‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 15 sur 78 · MEAUX · texte numérisé non relu

MEAUX

nière héritière de Champagne, qui avait épousé Philippe le Bel , et qui mourut en 1304, institua Simon Festu , évéque de Meaux , son exécuteur testamentaire. On pense que Simon, mort en 1317» employa les laigesses de la princesiie à la oônstructioi) des yoùtes du rond -point et de la flèche, qui a disparu plus tard. Afin d'activer les travaux de l'œuvre, qui lan;,'uissaitïnt toiijoui'^, en 1390, Charles VI ordonna au baiiii de Meaux de faire contribuer les habitants de la ville à la construction de la cathédrale.

Plusieurs évéques poursuivirent avec ardeur l'achèvement de leur église ; nous devons surtout mentionner Jean du Drac et Jean THuillier, dont le premier fit commencer la tour du nord, achevée vers 1530. Les chanoines Jean de Marcilly et Pierre de Fabis se montrèrent également animés d'un saint zèle. C'est à ce dernier que l'on doit la coastrucliou du bas côté septentrional de la nel, eu 1 .) 1 i .

Telles sont les dates principales des parties les plus importantes de la cathédrale de Meaux; tels sont aussi les noms des personnages les plus connus qui contribuèrent par leur influence et leur généreux concours à mener à une heureuse fin le glorieux monument.

n est inutile, dit monseigneur Allou dans une notire savante sur iacatbédtale de Meaux, de chercher à comballre ici ropinioQ erronée de ceux qui attribuèrent à Gautier Saveyr le magnifique chœur que nous admirons aujourd'hui. Les principes de la critique des monuments ne permettent pas à ce sujet la moindre incertitude. En examinant les diverses parties de la cathédrale sous le rapport archéologique, on y reconnaît, au picnoei coupd'œil, plu.sieurs styles bien différents, mais appartenaut tous à la période oirivale. Les expressions employées dans l'acte de 12ti8 nous donnent, il est vrai, une haute opinion de la cathédrale qu'il s'agissait

CATHÉDRALES M FRANCE

de réparer à celle «époque; mais quelle «firait été cette première église , on uc saurait en retrouver aucune trace tlaiis les constructions qui existent de nos jours. Les parties les [dus anciennes de cette église» c'eslnà-dire les six arcades inférieures du choeur, ainsi que les bases et les chapiteaux de (|uel(|ues colonnes delà nef, doivent remonter, an plus tôt, à la fin du xn* siècle. Los parties de la nef voisines du transsept ollreul, dans les air.uîes de la izalei ie et les grandes verrières, les formes simples du gotlii(jue primordial du xiii' siècle. Le sanctuaire , les parties supérieures du chuBur et les chapelles absidales ne peuvent pas être antérieurs à la*fin du xui* siècle, ou au commencement du xiv*. Ce dernier siècle et le XV* ont dû veir s'élever lé transsept avec ses deux portails et une partie de la façade occidentale. Enfin une partie de la uci". au moins en ce qui concerne romementation , et les partit's supérieures Je la tour appartiennent évidemment au commencement du xvr siècle. Toutes ces déterminations architectoniques ont été faites avec la plus scrupuleuse exactitude par monseigneur Allou, évôque de Meaux, dans la notice que nous venons de citer. .

Le plan est régulier. Void les principales dimensions de l'édifice : longueur totale dans œuvre , quatre-vingt-quatre mètres ti*eule-cin([ ( entinièlies; largeur du h'aiissept, trentecinq mètres; hauteur de la voûte du chœur, vingt-neuf mètres; hauteur de la voûte au milieu du transsept, trente^ un mètres.

