Foqâi-, Fiqâl-, Foqqâl
Si la désinence 6n-, pénétrant dans les mots, a donné le pluriel foqôl-, nous pouvons nous attendre à voir la désinence an- produire un effet semblable, et faire passer des pluriels foqt-ân-ffiql-ân; aux formes foqâl-, fiqâl-. C'est en effet ce qui a eu lieu.
Nous avons va qam-, come,à l'imitation des pluriels en an-, faire qorôn-. Le même mot, à l'imitation des pluriels endn-, comme tird-ân-, ghizl-àn-, fera encore qtrân-. Un grand nombre de mots en n, notamment presque tous ceux qui ont cette lettre à la fois pour deuxième et pour troisième radicale, font leur pluriel sur ce type : djafh-, écuelle, djifàn-; hasan-, beau, hisân-; bann-, odeur, binân-; djann-, génie, c^'indn-, etc.
On ne sera pas surpris de voir ce vocalisme passer à des mots terminés en / [comme djaml-, chameau, djîmâl-; kill-, hôtellerie, hilâl-; boll-, fraîcheur, biWr, etc.), et enfin à des noms à finale quelconque, comme bahr-, mer, bikâr-; romh-, lance, rimâh-, etc. Cest un parallélisme complet avec la série du type foqûl-.
Nous n'avons cité d'exemples que du type fiqâl- (par un ij. Ceux du type foqâl- (par un o) sont infiniment plus rares (comme
rakkl'i agneau, rokhâU; kinn-, aavent, konân-, etc.)'. En général, pour ceux-ci, il semble qu'on ait voulu conaerver à la première syllabe la durée qu'elle présente dans le type foqlan-, d'où elle est issue ; et, comme on assimilait la troisième radicale à I'r de l'ancienne désinence, on a été conduit à doubler la seconde ; de là une forme foqqàl-, en accord rythmique plus parfait avec foql-ân- que ne l'était foqâl-, (A forsân-, plur. de fàris-, comparez hokkâm-, plur. de hâkim-, juge! kottâb-, plur, de kâtib-, écrivain, etc.)
3 bis. Foqal-, Fiqal, Foqqal-, Faqal-.
On a vu le type foqâl-, allégeant sa voyelle longue, produire le type foqol: Pareillement les formes jf^d/-, foqâl- ei foqqâlpeuvent perdre leur élif de prolongation et s'écrire par un a bref. On sait, du reste, que l'ancienne écriture arabe n'aimait guère à figurer l'a long dans le corps des mots par un élif; et ■ l'écriture moderne néglige encore cette lettre dans un certain nombre de mots usuels ofi elle existe virtuellement (comme rahman-, miséricordieux, pour rakmân-). Tel fut peut-être aussi le cas pour les pluriels fiqal-, foqal- et foqqal-; mais la voyelle avait fini par s'abréger aussi dans la prononciation.
Il ne paraît pas qu'on trouve d'exemple du type faqâl-p&r un a à la première syllabe ; 1'^ long appelle plus volontiers avant lui on l' ou un o. Mais, quand cet â s'idlége, la même raison phonique n'existe plus, et l'on note quelques exemples do type faqal-.