LA GUIMAUVE — L’ARNICA — LE TILLEUL LES CITRONNIERS — LES ORANGERS
Consacrons d’abord un chapitre aux plantes qui fournissent des substances réputées émollientes, adoucissantes, calmantes, antispasmodiques. C’est d’abord l’inoffensive Guimauve (Allhœa offcinalis, famille des Malvacées Malvées). Cette plante croît spontanément en Europe au bord des ruisseaux et dans les lieux humides. Elle fleurit en juillet et en août.
Toutes les parties de la Guimauve sont employées à raison des propriétés émollientes du principe mucilagineux qu’elles contiennent en abondance. Sa tige est cylindrique, herbacée, cotonneuse; ses feuilles sont cordiformes à cinq
lobes peu prononcés, molles et douces au toucher. Ses fleurs, qui forment une sorte de panicule au sommet de la tige, sont blanchâtres ou légèrement rosées. Enfin sa racine, dont l’usage est beaucoup plus général et plus fréquent que celui des autres parties, est pivotante, fusiforme, tantôt simple, tantôt rameuse, plutôt charnue que ligneuse, blanche à l’intérieur et recouverte d’un épiderme gris-jaunâtre. Cette racine varie en longueur de 10 à 20 centimètres, et en grosseur de 1 à 3. Son odeur est faible, sa saveur fade. On la récolte en automne ou en hiver. La décoction de racine de Guimauve est indiquée dans les mêmes cas à peu près que celle de graines de Lin : plutôt pour l’usage externe que pour l’usage interne.
Si la Guimauve est, dans lamédecine des bonnes gens, le spécifique général des maladies inflammatoires, il est quelques autres plantes qui, sous la désignation de vulnéraires, jouissent d’une popularité au moins égale, et passent pour souveraines contre les accidents consécutifs aux chutes, coups et blessures. Telle est surtout 1’Arnica montana (famille des Composées), qui croît dans les pâturages des montagnes, en France, en Suisse et en Allemagne, et dont les feuilles et les fleurs s’emploient en infusion, ou mieux, en teinture alcoolique, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur. Les compresses et les lotions d’Arnica dissolvent, ou même empêchent de se former les enflures, les
bosses, les ecchymoses résultant de contusions, de foulures, etc.' Convenablement administrée à l’intérieur à la suite d’une chute, d’une secousse violente ou de tout autre accident capable de jeter le trouble dans l’organisme, l’infusion ou la teinture de cette même plante produit aussi les effets les plus salutaires. C’est du moins ce que j’ai entendu affirmer à beaucoup de personnes très-respectables. D’autres pensent, il est vrai, que ce précieux médicament, comme beaucoup d’autres non moins renommés, n’agit qu’en raison de la confiance qu’on lui accorde; qu’en d’autres termes, c’est cette confiance même qui produit la plus grande -partie des résultats attribués aux vertus de la plante. Cela se pourrait bien. Quoi qu’il en soit, l’Arnica est rangée parmi les stimulants de la circufation. C’est sans doute pour cela qu’elle calme ou prévient les troubles nerveux : Sanguis moderator nervorum, dit Hippocrate.
Les feuilles et les fleurs de Tilleul sont considérées aussi comme tempérantes, sédatives et antispasmodiques. On sait q ue le Tilleul ( T ilia, famille des Tiliacées), est un très-bel arbre, fort recherché dans toute l’Europe pour l’ornement des parcs et des jardins. C’est particulièrement l’arbre favori de la race germanique : toutes les promenades publiques, en Allemagne, sont invariablement plantées de Tilleuls. L’infusion de ses feuilles, et surtout de ses fleurs, est parfumée, et constitue
une des tisanes les moins désagréables que l’on puisse offrir aux malades. Beaucoup de personnes, même en bonne santé, la boiraient, je crois , par pure gourmandise, si ce n’était une tisane. Et pourquoi ne prendrait-on pas du tilleul dans les soirées plutôt que du thé? ce serait moins cher et au moins aussi hygiénique.
On a coutume d’ajouter quelques feuilles d’Oiuxger aux fleurs de Tilleul avant d’y verser l’eau bouillante. Les propriétés des feuilles et des fleurs de l’Oranger sont analogues à celles du Tilleul, mais beaucoup plus accusées. L’eau distillée de fleurs d’Oranger est un véritable médicament, qui exerce sur le système nerveux une action sédative très-positive, et qui a le double avantage d’être fort agréable au goût et à l’odorat, et de ne pouvoir jamais devenir dangereux. Les fleurs qui servent à la fabrication de cette eau distillée sont celles des diverses espèces du genre Citrus (famille des Àurantiacées), c’est-à-dire des Orangers et des Citronniers. Ces arbres sont originaires des contrées tropicales et subtropicales de l’Asie; mais l’élégance de leur port, le vert lustré de leur feuillage, leurs jolies fleurs blanches si parfumées, leurs beaux fruits remplis d’un jus délicieux et rafraîchissant, engagèrent fort anciennement les Occidentaux à les transplanter dans les parties de l’Europe dont le climat semblait devoir leur être favorable. Il ne paraît pas cependant que les premiers essais de transplan-
tation et de naturalisation aient réussi ; car, même sous les empereurs romains, les oranges et les citrons étaient apportés à grands frais de la Perse* et de l’Asie Mineure, et se payaient excessivement cher.