La cathédrale de Meaux, à Fintérieur, produit un bel eCTet. Elle peut rivaliser 6n élégance avec nos cathédrales de France les plus vantées. L'aspect général est plein de

majesté, et quand on considère chacpie partie isolément, on y admire la perfection des formes. Il existe sans dimte beaucoup de monmueuts élevés dans des proportions plus

MEALX.

considérablés, mais îl y en a peu qui remportent par la pureté du dessin et rharmonie des détails. Si la grande nef avait reçu plus de développement, la cathédrale de Meaux pourrait ôtre comptée au nombre des édifices de premier ordre, au lieu d'Atre placée un rang secoiitiaire. Ce délaiil est racheté, autant que cela est possible > par ]a hardiesse des voûtes , les belles proportions du chœur, l'élégance de la galerie et la largeur de la plupart des fenêtres. Si l'on n^éprouve pas œ leligieus étonnement qui s*empare de l'âme lorsqu'on entre dans les rastés baôliques de Chartres, de Bourges, de Paris ou d'Amiens, on ne peut se défendre d'un scntiineul de plaisir à la vue de cette composition pleine de noblesse.

Le chœur et le sanctuaire sont surtout dignes de l'atteution des archéologues. Lorsqu'on regarde à distance la disposition de Tabside , on est vivement frappé de la légèreté des arcades et de réiancemént des colonnes. Geslielles colonnes cylindriques, hautes de treize mètres trente centimètres, oouronnées de chapiteaux ornés de feuilles roulées en volute, sont cantonnées d'une grêle colonnette (jui munie d'un seul jet du sol du sanctuaire à la naissance de la voûte. Il est impossible de rien concevoir de plus saisissant que Tordon-nanoe de cette eoceinte du chœur. Le sentiment des connaisseurs est unanime : Tabside de Beanvais , du Mans, de Reims est plus majestueuse, plus solennelle que celle de Bleauz; mais elle ne l'emporte ni en noble simplicité, ni en hardiesse !

Les cinq chapelles absidales sont d une architecture remar^ quable; leur rayonneuieiit synuHrique produit un effet imposant. Il n'en est pas de même des quatre chapelles étabhes dans le bas côté de la nef. Mties en sous-œuvre, entre les massifs des oontie-forts, elles forment disparate. La chapelle du chevet y dédiée à la sainte Vierge, d*une structure digne

de sa noble destination, n'a pas été construite dans de plos grandes dimensions que celles qui Tavoisinent, contre la coutume assez généralement observée.

Autrefois, à rentrée du choeur, se trouvait un jubé décoré avec le luxe d'ornementation d'une des plus belles périodes ogivales: toutes les richesses du goût et de limagination y avaient élt' répandues à prolusion. Il a succoinI)<^ , comme bien d'au très , sous les coups de la prévention hostile du xvm* siècle contre les œuvres d'art du moyen âge. Il avait été remplacé par de massifs autels , en désaccord avec le reste de rédifice; ils ont été supprimés avec raison par monseigneur Gallard, il y a peu d^années.

Le cbœur est éclairé par treize grandes fenêtres ogivales , formant comiiit' le troisi('^me étage du miniuuiont. Quoique élégantes dans lu diiitributiou des meneaiLx , on pourrait leur reprocher d't^tre trop courtes, défaut qui serait moins apparent si la galerie était elle-même éclairée et se liait avec les verrières supérieures, connue à Chartres, à Troyes, au Mans, à Tours et dans d'autres églises oik cet ensemble produit un effet ravissant. Toutes ces fenêtres, h l'exception d'une seulu, ont perdu leur plus bel ornement. Les ^'it^aux Jo ints ne tempèrent pas l'éclat trop vif de la lumi^re en montrant aux regards émerveillés ces naïves légendes des saints , ou ces grandes ligures des prophètes, des apôtres et des évêques, qu'on aime tant à voir briller aux fenêtres gothiques.

La nef n'a que cinq travées, y compris celle que remplît la tribune des orgues. Elle est soutenue par dix piliers en

faisceau, dont les chapiteaux sont formés d'une i^uirlaude de feuilirs dé viirneet di^ lioux . carai 1ère des constiuc lions de la dernière phase de rarchiteclure à ogive. La partie inférieure des murailles est ornée d'une fausse galerie en

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