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dans ces épanchements pauvres en polynucléaires ce soit cependant aux dépens de ces éléments que naît la cholestérine ? Les partisans de l’origine leucocytaire peuvent répondre, il est vrai, que la pleurésie d’abord séro-fibrineuse a subi ensuite une transformation purulente avant de devenir en dernier lieu un épanchement à cholestérine. Faut-il encore admettre qu’il s’agissait d’une pleurésie purulente de forme ‘spéciale, latente, apyrétique.
Une autre objection plus grave peut être adressée à toutes les théories qui admettent l’origine liquidienne de la cholestérine. Ces hypothèses (de même que celle d’Angelini), sont peu compatibles avec la possibilité d’une production rapide de cholestérine comme celle qui a été constatée par Chauffard (Obs. XXVIN). |
Ces théories sont donc incapables d’expliquer intégralement l’origine de la cholestérine de nos épanchements. Il faut alors admettre que dans quelques cas intervient un autre mode de production. Mais alors cette autre origine n’est-elle qu’accessoire et ne constitue-t-elle pas plutôt, comme le pense Chauffard, la source la plus importante de la cholestérine ?
Ainsi, nous devons le reconnaître, nous n’avons à l'heure actuelle aucun élément qui nous permette de déterminer avec certitude l’origine de la cholestérine de nos pleurésies. La plupart des théories que nous venons d'exposer restent possibles. Théorie de l’origine sanguine par hypercholestérinémie, théorie de la production aux dépens de la plèvre, enfin même théorie liquidienne à condition de faire intervenir, au
moins dans quelques cas, une origine accessoire,
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En présence de telles incertitudes, nous nous sommes demandé, avec M. J. Barbier, s’il ne serait pas possible par des recherches expérimentales d'arriver à des conclusions intéressantes au sujet de cette théorie liquidienne que la plupart des auteurs préconisent et qui cependant n’est pas sans donner prise à de sé-
rieuses objections.
RECHERCHES EXPÉRIMENTALES. — Le principe des expériences est le suivant : On cherche à se rendre compte si un liquide de pleurésie à cholestérine prélevé par ponction et placé dans des conditions se rapprochant aussi près que possible de celles de l’organisme, ne subirait pas, sous la simple influence du vieillissement, un enrichissement progressif en cholestérine.
Le résultat positif d’une telle épreuve démontrerait avec certitude deux points importants : tout d’abord que la cholestérine peut naître (au moins en partie) au dépend des éléments du liquide; ensuite que la production s'effectue par une véritable synthèse et non par simple libération d’une cholestérine endoleucocytaire.
Si l'expérience est négative, on ne peut en tirer aucune conclusion défavorable pour les deux propositions que nous venons d’énoncer. C’est qu’en effet, hors de l'organisme, on le conçoit très bien, la synthèse de la cholestérine doit être beaucoup plus difficile à réaliser que chez le vivant. Bien des causes sont là pour modifier les conditions et peut-être pour l'empêcher : la faible vitalité des leucocytes; la fragi-
JL —
lité de certains virus locaux, de certains éléments microbiens dont les toxines pourraient peut-être intervenir.
Voici en détail comment furent pratiquées ces expériences. Elles constituent en quelque sorte un véritable essai de « culture de la cholestérine ».
Sous le couvert de la plus rigoureuse aseptie, M. J. Barbier préleva une certaine quantité du liquide pleural de son second malade (Obs. XXXVI). Ce liquide fut placé à l’étuve dans des conditions se rapprochant d’aussi près que possible de celle de lorganisme (36°, flacon rigoureusement bouché, étuve obscure). Naturellement on avait pratiqué un dosage de la cholestérine avant la mise à l’étuve, ou plutôt deux
dosages dont on avait pris la moyenne.
Dans la suite, à des intervalles de 15 à 20 jours, M. Barbier préleva de nouveau une petite quantité du liquide pour y doser la cholestérine, Là encore, pour éviter les erreurs, de grandes précautions furent prises : agitation prolongée du flacon, double dosage avec moyenne.
Parallèlement à ce travail, on évaluait par des pesées successives la quantité de liquide qui s’était évaporée; on calculait quel eût été le taux de la cholestérine si l’évaporation était seule intervenue.
Comparant les résultats obtenus de part et d’autre, on put se rendre compte si une nouvelle production de cholestérine n’était pas survenue.
Le liquide fut porté à l’étuve le 13 juin 1926; les dosages eurent lieu le 26 juin, puis les 10 et 30 juillet,
Voici résumés, dans un tableau, les résultats obte-
nus :