Les Citronniers furent certainement introduits en Europe avant les Orangers. Ceux-ci, confinés primitivement, dans l’Inde au delà du Gange, furent, dit-on, apportés en Arabie vers la fin du ix e siècle. Ils passèrent de là dans la Palestine, en Égypte et sur la côte septentrionale d’Afrique. Enfin les Maures les apportèrent en Espagne, où leur culture était déjà florissante au temps des croisades. A cette époque, des essais de naturalisation eurent lieu, d’autre part, dans la Sicile et l’Italie méridionale. C’est de ces deux points que la culture des Orangers s’est propagée dans les pays méridionaux de l’Europe continentale et dans tes îles de la Méditerranée.
Les Orangers et les Citronniers sont de beaux arbres à tronc droit, à cime arrondie, très-recherchés pour l’ornement des jardins, même dans les climats moyens ou septentrionaux, où ils sont cultivés en serre froide ou tempérée, selon la latitude. Le premier Oranger qu’on ait vu en France avait été semé en 1421 à Pampelune.
Il fut transporté de là à Chantilly en l’an 1500, puis de Chantilly à Fontainebleau, et enfin en 1684 à Versailles, où l’on peut encore le voir, autant que nous sachions. Il est connu sous les
noms de Grand-Bourbon, Grand- Connétable, François 1 CT . Depuis la fin du xvn e siècle, les Orangers se sont fort multipliés à Versailles, à Paris et dans tout le reste de la France. Mais ces Orangers, transis et avortés, dont les fruits ne
L’Oranger.
mûrissent jamais et qui restent toujours bien au-dessous de leur croissance normale, ne fournissent au commerce et à l’industrie aucun produit utile, si ce n’est leurs fleurs, qu’on récolte pour la préparation de l’eau de fleurs d’Oranger. Il n’en est pas de même des Orangers du Midi,
grands et beaux arbres, dont le bois est mis en œuvre par l’ébénisterie de luxe ainsi que celui du Citronnier; dont les fleurs alimentent les importantes distilleries de l’Espagne, de l’Italie et de nos départements méridionaux.; dont les fruits, enfin, s’expédient dans toutes les directions, et sont une des principales richesses des pays qui les produisent.
On connaît trois espèces principales de Citronniers. Ce sont: le Cédratier ( Citrus medica) , le Limettier ( Citrus limetta), le Limonnier ( Citn/s limonum).
Le Cédratier est un arbre de petite taille. Ses feuilles sont allongées; ses fleurs, qui se succèdent presque pendant toute l’année, sont grandes, blanches à l’intérieur, de couleur pourpre ou violette à l’extérieur, portées sur un pédoncule épais et court. Son fruit, appelé cédrat, se distingue des autres citrons par sa grosseur et par l’épaisseur de son écorce, que l’on fait confire dans le sucre. L’huile essentielle qu’on extrait du zeste de cette écorce est douée d’une odeur très-suave. On l’emploie dans la parfumerie.
Le Limettier est plus grand que le Cédratier. Ses fleurs sont entièrement blanches. Son fruit, de couleur jaune-verdâtre, de forme arrondie terminée par un mamelon obtus, est connu sous les noms de lime douce, de limetta, de peretta et de bergamotte. Il est très-parfumé , mais peu savoureux. On en retire une essence qui entre dans la préparation de Veau de Portugal.
Le Limonnier, ou le Citronnier proprement dit, est un arbre assez élevé, à grandes feuilles dentelées, portées-sur un pétiole articulé, à fleurs blanches en dedans, violacées en dehors, plus petites que celles du Cédratier, plus grandes que celles de l’Oranger. Ses fruits, d’un beau jaune clair, sont ovoïdes et terminés, comme ceux du Limettier, par un mamelon obtus. Leur grosseur varie suivant les circonstances plus ou moins favorables dans lesquelles ils se sont développés. Ils sont appelés limons dans le Midi, et citrons dans le Nord. Leur zeste fournit une huile essentielle très-parfumée ; leur jus sert à l’extraction de l’acide citrique; il est aussi journellement employé, comme chacun sait, pour assaisonner certains mets, et pour préparer des limonades, des sirops et des bonbons rafraîchissants. On a préconisé récemment le jus de citron comme préservatif et curatif du scorbut, et particulièrement du scorbut de mer. Ce jus, contenant beaucoup de principes extractifs, est très-sujet à la fermentation. On peut néanmoins le conserver longtemps en le -privant d’air par l’ébullition, et en le tenant dans des vases bien pleins et hermétiquement bouchés.
