‹ Les Pleurésies Putrides: Conception actuelle de la QuestionChapitre 29 sur 44 · A SES · texte numérisé non relu

A SES

qu'il leur soit nécessaire d’exalter leur virulence tout

d’abord au sein d’un foyer primaire putride.

Ces affections locales primitives peuvent être

Bucco-pharyngées : abcès dentaires, angine de Ludwig, otites moyennes (Fist), mastoïdite.

Parmi ces diverses aflecuons, les suppurations auriculaires revendiquent une place importante. On connait le grand retentissement qu'ont ces inflammations des voies aériennes supérieures et de leurs annexes dans la pathogénie des suppurations, des gangrènes pulmonaires et partant des pleurésies putrides. Intestinales :

Ici 1l faut citer tout d’abord :

— l'appendicite aiguë :

Guillemot et Hallé ont rapporté une belle observation d'un malade qui a présenté une pleurésie putride au cours d'une appendicite gangréneuse.

La pleurésie putride au cours de l'appendicite évolue d'une façon particuhère qui a poussé certains auteurs et tout particulièrement Dieulaloy, à l'individaliser sous le nom de « pleurésie putride appendiculaire ».

Cette pleurésie évolue, au point de vue chimique, en trois phases successives.

Première étape : appendiculaire. Caractérisée par les signes classiques de l’appendicite, avec ou sans réaction péritonéale.

Deuxième étape : abdomino-phrénique. Elle appa-

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rait de 8 à 15 jours après le début de la maladie et est annoncée par une très vive douleur dans l’hypocondre, une dyspnée angoissante et une augmentation du volume du foie. Cette étape correspond à la formation d'um abcès sous-phrénique parlois gazeux (pyopneumothorax sous-phrénique de Leyden) qui précède souvent l'épanchement pleural.

Troisième étape : pleurale. Elle se fusionne avec la précédente, débute par un point de côté, accom pagné d'une toux quinteuse et aboutit à une pleurésie putride droite à grand épanchement. L'évolution est rapide et grave.

L'appendicite aiguë peut fort bien se passer de l'étape sous-phrénique et infecter la plèvre soit directement soit par l'intermédiaire d’un infarctus gangrémeux du poumon.

Avec l'appendicite, l'occlusion intestinale, les entérites, la dysenterie (Wagner) peuvent aussi être à l'origine d'une pleurésie putride. Enfin celle-ci peut succéder à des affections des annexes du tube digestif et en particulier des voies biliaires (Gilbert et Lippmann) ; angiocholite (Rist), cholécystite (Gouget), abcès du foie. |

À côté des maladies du tube digestif et de ses annexes, il faut encore faire une place à des causes, moins fréquentes peut-être mais cependant rencontrées, de pleurésies putrides, les affections de l'appareil génito-urinaire : pyélonéphrites suppurées, phlegmons périnéphritiques, cystites, vaginite, métrite, salpingo-ovarite. Renaud a présenté récemment à la

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Société Médicale des Hôpitaux de Paris, le cas d'une pleurésie putride survenue chez une femme porteuse d’un cancer de l'utérus et l'on connait le curieux cas relaté par Dieulafoy d’une pleurésie putride consécutive à l'oubli d'un paquet de gaze dans le vagin pendant plus de deux mois.

Enfin certaines ostémyéhites, les infections puerpérales, les phlébites peuvent encore dans certains cas être cause de pyopneumothorax putride.

De cette longue énumération, 1l faut retenir surtout que les deux grands facteurs étiologiques de pleurésie putride par voie sanguine sont avant tout les otites moyennes, compliquées ou non de mastoïdite et l'appendicite aiguë. Il ne faut penser aux autres causes qu'après avoir éliminé ces deux-l.

En dernière analyse, il semble bien que le réservoir de virus soit avant tout les voies digestives et aériennes supérieures là où l’on rencontre les germes aérobies et anaérobies les plus variés et les spirochètes.

Mais si les causes de pleurésies putrides sont nombreuses, il n'en reste pas moins vrai que le foyer de l'infection initiale est parfois impossible à déceler elimquement soit au cours de l'opération soit même au cours de l’autopsie la plus minutieuse. On est alors amené à qualifier cette pleurésie putride de primitive.

Mais cetie pleurésie putride primitive existe-t-elle

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réellement ? La pleurésie putride primitive est d'une extrême rareté. Toutes les observations qui ont été publiées et qui tendaient à prouver son existence, sont à vrai dire très peu concluantes et certains auteurs vont même jusqu à mer celle-ci. Peut-être dans les cas publiés comme pleurésie putride primitive (Besnier, Rendu, Debove et Widal) peut-on se demander si la recherche des foyers septiques à distance a pu être faite et si dans le cas où l’autopsie a pu être pratiquée, un foyer pulmonaire minime n'a pas pu échapper aux investigations. Malgré ces cas peu concluants, nous ne pensons pas que l'on puisse rejeter l'existence des pleurésies putrides primitives, celles-ci pouvant du reste être dues à la localisation pleurale d'une septicémie à anaérobies comme celles qu'a mdividualisées

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