‹ Les Plathelminthes du GibierChapitre 12 sur 30 · DATE · texte numérisé non relu

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son séjour des œufs d’helminthes, lesquels ont évolué dans le planckton de la mare. Si, aux passages suivants, les oiseaux ne font plus de halte à cet endroit, le parasitisme disparaît. La question se complique encore du fait des hôtes vicariants. Tel insecte, par exemple, servira d'hôte intermédiaire à un helminthe dans notre pays; tels autres rempliront le même rôle dans la région soit tropicale, soit au contraire boréale, où Poiseau passe une partie de l’année. Dans ce cas, il peut s’infester partout.

On voit combien est complexe l’œuvre de l’helminthologiste essayant d’étudier les helminthes du gibier. Ceux des animaux domestiques ne sont pas tous connus, tant s’en faut; à plus forte raison ceux des animaux sauvages que l’on ne peut observer que très incomplètement.

ARTICLE II

Technique d'étude des helminthes du gibier

Ces énormes difficultés de l’étude helminthologique, appliquée au parasitisme du gibier, pourraient être non pas aplanies complètement, mais au moins diminuées, si le spécialiste de laboratoire pouvait être assuré d’une collaboration intelligente et persévérante des chasseurs. Nous entendons par là le chasseur vraiment digne de ce nom, doublé d’un observateur averti, capable de faire des remarques justes, exactes, et, par-dessus tout, aimant passionnément

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son sport favori. Les gardes sont souvent aussi de précieux collobarateurs; nous ne parlons pas des braconniers, qui cependant ont rendu plus d’une fois service à des naturalistes embarrassés.

Voici done comment pourrait procéder le chasseur désirant faire œuvre utile :

RÉCOLTE DES PARASITES. — Nous ne saurions trop insister sur l'importance de pratiquer cette récolte aussitôt que possible après la mort du gibier. Lorsqu’on tente de faire des recherches helminthologiques chez les animaux vendus sur les marchés des grandes villes, on n’arrive qu’à des résultats lamentables. Les vers sont macérés, abîmés, privés de leurs organes caractéristiques, la diagnose est trop souvent impossible. Souvent, ils viennent de fort loin, ayant été conservés en frigorifique. Donc, dès le retour de ïa chasse, on ouvrira l’animal tué et l’on enlèvera son intestin. Celuici sera ouvert dans une cuvette remplie d’eau, ou mieux d’eau physiologique (huit grammes de sel marin dans un litre d’eau). On décantera plusieurs fois jusqu’à ce que le liquide soit clair et que l’on puisse distinguer les vers. Sur un fond noir, ils se voient plus facilement. On les laissera mourir en bonne extension pendant une à deux heures, puis on les conservera dans l’eau formolée, soit :

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L'eau physiologique est à recommander pour les nématodes et les acanthocéphales : l’eau simple suffit pour les cestodes et trématodes.

Eau ou eau physiologique..........

Le tube sera muni d’une étiquette indiquant le nom de l'animal autopsié, le lieu et la date.

Il n’y a pas que des parasites intestinaux et l’idéal serait de faire une autopsie complète. Maïs ici, nous nous heurtons à la question gastronomique. Un gibier autopsié complètement sera peu appétissant. Il nous semble cependant qu’un coup de canif discret dans le foie pourrait montrer la coupe des canaux biliaires. On exprimerait légèrement et le liquide qui sort de ces canaux, étalé sur une lame de verre, laisserait voir, le cas échéant, de petits trématodes. On pourrait aussi examiner le poumon de ia même façon. La trachée, qui ne se mange guère, serait fendue longitudinalement pour y trouver certains nématodes (syngames). Les cavités nasales, orbitaires pourraient être aussi examinées; elles 'hébergent certains trématodes (cyclocœlidés). Enfin les vaisseaux mésentriques, le cœur peuvent contenir des trématodes sanguicoles (Schistosomatidés). Naturellement tout organe paraissant malade, tout kyste, ver, formation anormale quelconque sera immédiatement prélevé.

2° ENQUÊTE ÉPIDÉMIOLOGIQUE. — Au cas où des parasites ont été trouvés, il faut également examiner le contenu de l’estomac, qui fournit de précieuses indications sur le mode d’alimentation de l’animal. Comme cette alimentation peut varier suivant la saison, nous avons déjà dit que la date sera soigneusement notée.