Il n’y a qu’une seule espèce d’Orangers; les variétés en sont assez nombreuses, mais ce sont plutôt des variétés commerciales établies d’après le volume ou la qualité de leurs fruits, que des variétés botaniques distinctes. Il en est une pourtant qui présente des caractères assez tranchés:
c’est le Bigaradier (Citnis Bigaraclia,o\iAurantium vulgare acre), qui donne les bigarades ou oranges amères. Ces oranges, à cause de leur extrême amertume, ne peuvent être mangées comme les oranges douces. Mais leur écorce est l’objet d’un commerce important. Elle est apportée de la Barbade et de Curaçao en Europe, surtout en Hollande et à Bordeaux, et elle sert à préparer les liqueurs appelées curaçao et bitter. On en fait aussi un sirop spécial, le sirop d’écorce d’oranges amères, qui est très-recommandé contre la dyspepsie, l’inappétence, et d’autres affections de l’appareil digestif. Enfin l’on en extrait par distillation une essence propre aux usages de la parfumerie, l’essence de bigarade.
Les propriétés médicinales de l’écorce de l’orange amère lui sont communes avec une classe assez nombreuse de drogues végétales également caractérisées par leur amertume, et qui, pour cette raison, ont reçu, en matière médicale, le nom d 'amers.
LES AMERS — LA COLOQUINTE — L’ABSINTHE La GENTIANE — LE HOUBLON LE COLOMBO — LE QUASSIA — LA RHUBARBE — L’ALOÈS
« Amer comme chicotin, » est une expression proverbiale universellement usitée ; mais qu’est-ce que le chicotin ? Une poudre dont on frotte les
objets que l’on veut empêcher les petits enfants de mettre dans leur bouche. Et quelle est cette poudre? Tout simplement de la poudre de Coloquinte. La Coloquinte est le fruit d’une plante du genre Cucumis (famille des Cucurbitacées). Cette plante, originaire du Levant et des îles de l’Archipel, est annuelle, à tige herbacée, rampante et Volubile, à feuilles alternes, aiguës et pubescentes, à fleurs mâles et femelles distinctes. Les fruits qui succèdent aux fleurs femelles sont de forme arrondie, de la grosseur d’une orange, enveloppés d’une écorce jaune, glabre, luisante et de peu d’épaisseur, et renfermant dans une pulpe blanche un grand nombre de graines oblongues et aplaties. Ce fruit se trouve souvent, dans le commerce, dépouillé de son écorce. Il présente alors l’aspect d’une boule blanche, sèche et spongieuse. L’amertume insupportable de cette chair est due à un principe résineux, l’extrait de Coloquinte, qui a été analysé par Yauquelin, et auquel ce chimiste a donné le nom de colocyntine. La Coloquinte, ou plutôt son extrait, est parfois employée en médecine; mais il est d’autres amers dont l’usage est beaucoup plus fréquent, et qui rendent à la médecine de véritables services. Tels sont l’Absinthe, la Gentiane, le Houblon, le Colombo, le Quassia, la Rhubarbe, l’Aloès.
L’Absinthe officinale (Artemisia Absinthium, famille des Composées, tribu des Corymbifères), est une plante vivace, à tige herbacée, rameuse et
comme paniculée. Ses feuilles, à lobes obtus, sont recouvertes, sur les deux faces, d’un duvet cotonneux; ses fleurs sont jaunes. L’Absinthe croît spontanément en assez grande abondance dans les
L’Absinthe.
terres arides et incultes; on la cultivé en outre pour l’usage médicinal et pour la préparation de la liqueur d’Absinthe 1 . Elle possède, en effet, une odeur aromatique et une saveur amère très-prononcée,
1 Voyez, au sujet de cette liqueur, de son usage et de ses effets, notre livre des Poisons.
des propriétés stimulantes, toniques et vermifuges.
Les Gentianes sont aussi des plantes herbacées, très-abondantes dans les pays montagneux de l’Europe et de l’Asie, rares en Amérique, plus rares encore dans les contrées boréales. Ce genre, qui sert de type à la famille des Gentianées, comprend un grand nombre d’espèces, dont une seule mérite notre attention. C’est la Gentiane jaune ou grande Gentiane ( Genliana luteola ), dont la racine, ou, pour mieux dire, la tige souterraine joue, dans la médecine humaine et dans la médecine vétérinaire, un rôle important. C’est, en effet, un des médicaments toniques les plus efficaces que nous possédions. Elle doit surtout ses propriétés au principe amer qu’elle recèle, et qui lui communique une saveur presque insupportable lorsqu’elle n’est pas déguisée.
