HISTORIQUE
Les pleurésies pulsatiles droites n’ont pas d’histoire
Ent
particulière : leur étude s’est confondue avec celles des pleurésies pulsatiles en général. Nous esquisserons celle-ci à grands traits, pour y situer celles que nous voulons plus spécialement étudier.
Dans une première période, divers auteurs rapportent et commentent des cas isolés de pleurésie pulsatile : le premier en date est celui de Guillaume de Baillou, publié en 1640, et resté longtemps unique, puisque le second, dû à Bérard, parut en 1836. Jusqu’en 1880, des contributions de plus en plus nombreuses sont publiées et, parmi elles, nous trouvons, due à Heyfelder, la première observation de pleurésie pulsatile droite, en novembre 1858.
En 1881, paraît le premier travail d'ensemble sur la question : c’est la thèse de M. Comby ; cet auteur la remanie ultérieurement et en fait, en 1895, une remarquable monographie où l’«<empyème pulsatile » est étudié à fond, à la lumière de toutes les observations parues jusqu'alors, aux divers points de vue anatomique, étiologique, clinique et physiopathologique ; nous nous documenterons fréquemment dans ce travail fondamental. C’est là que nous trouvons signalés deux nouveaux cas de pleurésie pulsatile droite : celui de Geigel, publié dans une revue allemande, en 1858, et celui d’Eischorst, rapporté dans un travail de Keppler paru en 1887.
Dès lors, les pleurésies pulsatiles ont acquis droit de cité dans les auteurs classiques. Bouveret leur consacre tout un chapitre de son Traité de l’Empyème, en 1888 ; Dieulafoy en fait l’objet d’une magistrale Clinique Médicale de l'Hôtel-Dieu, en 1898. De nou-
Le — 12
velles observations sont publiées, de plus en plus précises, ainsi que de nombreux travaux dus à Féréol, Rummo, Codivilla, Béclère, Lépine, J. Roux, Apert, etc, où ces auteurs s’attachent particulièrement au problème pathogénique. La thèse de Quinquandon, en 1912, met au point les notions jusque-là acquises. Depuis, quelques cas nouveaux ont été signalés.
En ce qui concerne les pleurésies droites, la question en est restée au point où l’a laissée M. Comby : aucun travail ne les a envisagées spécialement, aucune observation nouvelle n’en a été publiée ; nous n’admettons pas, en effet, pour les raisons indiquées plus haut, la très intéressante observation de Paillard, publiée par Quinquandon, en 1912 : il s’agit d’un pneumothorax avec « pouls endopleural », mais non d’une pleurésie pulsatile telle que nous la concevons avec les auteurs classiques. Les cas de pleurésie droite demeurent donc très rares ; aux trois cas trouvés dans la littérature médicale et déjà groupés par Comby, nous ajoutons comme contribution person- nelle une observation.