DE METZ
La cathédrale de Metz est un noble édifice. Très-humble dans son origine» elle dut ses accroissemenls au zèle des évéques; à la libéralité des princes, et au concours des populations. I^s pensées qui régnaient dans tous les esprit:^ au moyen àgc expliquent IV-ntlumsiasme des fulMes pour la réédification et rembellissemeat de Péglise épiscopale. Suivant les expressions du P. Meurisse, auteur d'une Histoire des évêquet de Metz, <c la cathédrale est la mère et la maitresse de toutes les autres églises du diocèse, et la fontaine de laquelle toutes les autres découlent comme de petits ruisseaux ; en laquelle réside le thrôiie épiscopal , le siège de 1 auilioritc, la chaire de la doctrine, et le tribunal des jugements de la ronsrience. » f.e style naïf de l'historiou, qui indique suflisaoïmeat l'époque àla^iuelle il écrivait, exprime clairement les diverses causes du profond respect que tout le peuple professait envers Téglise principale : en eUe, en effet, se résume l'histoire ecclésiastique de chaque province.
« Pour ce qui concerne l'édifice matériel^ ce ne fut au commencement qu un petit oratoire, bâti sous terre, en forme dv cave ou de -luUc, par sainct Clément, premier évosque, el dédié à sainct I^tienne, premier martyr, (iodegrand raggrandit cet oratoire, et eu lit un temple assez haut
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et magnifique pour le temps, qui fut mesme depuis embelly et enrichy par Gharles-Maguc. MaisThéodoric second mît la
première niain à celui qui subsiste encore aujiuirJ'liuy ; la siii>ei be nef tlu(iuel a été conduite à sa perfection par la libéralité (les éyesques et des clianoines conjoinclemcnt »
L'évèque saint Ghrodegaad, neveu du roi Pépin, siégeait à Metz vers 750. Il construisit un monument qui demeura célèbre durant plusieurs siècles. Le malheur des temps et le • ravage des années minèrent lentement le grand édifice carlovingien; et, au comnieiiciimeiU duxrsiMe, il filliit siniucr à le rebâtir. Dès que Théodoric ou Thierry II eut pris p<j&»ession du siège épiscopal , il résolut de jeter les fondements d'une église plus vaste, plus majestueuse, et mieux en rapport avec la réputation du pays messin. Les travaux furent commencés en 101 4, à une époque de renaissance dans Tart de bâtir» et de grand entraînement pour tous les peuples de la chrétienté. Soit que Ténergie des populations fût détournée d*un autre côté, soit que des circonstances fàclieuses, que rhistoire ne nous a pas trausaiists, aient arrêté la marcbe des travaux, rentreprise s'exécuta lentement et péniblement, et demeurait encoreimparfaite au commencement du xiv" siècle, en 1323.
Adhémar de Monthil reprit l'œuvre, conduite jusqu'à son épiscopat avec une si déplorable lenteiir. L'architecture était
alore montée à son apogée ; durant le xm* siècle, le style ogival avait raiiidemenl pai'conru ses évolutions pour arriver qu sommet de la perfection. L'évèque Adhémar sut cornmimiquer une vive impulsion : il continua la nef jusqu'à l'église Notre* Dame-de-la-Ronde, qui fut ensuite unie à la cathédrale dans le courant du xiv* siècle.
1 Le R. P. MeuriMtt , IntroducUon à lllistoire des évéque» de Metz.
m CATHÉDRALES DE FRANCE.
L'exnmen attentif de la nef, surtout à sa partie moyenne et inférieure, fait découvrir les caractères propres aux édifices du style ogival rayonnant. Cette partie n*est pas la moins pure ni la moins belle de toute la cathédrale de Metz. Les procédés n*avaient pas dégénéré; le xv* sîède n'était pas en* i ure venu altérer les bonnes traditions.
Four revenir ;i l'histoire des constructions successives de la cathédrale de Metz, nous trouvons qu'en 1480 Jncques de Linange, yicaire général du diocèse, entreprit de construire la chapelle collatérale de Notre-Dame-de-la-Tieroe. En 1497, on abattit une des tours dont Gharlemagne avait fait orner la basilirpe : elle avait eu près de cinq siècles et domi d'oxistcnce. Peut-être était-re simplement une coiistnu liun (jui avait succédé à celle du grand empereur d'Occident. En ioO.'l, Henri de L(U'raine el le chapitre jetèrent les fondements des deux dernières travées de la nef, ainsi