La grande Gentiane croît très-abondamment dans les Pyrénées, les Alpes, le Jura, les Vosges, les Cévennes, ainsi que dans les montagnes de l’Auvergne, du Forez, de la Bourgogne, de la Suisse, du Tyrol, etc. Elle n’a besoin d’aucune culture. Les paysans la récoltent chaque année en quantités considérables, coupent les racines, les font sécher, et les livrent au commerce en bottes plus ou moins volumineuses. En Suisse et dans le Tyrol, on extrait des racines de Gentiane coupées en rouelles et soumises à la fermentation une liqueur alcoolique très-forte et très-amère, qui ne peut plaire qu’aux palais peu délicats. Les ani-
maux mêmes ne peuvent manger la Gentiane, à cause de son amertume, et bien qu’elle renferme des principes nutritifs en proportion assez notable.
Le Houblon (Humulus lupulus) est l’espèce unique d’un genre de la famille des Urticées, au-
Houblon.
quel ses usages économiques et médicinaux donnent une très-grande importance agricole, industrielle et commerciale. Le Houblon est une plante herbacée, vivace, grimpante. Ses tiges, creuses, anguleuseset velues, s’enroulent toujoursde gauche à droite, et peuvent s’élever à une hauteur de 3
à 5 mètres. Ses racines sont menues et entrelacées; ses feuilles ont quelque analogie de forme avec celles du Mûrier et de la Vigne. Il porte des fleurs mâles et des fleurs femelles. Les premières sont en grappes rameuses irrégulières, sortant de l’aisselle des feuilles supérieures; les secondes forment une espèce de capsule globuleuse de la grosseur d’un pois. Les fruits qui succèdent à ces fleurs sont de petits cônes allongés, membraneux ovoïdes, à écailles minces et consistantes. A la base de chacune de ces écailles se trouvent deux petits akènes enveloppés d’une poussière jaune granuleuse, douée d’une saveur extrêmement amère.
Cette poussière, à laquelle les cônes de Houblon doivent leurs propriétés caractéristiques, fut aperçue et étudiée d’abord par M. Planche et par M. Yves, de New-York, qui lui donnèrent le nom de lupuline. MM. Payen et A. Chevallier, qui l’ont examinée plus récemment, ont reconnu qu’elle constituait, en effet, le principe actif du Houblon; mais ils ont établi aussi qu’au lieu d’être, comme l’avaient cru leurs devanciers, une substance résineuse, c’était une matière très-complexe, non-seulement organique, mais organisée, qu’ils ont nommée la sécrétion jaune du Houblon, réservant le nom de lupuline au principe résineux amer qu’elle renferme.
Le Houblon croît naturellement sur la lisière des bois et dans les haies, en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Franconie, en Bohême et dans le nord de la France. Il est abondant aussi
dans les États du nord de l’Union américaine et au Canada. Mais si l’on s’en rapportait entièrement à la nature du soin de multiplier cette plante, dont la consommation s’accroît de jour en jour, ce qu’on en pourrait récolter serait loin de suffire à nos besoins. Aussi le Houblon est-il devenu, dans les pays que nous venons de nommer, l’objet d’une culture suivie, qui ne laisse pas d’exiger des soins et de présenter des difficultés.
On plante le Houblon soit au mois d’octobre, soit plutôt au printemps, c’est-à-dire en mars ou au commencement d’avril. A cette époque aussi on taille les vieilles houblonnières, on pose les échalas et l’on y attache les tiges du Houblon planté l’année précédente. La récolte des cônes se fait ordinairement de la fin d’août au commencement d’octobre, selon la variété de Houblon que l’on cultive, et en tenant compte de l’état de la saison. Il faut, en effet, choisir un temps sec, et même n’opérer qu’après que le soleil a séché la rosée. Il faut aussi se mettre à l’œuvre dès que le Houblon est mûr, ne pas attendre que la fleur soit passée, et cueillir les Houblons hâtifs et les tardifs à des époques différentes, déterminées par leur maturité respective.
Les cônes<, aussitôt qu’ils ont été récoltés, doivent être séchés à point; puis on procède à l’emballage, qui est encore une opération fort délicate. Le Houblon est mis dans de grands sacs, soumis à l’action d’une forte presse, et cousu solidement pour l’empêcher de se gonfler. Enfin, les sacs,
jusqu’au moment d’être expédiés ou livrés à la consommation, doivent être tenus dans un lieu à la fois sec et frais.
