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Comme Ta fait observer M. Bertrand, le caractère présenté par le Coffea Humbloiiana est non seulement très intéressant au point de vue scientifique, car il montre que des formes très voisines ont des propriétés intimes parfois très différentes, mais aussi au point de vue de l'application qui peut en être faite. Beaucoup de personnes, aimant à consommer du café, ne peuvent, pour diverses causes, employer cette boisson excitante, le Coffea HumbloUana pourrait être utilisé dans ce cas, mais il possède un grand désagrément, c'est de contenir une substance très amère, la cofamarine^ qui ne peut être enlevée par la torréfaction et subsiste dans la décoction. La culture pourrait peut-être atténuer cet inconvénient. Dans le but d'arriver à une solution de ce problème, plus rapidement que par des expériences de culture, M. le professeur Bertrand a fait une grande série d'analyses de divers cafés de provenance variée et a obtenu les résultats que nous résumons dans le tableau ci-dessous, en tenant compte uniquement de la teneur en caféine :
Coffea arabica 0.69 à 1.60
Coffea Uberica 1.06 à 1.45
Coffea canephora 1.97
Coffea laurina o.63
Coffea congensis 1.19
Coffea stenophylla 1.52 à 1.70
Coffea mauritiana 0.07
Coffea HumbUtiana 0.00
On le voit, il y a, à coté du Coffea HumbloUana^ un autre caféier, le Coffea mauritiana de la Réunion, qui renferme seulement des traces de l'alcaloïde et peut être considéré comme pratiquement dépourvu de caféine.
Malheureusement, on n'a pas de données sur la boisson fournie par les graines torréfiées de cette espèce, peut-être ne renferme-t-elle pas la cofamarine et pourrait-elle donner une infusion agréable.
De nouvelles recherches effectuées par le même chimiste ont démontré que le Coffea HumbloUana n'est pas la seule espèce à posséder des graines sans caféine; à Madagascar il se rencontre d'autres espèces tels les Coffea Gallienif Coffea Bonnieri et Mogeueti, qui ne renferment dans leurs graines aucune trace de caféine, mais par contre elles renferment, comme les graines du Coffea HumbloUana^ une forte proportion de cofamarine. Il est curieux de voir les représentants du genre Coffea localisés dans la Flore de Madagascar et des îles avoisinantes se singulariser par un caractère qui n*a pas, au moins jusqu'à ce jour, été retrouvé chez d'autres espèces des régions continentales, il y a là un caractère intéressant à noter; il ajoute à l'allure spéciale de la flore de cette région.
Les analyses publiées par les chimistes Koenig et Dragendorf ont donné pour divers cafés le pourcentage suivant :
Proportion de caféine dans divers cafés, d'après Koenig :
Rio I . . . . i,3oo p. c. Maracaïbo i»370 p. c.
Rio 2 . . . . i,i85 p. c. Costa-Rica 1,104 p. c.
Rio 3 . . . . i,o3o p. c. Tanagra 1,020 p. c.
Java 1,095 p. c. Mexico 0,620 p. c.
Proportion de caféine dans divers cafés d'après Dragendorf :
Java 2,21 p. c.
Ceylan 1,59 p. c.
Santos 1,46 p. c.
Jamaïque 1,43 p. c.
Maurice 0,84 p. c.
Les autres principes contenus dans les différentes parties de la plante sont : de Tacide phosphorique, de la magnésie, de la potasse, de la chaux, de Tazote, de l'acide sulfurique, du chlore, de la soude, de rox3'de de fer, de la silice.
M. Balland s'est occupé de l'étude comparative de la constitution chimique de plusieurs cafés du Congo français et a obtenu les résultats indiqués dans le tableau ci-dessous.
Les échantillons examinés proviennent du Kouilou, de Batah et du Haut-Ubangi (Bangasso).
Eau
Matières azotées
— grasses
— ex tract ives . . .
Cellulose *
Cendres
Caféine, p. c
Poids moyen de 100 graines.
II, 3o
i3,oo
Ces séries d'analyses sont intéressantes ; elles montrent les différences notables de composition chimique de ces Coffta, Il serait désirable, pour pouvoir .tirer des conclusions pratiques de ces études, que de nombreuses analyses fussent effectuées, non seulement des produits, mais encore des sols; de cette manière on pourrait peut-être trouver des indications importantes pour la culture, et obtenir facilement, soit des grains lourds à peu de caféine, soit des grains légers à forte teneur en caféine.
Il y a une différence très marquée entre les Coffea arabica et liberica relativement à leur teneur en caféine. Le Coffea liberica renferme la caféine dans les parties jeunes ; le Coffea arabica, par contre, en conserve encore dans les feuilles adultes.
MM. Van Romburgh et Lehmann ont publié diverses analyses montrant bien cette différence.
COFFEA LIBERICA Bull :
Feuilles jeunes 0,6 p. c. de caféine.
Feuilles adultes 0.0 — —
Pétales 0,3 — —
Péricarpe vert traces —
Graines non mûres i,3 p. c. —
Péricarpe rouge traces —
Graines mûres i,3 p. c. —
Téguments traces —
, \ feuilles 0,9 p. c. —
feunes cfourmands { . ^
•' " / tiges .... 1,1 — —
Écorce traces —
COFFEA ARABICA L. :
Feuilles jeunes 1,6 p. c. de caféine.
Feuilles adultes 1,08—1,1 ^-
Tiges jeunes o,58 p. c.
Tiges vieilles, encore vertes 0,19 — —
Les recherches peu nombreuses faites pour le Coffea stenophylla ont donné :
Dans les graines 1,29 p. c.
Dans les feuilles jeunes 0,88 —
Dans les feuilles adultes 0,00 —
La constitution chimique des graines ne paraît cependant pas avoir une action prépondérante sur la valeur du café ; d'après les constatations faites à l'Institut agronomique de TEtat à Saint- Paul, c'est après la torréfaction que Ton peut indiquer la supériorité d'un café sur un autre. Le directeur de cet Institut, M. G. d'Utra, a donné, dans le BoUtim ,da Agrkiiliura^ publié par le Ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, les analyses de 88 sortes de café. Ces graines provenaient des différentes régions de l'Amérique, des Indes* Néerlandaises, des Indes Occidentales, d'Afrique, et avaient été achetées en partie dans les grands centres de commerce européen. Ces analyses ont donné, pour 100 grammes de substance sèche ou humide, des proportions variant entre les limites indiquées dans le tableau ci-dessous.
COMPOSITION DE lOO GRAMMES DE GRAINES DE CAFÉ SÈCHES OU FRAICHES !
Eau