemment à Londres, à l'Institut Impérial, ont donné au point de vue de la teneur en alcaloïdes les résultats suivants :
alcaloïdes