Les usages du Houblon sont nombreux. Quelques personnes mangent les jeunes pousses de cette plante, accommodées de la même façon que les asperges. Ces jeunes pousses contiennent une matière sucrée qui, par la fermentation, se convertit en alcool. En Suède, en Lithuanie, on retire des tiges du Houblon des fibres textiles analogues à celles du Chanvre, et dont on fait des cordes et des toiles grossières. On a recommandé l’emploi des cônes de Houblon pour préserver le blé des attaques des insectes. Les mêmes cônes sont d’un fréquent usage en médecine, à cause de leurs propriétés toniques, vermifuges, dépuratives et stomachiques; mais leur principale application consiste dans la fabrication de la bière, dont ils sont un des éléments essentiels. Outre qu’ils communiquent à cette boisson une saveur amère fort appréciée des amateurs, ils contribuent puissamment à la préserver des altérations qu’éprouvent d’ordinaire , au bout de peu de temps, les infusions végétales livrées à la fermentation.
Le Colombo est la racine de la Coccule palmée (■Cocculus palmatus ou Menispermum palmatum, famille des Ménispermacées, Ménispermées). Le genre Cocculus est très-nombreux. Il comprend au moins soixante-cinq espèces, dont une dizaine sont cultivées dans les jardins européens. Ce sont
des arbrisseaux volubiles, à fleurs peu apparentes, à feuilles alternes, pétiolées, cordiformes, ovales ou oblongues, ordinairement entières. Les deux espèces les plus remarquables sont : le Cocculus pbatyphylla, que les Brésiliens regardent comme un excellent spécifique contre les maladies du foie et de l’estomac et contre les fièvres intermittentes; et le Cocculus palmatus, dont la racine est oonnue sous le nom de racine de Colombo, ou simplement Colombo. Ce nom vient de ce qu’on l’apportait autrefois de Colombo (île de Ceylan). On a longtemps ignoré sa véritable patrie; mais on sait aujourd’hui que le Cocculus palmatus est originaire de la côte orientale d’Afrique, de Madagascar et du continent indien. 11 est surtout commun dans les forêts qui bordent les côtes de Mozambique, et c’est de là qu’en 1825 il a été introduit aux îles de France et de Bourbon. Aux Indes et en Afrique, sa racine est regardée comme un remède très-efficace contre les affections des voies digestives et contre le choléra. Cette racine, telle qu’on la reçoit en Europe, est verdâtre à l’extérieur et jaune clair à l’intérieur. Lorsqu’on l’humecte, elle devient brune; sa poudre est d’un gris verdâtre pâle. Son odeur est faible, mais désagréable, et sa saveur amère. D’après les analyses de Planche, le Colombo a pour principes immédiats de l’amidon, du ligneux, une matière jaune amère, une matière azotée, une huile volatile particulière, de l’oxyde de fer, de la silice, des sels de chaux et de potasse.
Les Quassia sont des arbres ou des arbrisseaux de la famille des Rutacées, qui croissent à la Guyane et aux Antilles. Leur nom est celui d’un nègre de Surinam, appelé Quassi, qui, pour reconnaître les bons traitements d’un officier hollandais, Gustave Dalberg, lui révéla les propriétés bienfaisantes de la racine dont il faisait depuis longtemps usage avec succès contre les fièvres pernicieuses, si communes à la Guyane. Dalberg communiqua cette découverte à Linné, qui en fit le sujet d’une dissertation imprimée dans les Amœnitates academicœ. Grâce à l’autorité d’un si grand nom, la racine de Quassia prit rang dans la pharmacopée européenne, où elle occupe aujourd’hui encore, sous les noms de Quassia amara et de bois amer de Surinam, une place honorable. Cette racine se trouve dans le commerce sous la forme de bâtons cylindriques de 35 à 55 millimètres de diamètre, couverte d’une écorce mince, peu adhérente, unie, très-légère, de couleur blanchâtre tachetée de gris. Le bois même de l’arbre est léger, blanc-jaunâtre; son grain fin, et le beau poli qu’il peut prendre, permettraient de l’employer dans l’ébénisterie. Il est sans odeur, mais doué, comme la racine, d’une saveur très-amère due à la présence d’un principe cristallisable analogue à la quinine, et qui a reçu le nom de quassine.
Le Quassia de la Jamaïque, grand arbre du même genre que le Quassia de Surinam, possède les mêmes propriétés. On le reçoit en bûches de 2 mètres de longueur, sur 25 à 35 centimètres de
diamètre, recouvertes d’une écorce de 1 centimètre d’épaisseur. Ce bois est plus jaune et d’un tissu plus grossier que celui du Quassia amara; mais son amertume n’est pas moins prononcée. On l’emploie sous forme de copeaux, qu’on fait infuser dans dé l’eau , ou bien on le façonne en gobelets, dans lesquels on laisse séjourner de l’eau pendant une heure avant de la boire, et qui communiquent à cette eau, avec une légère amertume, des propriétés toniques et apéritives.
Ce serait ici le lieu de parler des Quinquinas, qui, par leurs propriétés, se rapprochent fort des Quassia. Mais, en ayant égard à la haute importance médicinale de ce genre, nous ne pouvons moins faire que de lui consacrer un chapitre entier. Disons donc d’abord, pour terminer le présent chapitre, quelques mots de deux autres amers dont la thérapeutique fait un fréquent usage : la rhubarbe et l’aloès.
