D£ M£AUX
Le nom de la cathédrale de Meaux rappelle immédiatement e\ fomnie involuiilaiiement à la mémoire le iioiivcnir d'an des plus fameux évèques qui aient illustré la France. Bossuet restera àjamais la gloire de cette égliso; sa voix éloquente, dont les accients retentiront à ForelUe de la postérité la plus reculée, les inspirations de son mâle génie, qui exciterontsans cesse la plus vive admiration; la .profondeur de sa science, le nerf et Vénergie de son style, la gravité de son caractère, environnent encore d'uu prestige de irraiideur le siège qu'il a occupé pendant viiii;l-deux ans. L aigle de Meaux planera toujours dans les plus sublimes hauteurs de la pensée, oix les intelligences d'élite peiivenl seules atteindre.
Quand on remonte à l'origine des églises épisoopales, on reconnaît que leur histoire est intimement liée à celle de la fondation du christianisme dans cliaque contrée, et au développement de la cité dont elles sont devenues le plus bel ornement. Humbles dans le principe, comme les premiers disciples convertis à la loi, ces églises ne tardèrent pas à se dilater, et jtlus tard elles annom^èrent, pnr leur grandeur et leur décoration, le souverain empire de la religion sur les esprits et sur les cœurs, en même temps que Tétat de la prospérité publique.
MEALX. y3
Sdon la iraidition de Téglise de Meauz et le catalogue des évéques qui la goiireniëront, saint Denis, apAtre de Paris,
prêcha l'Evangile aux Mcldcis au milieu du m' sif'cle. Saint Saintain, son disciple, fut choisi pour couduirr el augmeutcr le troupeau des nouveaux chrétiens. Nous ne connaissons aucun document qui nous instruise d'une manière assui^ée des oonmiencemeDts de la cathédrale de Meaux. S'il était pennis de se livrer à des conjectures, nous dirions qne la basilique primitive fut petite et bâtie en bois, suivant la coutume des Gaulois; nous avancerions encore que l'édifice actuel s'élève sur remplacement du premiei' lieu c onsacré par les prières des cluéliens. Des laits nombreux rniisiçnés dans l'histoire ecclésiastique nous apprennent le respe» t q\w les évéques et les fidMcs portaient à Pendroit où l'autel tut érigé pour la première fois, et la noble persistance qu'ils mirent à construire réglise-màre sur ses mines mêmes. Toutes les convenances liturgiques, comme nousTavons dit ailleurs, suffiraient pour en donner la démonstration.
La ^ille de Meaux devint la proie des hommes du Nord, (jui exerceront partout de si alTreux ravages durant le i\' sièt le : son église ne fut pas épargnée; elle partagea le sort de la plupart des autres cathédrales, qui tombèrent sous les coups de ces terribles pirates.
On ne connaît pas le vocable sous lequel la cathédrale primitive fut dédiée. L'église porte aujourd'hui le nom de Saint- Étienne , et reconnaît aussi la sainte Vierge pour patronne ; des actè^ aiitlieufiquos dos m* et xir siècles prouvent (|u"à cette é|)<H|ue la cathédrale était cousaci'ée à la sainte Vierge et. à saint Etienne, et il est vraisemblable que telle fut la dédicace première. Le fait d'un double patron pour une seule église trouve son explicalioa dans les coutumes des anciens âges de la religion. L'autel des basiliques devait être con-
M CATHÉDRALES D£ FRANCE
sacré à un martyr dont il ren£eniiail les reliques, ou du moim quelque témoîgMge de sou généreux dévouement. Ce fut une règle générale qui ne souffrit aucune exeeption. Le XI* siècle fut témoin d*une renaissance v^table en
architecture , au témoignage de Raoul Glaber, auteur de la tin de ce même siècle, qui écrivait avec enthousiasme que la terre se dépouillait des haillons de ses vieux édifices pour se revôtir du riche manteau des blanches basiliques. La cathédrale de Meaux fut rebâtie à cette époque par l'évèque Gautier Saveyr, c'est-à>dire le sage ou le savant. Si nous devons a[)précier la valeur architectonique de ce monument d'après les expressions employées dans les actes capitnlaiies de 12t)8, nous vu coiicevroiis la plus haute idée. Il y es! désigné ( omnie un édifice d'une voiuli-ucUou Lr&i-bdle, nobk et merveilleuse * .
Au milieu du mi" siècle , la cathédrale menait de tom^ ber en ruines, ainsi qu'on le voit daos le texte que nous avons cité. Jean de Poincy résolut de la rebâtir plus somptueuse encore. En conséquence, il fut arrêté dans un chapitre général , tenu en i 268 , qu'en outre des aumônes des tidMfs fin prendrait encore une année du revenu de tous les liénénccii qui viendraient à vaquer dans le /ii'^icèse pendant l'espace de dix ans. Adam de Vaudoy fit renouveler cette imposition dans un second chapitre général, tenu en 1282.
Ce vaste monument, entrepris avec enthousiasme, ne s*âeva cependant qu'avec lenteur. Jeanne de Navarre, der-
• Qxtoniiitn lavi decitrti , tant nobilis slructitru nostr^F Mfhhnsis Ecrlesia , (um propter sut necensilatei.i , ftim propter nmlcria- riiium m vit/s }><irietibus et columnis, innuineras demoîitiones et (issuras pnlitur, per quas tpsius eccle-
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