‹ Les Pleurésies à CholestérineChapitre 7 sur 37 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

H. BARBIER (Société Médicale des Hôpitaux de Paris, juin 1901)

Cas analogue au précédent. Vieille pleurésie remontant à des années : parois pleurales épaisses, cartilagineuses, contenant un liquide miroitant de cristaux de cholestérine.

sl —

OBSERVATION XI BARJON et CADE (Le Bulletin Médical, 1901)

Homme de 31 ans, maçon; ni alcoolisme, ni syphilis dans les antécédents. Deux ans avant son entrée à l’hôpital, il a subi un traumatisme du thorax; deux mois après cet accident, il présenta une première hémoptysie, phénomène qui depuis s’est répété à plusieurs reprises. Depuis cette époque, il ne peut plus effectuer de travail suivi, éprouve de la dyspnée et des palpitations. Un mois avant son hospitalisation, sont apparus de l’œdème des membres inférieurs, des sueurs nocturnes, un léger amaigrissement.

A l’entrée, le malade est cyanosé, en orthopnée. Pas de fièvre (il restera apyrétique durant son séjour).

A l'examen on constate : matité totale du poumon droit avec abolition des vibrations. En arrière, au niveau des deux tiers supérieurs de l’hémithorax, souffle avec égophonie, pectoriioquie aphone; flot. À gauche, quelques signes d’infiltration bacillaire du sommet.

Cœur : pointe dans le 5° espace, légèrement en dehors du mamelon; souffle mésosystolique.

Une thoracentèse pratiquée le 9 décembre 1901 ramène 1.200 cm3 d’un liquide jaune blanchâtre, gluant, épais. Au repos, il ne coagule pas, mais laisse déposer des cristaux de cholestérine; il ne se putréfie pas. Trois autres thoracentèses, les 19 décembre 1900, 4 janvier et 15 février 1901, ramènent respectivement deux litres, 500 cm3, 1.200 cm3 de liquide analogue à celui de la première ponction.

L'analyse chimique de ces derniers: avait donné 38 grammes par litre de graisse et de cholestérine; 4 inoculations ont été faites au cobaye qui n’a été tuberculisé que dans un seul cas.

Le malade part en convalescence à l’asile Sainte-Eugénie. Il est revu le 3 juin 1901; il présente encore un peu de toux et de dyspnée d’effort, mais son état général est bon. L’examen montre que si l’épanchement existe encore il est peu abondant. Ce sont des signes de pachypleurite qui dominent ‘ la symptomatologie,

OBSERVATION XII HepesrRôN (Upsala Lakanfornings Zürhandlingen, 1908)

Homme de 42 ans ayant présenté, 23 ans au paravant, une pleurésie séro-fibrineuse droite. L’examen montre les signes classiques d’un épanchement pleural de la base droite. La ponction permet de retirer 800 cm3 d’un liquide gris blanchâtre,. dans lequel on voit scintiller des cristaux de cholestérine. Abandonné au repos, ce liquide se décompose en deux couches : couche supérieure claire, ambrée; couche inférieure plus sombre contenant la majeure partie des cristaux de cholestérine. Dosage : 45 pour mille de cholestérine (30 pour mille de substances albuminoïdes). L’examen micriscopique montre avec les cristaux de cholestérine quelques rares leucocytes.

Un an après, nouvelle ponction; les cristaux de cholestérine sont moins nombreux (0,9 pour mille de cholestérine cristallisée seulement),

OBSERVATION XIII RupPperT (Münch. Méd. Woch, 1908)

Homme de 44 ans entrant au cours d’une crise de délirium tremens (décembre 1906). L’examen pulmonaire montre en arrière aux deux bases de la matité avec souffle bilatéral.

La ponction ramène des deux côtés un liquide jaune grisâtre, trouble, contenant en suspension de minuscules paillettes brillantes. Le microscope montre que le trouble est dû uniquement à la présence de cristaux de cholestérine. Rivalta positif.

Quand l’interrogatoire est possible, on apprend l’existence, 15 ans auparavant, d’une pleurésie avec épanchement. Depuis 5 à 6 semaines, le malade se plaignait de dyspnée, de point de côté. Plusieurs ponctions évacuatrices sont pratiquées. On a toujours l'impression de traverser une plèvre très épaisse,

se

11 Janvier 1907 : à droite, 1.500 cm3 de liquide.

17 Février : à gauche, 1.700 cm3; le liquide dans les deux cas est analogue à celui des premières ponctions. Dosage : 12,9 pour mille de cholestérine.

5 Mars : à droite, 1.700 cm3 de liquide (2,20 pour mille de cholestérine).

13 Mai: à droite, 1.800 cm3 de liquide; la cholestérine semble avoir encore diminuée. Le malade quitte le service en juin, mais revient en novembre. L’épanchement droit qui avait presque disparu s’est reformé. On retire 1.800 cm3 de liquide ne contenant presque plus de cristaux (0,50 pour mille de cholestérine). Le mois suivant, nouvelle ponction, 2.000 cm3 de liquide très pauvre en cholestérine.

Recherches de B. K. dans l’expectoration toujours négatives.

OBSERVATION XIV | RosENBACH (cité par RuPrEerT, Münch. Med. Woch., 1908)

Femme âgée ne présentant aucun signe clinique de tuberculose et chez laquelle existe une vieille pleurésie chronique datant de 10 ans. La ponction ramène un liquide rouge brun foncé dans lequel l'examen microscopique montre à côté de débris cellulaires et de pigments sanguins de superbes cristaux de cholestérine.

La malade meurt,et à l’autopsie on constate qu’il s’agit d’un épanchement enkysté. On retrouve dans le liquide pleural les cristaux de cholestérine qui forment des amas brunâtres.

OBSERVATION XV Hess (Mit. des Ges. für inére Mediz. ünd Kind, Vienne, 1908)

Pleurésie chronique, récidivante, évoluant sur un terrain tuberculeux. Des ponctions ramènent un exsudat d’abord séreux, puis séro-hémorragique. À la dernière ponçtion, on trouve un liquide jaune opaque contenant des points bril-

= dd >

lants. Le microscope montre qu’il s’agit de cristaux de cholestérine. Ils existent en grand nombre à côté de globules sanguins. Culture du liquide et inoculation au cobaye néga-

tives.

OBSERVATIONS XVI et XVII

Cas signalés par GRIGAUT (Thèse Paris, 1913)

Nous n'avons pu retrouver aucune observation complète de cette variété d’épanchement décrite sous le nom de « pleurésie à paillettes ». Il s’agissait, nous dit Coyon (Médecine Pratique, 30 octobre 1924), de pleurésies d’origine tuberculeuse s’accompagnant de pachypleurite et caractérisées cliniquement par une évolution chronique; c’étaient des épanchements intarissables. Le liquide était clair, ou à peine trouble, présentant un aspect miroitant dû à la présence cristaux de cholestérine en grande abondance.

Grigaut put doser la cholestérine de deux épanchements qui rentraient dans cette catégorie.

Il trouva des taux respectifs de 1,60 et de 2,04 de cholestérine pour 1.000.

Page 1