Le produit désigné dans la droguerie et connu de tout le monde sous le nom de Rhubarbe est la racine de certaines espèces du genre JRheum, famille des Polygonées. Mais ces espèces ne sont pas bien déterminées. Il est certain que tous les Rheum ne fournissent pas de la rhubarbe vraie : témoin le Rheum Ponlicum (RaponticJ, dont la racine n’est qu’un succédané de la rhubarbe vraie. On croit aujourd’hui que celle-ci provient principalement, sinon exclusivement, des Rheum palmatum et australe. Ces deux espèces sont origi-
naires de l’Asie. La première croît spontanément sur une longue chaîne de montagnes qui borde à l’occident la Tartarie chinoise, depuis la ville de Se-Lin au nord, jusqu’au lac Khou-Khou-Nour, voisin du Thibet, au sud. C’est, suivant Guibourt, la racine de ce Rlieum qui constitue la vraie rhubarbe de Chine. La récolte des racines se fait ordinairement au mois d’avril, quelquefois aussi en automne. On reconnaît leur âge à la grosseur de leur tige. Celles qui ont acquis le développement voulu sont enlevées, puis nettoyées et coupées en morceaux. Pour les faire sécher, on les perce d’un trou dans lequel on passe une longue ficelle, et l’on en forme ainsi des chapelets que l’on suspend soit aux arbres voisins, soit dans les tentes, soit même aux cornes des bestiaux. Dans tous les cas, on achève de les faire sécher dans les habitations. Pour cela, d’après Duhalde, les Chinois étendent les racines sur des tables de pierre, et allument du feu dessous.
Le Rlieum australe paraît être originaire de la Tartarie, de la Boukharie ou des montagnes du Thibet; on a commencé, il y a quelques années, à le cultiver en Europe. C’est probablement cette espèce qui donne les rhubarbes dites de Moscovie et de Perse. Les Rlieum undulatum, compactum et Ponticum qu’on cultive en France, et dont les racines se vendent sous le nom de rhubarbe de France , diffèrent sensiblement des espèces précédentes, qui n’ont pu encore être assez bien acclimatées pour que leurs racines prissent rang dans
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la droguerie auprès des rhubarbes exotiques.
Quant à la rhubarbe de France, elle n’a ni la même composition chimique, ni les mêmes propriétés. Elle contient une grande quantité de matière colorante, mais ce principe est rouge au lieu d’être jaune comme dans la rhubarbe d’Orient; elle est aussi plus riche en matière amylacée, et beaucoup moins en oxalate de chaux. La rhubarbe vraie est à la fois tonique et légèrement purgative. On l’administre fréquemment pour réveiller l’appétit, et pour dissiper les embarras gastriques et régulariser les fonctions digestives.
Aloès est le nom d’un genre de plantes arborescentes appartenant à la famille des Liliacées, et à la tribu des Aloïnées. Ce genre, institué par Tournefort, comprend de nombreuses espèces, presque toutes propres à l’Afrique, et surtout à la partie méridionale de ce continent. Les Aloès croissent de préférence dans les terrains sablonneux exposés à toutes les ardeurs du soleil; seules les variétés naines se plaisent à l’ombre des taillis et dans un sol moins aride. La tige des Aloès est cylindrique, haute de 1 mètre à 1 mètre 20, et feuillée au sommet. Les feuilles, charnues, à bords souvent dentés-épineux et toujours membraneux, à faces hérissées de papilles verruqueuses et transparentes, portent de belles fleurs disposées en grappes ou en épis ombelloïdes. On cultive dans les jardins et dans les serres plusieurs espèces et variétés de ce
genre, qui doit son utilité au suc gommo-résineux qu’on en extrait. En outre, un botaniste a reconnu, il y a quelques années, dans la variété dite Aloe Soccotrina, une propriété bien précieuse : la pulpe, appliquée sur des brûlures même très-graves, en apaise promptement la douleur, et, renouvelée deux ou trois fois en vingt-quatre heures, suffit pour prévenir les accidents qui en sont trop souvent la suite. L’auteur de cette découverte pense que la même vertu doit exister, à un degré plus ou moins approchant, dans les autres espèces congénères.
Ce qu’on désigne, dans le langage de la droguerie et de la pharmacie, sous le nom d 'aloès, est'la gomme-résine dont je viens de parler, et qu’on emploie souvent en médecine comme tonique, purgatif et vermifuge. C’est une substance solide, transparente, d’un aspect vitreux, de couleur brune lorsqu’elle est en morceaux, jaune lorsqu’on la rédoit en poudre. Sa cassure est terne et rappelle la couleur et l’aspect du succin ou ambre jaune. Son odeur tient à la fois de celle de la myrrhe et de l’ipécacuanha. Sa saveur est d’une extrême amertume. L’aloès se ramollit à 70 degrés, et se liquéfie à 75. Il est soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’alcool, très-peu dans l’éther. On connaît plusieurs sortes d’aloès ; la plus estimée est l’aloès succotrin, ainsi nommé parce qu’il provient de l’île de Soccotora, située à peu de distance de la pointe orientale du continent africain.
