CHAPITRE II
Plathelminthes du Gibier. — Etude générale
Nous voudrions, dans ce chapitre, montrer aux chasseurs tout l'intérêt des études helminthologiques appliquées au gibier qu’ils poursuivent, et leur indiquer combien leur collahoration serait précieuse à l'homme de laboratoire spécialisé dans l’étude des vers parasites. Comme nous envisageons la question au point de vue général, nous croyons utile de parier de tous les helminthes, même de ceux qui ne sont pas étudiés dans ce travail. Pour cette raison également, nous indiquerons les techniques de récolte de tous les vers parasites.
ARTICLE PREMIER
Les helminthes considérés suivant la biologie de leur hôte
Le ver parasite hébergé par le mammifère ou l’oiseau a pu arriver chez lui par plusieurs voies. Il a pénétré directement à travers la peau, si c’est une larve mobile vivant dans la boue humide, dans l’eau.
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La plupart du temps, il a été absorbé avec les aliments, les insectes et autres invertébrés, terrestres ou aquatiques, dont se nourrit l’animal. Ces derniers pouvaient héberger des formes larvaires. Parfois aussi, des œufs microscopiques déposés sur les végétaux ont été avalés par l’herbivore. Enfin dans un nombre de cas encore assez considérable, nous ignorons totalement la façon dont s’est faite la pénétration du parasite.
Comme on le voit, l’infestation par les helminthes dépend de plusieurs facteurs;
1° du milieu dans iequel vit l’animal. Il est évident que des larves aquatiques pénétreront de préférence chez un hôte qui passe de longs moments dans: l’eau, un oiseau ansériforme par exemple. Celles qui vivent dans la terre humide auront peu de chances d’infester l’animal de mœurs arboricoles ou se plaisant dans les lieux secs et rocailleux;
2° de la nourriture. C’est là le facteur le plus important. Au point de vue helminthologique, il y aurait lieu de distinguer les animaux se nourrissant de proies vivantes et ceux qui prennent uniquement des aliments végétaux. Comme souvent ces proies, représentées par des invertébrés, au moins en ce qui concerne les oiseaux considérés comme gibier, hébergent des formes larvaires d’helminthes, on aurait de précieuses indications sur l’étiologie du parasitisme. Mais, en fait, les choses sont autrement complexes. - Tout d’abord, l’oiseau mange gloutonnement et sans discernement tout ce qui passe à la portée de son bec, aussi conçoit-on que les recherches pour retrouver l’animal responsable de son parasitisme soient difficiles à entreprendre. De plus, beaucoup d’oiseaux
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sont omnivores; il suffit d'observer une poule dans la basse-cour pour se convaincre qu’elle peut manger des vers, insectes, mollusques tout aussi facilement que les graines et autres végétaux que lui distribue la fermière. Parfois ce régime alimentaire change avec la saison. Certains oiseaux consomment des proies vivantes en attendant la maturation des fruits. On voit combien if est peu aisé d’établir l’origine d’une infestation parasitaire. D’une façon générale, la plupart des helminthes d’oiseaux aquatiques proviennent du planckton : crustacés et mollusques, qui hébergent les formes larvaires. Mais, pour les oiseaux terrestres, nous sommes beaucoup moins fixés.
Il en est de même en ce qui concerne les mammifères. Ceux qui nous intéressent et qui constituent le gibier sont précisément les plus mal connus au point de vue helminthologique, au moins pour ies ténias qu’ils hébergent très fréquemment. Par contre, on connaît assez bien l’évolution de leur nématodes et de plusieurs de leurs trématodes.
3° Les migrations des oiseaux sont d’une extrême importance pour lhelminthologiste. Dans le tableau du chapitre précédent, nous avons indiqué, pour chaque espèce, si elle est sédentaire ou si elle se déplace. Dans ce dernier cas, le probième se pose de savoir où elle s’est infestée : soit dans un des pays représentant le but de son voyage, soit en cours de route. Lorsqu'on examine systématiquement le planckton d’une collection d’eau pendant plusieurs années, il n’est pas rare de constater, à un certain moment, l'apparition de larves d’helminthes, que l’on ne retrouve plus les années suivantes. Il s’agit évidemment d'un passage d'oiseaux qui a évacué pendant