‹ Les Pleurésies à CholestérineChapitre 4 sur 37 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Observations

Avant d'entrer dans le corps de notre sujet, nous tenons à exposer les documents qui servent de base à notre travail et à donner un résumé des observations que nous avons pu recueillir.

Aux cas anciens retrouvés à travers la littérature médicale nous joindrons trois observations nouvelles qui correspondent plus particulièrement à nos recherches.

OBSERVATION I GuÉNEAU DE Mussy (Clinique Médicale, 1874)

Homme de 23 ans, serrurier, présente depuis trois ans des signes de tuberculose (toux, amaigrissement, hémoptysies).

L'examen montre des signes d’épanchement gauche très abondant avec énorme voussure du thorax, déplacement du

En (et

cœur. D’après l’histoire clinique, cette pleurésie remonterait à 18 mois. Le malade se plaint surtout de dyspnée.

Une première ponction retire deux litres et demi de liquide. jaune verdâtre, opaque, fluide; l’examen microscopique montre de.nombreuses granulations graisseuses et des cristaux de cholestérine. Deux autres ponctions à neuf jours d’intervalle ramènent 1.600 et 1.500 cmc. de liquide analogue au premier, mais peut-être un peu plus fluide.

Le malade est revu l’année suivante; sa tuberculose a évolué; l’épanchement se reforme et doit de nouveau être ponctionné,

OBSERVATION II DEBOYE (Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 1881)

Homme de 63 ans. Depuis trois mois à la suite d’un refroidissement sa santé s’est altérée et il tousse. Mauvais état général, cyanose, dyspnée, pouls filiforme.

L'examen montre des signes d’épanchement pleural gauche volumineux avec matité complète de l’hémithorax, abolition des vibrations et du murmure ; pas de pectoriloquie ; souffle vers le hyle.

Ponction : syncope et mort. On a pu cependant retirer trois quarts de litre d’un liquide jaune opaque semblable à une émulsion et contenant des paillettes micacées.

Le microscope montre des cristaux de cholestérine en grand nombre, des gouttes et de fines granulations graisseuses, quelques globules blancs. Pas de coagulation au repos. Dosage 3,80 pour mille de cholestérine (graisse, 3,4, albumine, 68,00). É

A l’autopsie, on retrouve l’épanchement dans une poche qui se confond sur toute son étendue avec la plèvré. La surface de la plèvre est lisse, d’aspect jaunâtre, rappelant une aorte légèrement anthéromateuse. Pas de lésions pulmonaires (en dehors du refoulement de cet organe). L'examen microscopique de la plèvre montre des stratifications fibreuses avec des granulations graisseuses dans l’intervalle,

OBSERVATION III CHURTON-I (British Med. Journal, 1881)

Ouvrier anglais de 38 ans, sans aucun antécédent syphilitique, éthylique ou tuberculeux. Depuis 4 ans, à la suite d’un adéno-phlegmon de l’aisselle, sa santé s’est mise à décliner (dyspnée, amaigrissement). À l’entrée à l’hôpital (1880), pas de fièvre. L'examen montre de la matité des deux régions axillaires avec diminution notable à ce niveau du murmure vésiculaire et des vibrations thoraciques.

Une ponction ramène des deux côtés un liquide brunâtre dans lequel l’examen microscopique montre l’existence de nombreux cristaux de cholestérine (quelques globules rouges altérés à droite).

Dans le cours de l’année suivante (1881), l’épanchement se reproduit à droite et à 6 reprises on relève de 200 à 400 cm3 de liquide. Le malade s’améliorait quand, à la suite d’un froid, l’épanchement tourne à la purulence (fièvre élevée, frissons, délire); le 23 juin 1882, on retire à droite 1.500 grammes de liquide purulent contenant encore quelques cristaux de cholestérine. Le 2 juillet, nouvelle ponction : deux litres; le 10, pleurotomie. Quelques jours après, on ponctionne du côté gauche et on retire un litre de liquide clair riche en cristaux de cholestérine. Le malade s’améliore. En octobre, l’éparnchement gauche a disparu; la fistule droite donne encore un peu de liquide, mais il ne contient plus de cristaux de cholestérine.

OBSERVATION IV CHurToN-IT (British Medical Journal, 1885)

Homme de 31 ans ayant présenté deux ans auparavant une affection pulmonaire qu’il ne peut préciser. Trois semaines avant son entrée à l’hôpital, il a eu des frissons, puis un point de côté. Il a cessé, puis repris le travail et enfin est venu à l’hôpital. Il se plaint de toux, de frissons, d’asthénie.

ES Le

A l'examen : signes classiques d’épanchement pleural gauche. On retire 1 litre 1/2 d’un liquide crémeux où le microscope révèle la présence de nombreux cristaux de cholestérine avec quelques polynucléaires (dégénérés pour la plupart). Le malade est perdu de vue après avoir été ponctionné plusieurs fois.

OBSERVATION V MéÉuau (Archives Générales de Médecine, Paris, 1886)

Homme de 56 ans présentant depuis quatre ans une pleurésie droite enkystée. Il avait en outre de l’ictère, un gros foie douloureux, des pigments biliaires dans les urines.

La ponction ramène un liquide jaunâtre, crémeux, contenant des cristaux de cholestérine. Au dosage, 17 pour mille de cholestérine.

OBSERVATION VI HÉRARD (in Thèse Vaté, Nancy, 1889)

Homme de 43 ans ayant présenté, en 1873, une pleurésie droite abondante : thoracentèse, liquide puriforme. Guéri apparemment, le malade doit de nouveau être thoracentésé trois mois après, puis l’année suivante. Cette fois la guérison apparente se maïntient trois ans. À cette époque une quatrième ponction ramène un liquide blanc, crémeux, ne contenant à l’examen microscopique aucun globule blanc, mais simplement de la graisse et de la cholestérine. Nouvelle ponction en 1881. Cette fois, on a un liquide puriforme et graisseux, mais sans cholestérine.

OBSERVATION VII CHELCHOWSKI (Gazetta Lazerka, 1890)

Homme de 34 ans, tuberculeux depuis plusieurs années et présentant depuis deux ans une pleurésie droite.

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