L’aloès n’a guère d’usage dans les arts industriels, si ce n’est pour le 'paillon, ou imitation de dorure sur clinquant. Les brasseurs anglais font entrer, dit-on, quelquefois une petite quantité d’aloès dans la composition du porter; mais c’est surtout en médecine, et particulièrement dans la médecine vétérinaire, que cette substance est employée comme stomachique, vermifuge et purgatif. On la retrouve fréquemment dans les prescriptions de M. Raspail.
LES AMERS (suite) — LE QUINQUINA
Les droguistes, les pharmaciens, les médecins désignent sous le nom de quinquinas des écorces bien connues par leur saveur amère et leurs propriétés toniques et fébrifuges. Ces écorces proviennent des arbres et arbrisseaux du genre Cinchona, famille des Rubiacées, tribu des Cinchonées.
Le genre Cincliona fut établi en 1742 par Linné, qui l’appela ainsi du nom de la comtesse de Chinchon, femme d’un vice-roi du Pérou, à laquelle une légende — dont on a contesté l’authenticité— attribue l’honneur d’avoir la première divulgué les propriétés et propagé l’usage du quinquina. Suivant une autre légende, ce furent les Indiens du village de Malacatos qui révélèrent à un
missionnaire jésuite les propriétés de la précieuse écorce. C’est, pourquoi l’on a aussi donné à la poudre de quinquina le nom de poudre du jésuite. Quant au mot Quinquina, c’est une modification du nom de kina ou K ma-Kma, sous lequel l’arbre est désigné parmi les Indiens du Pérou. Ceux-ci l’appellent aussi Yaracucchu (arbre à fièvre), et son écorce cavacucchu (écorce à fièvre).
Les Quinquinas sont des arbres ou des arbrisseaux toujours verts, à grandes et belles feuilles, à fleurs dont la forme et le parfum rappellent nos lilas. Ils sont répandus sur les deux versants, mais principalement sur le versant oriental de la Cordillère des Andes, dans les républiques de Venezuela, de la Nouvelle-Grenade, de l’Équateur, du Pérou et de Bolivie. Ils forment rarement à eux seuls des agglomérations d’une étendue notable. On les rencontre parfois en bouquets ou groupes, que les Péruviens appellent manchas (taches); mais le plus souvent ils sont disséminés dans d’immenses forêts. Ceux qui font leur profession de chercher et d’exploiter les Quinquinas sont appelés, dans l’Amérique du Sud, Cascarilleros, et ce nom s’étend également à tous ceux qui se livrent au commerce de l’écorce. Les premiers, dit M. Weddel, sont en général des hommes élevés à ce dur métier depuis leur enfance, et accoutumés par instinct, pour ainsi dire, à se guider au milieu des forêts.
« Les coupeurs ne cherchent pas, en général, le quinquina pour leur propre compte. Le plus
souvent ils sont enrôlés au service de quelque commerçant ou d’une petite compagnie, et un homme de confiance est envoyé avec eux à la forêt avec le titre de mayordomo ou majordome. 11 est chargé de l’examen et de la réception des écorces qui lui sont apportées des divers points de la forêt.
« Pour dépouiller l’arbre de son écorce, on l’abat à coups de hache un peu au-dessus de la racine... Lorsque enfin l’arbre est à bas et que les branches qui pourraient gêner ont été retranchées , on fait tomber le périderme en le massant, ou mieux, en le percutant avec un petit maillet de bois ou avec le dos même de la hache, et la partie vive de l’écorce est mise à nu et souvent nettoyée encore à l’aide de la brosse; puis, étant divisée dans toute son épaisseur par des incisions qui circonscrivent les lanières ou planchettes que l’on veut arracher, elle est séparée du tronc au moyen d’un couteau ordinaire ou de quelque autre instrument... L’écorce des branches se sépare comme celle du tronc, à cela près qu’elle ne se masse pas, l’usage voulant qu’on lui conserve sa croûte extérieure ou périderme '. »
Les écorces, récoltées comme il vient d’être dit, sont soumises à la dessiccation. Pour cela, les morceaux provenant des branches, et destinés à faire le quinquina roulé ou canuto, sont simplement exposés au soleil, et prennent d’eux-mêmes,
1 Histoire naturelle des Quinquinas, par le docteur Weddel : in-folio avec planches.
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en se contractant, la forme de cylindres creux. Mais les plaques enlevées sur le tronc, et qui doivent constituer le quinquina plat (tabla ou plancha), sont ordinairement disposées en piles carrées, comme les planches dans les chantiers, et chargées d’une grosse pierre ou de tout autre corps pesant qui les empêche de se recroqueviller. Ce mode de préparation peut d’ailleurs varier suivant les localités. Dans quelques endroits, on ne presse aucune des écorces, en sorte que même les plus épaisses se tordent ou se replient plus ou moins sur elles-mêmes.
