‹ Les pleurésies au cours de la scarlatineChapitre 12 sur 20 · RE FU · texte numérisé non relu

RE FU

Parmi les cas rapportés, nous notons d’abord de simples lésions congestives ou œdémateuses : c’est le cas par exemple de cet enfant de douze ans dont de Saint-Paul cite l'observation dans sa thèse el qui, en même temps que son éruption, présentait quelques signes de congeslion pleuro-pulmonaire ; quelques jours après, la ponction ramenait un peu de liquide séro-fibrineux dont toute trace avait disparu quinze jours après le début. C’est encore le cas que Rogery rapporte d’une fillette qui fil, après son éruption, un petit foyer congestif, puis une pleurésie fibrineuse.

D’autres fois, il s’agit d'une bronchite. M. Hutinel rapporte lobservation d’une enfant de six ans qui, atteinte de bronchite aiguë, présente une éruption de scarlatine ; puis un épanchement pleural séro-purulent à streptocoques. Dufour (cité par Hutinel) observe également un garçon de vingt ans qui présente avec une éruption de scarlatine, une bronchite aiguë. Bientôt, on découvre une pleurésie hémorragique puis purulente que l’on opère. Guérison.

Mais les cas les plus fréquents de pleurésies scarlatineuses sont ceux où l’épanchement se produit après une broncho-pneumonie. Celle-ci est d’ailleurs très fréquente chez l’enfant et, dans la plupart des cas, on trouve des lésions de broncho pneumonie chez les sujets morts au cours de la scarlatine. Il est à remarquer d’ailleurs que la gravité des lésions pleurales n’est nullement en raison directe de celle des lésions broncho-alvéolaires : « À une petite lésion du poumon peut correspondre une pleurésie grave, et inversement, une

grosse broncho-pneumonie ne détermine parfois qué des réactions pleurales insignifiantes » (Hutinel).

Certaines observations se rapportent à des pleurésies séro-fibrineuses : telle celle de Rogery ; d’autres, plus nombreuses, à des épanchements purulents : M. Hutinel cite l'observation d’un enfant de vingt-deux mois atteint d’une double broncho-pneumonie ; peu après se déclare une scarlatine typique, bientôt suivie d’une pleurésie interlobaire droite avec pus fétide.

Des fails très rares sont cités de pleurésies scarlatineuses consécutives à des -infarctus pulmonaires. Nous relevons dans la thèse de Rogery, l’observation d'un enfant qui, au septième jour de la scarlatine, présentait une angine ulcéro-nécrotique avec otite double, puis masloïdite. A l’autopsie, on trouvait un litre de pus dans la plèvre droite avec infarctus sous-pleuraux.

Enfin, MM. Teissier et Duvoir, M. Hutinel ont cité des faits de pleurésies scarlatineuses, consécutives ou contemporaines de la pneumonie. Et, àce sujet « si l’on compare le nombre extrêmement faible des pneumonies franches associées à la scarlaiine, à celui des pleurésies qui les accompagnent ou les suivent, on ne peut manquer d’être frappé de la fréquence relative des réactions pleurales. Si une scarlatine est précédée, accompagnée ou suivie d’une pneumonie lobaire, il faut examiner la plèvre. Il y a bien des chances pour qu’elle soit lésée » (Hutinel).

Quelquefois le processus inflammatoire réalise seulement des lésions à type adhésif aboutissant à une pleurite sèche. Nous avons le souvenir d’une jeune femme

ie

de dix-sept ans récemment examinée par nous-même dans le Pavillon de la SCarlatine, à l'hôpital Claude Bernard, qui présentait un foyer important à la base droite avec dyspnée, matité, râles sous-crépitants fins, et où l’on décelait la présence de frottements pleuraux, Une ponction exploratrice fut praliquée sans résultat. Un second foyer se déclarait quelques jours après à la base gauche et, nous observions les mêmes signes sléthoscopiques. Cette malade n’a jamais présenté d’épanchement pleural, et l’état de ses poumons est allé en s’améliorant comme son état général.

Ainsi donc, la clinique nous montre chaque jour avec une netteté indéniable, que la lésion pulmonaire précède toujours la lésion pleurale. L'agent vulnérant, après avoir attaqué le parenchyme pulmonaire, envahit le feuillet pleural qui le limite et celui-ci réagit: réaction extrêmement variable suivant l’agent morbide, suivant sa virulence, suivant la résistance du sujet, ses prédispositions, son mode habituel de défense : épaississement, réaction fibrineuse à tendance adhésive ne se révélant à l’oreille que par quelques frottements, exsudation séro-fibrineuse fugace ou durable, légère ou abondante, plus ou moins chargée en éléments figurés, donc plus ou moins louche, allant de ces formes dont on hésite à dire si le liquide est limpide ou légèrement opalin jusqu'aux ARERENS purulents. Enfin pleurésies hémorragiques.

Il est des réactions du début dont on peut se demander si elles ne sont pas dues au virus scarlalineux luimême. Mais ce sontles moins fréquentes, et le plus

Page 1