LE MANS
qui, depuis la plus haute antiquité ecclésiastique, a toujours
servi h les distinguer. La voussure est remjilie de petites statuettes dont on a peine à découvrir la véritable signification. On y distingue cependant quelques traits relatifs à l'histoire de Jésus-Christ. Les pieds-droits portent de grandes statues; pendant longtemps on avait voulu trouver dans leur forme, dans leurs draperies, dans leur expression, une preuve de Tancienneté la plus éloignée; on allait même jusqu'à les considérer comme des monuments du vi' siècle; un examen attentif .uiièmra promptement la conviction que c'est un travail coiiteniporain du reste du portail. Toutes C»îs statues, ainsi que les sculptures qui ie^ï environnent , ont considérablement souffert des injures du temps et du vandalisme des hommes. Malgré leur état de mutilation, elles sont fort intéressantes.
En pénétrant dans Tintérieur de la grande nef, nous serons frappés de la beauté de la construction. Nous regrettons vivement que la teinte des siècles ait disparu sous une couche épaisse de badigeon. Les colonnes engagées dans des pilastres, en Ibrme de contre- forts, soutiennent les murs des bas côtés. Le fût est taillé dans de belles proportions, et se couronne de chapiteaux fantastiques curieux; on j découvre toute espèce de figures monstrueuses et imaginaires, des harpies, dis t;iiirons, des chimères, des serpents enlacés, dos ma.s(|ues iiumams. Quelques antiquaires ont vu dans ces représentations grossières les caractères symboliques de la puissance du démon luttant contre le christianisme et s'effonjant d*en arrêter les progrès. On voit avec surprise des fragments de briques en apparence romaines aux fausses ' niches des murs latéraux, bâtis en petites pierres carrées, par iissises égales. Les fenêtres. lt!s galeries, les fausses niches. les axcades sont à plein cintre et portent le cachet du siècle
r.ATIlÉURALES UE FIUNCE.
qui les a constniites. Qoand on se place k la partie supérieure
de la nef, le dos (ourné à l'autel, pour ne pas ^'(re ébloui par les beautés de l'absidr , on est. saisi d'une vive impression en considérant les mâles proportions du vaisseau, l' harmonie des grandes lignes, les rapports admirables que raiclùlecte a éta)l>lis dans les coupes principales de l'édifice. Les travées sont d'une exécution surprenante et d*une grandeur d*effet extraordinaire. En un mol» la nef de Saint^Julien du Mans est un des plus beaux monuments, en Franco, de l'éjKxjue romano - by zan t i ne .
Le chœur, le transsept , les nefs collatérales et les chapelles du rond-point» dont la construction doit être rapportée au. commencement du juf siècle, sont en rapport avec Télévation à laquelle était parvenue l'architecture à cette époque mémorable. Les colonnes, les arcades, les fenêtres, sont d'une élé«2^ance, d'une grâce parfaites. Les voûtes s'élancent à une haii[< m i tvidigieuse avee beaucoup de hardiesse. Ajoutons à ces magnificences architécluraies 1 éclat éblouissant des vitraux peints, et nous compléterons Tidée qu'on peut se former de ce chœur imposant, qui n'a rien à eAvier aux • plus célèbres monuments gothiques.
La grande rose du côté gauche du transsept est très- remarquable par la richesse des découpures et des verrières peintes. FJle ne remonte (pi'à la première moitié duxv* siècle.
L'intérieur de la cathédrale du Mans renferme quelques monuments funéraires d'un haut mérite. Le tombeau de la reine Bérengère, épouse de Richard Gœur-de-lion, y fut transporté, en i821, de Tabbaye de TÉpau, où elle avait été inhumée. Dans la chapelle des fonts baptismaux, on voit, d'un côté, le sarcophage et la statue en marbre blanc de Charles d'Anjou, comte du Maine, roi de Jérusalem i le Sicile, mort en 1472 j de Tautre côté se trouve le mausolée
Uigiiizeo by LiOOgle
LE UANS.
de Langey du Bellay, placé autrefois dans la chapelle de Notre-Damc-dii-Clievet; sa stalue en pierre surmonte un sarcophage en niarliie blanc d'Italie, orné d'un bas-relief digne du ciseau des plus illustres maîtres.
La cathédrale de Saintniulien du Mans, telle qu'elle existe de nos jours, occupe une superficie d'environ cinq nûUe mètres, en y comprenant les murs et les supports. La nef forme un parallélogramme rectangle d'une longueur de cinquante-huit mètres, sur vingt-quatre de largeur, y compris les bas côtés, qui sont séparés du corps principal par un double rang de colonnes massives. La longueur transversale de la croisée est de cinquante-neuf mètres, et sa largeur a environ dix mètres. Le cbœur avec ses latéraux, divisés par un rang circulaire de colonnes, présente une lai*geur de trente-deux mètres, sur quarante -quatre de longueur; la hauteur do la f,'raiide voiMe sous clef t'sl de trente -quatre mèti'es. Onze chaptilles, ayant environ onze mètres de profondeur, et celle de l'abside dix-lmil , sur cinq de largeur, occupent le pourtour du chœur. Ëniin la totalité de l'édifice offre, dans œuvre, du grand portail d'entrée à l'extrémité de la demière chapelle, une bngueur d'environ cent trente mètres.
SAINT-ÉTlENiNE