Les habitudes et mœurs de l’animal feront aussi l’objet d’une étude. Est-il sédentaire où migrateur? Dans ce dernier cas, depuis combien de temps est-il arrivé? On recherchera toutes les 6ccasions qu'il a pu avoir de s’infester.

Une excellente façon d’avoir des renseignements intéressants est de tuer la même espèce à diverses

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époques de l’année. On remarquera que son parasitisme apparaît à tel moment, que les helminthes sont mûrs et émettent des œufs à tel autre, qu’ils peuvent disparaître ou non pendant l’hiver. S'ils disparaissent, c’est que le virus se conserve ailleurs pour l’année suivante. Lorsqu'il s’agit d’un migrateur, on s’efforcera de savoir si ses parasites existent déjà au moment de son arrivée, s’il en acquiert d’autres sur place ou perd ceux qu’il avait au début de son séjour.

Toutes ces études sont fort longues et demandent énormément de patience. Nous conseillerions volontiers au chasseur qui désire les entreprendre de ne pas étudier tout le gibier de sa contrée ce qui l’entrainerait à des recherches trop compliquées. Il vaudrait mieux se restreindre à quelques espèces, faciles à trouver, dont on pourrait tuer d’assez grandes quantités pour que les observations, ajoutées les unes aux autres, finissent par réunir un ensemble de faits suffisamment important.

ARTICLE III

Identification des helminthes du gibier

Nous avons indiqué, à l’article précédent, la façon de récolter les helminthes trouvés à l’autopsie d’un gibier. Nous avons supposé que le chasseur, peu soucieux de se livrer à des études zoologiques, plaçait les vers recueillis dans des tubes et les envoyait à un spécialiste pour les faire identifier. C’est probable-

ment ce qui arrivera dans un certain nombre de cas. Nous conseillons même à celui qui voudra les déterminer de toujours faire contrôler ses diagnoses par un helminthologiste.

Cependant il serait bon que le chasseur naturaliste ne se borne pas à cette fonction de metteur en tubes, s’il à eu loccasion de faire des études zoologiques dans une Faculté, s’il a un microscope et un laboratoire rudimentaire à sa disposition, il peut aller plus loin et arriver à reconnaître le ver récolté. Nous ajouterons même que, s’il veut se livrer aux études épidémiologiques dont nous parlions ciddessus, cela est indispensable. Il faut au moins qu’il sache reconnaitre le ver qu’il étudie, sans quoi il risque des erreurs d'interprétation dues au mélange de plusieurs helminthes.

Comme nous l’avons déjà expliqué, nous ne pouvons envisager ici qu’une partie des helminthes qui parasitent le gibier. On sait que ce vaste groupe est divisé en deux : Plathelminthes : Vers plats, sans cavité générale, subdivisés eux-mêmes en Cestodes, vers rubanés, composés d’anneaux et en trématodes, ne présentant pas ce caractère.

Némathelminthes : Vers ronds, pourvus de cavité générale, que nous n’étudions pas ici. Disons seulement qu’on trouve chez le gibier des nématodes et des acanthocéphales comme représentant des némathelminthes. :

Nous allons donc étudier les principaux piathelminthes hébergés par le gibier de France. Ces parasites sont dits euryxènes ou sténoxènes, suivant qu’on peut les observer chez un grand nombre d’hôtes appartenant à des groupes zoologiques différents, ou

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qu’ils ne se voient que chez des animaux zoologiquement voisins. Les cestodes sont plutôt sténoxènes; quant aux trématodes, ils appartiennent à l’une ou l’autre catégorie, aussi ne désignerons-nous pas leurs hôtes avec autant de précision que ceux des cestodes. C’est en se basant sur cette particularité que les diagnoses peuvent être facilitées; au cas où le chasseur viendrait à autopsier un animal non mentionné dans ce travail, il faudrait se reporter à un autre, zoologiquement voisin, qui héberge probablement des plathelminthes semblables à lui, ceci sous réserve que le parasite ne soit pas euryxène à un trop haut degré.

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