Une fois séchées, les écorces sont rapportées à dos d’homme au camp du majordome, qui les examine, rejette celles de mauvais aloi qu’on y a pu mêler, fait subir aux bonnes écorces, s’il y a lieu , une nouvelle dessiccation, enfin les réunit en bottes à peu près égales, qui sont cousues dans du gros canevas de laine apporté à cet effet. Ces sortes de ballots sont transportés, soit parles cascarilleros eux-mêmes, soit à dos d’âne ou de mulet, à la ville ou se trouve le dépôt. Là on enlève l’enveloppe en canevas et on la remplace par du cuir frais, qui acquiert en se desséchant une grande solidité. Cet emballage constitue ce qu’on nomme des surons; il est quelquefois revêtu d’une seconde enveloppe de grosse toile.
Gomme on le voit par les détails qui précèdent, le mode d’exploitation des Quinquinas est tout à fait barbare, puisqu’il consiste à détruire purement et simplement les arbres dont on veut avoir l’écorce.
Ce système, s’il se continue, aura pour effet de faire disparaître les Quinquinas dans un temps plus ou moins rapproché, ou du moins de les rendre un jour excessivement rares. Les gouvernements de la Nouvelle-Grenade, de la Bolivie et du Pérou ont essayé à diverses reprises d'y remédier en limitant l’exportation ; mais ces restrictions ont toujours été illusoires, soit parce que les exploitants parvenaient à tromper la surveillance des agents de l’administration, soit parce que l’état presque permanent de trouble et d’anarchie où se trouvent les républiques de l’Amérique du Sud n’a jamais permis de soumettre cette industrie à des règlements durables. D’ailleurs, au lieu de limiter l’exportation , il serait infiniment plus sage de développer la production, de manière à la maintenir toujours au niveau de la consommation. Ce résultat ne peut s’obtenir qu’en cultivant l'arbre à Quinquina comme on cultive le Caféier,, le Cacaoyer, etc., et cela non-seulement dans les contrées où cet arbre croît spontanément, mais aussi dans celles où le climat et la nature du sol permettraient de l'introduire. C’est ce que les Hollandais ont déjà entrepris à Java, où il existe maintenant des plantations de Quinquinas en voie de grande prospérité. Néanmoins c’est encore de l’Amérique du Sud que le commerce européen tire la presque totalité des écorces qu’il livre à la droguerie. Les plus estimées, à raison de leur richesse en quinine, sont celles de la Bolivie et du Pérou; c’est de ces contrées que vient le fameux
quinquina jaune kalysaïa, ou royal. Les quinquinas de la Nouvelle-Grenade n’arrivent qu’en seconde ligne. On distingue parmi ces derniers le petayo, qui est jaune à écorce grise, et le Carthagène, qui est jaune et fibreux.
Én pharmacie et dans le commerce, les quinquinas sont divisés en rouge, jaune, orangé, gris et blanc. Les médecins ne connaissent et n’administrent guère que les deux premières sortes: le rouge comme tonique et fortifiant, à raison de sa richesse en tannin, le jaune comme fébrifuge, parce que les alcaloïdes (quinine et cinchonine) s’y trouvent en plus forte proportion. Ils prescrivent quelquefois le quinquina gris, mais seulement dans les cas peu sérieux, car ils ne lui accordent qu’une médiocre vertu; et, de fait, les quinquinas compris sous cette désignation ne renferment qu’une faible proportion de principes actifs.
Ces principes actifs, nous venons de le dire, sont la quinine et la cinchonine, dont 1 extraction est l’objet d’une industrie très-active. Le plus usité de ces deux alcaloïdes est la quinine, qu on emploie journellement, et contre les fièvres intermittentes , et, en général, contre les affections à retours périodiques. La quinine est rarement administrée à l’état libre; le plus souvent c’est à l’état de sels qu’on la fait prendre aux malades, et toujours à petites doses. Les sels de quinine sont tous cristallisables, et, comme la quinine elle-même, d’une amertume insupportable. Les seuls qu on
prépare pour l’usage de la pharmacie sont le sulfate, le chlorhydrate , l’acétate, le citrate, le tannate et le valérianate.
Le sulfate est de beaucoup le plus important. On peut évaluer la production de ce sel, en France, à 9 ou 10,000 kilogrammes. Une seule maison de Paris en fabrique, pour son compte, environ 6,000 kilogrammes.
LES VERMIFUGES — LA SEMENCINE — LE GRENADIER LE KOUSSO