SÉEZ
alla jusqu'à Gonstantinople , oik L*eniperear lui donna des sommes considéraJilcs. On mil la main à l'œuvre vei-s 1053, ef il ne fallut pas moins de soi-\>inte h soixanle-dix ans pour la reconstruire. Un nouveau maliieur arrêta les travaux : l'édifice s'écroula lorsque l'ouvrage s'avançait, en 1114, parce que les fondements de randenne cathédrale qu'on avait voulu conserver, calcinés par le feu» ne purent supporter le poids de la construction; Téglise ne fut oixmcxée qu'en 1126, et alors elle était loin d'être terminée, puisqu'on y travaillait encore quatre-vingts ans plus tard.
Ainsi ce intuiument, dont on attribue la (■onslrucli(»ii entière à Yves de Heliesincs, ne fut terminé qu'à la Un du m" siècle. 11 n'est pas étonnant que l'œil y découvre les traces de cette architecture de transition qui se développa dans le .cours du xn* dède. En étudiant attentivement les détails de réglise actuelle, on découvre en différents endroits des retouches nombreuses opérées durant les xiv* et xv* siècles.
Les années avaient rendu nécessaires d'importantes répatuius; mais, pour les entreprendre, les re&suurcrsélaiout loin d'èfrcsuffisanfes. Jean dePérouse, cinquante-sixième évè*|ue de Séez, chtri lia les moyens d'en créer, en instituant une confrérie en l'honneur de saint Gervais et de saint Prolais, patrons de la cathédrale. Une ardeur très^louable dans les fidèles seconda les vues du prélat : chacun briguait Favantage de donner son nom à la confrérie nouvelle et de participer aux prières de PassociatioTi ; les riches payaient une aimiùnc «le dt'ux suis six deniers; les lioiirireois et les artisans, vingt deniers ou dix ilt-niLis, snivant leur fortune; les plus pauvres donnaient seulement cinq deniers. Grâce aux dons réunis de toute la poi)ulation, les i>lus urgentes restaurations se firent; mais elle était à la veille de souffrir les plus tristes profanations. Les réformés pénétrèrent à
m f.ATlIÉDIlALtS l»E l HA.NCE.
Séez et commirent toute ^espèce d'excès sur le saint monument; leur fureur sacrflége ne sut-iien respecter. Quelques années avant les guerres de religion , Jacques
de Silly, j)rL'lat sut l'aire un noble emploi d'un immense paliinioine , avait fait tonstrinre l'une des deux nia.unifKjues roses qui einbellissent le transscpl de la cathédrale. U avait encore relevé un grand pilier enti-e les deux tours» près du bénitier, et donné plusieurs vitraux. Toutes ces œuvies .portent le cachet de Tépoque où elles furent exécutées, au commencement du xvi* siècle : rarchitecture.ogiyale jetait son dernier éclat, aux approches de la renaissance.
A la Hu du sifîclp, los évoques cberclièrenl à ranimer l'ardeur déjà bien icîronlie des membres fie la confrérie de Saint-Gervais et S iint- Protais. Les aumônes, augmentées de leurs liliéralilés particulières, furent employées aux travaux, de première nécessité : on restaura les charpentes des chapelles des colhttéraux, -on reconstruisit la voûte de la chapelle de la Sainte-Vierge , et Ton répara le grand clocher. M. de Médavy fit abattre la pyramide qui se trouvait sur le centre de rentre-croisement des nefs eL du Iranssept, et lui substitua un dôme quadranguiaire , que M. d'Argenb-é remplaça plus taid par une flèche aigui^ on forme d'obélisque. C'est au même M. d'Argentré, mort en exil à Munster, en iSOS , à la suite des troubles violents qui déchirèrent la France , que Ton doit les dernières réparations faites à la cathédrale avant la révolution de 1789.
En entrant dans la calbédrale de Seez , on est frappé de la légèreté de rensemble, de Tharmome qui règne dans toutes les parties, de relancement des fenêtres, delà délicatesse des colonnes et de la beauté des chapelles latérales. La perspective du chevet est admirable. Les arcades oiTrent à Tohservateur un caractère facile à apprécier : les unes sont