‹ Les Pleurésies Pulsatiles DroitesChapitre 23 sur 30 · L-ROREE · texte numérisé non relu

L-ROREE

PEN 2e MNERE

de la poire C. En faisant, à intervalles réguliers, des

pressions sur S, on a sur C des augmentations et des retraits successifs comparables aux battements du cœur. Une fenêtre est pratiquée sur le côté de la boite, en rapport avec la vessie pleine d’eau qui représente la plèvre ; la paroi de bois rigide peut être remplacée à ce niveau par une paroi flexible, carton mince ou papier fort par exemple ; c’est sur ce volet que la main de l’expérimentation s’appliquera pour y rechercher dans quelles conditions il devient pulsatile. Pour cela, il faut faire varier les divers éléments mis en jeu. On peut gonfler plus ou moins A, c’est-à-dire obtenir une tension intrapleurale plus ou moins forte ; on peut simuler le plus où moins grand refoulement du poumon en gonflant B plus ou moins. On peut encore placer entre A et B une cloison rigide. Enfin on peut faire varier la situation de C par rapport à À et à B.

L'expérience montre que pour obtenir des pulsations au maximum, il faut réaliser les conditions suivantes : 1° Placer, entre B, d’une part, et A et C de l’autre, une eloison rigide ; 2° Placer C de telle façon que son contact avec À soit le plus intime possible ; 3° Gonfler d’eau À au maximum ; 4° Maintenir le couvercle par des poids, de manière que les battements de C ne puissent le soulever.

Si nous transportons ces faits en mécanique humaine, nous voyons qu’il est nécessaire : 1° Que le poumon soit devenu rigide, inextensible et incompressible ; 2° Que le cœur soit en contact intime avec l’épanchement ; 3° Que la tension du liquide dans la plèvre

Je Poe

soit forte ; 4° Que le cœur ne puisse effectuer son expansion par ailleurs.

Ces constatations expérimentales concordent bien avec les constatations cliniques et anatomopathologiques. Nous savons, en effet : 1° Que les pleurésies pulsatiles sont surtout des pleurésies s’accompagnant d'induration de la plèvre pulmonaire ou du poumon lui-même (ce qui réalise notre premièré condition) ; — 2° Que ce sont surtout des pleurésies gauches (ce qui concorde avec la nécessité d’un contact intime avec le cœur) ; — 3° Que ce sont surtout des pleurésies enkystées (c’est-à-dire à forte tension) et qu’une ponction fait disparaître momentanément les battements (en faisant disparaître momentanément l’excès de tension) ; — 4° Que le médiastin est souvent altéré et induré (ce qui empêche l'expansion du cœur et son déplacement vers l’autre poumon). »

L'interprétation fournie par M. Apert de ses expériences est passible de quelques critiques ; on ne peut en effet assimiler la poire C, qui se dilate à intervalles réguliers, au cœur dont le volume se réduit périodiquement à chaque systole : les pulsations, le fait est certain, sont systoliques ; la plupart des observations le signalent avec précision et M. le Professeur Bard Pa mis hors de doute dans un cas en recueillant un tracé de ces pulsations. Il y aurait donc là une contradiction si véritablement le cœur était l’origine des battements constatés, mais nous avons déjà signalé combien cette théorie était attaquée, même en ce qui concerne les pleurésies gauches ; l'assimilation, par

contre, de la poire C au bulbe aortique périodique-

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